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35 jour en Iraq À l’automne 2002 lors de mon séjour en Malaisie, j’entends parler que la Compagnie a soumissionné sur un contrat de l’ONU en Iraq. Compte tenu de la tension actuelle qui y règne, je n’y prête pas trop attention, y croyant à peine. De plus, comme j’aurai passé deux mois et demi à travailler à Miri, le gérant n’a pas de raison de m’appeler avant les Fêtes. Nous avons deux appareils inactifs à la base de Vancouver, ce qui a permis de les reconstruire à l’état de neuf. L’ONU veut quatre hélicoptère de type Bell 212. Le troisième était en Thaïlande, et le quatrième est loué. Comme la décision est de dernière minute, on les transporte par avion cargo russe en Arabie Saoudite. Les premiers équipages effectueront le vol transfrontalier vers Bagdad. Après deux semaines de congé, le chef pilote m’appelle quand même, effectivement pour aller en Iraq. Je lui réplique que ma fille et moi avons nos billets d’avion pour le Mexique, et lui souhaite un Joyeux Noël. Nous partons l’esprit en paix; j’ai aussi exprimé ma réticence à aller en Iraq à mes patrons. Je ne m’attendais pas à être forcé. Il s’avère que les événements prendront une tournure à laquelle je ne m’attendais pas. Une semaine après le Jour de l’An, je reçois un appel du « bureau », pour me dire que je suis sur la cédule de l’Iraq. Après cette première conversation, je suit les nouvelles de plus près. Je rappellerai mes patrons pour expliquer les raisons de mes réticences. Rien à faire, c’est cela ou rien. J’encaisse difficilement le choc. Je passerai une semaine à Fredericton pour renouveler mon entraînement sur Bell 212. Je n’ai pas volé ce type d’appareil depuis plus de trois ans. On loue le simulateur de l’Armée sur la base de Gagetown. Il s’agit d’un appareil ultra-moderne de 25 millions de dollars, qui nous permet d’effectuer des manœuvres qu’il ne serait pas possible de pratiquer sur un hélicoptère réel. Le premier février, je descends à l’hôtel Flamingo de Larnaka à Chypre. Steve, Vince et moi allons au bureau de l’ONU. Après avoir remplis les formulaires de renseignement, nous constatons que nous faisons partie de l’équipe des inspecteurs des Nations Unies. Notre passeport d’identité indique que nous sommes experts de mission. Le lendemain après-midi, nous montons à bord d’un Hercule C130 dont l’équipage est Sud Africain. Après deux heures de vol, nous atterrissons à Baghdad. Étant en possession d’un passeport de l’ONU, nous n’avons aucune formalité à remplir avec l’Immigration Iraquienne. Nous sommes simplement escortés dans la salle des VIP, entourés d’agents de sécurité habillés en civil. Après un court trajet en autobus jusqu’à l’Hôtel Rimal, nous sommes accueillis par Chris, le jeune gérant de job pour CHC. J’ai beaucoup de questions à lui poser. Le gars essaie plus de se faire valoir que de me donner de d’information par ses réponses. Tout ce qui ressort de ses propos est qu’on peut lui faire confiance et qu'on n'a pas de raison de s'inquiéter. Ce n’est pas ainsi qu’il me rassurera. Cette deuxième nuit de décalage horaire est pire que la première. C’est normal, puisque nous ne sommes plus aussi fatigué que la veille. Après le déjeuner, Steve et moi allons changer de l’argent. Le taux est 2300 dinars pour un dollar américain. Il y a 15 ans, il était un dinar vallait $3.30 dollars US. Imaginons notre dollar se dévaluer ainsi. Nos économies ne vaudraient plus rien. Quel désespoir, causé par les sanctions. La plus grosse coupure est de 250 dinars. Avec $100. US, je ne fais pas de jeu de mot en disant que l’on repart les poches pleines. Par la suite, nous allons acheter de la bière. Nous prenons le thé avec le tenancier du magasin d’alcool et ses amis. On occupe nos nombreux temps libres à se familiariser avec les opérations. On aura beaucoup de nouveaux défis intéressants. Le vol dans la « no-fly zone » nord est annulé à cause de la pluie. Dommage, car ce type d’envolée exige encore plus