Pain de vie
Jésus dit " Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert et sont morts. Quant au pain qui vient de Dieu, si un homme en mange, il ne mourra jamais en esprit. Je répète que je suis ce pain vivant, et que toute âme réalisant l'unité des natures divine et humaine vivra éternellement. Ce pain de vie que je donne à quiconque veut le recevoir est ma propre nature vivante et conjuguée. Le Père est dans le Fils et le Fils ne fait qu'un avec le Père - c'est cela ma révélation qui apporte la vie au monde, et mon don de salut à toutes les nations. " Lorsque Jésus eut fini de parler, le chef de la synagogue congédia la foule, mais elle ne voulut pas s'en aller. Elle se pressa autour de Jésus pour poser d'autres questions, tandis que certains auditeurs murmuraient et discutaient entre eux. Bien des questions furent posées à Jésus après la réunion, quelques-unes par ses disciples perplexes, mais la majorité par des incroyants chicaneurs qui cherchaient seulement à l'embarrasser et à le prendre au piège.

L'un des visiteurs pharisiens monta sur un socle de lampadaire et cria cette question : " Tu nous dis que tu es le pain de vie. Comment peux-tu nous donner ta chair à manger ou ton sang à boire ? À quoi sert ton enseignement si l'on ne peut le mettre en pratique ? " Jésus répondit à cette question en disant : " Je ne vous ai pas enseigné que ma chair soit le pain de vie, ni mon sang l'eau vivante, mais je vous ai dit que ma vie incarnée est une effusion de pain céleste. Le fait de la Parole de Dieu effusée dans la chair et le phénomène du Fils de l'Homme soumis à la volonté de Dieu constituent une réalité d'expérience qui équivaut à la nourriture divine. Vous ne pouvez ni manger ma chair ni boire mon sang, mais, en esprit, vous pouvez devenir un avec moi comme je ne fais qu'un en esprit avec le Père. Vous pouvez être nourri par la parole éternelle de Dieu, qui est en vérité le pain de vie, et qui a été effusée dans la similitude de la chair mortelle ; et votre âme peut être arrosée par l'esprit divin qui est véritablement l'eau de la vie. Le Père m'a envoyé dans le monde pour montrer comment il désire habiter et diriger tous les hommes ; et j'ai vécu cette vie incarnée de manière à inspirer aussi tous les hommes pour qu'ils cherchent toujours à connaître et à faire la volonté du Père céleste qui demeure en eux. "

Et voici quelques tranches de ce pain de vie :

1- Fuir son devoir, c'est sacrifier la vérité.

2- Pour faire la volonté de Dieu, l'expérience progressive consiste à devenir de plus en plus semblable à Dieu, Dieu étant la source et la destinée de tout ce qui est bon, beau, et vrai.

3- L'orgueil de l'érudition non spirituelle est un traquenard dans l'expérience humaine. Un vrai maître maintient son intégrité intellectuelle en restant toujours un élève.

4- - La vie signifie adaptabilité; la valeur de la vie est son aptitude au progrès, même jusqu'aux hauteurs de la conscience de Dieu.

5- La vue de la pensée matérielle perçoit un monde de faits connaissables; la vue de l'intellect spiritualisé discerne un monde de vraies valeurs.

6- La bonté est vivante, relative, toujours en progrès; elle est invariablement une expérience personnelle et perpétuellement liée au discernement de la vérité et de la beauté.

7- La possibilité du mal est nécessaire au choix moral, mais la manifestation du mal ne l'est pas. Le mal ne devient une réalité d'expérience personnelle que si une pensée morale l'adopte.

8- La vérité ne peut se définir par des mots, mais seulement en la vivant.

9- La personne spirituellement aveugle qui suit logiquement les prescriptions scientifiques, les usages sociaux et les dogmes religieux, se trouve en grand danger de sacrifier son libre arbitre moral et de perdre sa liberté spirituelle. Cette âme est destinée à devenir un perroquet intellectuel, un automate social, et l'esclave des autorités religieuses.

10- La connaissance prend origine dans la science, la sagesse dans la vraie philosophie, et la vérité dans l'expérience religieuse de la vie spirituelle. La connaissance traite des faits, la sagesse des relations, et la vérité des valeurs de la réalité.

11- Les hommes tendent à cristalliser la science, à formuler la philosophie, et à dogmatiser la vérité, parce qu'ils ont de la paresse mentale à s'adapter aux luttes progressives pour la vie, et qu'ils ont aussi terriblement peur de l'inconnu.

12- La vérité révélée, la vérité découverte personnellement, est la suprême volupté de l'âme humaine. Elle est la création conjointe de la pensée matérielle et de l'esprit intérieur.

13- Jamais l'homme ne peut posséder la vérité sans exercer sa foi. Ceci est vrai parce que les pensées, la sagesse, la morale, et les idéaux d'un être humain ne peuvent s'élever plus haut que sa foi, que son espoir sublime.

14- Quand la science et la religion deviendront toutes deux moins dogmatiques et toléreront mieux la critique, la philosophie commencera alors à s'unifier dans la compréhension intelligente de l'univers.

15- Le désir de faire la volonté du Père doit toujours être suprême dans l'âme et dominer la pensée d'un fils ascendant de Dieu.

