ACTIVITÉ SPIRITUELLE
La vraie religion des enfants de Dieu est l'activité de leur âme individuelle dans ses relations auto-conscientes avec leur Père créateur. L'adoration, doit alterner avec le service, avec le contact de la réalité matérielle. Le surmenage de la vie, la tension de la personnalité dans le temps, devrait être allégée par le repos que procure l'adoration. La prière est un soutien spirituel, mais l'adoration est divinement créatrice.

L'adoration est la technique par laquelle les enfants spirituels se tournent vers leur Père pour recevoir l'inspiration permettant de servir la multitude. C'est aussi l'étalon qui mesure le degré auquel leur âme s'est détachée de l'univers matériel, et s'est attachée simultanément, en sécurité, aux réalités spirituelles de toute la création.

L'adoration est l'attention sans effort, le vrai repos idéal de l'âme, une forme d'exercice spirituel reposant. L'adoration est l'acte de l'enfant spirituel qui s'identifie avec son Père céleste.

La prière des enfants de Dieu est entièrement une expression personnelle et spontanée du comportement de leur âme envers l'esprit de leur Père qui les habite. La prière idéale est une forme de communion spirituelle qui conduit à l'adoration intelligente. La vrai prière est l'attitude sincère d'un élan vers le ciel pour atteindre nos idéaux.

La prière est le souffle de l'âme, et devrait nous inciter à persévérer dans nos tentatives pour mieux connaître la volonté de notre Père. Notre persistance à prier n'est pas destinée à gagner la faveur de notre divin Père, mais à changer notre comportement terrestre et à accroître l'aptitude de notre âme à recevoir son esprit.

Dans toutes nos prières souvenons-nous toujours que la filiation est un don. Nul enfant ne doit s'occuper de gagner le statut de fils ou de fille. L'enfant terrestre vient au monde par la volonté de ses parents. De même, l'enfant spirituel parvient à la grâce et acquiert la nouvelle vie de l'esprit, par la volonté du Père qui est aux cieux. Il faut donc que la filiation divine soit reçu comme par un petit enfant. On gagne la droiture, le développement progressif du caractère, mais on reçoit la filiation par la grâce et au moyen de la foi.

La sincérité d'une prière est l'assurance qu'elle sera entendue. Quiconque veut recevoir miséricorde doit montrer de la miséricorde. C'est avec l'esprit que nous jugeons les autres, que nous serons jugés.

Quand nous serons entièrement consacrés à faire la volonté du Père céleste, toutes nos demandes seront exaucées, parce que nos prières seront pleinement conformes à Sa volonté.

La prière ne change pas le comportement de Dieu envers l'homme, mais elle change le comportement de l'homme envers le Père invariant. C'est le mobile d'une prière qui lui vaut d'être entendue, rien d'autre.

Abstenons-nous de prier beaucoup pour nous-mêmes ; prions davantage pour le progrès spirituel de nos frères et sœurs. Évitons les prières matérialistes ; prions spirituellement et pour l'abondance des dons de l'esprit.

Ne laissons pas les autres entendre nos prières personnelles. Les prières d'action de grâce conviennent à des groupes d'adorateurs, mais la prière de l'âme est une affaire personnelle. La seule forme de prière qui convienne à tous les enfants de Dieu est : " Néanmoins, que ta volonté soit faite. "

Dans l'ordre d'importance, la prière pour connaître la volonté du Père occupe la première place. La prière pour recevoir les directives divines sur le sentier de la vie terrestre vient immédiatement après. En réalité, cela signifie que l'on prie pour obtenir la sagesse divine.

Après avoir fait nos prières au Père, restons quelques temps dans un recueillement silencieux, pour donner à l'esprit intérieur les meilleures chances de parler à l'âme attentive. C'est au moment où notre pensée est dans une attitude de sincère adoration que l'esprit du Père nous parle le mieux. L'adoration rend l'adorateur de plus en plus semblable à l'être qu'il adore.