de planification et d’attention. La ville a un bon choix de restaurants. Tout le groupe de CHC nous retrouvons un soir dans le restaurant tournant de 120 mètres de haut situé en haut de la Tour Saddam International, au centre-ville de Bagdad. À la base de la tour, une statue de Saddam Hussein entourée de débris de missile américain, pointe vers le ciel. La tour avait été la cible des frappes aériennes lors de la guerre du Golf, mais les américains l'avait manqué. La nourriture n'est pas impressionnante, si on considère le prix nettement au-dessus de la moyenne de Bagdad. La vue est superbe. À moins d'un kilomètre, une Mosquée géante est en construction, si grande qu'on dirait plutôt une montagne. Un palais présidentiel à 500 mètres, est la raison pour laquelle il est interdit d'avoir un appareil photo. L'ascenseur a besoin urgent de maintenance. On y fait monter des petits groupes seulement, et il n'en faut pas beaucoup pour que ça sente le brûlé... Au restaurant White Palace, on me sert un repas qui aurait pu nourrir 3 personnes. Une petite fille Iraquienne d’environ 5 ans vient à ma table pour me parler. Lorsque je lui réplique en anglais, elle me fait un visage tout surpris. Sa sœur d’environ 7 ans est plus gênée et vient la chercher. Vendredi le 14, Dick et moi effectuons une envolée avec des inspecteurs. Le premier site à visiter est à 3 milles en-dehors de la boîte autorisée. Après consultation entre pilote on annule la visite du premier site. On ira seulement au deuxième site. Les Britanniques sont devant avec un un Bell 212, Green Leader, nous sommes Green Two, et les Iraquiens suivent avec un Mil-8 de fabrication Russe, identifié Green Three. Les appareils Iraquiens sont en état de décrépitude avancée. Plusieurs n’ont plus d’altimètre fonctionnel. Ils doivent se fier entièrement à nous pour naviguer, car ils ne possèdent pas de GPS. Ils ne sont pas qualifié pour le vol aux instruments, et craignent le mauvais temps par-dessus tout. À peine 20 milles au nord de Baghdad, AWACS (Airborne Warning And Control System, le radar volant des Américains) nous appelle et demande de nous identifier. Leur appareil vole à plus de trente mille pieds. Comme il a déjà notre code transpondeur, on trouve cela étrange. Une fois sur le site, on effectue des cercles pour prendre des photos et filmer. Les Britanniques ont une caméra infra-rouge montée sous le nez de leur appareil. Pendant ce temps, le reste du groupe de CHC est en meeting. On nous mettra au courant des faits ce soir. On a obtenu de l’information de l’équipage du Hercule. L’ONU a réservé plusieurs chambres d’hôtel à Larnaca sur l’Ile de Chypre, plus qu’il n’en faut pour les transit normaux. Les derniers vols en Hercules depuis Baghdad ont plus de passagers UN que d’habitude. Les autorités de l’ONU disent que plus de personnel ont besoin de vacance… Trois indications dans la même journée qu’il s’en vient quelque chose. Les autorités ne nous en disent pas gros. Il paraît que on a commencé à faire sortir le personnel non-essentiel. Ce soir, Wade, le nouveau gérant, nous met en garde de la possibilité qu’on pourrait être forcé de sortir d’ici quelques jours. De plus, il nous avise de faire un inventaire de nos possessions, car on devra laisser la plupart derrière. Ça monte vite, je suis surpris de constater que mes possessions totalisent $2,600 dollars qui devront rester derrière, à part mon ordinateur qui me suit partout. Bien qu’on préfère que je vole avec le manteau de CHC, ils devront s’habituer à me voir avec mon manteau de cuir, je ne veux pas le laisser à l'hotel et risquer de ne plus le revoir. Si nous devons partir, Wade préfère que nous laissions les hélicoptères derrière. Ses craintes sont bien fondée. Les frontières vont être entourées de groupes armés jusqu’au dents, à la gâchettes facile. Les Américains me font aussi peur que les autres. On a probablement plus de chance par la route, mais qui connaît le chemin, où? De plus, la situation avec les