16- L'âme qui survit au temps et émerge dans l'éternité doit faire un choix vivant et personnel entre le bien et le mal, tel qu'ils sont déterminés par les vraies valeurs des critères spirituels établis par l'esprit divin que le Père céleste à envoyé habiter le coeur des hommes. C'est cet esprit intérieur qui détermine la survie de la personnalité.

17- Une expérience est bonne quand elle élève l'appréciation de la beauté, accroit la volonté morale, et rehausse le discernement de la verité. Elle doit aussi développer l'aptitude à aimer et servir ses semblables, exalter les ideaux spirituels, et unifier les suprêmes motifs du temps avec les plans du divin esprit intérieur.

18- L'âme est la fraction de l'être humain qui reflète son identité, qui discerne la vérité, et qui perçoit l'esprit; elle élève perpétuellement l'homme et la femme au dessus du niveau du monde animal.

19- C'est principalement la peur qui rend les hommes esclaves, et l'orgueil qui est leur grande faiblesse. Ne vous trahissez pas vous-même en vous rendant esclave de ces deux destructeurs de la joie et de la liberté.

20- Quiconque commande sa propre personnalité est plus grand que celui qui s'empare d'une ville. La maîtrise de soi est la mesure de la nature morale d'un être humain et l'indice de son développement spirituel.

21- Le but ultime du progrès humain consiste à reconnaître respectueusement la paternité de Dieu et à matérialiser affectueusement la fraternité des hommes.

22- - L'âme suprêmement heureuse et efficacement unifiée est entièrement consacrée à faire la volonté du Père céleste.

23- Le choix moral et l'accomplissement spirituel, l'aptitude à connaître Dieu et le besoin de lui ressembler sont des caractéristiques de l'âme. L'âme de l'homme et de la femme ne peut exister sans pensée morale et sans activité spirituelle. Une âme stagnante est une âme mourante.

24- La conscience intellectuelle de soi, en elle-même et par elle-même, n'est pas l'âme. La conscience morale de soi est la vraie compréhension humaine de soi et constitue le fondement de l'âme qui représente la valeur potentielle de survie de l'expérience humaine.

25- Le caractère de survie d'une âme n'est pas favorisé par la tendance à s'assurer la paix mentale à tout prix, par l'abandon des nobles aspirations et par des compromis avec les idéaux spirituels. On atteint plutôt cette paix en affirmant résolument le triomphe de ce qui est vrai, et l'on obtient cette victoire en triomphant du mal par la puissante force du bien.

26- Il est facile de mourrir au front, dans une guerre matérielle, quand notre courage est renforcé par la présence de nos camarades de combat, mais il faut une forme supérieure et plus profonde de courage et de dévouement pour sacrifier sa vie, calmement et tout seul, pour l'amour d'une vérité enchassée dans le coeur humain.

27- Dieu habite en nous, il est devenu ce que nous sommes pour pouvoir faire de nous ce qu'il est.

28- Nul n'est jamais dérangé par le comportement de ses voisins s'il a parfaitement confiance dans la vérité qu'il croit de tout coeur. Le courage est la confiance des gens consciencieusement honnête au sujet des choses qu'ils professent de croire. Les hommes et les femmes sincères ne craignent pas l'examen critique de leurs convictions profondes et de leurs nobles idéaux.

29- La haine est l'ombre de la peur; la vengeance est le masque de la lâcheté.

30- L'intolérance est le masque couvrant ceux qui entretiennent des doutes secrets sur la véracité de leurs croyances.

31- Notre persistance à prier n'est pas destinée à gagner la faveur de Dieu, mais à changer notre comportement terrestre et à accroître l'aptitude de notre âme à recevoir l'esprit.

32- Ne recherchons donc pas une paix trompeuse et des joies temporaires, mais plutôt l'assurance de la foi et la sécurité de la filliation divine qui donne la quiétude, le contentement et la joie suprême dans l'esprit.

33- La véritable religion d'un homme ou d'une femme est la fidélité qu'ils ressentent dans leur coeur envers leurs convictions les plus élevées et les plus sincères.

34- Si la religion a des motifs entièrement spirituels elle rend la vie plus digne d'être vécue. La vraie religion est destinée à diminuer les tensions de l'existense; elle inspire de la foi et du courage pour la vie quotidienne et le service déintéressé. La foi développe la vitalité spirituelle et la fécondité de la droiture.

35- N'oublions jamais que la seule aventure plus satisfaisante et plus passionnante que la tentative de découvrir le Dieu vivant, consiste à essayer de faire la volonté divine.

36- Bien que la pensée ne soit pas le siège de la nature spirituelle, elle est en vérité la porte qui y conduit.

37- Si nous n'apprenons qu'à n'aimer que ceux qui nous aiment, nous sommes destinés à vivre des vies étroites et médiocres. Moins il y a d'amour dans la nature d'une créature, plus cette créature a besoin d'être aimée, et plus l'amour divin cherche à satisfaire ce besoin. L'amour n'est jamais égoiste et l'on ne peut l'effuser sur soi-même.

38- Ceux qui connaissent Dieu sont les fils de Dieu s'ils aspirent à lui ressembler.

39- La personnalité est la dotation cosmique, la phase de réalité universelle, qui peut exister avec des changements illimités et en même temps conserver son identité en présence de tous ces changements et indéfiniment après eux.