PROBLÈME DE MUE
CHEZ LES REPTILES (DYSECDYSIS)
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par Pascal Riendeau
E-mail: paco@interlinx.qc.ca
Dans le premier article, nous avons abordé l'aspect normal de la mue chez les reptiles. Dans ce présent article, nous verrons les principales causes des problèmes de mue et comment intervenir pour remédier à cette pathologie.
Les problèmes de mue, ou disecdysis, sont courants chez les reptiles en captivité, en particulier pour les ophidiens (serpents) et les sauriens (lézards).
Et l'observation de la mue, ou ecdysis, et de sa fréquence est un moyen facile et efficace pour interpréter l'état de santé d'un serpent.
DÉFINITION:
Mauvaise mue, rétention de mue et disecdysis sont synonymes; à savoir, difficulté ou même incapacité à se défaire de l'ancienne couche kératinisée (la vieille peau) de la surface de la nouvelle. Mais attention, la rétention de mue n'est pas une maladie en soi mais un symptôme d'un autre problème.
L'ORIGINE DU PROBLÈME:
LES CONDITIONS D'HÉBERGEMENT:
Dans la plupart des cas, ce sont les conditions d'hébergement qui sont inadéquates. Un taux d'humidité trop bas, une température trop basse, une carence alimentaire et un manque d'objet sur lequel se frotter sont tous des facteurs qui peuvent provoquer une mue incorrecte. Il est parfois difficile de maintenir adéquatement les paramètres environnementaux nécessaires au bien-être de certaines espèces de reptiles. En dehors d'un certain écart de température, les reptiles ne peuvent muer.
lES BLESSURES, LES PARASITES, LES INFECTIONS:
La peau peut être facilement endommagée durant l'ecdysis. Il faut éviter les manipulations durant la période de mue. On peut fissurer la peau à être muée et la lymphe introduite entre les deux épaisseurs se dessèchera. La peau se décollera moins facilement. De toute façon, les animaux en période de mue manifestent généralement leur mécontentement à être dérangés ou manipulés.
Les blessures, les brûlures, les infections cutanées et les infestations de parasites telles les mites et les tiques amènent le serpent à muer plus souvent. Suite à des blessures, à des brûlures ou à des infections, la peau du serpent aura besoins de se cicatriser. Et le serpent infesté de parasites externes se débarrasse d'une bonne partie de ses envahisseurs en les laissant derrière lui sur sa vieille mue.
Dans un état de cachexie (maigreur extrême et déshydratation), l'organisme des reptiles n'est pas en mesure de multiplier ses cellules et de synthétiser les enzymes indispensables à la mue.
QUOI FAIRE:
Si ce sont les conditions d'hébergement qui sont à l'origine du problème, il est généralement plus facile de les corriger que si l'animal soufre d'un dérèglement hormonal (hypothyroïdisme, hyperthyroïdisme).
Dans la mesure du possible et si ce n'est pas trop traumatisant pour l'animal, il faut aider le reptile à enlever sa vieille peau ou des morceaux de peau demeurés collés. Ce, parce que les morceaux de peau qui restent collés sur le serpent peuvent causer diverses maladies cutanées à long terme.
RÉHYDRATER:
La meilleure méthode pour remédier à une rétention de mue est de réhydrater la peau de l'animal. L'idée est de rendre la vieille peau plus molle et de lubrifier le tout pour avoir plus de facilité à la décoller et à l'enlever. Voici une suggestion.
LE "SAUNA":
On place l'animal dans un contenant de plastique ou un aquarium avec assez d'eau pour recouvrir son corps. Attention aux fuites, le contenant doit être à l'épreuve des escapades. Il ne faut jamais laisser un reptile qui trempe sans surveillance. S'il est vraiment des problèmes de santé, il pourrait se noyer. Et il faut voir à ce que l'animal ait de l'air frais quand il est dans le "sauna". Idéalement, la température de l'eau devrait être tiède à chaude (25oC-30oC environ).
On peut aussi mettre le serpent entre les épaisseurs d'une serviette mouillée dans le même genre de contenant que mentionné précédemment. Attention, pas sous la serviette trempée, il doit pouvoir respirer! Avec le poids de la serviette mouillée, les lambeaux de peau demeurés collés se détacheront. Et le reste sera enlevé à la main.
Il n'est généralement pas essentiel d'ajouter des médicaments dans l'eau lors de ce traitement. N'étant pas vétérinaire, je ne puis me permettre de suggérer des médicaments ou des traitements médicaux pour vos préférés, mais j'incite fortement à consulter un vétérinaire expérimenté avec les reptiles.