réfugiés aux frontières pourraient devenir incontrôlable. On veut savoir, sinon comment faire confiance? Il semble que la Jordanie serait le premier choix. Tout en buvant une bière, Steve et moi analysons les informations de la journée. On n’est pas joyeux, il y a trop d’incertitudes. La direction de CHC à Vancouver ne semble pas s’inquiéter beaucoup de nous. Pourtant, cette opération est plus de type militaire que civil. C’est un peu en-dehors de l’enveloppe « Santé Sécurité Environnement » de la Compagnie, récemment complétée. Les Américains bombardent le Nord et le Sud. Chaque trou à renard est occupé par des militaires armés. De même pour la police ainsi que les pompiers dans les rues de Baghdad. Saddam a dit à tous les habitants de creuser un trou dans sa cour. Le climat est comme les vagues. Il semble que tout va bien encore pour un bout de temps. Ce samedi soir du 15 février, les deux autobus transportant les « Human Shields » arrivent de Londres, après trois semaines sur la route. Ça crée un peu de distraction. Jeff et moi causons avec une jolie blonde, naïve mais sympathique. Le lendemain, on les voit manifester en face du quartier général de l’ONU. Jusqu’à maintenant, ils ne cherchent qu’à être aperçu par les caméras. Je refuserai de les appeler Human Shield jusqu’à ce que j’en aie vu un présent sur un site cible, dévisageant le pilote de combat fonçant sur lui. Les voitures circulant en ville sont pour la plupart remplies d’hommes. S’il y a des femmes ici, on les voit peu. Les unes sont voilée et enveloppées dans un drap noir. Les autres sont habillées à la mode. Dans tous les cas, elles ne nous regardent pas. On apprend qu’il n’y a pas de bars ou disco où les gens sortent pour faire des rencontres, étant interdit. La ville, les rues sont mal entretenues. La plupart des voitures sont dans un état lamentable. Je songe sérieusement à exiger qu’on me rapatrie. J’en fais part à Wade. Celui-ci est beaucoup plus réceptif et transparent que l’autre qu’il remplace. On parle plus précisément de la procédure d’évacuation. Bien que la situation ne s’est pas améliorée, au moins le fait d’être au courant de nos options me rassure suffisamment pour rester. C-FCAP UN309 ATO#84 Aujourd’hui ce jeudi 20 février, l’australien Paul Micheletti est mon copilote. L’ONU nous a donné les coordonnées de deux zones rectangulaires séparées, celle au nord couvrant environ 500 milles carrés, celle à l’ouest un peu plus petite. Les zones nous sont révélées la veille à partir des instructions de New York. Les autorités militaires Iraquiennes nous garantissent la sécurité. Ainsi, ils garantissent que leur système de défense anti-aérienne est fermé dans toute la zone, ainsi que le corridor pour y accéder. On a oublié de me donner les coordonnées du point d’entrée de la zone ouest. Lorsque je lui fais remarquer, le coordinateur d’aviation, un Italien, s’obstine à dire que tout est correct. Je suis peut-être nouveau sur la job ici, mais j’apprends vite. Finalement il reconnaît l’erreur et on corrige le tracé. Pour l’hélicoptère de l’armée Iraquien qui m’escorte, Je suis Blue Leader. Il est Blue Two. On suit le corridor nord via Ouatoun et un point transit a mi-chemin entre les deux zones désignées. Lorsque nous sommes à 5 minutes du point transit, l’un inspecteur me remet les coordonnées des deux sites à visiter, tous deux dans la zone ouest. J’ajoute rapidement les coordonnées dans les GPS. On a l’impression de participer à un rallye. Nous avons volé 30 milles en direction nord, 20 milles en direction ouest, 15 milles vers le sud, et 15 milles vers le sud-ouest, tout cela pour mêler les opérateurs radar Iraquiens, et ne pas doner le temps à l'équipage de l'hélicoptère d'escorte Iraquien de transmettre notre direction. Rasheed, l’aéroport de départ est au sud-est de Baghdad et les sites visités sont à l’ouest de la ville. Les pilotes Iraquiens nous avaient avisé avant le départ, de la détérioration de la visibilité et de vent fort reportés