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Communiqué |
Québec,
le 19 juin 2002 - Au
cours de l’année 2001, le virus du Nil occidental s’est répandu dans l’est des
États-Unis. On retrouve maintenant le virus dans 27 états, allant du Maine
jusqu’en Floride, et sa progression se poursuit vers le centre du pays. Pour
l’année 2001, le bilan américain fait état de 66 cas humains, dont 9
décès, 7 338 oiseaux sauvages, 918 pools de moustiques et 738 chevaux positifs,
dont plus de 490 chevaux en Floride uniquement. Depuis 1999, 149 cas
d’infections humaines dont 18 décès ont été reconnus dans ce pays. Le VNO a
également occasionné des pertes économiques pour l’industrie équine. De plus, le VNO a bel et bien fait son
entrée au Canada au cours de l’année, touchant les régions du sud-ouest de
l’Ontario. En 2001, 128 oiseaux et 9 pools de moustiques ont été confirmés
positifs et en mai 2002, le premier cas positif de l’année a été confirmé chez
une corneille de la région de Peel, en Ontario. Diverses activités de
surveillance ont été mises en œuvre et aucun cas chez les chevaux ou les
humains n'a été détecté au Canada,
L’encéphalite
causée par le VNO est une zoonose virale transmise par les moustiques. Les
oiseaux sont les hôtes naturels du virus, mais présentent rarement des
symptômes, à l’exception des oiseaux de la famille des corvidés qui sont plus
sensibles. La maladie se transmet par la piqûre d’un moustique s’étant
contaminé en se nourrissant du sang d’un oiseau infecté. La plupart des humains
infectés n’ont aucun symptôme ou présentent une infection légère qui ressemble
à une grippe. Parmi ces personnes infectées, seule une sur 150 développera une
encéphalite; les personnes âgées ou immunosupprimées sont les plus à risque. Il
n’y a pas de traitement spécifique ni de vaccin contre l’infection humaine. Les
mesures généralement recommandées pour prévenir les piqûres de moustiques sont
donc à promouvoir pour protéger la population de l’infection par le VNO.
Plusieurs
activités de surveillance touchant les oiseaux sauvages, les animaux
domestiques et les moustiques ont été mises sur pied au Québec. Grâce à une
campagne d’information soutenue, le nombre de signalements d’oiseaux sauvages
trouvés morts ou moribonds par le public a augmenté considérablement, passant
de 853 en 2000 à 6 728 en 2001. Au total, en 2001, 539 corvidés ont été
analysés par le Centre québécois sur la santé des animaux sauvages (CQSAS)
situé à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Aucune
trace du virus n’a été détectée jusqu’à maintenant mais sa progression en
régions limitrophes semble indiquer l’imminence de son apparition sur le
territoire québécois.
On demande donc à la population de signaler
rapidement les corneilles d’Amérique, geais bleus et grands corbeaux trouvés
morts récemment en composant le numéro :
1 800 463-2191 pour en aviser
un préposé de la Centrale SOS Braconnage et ce, même si une cause de décès,
telle une collision avec un véhicule, semble apparente. Les oiseaux de ces
espèces pourront être récoltés par des inspecteurs du MAPAQ ou des agents de
protection de la faune, puis acheminés au laboratoire du CQSAS pour y être
analysés s’ils correspondent aux critères de sélection du programme.
Concernant les animaux domestiques, il faut se
rappeler que plusieurs encéphalites sont à déclaration obligatoire au Canada,
telles que la rage, la maladie de Newcastle et les encéphalites équines de
l’Est et de l’Ouest. Conséquemment, les mammifères et les oiseaux domestiques
présentant des signes neurologiques compatibles avec ces maladies doivent donc
normalement être référés à l’Agence canadienne d’inspection des aliments
(ACIA). La recherche du VNO pourra alors être effectuée chez les chevaux et les
oiseaux domestiques élevés à l’extérieur si aucune maladie à déclaration
obligatoire n’est confirmée. Il est recommandé de communiquer avec bureau de
district de la Santé des animaux de l’ACIA de votre région pour toute
information à ce sujet.
De plus, la Section des produits biologiques
vétérinaires de l’ACIA a accordé un permis conditionnel pour un vaccin équin
contre le virus du Nil occidental. Les médecins vétérinaires praticiens peuvent
donc s'en procurer en appelant Mme Caroline Sévigny au Service à la clientèle
d'Ayerst (1800-265-7200) car ce produit ne peut être vendu par un grossiste. Il
est toutefois important de signaler que les chevaux vaccinés pourront
développer des anticorps contre le VNO, lesquels peuvent affecter leur
admissibilité à être exportés vers des pays qui exigent des tests sérologiques
négatifs aux épreuves de dépistage pour cette condition.
Pour toute interrogation concernant le VNO et la
santé humaine, veuillez référer votre clientèle à Info-Santé. Il est toutefois
possible d’obtenir des dépliants d’information générale pour votre clientèle en
communiquant avec la Direction du service à la clientèle du MAPAQ, au (418)
380-2120 ou au 1 800 463-5023. Il est également possible d’obtenir une foule
d’informations concernant le VNO sur les
sites Internet de Santé Canada et de l’ACIA aux adresses suivantes :
http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/wnv-vwn/index_f.html
http://www.inspection.gc.ca/francais/anima/heasan/disemala/wnvf.shtml
Dre Chantal Vincent, m.v., M.Sc.
Coordonnatrice aux zoonoses
Direction de l’épidémiosurveillance et de la santé animale