On peut utiliser le "sauna" à chaque mue, pour les spécimens qui requièrent un taux d'humidité très élevé. Quelques heures avant la mue, si possible, on place l'animal dans son "sauna" pour qu'il puisse muer correctement. En suivant de près les mues de votre reptile vous serez en mesure de prévoir le moment où il l'effectuera (je prévois deux jours après le retour à la transparence) et vous pourrez le placer dans un "sauna".
À FAIRE ATTENTION:
À chaque fois qu'un serpent effectue une mue, il est important de vérifier si les écailles qui recouvrent les yeux sont bien parties avec le reste. Ceci est facilement observable en déroulant la vieille mue. Si l'une d'elles est demeurée collée, il pourrait y avoir des complications.
Et enlever cette écaille est parfois difficile. Il faut avant tout s'assurer qu'on enlève bien une écaille restée collée et non l'écaille elle-même. Des dommages irréversibles pourraient être fait à l'oeil.
Mais il est possible, avec d'infinies précautions, d'enlever une écaille de l'oeil demeurée collée. Il faut réhydrater, ramollir, assouplir cette écaille pour y arriver de façon prudente. Ensuite, après avoir essuyé l'œil, on applique délicatement un bout de pellicule Cellophane sur l'œil et ensuite, encore plus soigneusement, tirer sur la pellicule. Normalement l'écaille vient avec la pellicule Cellophane sans complication.
On peut aussi essayer de retirer l'écaille avec des pinces à bouts émoussés. Cette dernière technique demande plus de dextérité et il serait probablement plus sage de demander assistance à un vétérinaire ou à quelqu'un d'expérimenté.
Mais la chose peut se compliquer; les écailles des yeux qui sont retenues vont s'accumuler en pelures d'oignon. Le temps de "sauna" sera plus long et l'opération demandera sûrement l'aide d'un vétérinaire.
L'EXAMEN:
Il est facile de prévenir les problèmes en vérifiant l'intégrité de la peau des reptiles sur tout leur corps lors des mues. Les yeux, les doigts, les replis de peau, autour du cloaque, sont tous des endroits où la peau est parfois mal muée.
Autre chose auquel il faut faire attention est que la perméabilité de la peau est augmentée durant l'ecdysis. On doit éviter de traiter les reptiles contre les parasites externes avec des insecticides pendant la période de la mue. L'animal serait beaucoup plus susceptible de souffrir d'intoxication qu'à d'autres moments.
Et comme mentionné précédemment, pendant la mue, l'épiderme du serpent est particulièrement fragile surtout vers la fin, parce que la nouvelle peau n'est pas complètement formée.
Il existe de nombreuses causes aux problèmes de mue, autres que celles décrites précédemment, tels l'hyperthyroïdie, le néoplasme, l'hypothyroïdie, les anciennes cicatrices, etc..
La rétention d'une écaille sur l'œil n'est pas une urgence de vie ou de mort, au moins un autre cycle de mue peut avoir lieu avant d'entreprendre toute action. Surveiller la prochaine mue afin de vérifier si l'écaille ne décollerait pas d'elle-même.
Comme mentionné antérieurement, la mauvaise mue ou disecdysis est un symptôme et non une maladie en soi.
Si après tentative de corriger les conditions d'hébergement le problème de mue persiste, il faudrait consulter un vétérinaire spécialisé dans les animaux exotiques.
Suggestion: prenez note des dates, de la durée, des caractéristiques et des résultats des mues que votre serpent accomplit. C'est une façon plus scientifique d'interprétation de l'état de santé de votre animal.
Attention, bien d'autres aspects de la garde en captivité de ces bêtes sont à observer avec autant de soin. Juste en regard aux conditions d'hébergement des reptiles, il y en aurait pour tout un article! J'encourage fortement ceux qui aiment les reptiles de lire, de chercher les réponses, de tous faire pour bien connaître leurs animaux.
RÉFÉRENCES:
COBORN, John, 1991. The atlas of snakes of the world. t.f.h., pp.34-35, 86.
BAUCHOT, Roland, 1994, Snakes, a natural histo-ry. Sterling, pp.18.
MADER, Douglas R., 1996, Reptile medecine. Saunders, (5)pp.43-44., (10)pp.104-105., (15)pp.180., (41)pp.368-370.
MADER, Douglas R., 1994, "Dysecdysis":Reptiles magazine. August 1994, pp.12, 14-15.
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Je terminerai bientôt mes études de technicien en santé animale que je poursuis actuellement au Collège de Sherbrooke. Je profite de cette occasion pour vous inviter à communiquer avec moi si vous êtes à la recherche de quelqu'un, d'un technicien en santé animale, qui peut oeuvrer dans le domaine de la clinique comme de la recherche (et beaucoup d'autres domaines...).
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