Le rêve s'enracine dans le monde merveilleux du petit enfant. Il s'ouvre au "moi" relationnel avec l'adolescence, mais quand l'enfance s'éloigne, le "rêve" aussi s'en va. En Cinquième, les jeunes sont encore très sensibles à l'imagination. Ils vibrent facilement aux évocations de l'adulte qui raconte: "Je connais une équipe de catéchèse qui organisa une "super-fête" pour Noël. Il y eut (...)" Et eux de "rêver" aux images proposées... Les voilà déjà partis: ils sont encore enfants.
Les évocations doivent certes être adaptées à l'âge, rester conformes aux centres d'intérêt du moment et du sexe, mais le moteur du "rêve" existe bel et bien. Un jour cependant, il tombe en panne. Nous le disions: c'est souvent en Quatrième que la passivité grandit soudain. Une perception plus claire des limites du "moi", jointe à une relation pesante aux autres et surtout à l'adulte, gêne le "rêve" pour un moment assez long. Profitons donc du dynamisme de l'enfant encore naïf et inconscient pour ouvrir le jeune adolescent au temps qui vient. N'attendons pas un "bof" trop accentué, pour faire apprendre l'histoire. Un peu d'enfance est nécessaire pour entrer dans l'Espérance.
Source: Claude et Jacqueline Lagarde dans: L'adolescent et la foi de l'Église, Centurion/Privat, 1990, pages 135-136.
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