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Avoir une stomie, c'est à la fois perdre et gagner quelque chose. Chacun se dit "j'ai perdu" et "j'ai gagné" mais je ne tiens pas particulièrement à ce que j'ai gagné soit une stomie et un appareil collecteur. Le fait de perdre et de gagner incite la personne stomisée à faire ce que l'on appelle "le travail de deuil". Perdre une partie de soi, c'est comme perdre un être cher. Pour bien s'adapter à sa nouvelle situation, chaque personne nouvellement stomisée doit traverser des étapes de deuil. Celles-ci ne se font pas nécessairement dans un ordre chronologique, mais elles doivent tout être présentes pour bien s'adapter : 1. Le choc, le déni : "ça ne se peut pas ; ils se sont trompés". 2. La colère : on pleure, on se fâche, on blâme les autres, on refuse l'aide des autres, on se demande "Pourquoi moi?". 3. Le marchandage : si je suis gentil avec les autres et si j'écoute le personnel médical, ils vont me l'enlever dans quelque temps. 4. La déception : on n'a plus le goût de rien, on n'a pas faim, on n'est rien, on est découragé. 5. L'acceptation : lentement on apprend à modifier ses habitudes, "à vivre avec", on ajuste sa vie en conséquence. Voici quelques réactions signifiant une difficulté d'adaptation lorsqu'on est une personne stomisée : · Mon corps est différent et je me sens "anormal" ; · J'ai moins confiance en moi, je me sens dévalorisé et bon à rien ; · J'ai tendance à éviter les autres, je préfère demeurer chez nous, je ne veux pas reprendre mes activités d'avant (loisirs, travail, voyage) ; · Je me questionne et j'hésite à reprendre mes relations intimes ; · Je refuse de vider moi-même mon appareil collecteur et de le changer, cette "stomie là" ne m'appartient pas et je ne veux rien savoir ; · J'ai peur que tout le monde remarque mon appareil ; je le surveille presque constamment, je ne peux l'oublier, je vide mon appareil plus souvent que nécessaire ; je me sens triste et seul ; j'ai quelque fois de la difficulté à dormir, je suis souvent "choqué", j'ai même quelque fois des idées suicidaires. Malgré tout, certaines personnes ont plus de facilité à s'adapter que d'autres. Ceci est dû au fait qu'elles ont des capacités internes qui les aident, par exemple : · Les gens optimistes de nature ont plus de facilité ; · Ceux qui ont le sens pratique reprennent plus facilement et rapidement ; · Les personnes "terre à terre" sont souvent moins émotives et elles analysent plus clairement la situation ; · Ceux et celles qui ont toujours demandé de l'aide lorsqu'ils en avaient besoin, continuent de le faire, ce qui facilite leur adaptation ; · Des idées préconçues (un homme c'est fort et ça ne doit pas pleurer, etc.) nuisent à l'adaptation. Mais comment s'en sortir? · Se centrer sur un problème à la fois et ne pas essayer de tout régler en même temps. · Aller chercher du réconfort auprès d'autres personnes ; en parler avec des gens, des amis ou des professionnels avec qui on se sent en confiance. Faire partie de différents organismes ou associations. · Rechercher les forces que l'on a en soi : quelles sont mes qualités, mes aptitudes? Qu'est-ce que les gens aiment en moi? · Parler de soi. sortir, avoir du plaisir, rencontrer des personnes avec qui on se sent bien, s'ouvrir aux autres. · Se donner du temps. Selon plusieurs écrits et publications, il faut de 1 à 3 ans pour accomplir un processus de deuil. Alors, croyez-en la vie, ayez confiance en vous et en vos capacités personnelles. Vous savez, la plupart du temps, les gens sont bien plus forts qu'ils le croient. Vous serez étonné de ce que vous pourrez faire et surmonter!
(tiré du journal de l'Association des Stomisés du Bas St-Laurent, mars 1999) Dernière
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