à l’ouest du pays. Souvent ils mentent pour nous faire annuler la mission. Aujourd’hui il aurait fallu les croire. La visibilité en vol a baissé à 1.5 milles dans la poussière de sable. Au premier site, des bâtiments commerciaux divers en pleine ville. Le second site est isolé dans le désert. Partout autour, des cratères formés par des explosions. Il y a beaucoup d’évidence d’enfouissements, peut-être faux. Une construction fraîche et incomplète de ce qui est probablement un site de lancement de missile. Le son caractéristique du Bell 212 à 300 pieds au-dessus a tôt fait d’attirer les curieux dehors. C’est étonnant de constater qu’on puisse effectuer un tel vol sans se faire tirer dessus. La fine poussière de sable colle rapidement sur tout, et donne aux objets une allure abandonnée. L’atmosphère est mystérieux et oppressant à la fois, comme une ville fantôme. On rebrousse chemin après avoir pris plusieurs photos. La visibilité baisse en bas des minimums à vue. Le seul moyen de naviguer est le GPS, et chaque appareil en possède deux. On ne descend pas en bas de 1000 pieds quand même, on ne connaît pas la région et les obstacle comme des tours ou antennes. Il faut suivre exactement le même corridor, lorsqu’on est en dehors d’une zone autorisée. C’est notre garantie de sécurité. À 15:00 heures, la visibilité a baissé à ½ mille dans une tempête de sable. La poussière est incommodante pour la respiration et les yeux. Les deux autres formations de vol ne rentreront pas à Baghdad ce soir. Cet événement contribura à réduire encore plus le nombre d’envolées futures. Les Inspecteurs craignent d’être loin et de manquer le vol d’évacuation du Hercules, si l’alerte vient à être donnée. Il faut consulter sa montre pour savoir quelle journée de la semaine on est. Ce samedi 22 février, nous sommes huit à se payer un autobus pour aller visiter l’ancienne cité de Babylone. On en a entendu parler depuis l’enfance, aussi on ne devait pas manquer une telle opportunité. La grande majorité des murs et pièces sont restaurés. Bien sûr la fameuse tour de Babel n’existe que dans la légende de la création de toutes les langues. Je ne suis pas trop impressionné, mais puisque je suis en Iraq, il ne fallait pas manquer cela. Je n’ai pas de difficulté à trouver un barbier. Le client qui me précède subit un rasage facial. Il commence à y avoir pas mal de sang, je me demande si je devrais aller ailleurs. Le barbier lui applique une pâte qui semble arrêter le saignement. Lorsque le barbier se coupe le doigt, je doute que la pâte suffise à arrêter sa plaie de couler. C’est mon tour. Comme il ne parle qu’en arabe, je lui indique que je veux la même coupe que le client précédent, sauf pour le visage… Les autorités Iraquienne en donnent un peu plus à l’ONU chaque fois que la pression Internationale monte d’un cran. Ainsi donc, ils ont « trouvé » un site où une arme biologique est enfouie. Notre rôle est d’être en stand-by sur les lieux au cas où une évacuation médicale devait avoir lieu. Environ dix minutes avant de descendre, bien que j’aie toujours le contact sur radio VHF, j’appelle la base et confirme qu’il y a bonne réception sur la radio HF. Comme nous effectuons deux orbites avant de se poser, je tente d’établir le contact avec la base à maintes reprises pour passer mon compte-rendu, mais n’obtiens pas de réponse. Quand cela ce produit, on est autorisé à utiliser les téléphones satellites. L’endroit est désertique. Après vingt minutes de vol, nous atterrissons près d’une tour de contrôle désaffectée. On limite nos déplacements à pied car il y a beaucoup d’engins non explosés partout autour. La zone fut utilisée jadis pour effectuer des tests d’explosifs. Il y a même une estrade pour permettre à certains invités d’y assister. Plusieurs Jeep sont stationnées, et chaque soldat porte une mitraillette. Certains se rappelleront l’émission télévisée « Commando du désert » (Rat Patrol), en fait ça y ressemble beaucoup. Des militaires habitent