Les Vampires et les FantômesCet endroit est comme un vampire à qui on aurait planté un pieu de bois dans le coeur. C'est supposé être mort, mais des fois, ça revient. Mais bon, ne nous mettons pas la tête dans le sable pour si peu. Des fois, le vampire n'est pas un vampire. Pour cette raison que des fois, nous pouvons apercevoir des gens déambuler dans la rue avec un pieu de bois dans le coeur. Parce que certains les croyaient vampires. Erreur. N'empêche qu'il peuvent tout de même aspirer à une vie normale. Comme la vôtre ou celle de Jean Charest. Vivre avec un pieu de bois dans le coeur, c'est pas la fin du monde. Ni le début d'une nouvelle aventure. Puis vient un jour ou le pieu de bois planté dans le coeur tombe de lui même. Comme s'il en avait subitement marre. Parce que bon, on a beau n'être qu'un pieu de bois planté dans un coeur, on a des émotions. Et être planté dans le coeur de quelqu'un qui n'est pas un vampire, franchement, pour un pieu de bois, c'est la honte à tout coup.
Mais peut-être qu'au fond, toute cette histoire de vampire n'est qu'une simple diversion. Les fantômes du passé font la boum. On peut encore les voir, certains soirs. Les entendre, aussi. Des gémissements, des boulets, des Gerry, des fantômettes toutes petites. De toutes jeunes choupinettes désâmées. Des moins jeunes. Des anciennes jeunesses à qui on comptaient volontiers fleurettes alors qu'elles étaient ce qu'elles croyaient sincèrement être au plus profond de leurs âmes. De l'innocence à la tonne. Nous les croisons encore, la nuit, lorsque vient l'heure à laquelle leur décès fut autrefois confirmé. 3h15.
Rien de tout cela ne s'est passé en Belgique. Les caves, les sous-sols. Les ongles cassés, enfoncés dans les parois d'un trou noir et humide. Rien de tout cela.
On voit la mort parce qu'il fait noir. On voit la mort parce que le soleil se couche. On voit la mort parce que la nuit descend sur nos vies vicelardes et futiles. C'est ce qu'ils croient. Ils croient qu'elle sera toujours vivante lorsque viendra le temps de se faire border pour une dernière fois. Sans le savoir. Sans savoir qu'à ce moment, ce sera la nuit. Ce sera la pluie.
publié par Réal Yté #
15:31