L'assurance que nous sommes entrés dans la famille spirituelle et que nous vivrons éternellement est entièrement une affaire d'expérience personnelle. C'est-à-dire de foi dans la parole de vérité. L'assurance spirituelle est l'équivalent de notre expérience religieuse personnelle dans les réalités éternelles de la vérité ; en d'autres termes elle est égale à notre compréhension intelligente des réalités de la vérité, augmentée de notre foi spirituelle et diminuée de nos doutes honnêtes.

Nous avons été dotés de l'esprit vivant de notre Père ; nous sommes donc des fils et des filles de Dieu. Nous survivrons à cette vie incarnée du monde matériel parce que nous nous serons identifiés avec l'esprit vivant du Père, avec le don de la vie éternelle.

Nous ne pouvons observer l'esprit divin à l'œuvre dans notre pensée, mais il existe une méthode pratique pour découvrir le degré auquel nous avons abandonné le contrôle de nos pouvoirs psychiques à l'enseignement et aux directives de l'esprit intérieur venu du Père céleste : c'est le degré de notre amour pour nos semblables. Cet esprit du Père participe à l'amour du Père ; quand il nous domine il nous conduit infailliblement dans la direction de l'adoration divine et de la considération affectueuse pour notre prochain.

Tout enfant terrestre qui suit les directives de ce divin esprit intérieur, finira par connaître la volonté de Dieu, et quiconque s'abandonne à la volonté de notre Père, vivra éternellement.

S'il existe un véritable lien vivant entre l'enfant et le Père, l'enfant est certain de progresser continuellement vers les idéaux du Père. Il est vrai que les progrès de l'enfant peuvent d'abord être lents, mais ils n'en sont pas moins sûrs. La chose importante n'est pas tant la rapidité de nos progrès, que leur certitude.

Nos accomplissements actuels sont moins importants que la direction de nos progrès vers Dieu. Ce que nous devenons jour après jour a infiniment plus d'importance que ce que nous sommes aujourd'hui.

Mieux vaut avoir une foi restreinte mais vivante et croissante, que de posséder un puissant intellect avec son poids mort de sagesse temporelle et d'incrédulité spirituelle.

Pour les enfants spirituels, le mal est la transgression inconsciente ou involontaire de la loi divine, de la volonté du Père. Le mal est également la mesure de l'imperfection avec laquelle on obéit à la volonté du Père.

Le péché est la transgression consciente, connue et délibérée de la volonté du Père. Le péché mesure la mauvaise volonté à se laisser conduire divinement et diriger spirituellement.

Nous sommes tous bien souvent induit en tentation par la pression de notre égoïsme et les impulsions de notre nature animale. Si nous sommes tentés de cette manière, nous devons reconnaître honnêtement et sincèrement la tentation pour ce qu'elle est, et réorienter intelligemment, dans des canaux supérieurs et vers des buts plus idéalistes, les énergies spirituelles, mentales et corporelles qui cherchent à s'exprimer. De cette façon, nous pourrons transformer ces tentations en services vivifiants du type le plus élevé, tout en évitant, à peu près complètement, les conflits déprimants et inutiles entre la nature animale et la nature spirituelle.

Mais nous devons à tout prix éviter la folie de vouloir surmonter la tentation en ayant recours à la simple volonté humaine, pour remplacer un désir par un autre désir considéré comme supérieur. Si nous voulons véritablement triompher des tentations de la nature inférieure, il faut atteindre une position de supériorité spirituelle, caractérisée par le développement réel et sincère d'un grand intérêt et d'un grand amour pour les lignes de conduite supérieures et plus idéalistes, que notre pensée désire substituer aux habitudes inférieures et moins idéalistes reconnues comme tentations. De cette façon, nous serons délivrés par transformation spirituelle au lieu d'être de plus en plus surchargés par le refoulement illusoire des désirs humains.

Dans l'amour de ce qui est nouveau et supérieur, nous oublierons l'ancien et l'inférieur. La beauté triomphe toujours de la laideur dans le cœur des hommes et des femmes éclairés par l'amour de la vérité. L'énergie débordante d'une affection spirituelle nouvelle et sincère possède un puissant pouvoir. Ne nous laissons pas vaincre par le mal, mais triomphons plutôt du mal par le bien.