temporairement dans des roulottes décrépies, adjacentes à la tour. La main-d’œuvre supplémentaire nécessaire à l’excavation loge dans des tentes de toile. Paul et moi prenons le thé avec trois d’eux, en plus de notre pilote d’escorte Iraquien. Celui-ci a étudié à Londres. La conversation varie de la vie de couple à l’imagerie satellite. Tous sont sympathique. Le plus jeune du groupe est médecin et parle très bien l’anglais. Nous quittons l’endroit en milieu d’après-midi. « StarBuck » (AWACS, le radar américain) m’appelle pour confirmer ma position et code transpondeur. Il m’instruit par la suite à sélectionner un nouveau code! OK… On apprendra plus tard que certains Iraquiens ont peut-être utilisé notre code transpondeur ainsi que lettres d’appel pour effectuer des vols suspects non autorisés et éviter d’alerter les américains. De plus, les Québécois que nous sommes ont un accent que les Américains confondent avec les Iraquiens!!! Bien que les Gringos possèdent notre plan de vol et code, ils entrent en contact pour confirmer. Si on ne transmet pas nos coordonnées (affichées sur GPS, les Iraquiens n'en ont pas) rapidement, ils enverront un intercepteur pour... nous abattre! J’appelle la base pour aviser de notre départ, ainsi que le temps estimé d’arrivée. L’opérateur radio Russe accuse réception. Tout le long des routes, on observe des abris militaires, des trous entourés de monticules de terre, fraîchement construits. C’est le comité d'acceuil pour les Gringos. Partout où un réservoir ou un camion citerne est stationné, on achève de l’enterrer pour le protéger des explosions.
J’explique pourquoi j’ai demandé à sortir plus tôt que prévu. La décision a été difficile à prendre. En ce moment, notre soi-disante sécurité est fournie par l’ONU. Cela nous place 100% à la mercie des autorités Iraquiennes. Les américains ont avisé l’ONU qu’ils ne sont pas forcé de donner d’autre avis d’invasion. Les autorités de l’ONU sur place à Baghdad ont des raisons de croire que nous pourrions être les invités forcés de Saddam. Le plan d’urgence consiste à évacuer avec un avion cargo Hercules C-130. Celui-ci n’a pas suffisamment de sièges avec ceintures, ainsi que de masque à oxygène pour les 220 personnes qu’il projette de transporter. La seconde option consiste à former un convoi routier et sortir en Jordanie. Cette option est une farce. On n’a aucun moyen de prédire comment le peuple Iraquien réagira après que des étrangers auront envahi leur pays. La situation à la frontière avec les réfugiés pourrait être extrêmement dangereuse. L’ONU a commencé à envoyer le personnel non-essentiel. Nous ne volons plus, car les inspecteurs craignent de manquer l’avion si l’alarme est donnée. L’ONU doit rester jusqu’à la fin coûte que coûte, et les hélicoptères aussi, ne serait-ce que pour sauver les apparence. Ils ont affirmé que de sortir serait envoyer le mauvais message politique. Je considère ma sécurité une priorité, et je m’engage pleinement dans mes priorités. Cette opération est de nature militaire. Les yankees bombardent le Nord et le Sud déjà. Les soldats Iraquiens sont aperçus dans tous les trous imaginables, pointant leurs armes. Il en est ainsi avec les policier, les travailleurs publics et plusieurs civils. On n’a même pas idée combien d’armes de toute sorte pointent sur nous quand on vole. En aviation, on a des mesures alternatives ou des mécanismes en place pour gérer des risques identifiés et acceptables. En Iraq, on n’a aucune porte de sortie ou marge de manœuvre. Pour ces raisons, j’ai quitté l’Iraq. C'est samedi le 15 mars que l'ONU renvoie les hélicoptères, après avoir appris que les assurances cessent de les couvrir. C'était celà la priorité! Au moins, mes collègues ne seront plus en danger. Les appareils feront escale à Damascus en Syrie, et le lendemain à Larnaca. Il ne nous reste plus maintenant qu'à observer à distance la confrontation entre les deux fous... Marc Savard
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