Les antibiotiques sont utilisés en médecine vétérinaire et en agriculture depuis plus de 40 ans. Leur emploi a permis d'atteindre un objectif triple: accroître l'efficacité de la production, procurer aux consommateurs une source de protéines d'excellente qualité à un prix plus abordable et, finalement, d'améliorer la santé des animaux. Il n'en demeure pas moins que l'usage des antibiotiques n'est pas sans risque. La question qui se pose alors est: est-ce possible de gérer ce risque?
À quoi servent les antibiotiques?
Globalement, les antibiotiques sont administrés aux animaux de ferme pour 3 raisons:
On estime que l'abandon des antibiotiques en production animale se traduirait par une chute de 10 à 15 % de l'efficacité de la production et, donc, par une augmentation des prix des produits au détail.
Comment pouvons-nous gérer le risque?
Conduire votre automobile comporte des risques; il en va de même pour l'utilisation des antibiotiques en production animale. Cependant tout comme le code de la route et les normes de sécurité imposées aux fabricants de véhicules permettent de gérer les risques associés à la conduite automobile, l'utilisation des antibiotiques est soumise à une réglementation et à des normes de fabrication.
Tout d'abord, les entreprises concoivent généralement de nouveaux produits destinés uniquement à l'usage vétérinaire. En outre le Bureau des médicaments vétérinaire de Santé Canada n'approuvera un nouvel antibiotique à double usage "humain et animal" que comme médicament d'ordonnance, c'est-à-dire qu'il ne pourra être prescrit par un vétérinaire que pour traiter une maladie chez les animaux de ferme.
Le processus d'approbation des produits respecte des normes élevées
Le Bureau des médicaments vétérinaire étudie toutes les données soumises par le demandeur d'homologation d'un nouveau produit afin de confirmer que l'usage recommandé et l'observation stricte des périodes de retrait précisées écarteront tout risque de présence de résidus nocifs dans la viande, le lait et les oeufs.
Le personnel du Bureau possède une expertise considérable dans les domaines de la toxicologie, la microbiologie, la chimie, et l'épidémiologie humaine, de même qu'en médecine vétérinaire. Cet ensemble de compétences lui permet de procéder à une analyse détaillée de tous les nouveaux produits et ce, toujours dans le but de minimiser et gérer le risque.
Le seuil de tolérance assurent une grande marge de sécurité
Les seuils de tolérance fixés par Santé Canada pour les résidus chimiques et biologiques comptent parmi les plus stricts au monde.Les quantités de résidus permises sont calculées à partir d'une consommation quotidienne maximale pendant toute la vie de l'individu.
Les méthodes d'analyse toujours plus raffinées utilisées pour mesurer les concentrations de résidus chimiques, d'additifs alimentaires et de contaminants microbiens sont en mesure de détecter des concentrations bien en deçà des seuils considérés dangereux pour la santé. Il est toutefois irréaliste de viser une concentration nulle de résidus dans tous les aliments. De nombreux contaminants étant présents à l'étât naturel dans l'environnement. De concert avec des experts de l'inocuité des aliments, les autorités fédérales ont fixé des limites maximales de résidus "ou seuil de tolérance" qui assurent des marges de sécurité de 100 à 1000.
Les vétérinaires possèdent l'expertise
Les vétérinaires possèdent un ensemble de compétences équivalent à celui des médecins, à la différence que leur pratique s'applique aux animaux destinés à l'alimentation et aux animaux de compagnie. Ces professionnels hautement qualifiés font partie intégrante de l'équipe chargée de gérer, à la ferme, le risque associé à l'utilisation des antibiotiques et de conseiller les producteurs sur les questions relatives à la santé du troupeau, aux antibiotiques à employer et aux périodes de retrait à respecter.
Les producteurs prennent leurs responsabilités
Les éleveurs canadiens collaborent étroitement avec leur vétérinaire afin de réduire leur usage d'antibiotiques. L'établissement de registres détaillés, dans le cadre d'un programme d'assurance qualité, guarantit l'usage adéquat d'antibiotiques et le respect des périodes de retrait.
Des programmes de conformité rigoureux pour protéger tous les canadiens
Grâce à des programmes de surveillance constante pour la détection des résidus d'antibiotiques dans les aliments d'origine animale (à l'étape de la transformation), la toute nouvelle Agence canadienne d'inspection des aliments veille à l'application rigoureuse de la réglementation qui interdit la vente d'aliments contenant des résidus nocifs.
M. Eli Neidert, Chef de la section développement et évaluation des programmes- résidus chimiques, de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, explique que "Santé Canada fixe les normes et l'Agence est responsable des programmes de surveillance".
"Il ne fait aucun doute" ajoute M. Neibert, "que notre système agro-alimentaire garantit aux canadiens un approvisionnement en aliments remarquablement sains et ce, à des prix abordables".
En conclusion
Il en va de l'intérêt de tous les intervenants de l'industrie canadienne de la production animale de produire des aliments sains, et chacun doit assumer cette responsabilité. Les efforts conjugués du gouvernement, des producteurs, des vétérinaires et des fabricants de nouveaux antibiotiques permettent d'assurer que la viande, le lait et les oeufs ne contiennent aucun résidu nocif.
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