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Lorsque
Chrysler (Walter P. lui-même) décide de lancer en 1934 cette voiture
révolutionnaire, il était alors persuadé que cette voiture serait
un franc succès... Et il n'avait pas tort !
Las ! Les structures industrielles de l'époque sont fragiles...
Dixit les historiens, car en fait ceci n'a guère changé ( voir les
déboires de la "petite" Mercedes Classe A et la "minuscule" Smart
du même constructeur: l'avenir nous dira s'il vaut mieux être prophète
de nos jours !). En effet, la voiture, ou plutôt les, car Chrysler
vendait le modèle Airflow sous sa marque et sous le label De Soto
pour toucher un public plus large, eut du succès dès son lancement...
C'était sans compter sur des problèmes industriels qui, d'une part
firent des premiers exemplaires livrés des chefs-d'oeuvre de tracas
de toutes sortes, ce qui retarda la sortie des voitures "fiabilisées"
et découragea les acheteurs américains habitués à profiter dès l'achat
de leur nouveau jouet ! Les ventes s'effondrèrent...
Parmi les premières "tout acier" des manufacturiers américains,
cette voiture devait son petit nom à l'aérodynamique, ce qui pour
n'être pas franchement nouveau avait au moins le mérite de mettre
ce progrès à la portée du plus grand nombre, lequel en toute illogique
"pré-marketing" lui préféra sa demi-sœur plus conventionnelle, la
Chrysler "Airstream", ce qui ne fût pas le cas de De Soto qui vît
ses ventes s'effondrer, l'Airflow étant son seul modèle...
Pauvre grand nombre ! Il ne savait pas à côté de quoi il passait...
l'Airflow en effet, était plus qu'une voiture à l'esthétique originale,
c'était une voiture moderne pourvue de nombreux aménagements de
confort qui la démarquait nettement de la concurrence: rapport habitabilité-encombrement,
ventilation de l'habitacle, passagers arrière installés en avant
de l'essieu, avec pour effet de rendre ces places enfin confortables,
et une infinité de petits raffinements qui en font une voiture "à
part".
Sur la route, ce sont des automobiles exquises et raffinées, dorlotant
les passagers avec leurs suspensions moelleuses, le grand espace
habitable, l'ergonomie des commandes, la douceur de leurs mécaniques
(huit cylindres pour les Chrysler, six pour les De Soto).
En 1935, l'Airflow se trouva estropiée par les génies qui la créèrent
pour satisfaire la clientèle: capot disgracieux pour faire "classique"...
C'en était fini, ce qui n'a pas empêché le naufrage !
Pourtant Walter P. Chrysler avait raison...
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