TENSHIN SHODEN KATORI SHINTÔ RYU

iisasa choisai ienao (1387-1488)

Historique :

Le fondateur du Tenshin Shoden Katori Shintô Ryu est iisasa ienao. Il est né il y a plus de 600 ans, dans le village de iisasa, situé dans la préfecture de Chiba. Sa contribution à la pérennité de la culture japonaise est indéniable et il ouvre la voie à plusieurs autres arts martiaux. À l’époque, il n’existait pas d’école d’arts martiaux mais quelques familles qui en conservaient la doctrine. Ienao pratiqua depuis son enfance surtout le sabre et la lance, pour en arriver à maîtriser les techniques de combat. Il est allé quelques fois au champ de bataille et n’a jamais perdu au combat, si bien que son nom est devenu légendaire. Un jour qu’il visitait le temple Katori, il fut profondément touché et décida de s’installer à cet endroit pour y pratiquer et y apprendre les arts martiaux. À l’âge de 64 ans, il s’installa près du temple Katori, où est encore érigé un monument à sa mémoire. Ienao pratiquait tous les matins avant le lever du jour, été comme hiver, l’art du sabre, de la naginata (fauchard: lame recourbée fixée au bout d’un long bâton) et le yari (lance). Ses pratiques se poursuivaient toute la journée et se terminaient par un bain de purification en eau glacée et le récit de prières devant le temple Katori. De retour dans sa demeure, il étudiait jusqu’à épuisement les récits religieux et philosophiques. Il mena cette vie durant 1000 jours.

Au cours d’une nuit, lui est apparu, sous la forme d’un rêve, le Dieu du temple Katori : Futsu Nushi No Mikoto. Ce dieu, qui avait pris la forme d’un jeune garçon, était assis sur la branche d’un vieil arbre, au même endroit où se déroulait sa pratique journalière. Cette vision interpella Ienao et lui demanda de s’approcher afin de lui remettre un manuscrit : le Mokuroku Heiho Shinsho, et lui insuffler ces mots:" Choisai tu seras le tuteur des plus grands maîtres de sabre sous le soleil levant ". Après ces mots, le jeune homme bondit de l’arbre et disparut.

À son réveil, il était en possession du manuscrit. Le Mokuroku contient la description des techniques et stratégies martiales. Suite à cette révélation, Ienao prit le nom de " Choisai " et fonda son école de sabre. Il ajouta au nom de son école le terme Katori, pour souligner le Dieu du temple Katori. Afin d’honorer Futsu Nushi No Mikoto, il ajouta Tenshin Shoden (transmit des Dieux). Il ajouta également le mot Shintô (sabre pur, immaculé), nommant ainsi son art le Tenshin Shoden Katori Shintô Ryu.

 

Il pratiqua très durement pendant plusieurs années et à l’âge de 70 ans, il fut consacré grand professeur de sabre et considéré quasi comme un Dieu. Il fonda une école et enseigna à de nombreux disciples. Le légendaire MUSASHI Miyamoto (1584-1645) lui-même figure dans le registre de l’école.

Choisai meurt à l’âge exceptionnel de 102 ans. Presque tous les arts du maniement du sabre inventés au milieu de l’ère Ashikaga (shogun ASHIGAKA Yoshimasa 1435-1490) ont reçu l’influence de son école. Premier descendant de Morichika, le seigneur de Wakasa, a bien suivi l’enseignement de son père. Il excella surtout dans l’art du maniement de la lance. Ses descendants ont fait de nombreux disciples à travers tout le Japon.

Le Tenshin Shoden Katori Shintô Ryu fut consacré Trésor national du Japon en avril 1960. Il est un témoignage historique de l’héritage culturel du Japon. On le désigne souvent par le terme Kobudô, ce qui signifie arts martiaux anciens.

 

Les Armes :

Anciennement, le Tenshin Shoden Katori Shintô Ryu était une discipline qui regroupait plusieurs arts. De nos jours, on y pratique l’art du Ken-Jutsu (combat au sabre), le iaïdo (l'art de dégainer le sabre) le -Jutsu (bâton long contre sabre), le Naginata-Jutsu (hallebarde contre sabre) ainsi que plusieurs autres armes et techniques de guerre.

Katana : Sabre dont la lame forgée selon la tradition et qui préserve sa flexibilité, sa solidité. Elle est extrêmement tranchante.

Ïaito :  Sabre de pratique, qui est une imitation du katana mais qui n’a pas les même propriétés. Sa lame est faite en alliage dont la qualité varie et n’est pas tranchante.

Boken, Bokken (Bokuto) : Sabre de bois qui est la réplique du katana. Son utilisation est sécuritaire et permet aux élèves l’apprentissage des techniques de base.

 : Bâton de 6 pieds qui permet d’installer une plus grande distance entre deux pratiquants.

Naginata : Anciennement un Bo auquel on a ajouté une lame de Katana. Servait à couper les jarrets des chevaux et aussi à protéger son domaine. On retrouve sa réplique en bois lors des pratiques.

Yari,  :       Lance ou hallebarde de 9 pieds qui faisait partie de l’équipement des guerriers à pied (Ashigaru). Elle était prolongée par divers types de fers; en croix (Magari-yari ou Jumonji-yari), en forme de faux (Kama-yari), à lame droite à double tranchant (Naga-su-yari), parfois ajourée ou à tranchants en dents de scie (Su-yari), en crochet (Kagi-yari), en fourche (Futamata-yari), etc.

Wakisashi  (Kodashi) : " Compagnon de ceinture ", sabre court (30 à 60 cm) porté avec le Katana   

Daisho : Dérivé des termes Daito (sabre long) et de Shoto (sabre court). Désigne la paire de sabre portée par le Samouraï, dont c’était un signe distinctif, une marque d’autorité.

 

Formation

Au Québec des aviseurs techniques sont assignés à la section Kobudô, ils sont responsables de l’évolution et du développement du Tenshin Shoden Katori Shintô Ryu au sein de l’AAKQ.

À chaque années des stages de formation sont dispensés par les plus grands maîtres de cette pratique, notamment HATAKEYAMA Goro (1928-). À la pratique du Katori Shinto Ryu se joint l’enseignement de certains Katas mis au point par les maîtres de la famille Mochizuki.

Maître Goro Hatakeyama (10e dan)

POSITIONS DE BASE AU BOKKEN

 

 

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