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Des chercheurs repèrent le gène de la maladie de Crohn Deux équipes de recherche indépendantes ont repéré un gène qui participe à l'apparition de la maladie de Crohn. Le gène, du nom de Nod2, contrôle une protéine qui protège l'intestin contre les bactéries néfastes. Lorsqu'elle fonctionne bien, la protéine reconnaît le danger que posent les bactéries et déclenche une réaction immunitaire convenable. Cependant, chez certaines personnes, le gène subit une mutation, et les signaux au système immunitaire sont perturbés. Plutôt que de protéger l'organisme, le gène mutant incite le système immunitaire à attaquer la paroi de l'intestin, ce qui provoque une inflammation, des douleurs abdominales et des diarrhées associées à la maladie de Crohn. Des équipes de recherche distinctes aux États-Unis et en France ont repéré le gène. L'équipe de recherche américaine était dirigée par les docteurs Judy Cho, de l'université des hôpitaux de Chicago, et Gabriel Nunez, de la faculté de médecine de l'université du Michigan. Quand à l'équipe européenne, elle était dirigée par le docteur Gilles Thomas de la Fondation Jean Dausset de Paris. La découverte a été annoncée à la semaine sur les maladies digestives d'Atlanta, en Géorgie, à la mi-mai, et dans le numéro du journal scientifique Nature du 31 mai 2001. «Le dépistage d'un gène associé à la maladie de Crohn constitue une excellente nouvelle pour les patients et les chercheurs, a déclaré le directeur général national de la FCMII, Michael Haworth. Cette percée passionnante ouvre la voie à de nouvelles recherches sur les causes de la maladie de Crohn et constitue un fondement important vers l'élimination de cette maladie douloureuse et imprévisible.» Bien que le dépistage de ce gène constitue un développement capital de la recherche sur la maladie de Crohn, les chercheurs précisent que le Nod2 n'est pas le seul gène à participer à la maladie. Ils estiment qu'environ 15 pourcent des gens atteints d'une maladie de Crohn possèdent le gène mutant Nod2. Ils soulignent également que ces personnes ne développeront pas toutes la maladie de Crohn. La découverte du gène ne favorisera probablement pas l'élaboration immédiate de médicaments ou d'un traitement curatif, mais on espère qu'en «rétablissant» la fonction du gène, on finira par établir un traitement préventif de la maladie de Crohn reliée au gène Nod2. La découverte relance des recherches pour repérer les autres gènes responsables de la maladie de Crohn et, peut-être, les facteurs environnementaux, comme les bactéries, qui contribuent à l'évolution de la maladie. «C'est une autre étape importante dans la recherche d'un traitement curatif
aux MII (Maladies Inflammatoire de l'Intestin), affirme le docteur Lloyd
Sutherland, président du conseil consultatif médical de la FCMII. La
susceptibilité génétique ne représente qu'une partie du processus complexe par
lequel les individus développent les MIl. Les recherches doivent se poursuivre
sur les
La FMCII a demandé au docteur Hillary Steinhart, chercheuse de pointe au
Mount Sinai Hospital de Toronto, quelles seront les répercussions de cette
découverte, en particulier pour les personnes atteintes et pour la recherche. Le
docteur Steinhart et des collègues du Mount Sinai Hospital font partie du
consortium de la génétique des MIl, un collectif composé de 11 groupes de
chercheurs du Canada, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie, de
l'Italie, de la Belgique et de la Finlande. Chacun de ces groupes recherche les
facteurs génétiques des MIl. Par l'entremise du consortium, ils regroupent les
résultats du dépouillement du génome. Ce regroupement a confirmé, par exemple,
qu'une partie du chromosome 16, le MII, contenait bel et Le journal: Quelles sont les répercussions de cette découverte? Dr Steinhart: Cette découverte est d'une extrême importance et elle est
passionnante sous divers aspects. D'abord, l'«histoire» du gène Nod2 correspond
très bien à ce que nous pensons des MII, soit une réaction immunitaire anormale
à un élément normal du milieu intestinal (probablement une bactérie). Ensuite,
le gène ouvrira de nouvelles voies pour la recherche sur les MII et rendra les
chercheurs plus susceptibles de trouver de meilleurs traitements et peut-être
même des interventions préventives ou des traitements curatifs. Enfin, c'est la
première fois que ces techniques réussissent à repérer le gène de susceptibilité
d'un trouble polygénique (un trouble causé par plusieurs gènes, plutôt que par
un seul). Le journal: Cette découverte aura-t-elle des répercussions directes sur les personnes atteintes? Dr Steinhart: Elle n'aura aucune répercussion immédiate sur les personnes atteintes. Cependant, au cours des prochains mois et des prochaines années, de nombreuses études permettront de transposer les examens du gène Nod2 dans le domaine clinique. Il reste à voir quelle forme tout cela prendra. Le journal: Quelle répercussion aura cette découverte sur les tendances et les orientations des prochaines recherches sur les MII? Dr Steinhart: Cette découverte passionnante ouvre de tout nouveaux secteurs
de recherche sur les MII. Les chercheurs seront très intéressés par l'examen de
la fonction du gène Nod2 en période de santé et de maladie (comme les MII) afin
d'établir comment une mutation de ce gène entraîne une maladie. Cette découverte
permettra également d'examiner l'influence des facteurs environnementaux (comme
le tabagisme) sur les MII et l'interaction de ces facteurs avec les facteurs
génétiques. Source: Journal de la FCMII Tiré du Bulletin de d'association des stomises de la Mauricie - Volume XXI no.2 février 2002. |
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