Le lac Pohénégamook.

Dans le calme des soirs d'été

A l'esquisse d'un géant allongé,

Le beau lac Pohénégamook dort

Près d'une forêt au vert décor

Rivagé d'un long mont profilé,

Avec sommets inégaux et épars,

Où se mire sur la dune opposée,

Un beau village sur son bord.

 

Dessiné en forme d'homme couché :

Les indiens l'ont ainsi nommé .

Son amont en forme d'entonnoir.

Ne sert-il pas de grand miroir?

Aux rayons des aurores matinales,

Des gais jours de loisir estival,

Où se glissent des matins aux soirs,

Les fluides de ce grand réservoir.

 

O nappe d'eau azurée et superbe!

Que l'air meut en douces vagues,

Aquarium d'inoffensifs poissons,

Accusé à tord d'être la prison,

D'un imaginaire montre-marin

Dont les badauds l'on dépeint,

De tant de diverses manières.

Qu'il faut croire à une chimère.

 

Bassin tranquille et si lisse

Quand les brises ne l'hérissent,

Où voguent les gracieuses barques

Et les ovipares hydro-palmipèdes

Qui sur les ondes se prélassent,

Et s'ébattent en la saison tiède,

Jusqu'à ce que le froid du Nord,

Ramène l'hiver pour leur départ.

 

bibliographie: -le livre du centenaire de pohénégamook

auteur: J.Eleuthere Rousseau, de la societe des Poetes Canadiens