Ne commettons pas la faute d'estimer la valeur d'une âme d'après les imperfections de la pensée ou les appétits du corps. Ne jugeons pas une âme et n'évaluons pas sa destinée sur la base d'un seul épisode humain malheureux. Notre destinée spirituelle n'est conditionnée que par nos aspirations et nos desseins spirituels.

Ne nous laissons pas décourager par la découverte que nous sommes humains. La nature humaine peut tendre vers le mal, mais n'est pas naturellement impie. Ne soyons pas abattus si nous n'arrivons pas à oublier complètement certaines de nos expériences regrettables. Les fautes que nous ne parvenons pas à oublier dans le temps, seront oubliées dans l'éternité. Allégeons les fardeaux de notre âme en nous faisant rapidement une conception de notre destinée à longue échéance, de l'expansion de notre carrière dans l'univers.

Les individus qui connaissent Dieu ne se laissent ni décourager par les malheurs, ni abattre par les déceptions. Les croyants sont immunisés contre les dépressions qui suivent les bouleversements purement matériels ; quiconque mène une vie spirituelle n'es pas troublé par les épisodes du monde matériel. Les candidats à la vie éternelle pratiquent une technique vivifiante et constructive pour faire place aux vicissitudes et aux tracas de la vie physique. Chaque journée vécue par un croyant authentique lui rend plus facile de faire la chose juste.

La mesure des aptitudes spirituelles de notre âme en évolution, est notre foi dans la vérité et notre amour pour nos semblables, mais la mesure de notre force de caractère humaine est notre aptitude à résister à l'emprise des rancunes et à ne pas broyer du noir à l'occasion d'un profond chagrin. La défaite est le véritable miroir dans lequel nous pouvons apercevoir sincèrement notre personnalité réelle.

Une ambition énergique, un jugement intelligent et une sagesse mûrie sont les facteurs essentiels du succès matériel. La destinée spirituelle dépend de la foi, de l'amour et de la dévotion à la vérité - faim et soif de droiture - le désir profond de trouver Dieu et de lui ressembler.

L'iniquité est la transgression volontaire, déterminée et persistante de la volonté du Père. L'iniquité mesure le rejet continu de l'affectueux plan du Père pour la survie des personnalités.

Le mal est inhérent à l'ordre naturel de ce monde, mais le péché est une attitude de rébellion consciente. Tout être qui, d'une manière quelconque ne s'aligne pas sur les idéaux divins et spirituels de la volonté du Père, est potentiellement pervers, mais en aucun sens pécheur, et encore bien moins inique.

À elle seule, la confrontation avec le mal est une épreuve suffisante pour juger si un homme ou une femme est digne de survivre ; il n'est pas nécessaire qu'ils y aient succombés.

Le Père n'afflige pas délibérément ses enfants. Ce sont eux qui attirent sur eux-mêmes des afflictions inutiles, par suite de leur refus persistant de marcher dans les voies meilleures de la volonté divine.

Les imperfections et les handicaps sont inhérents au mal ; la punition des péchés est inévitable ; les conséquences destructrices de l'iniquité sont inexorables. Le Père veut que ses enfants travaillent avec persévérance et logique au perfectionnement de leur état sur terre. Une application intelligente devrait leur permettre de triompher d'une grande partie de leurs misères physiques.

Émotivement, la réaction des enfants de Dieu est individuelle. Notre seule caractéristique uniforme est d'être habités par un esprit intérieur. Bien que ces esprits puissent varier quelque peu par la nature et l'étendue de leur expérience, ils réagissent uniformément à tous les appels spirituels. L'humanité ne pourra jamais parvenir à l'unité et à la fraternité autrement que par cet esprit et en faisant appel à lui.

La colère est une manifestation matérielle qui représente, d'une manière générale, la mesure dans laquelle la nature spirituelle n'a pas réussi à dominer les natures intellectuelle et physique conjuguées. La colère indique notre manque d'amour fraternel tolérant, plus notre manque de respect de soi et de maîtrise de soi. La colère épuise la santé, avilit la pensée et gène le travail de notre divin esprit intérieur.

Que notre cœur soit dominé par l'amour, afin que notre guide spirituel n'ait pas trop de peine à nous délivrer de la tendance à laisser éclater des excès de colère animale, incompatibles avec le statut de filiation divine.