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Dans
l'euphorie des années cinquante et soixante naquirent des automobiles
extraordinaires... Parmi les rares qui furent fabriquées en série,
l'amphibie créé par Herr Hans Trippel (lequel est le créateur d'à
peu près tout ce qui roule et flotte à cette époque), est lancé
en 1961 sous le doux nom d'Amphicar, certes plus poétique que celui
de la compagnie qui l'a fait naître.
Soigneusement construit en Allemagne, c'est un pur produit germanique,
à l'exception du moteur anglais d'origine Triumph. Pourquoi cette
décision? L'industrie allemande, à cette époque et dans cette catégorie
de cylindrée, n'avait guère d'autre choix à proposer que le moteur
de la VW Coccinelle (son refroidissement à air convient beaucoup
mieux à l'aviation! Alors que les bateaux s'accommodent parfaitement
du refroidissement à l'eau!) et les deux-temps qui fleurissaient
alors dans le parc automobile de la RFA. Un moteur français? Pas
assez ou trop puissant, donc lourd. Un moteur italien? Trop fragile?
En fait, le moteur Triumph n'était pas une mauvaise idée, bien que
le poids de l'Amphicar limite sérieusement ses performances tant
sur terre que sur l'eau: c'est un moteur robuste, doté d'un bon
couple, ce qui convient fort bien à un... bateau! D'autant plus
que les gouttes d'huile qu'il perd, dans la plus grande tradition
britannique, servent d'antirouille à la coque de ce navire "tout
acier".
Le style de l'Amphicar est un compromis entre le style italien de
l'époque (cf: Renault Floride due à Frua et certaines DKW décapotables
contemporaines), auquel les inévitables ailerons "pour faire américain"
semblent avoir été ajoutés. En fait, ils jouent leur rôle quand
il s'agit d'affronter la vague et de protéger la mécanique, généreusement
pourvue d'aérateurs sur le couvercle du capot arrière.
Les accessoires maritimes (feux de navigation, pompe de cale, levier
de commande des hélices, accélérateur à main) sont les seuls ajouts
à une voiture conventionnelle. Les quatre vitres descendent manuellement,
la capote se replie (presque) avec aisance.
Sur terre, la conduite est en tout point semblable à celle des petites
voitures contemporaines, avec l'agrément de rouler à quatre dans
une décapotable. La suspension est ferme, la direction précise,
les freins convenables, les performances limitées sont essentiellement
dues au fait que le rapport final est court et qu'à la vitesse maximale,
le moteur tourne très vite, ce qui décourage le conducteur...
Mais le grand plaisir arrive alors que l'on approche d'une rampe
de mise à l'eau: après avoir verrouillé les deux poignées supplémentaires
sur chacune des portes, ce qui permet de les "sceller", tout en
roulant, on enclenche les hélices, on descend (ou plonge quelquefois)
dans l'eau, il suffit alors de passer au point mort "terrestre"et...
Vogue la galère! Le comportement maritime est parfaitement convenable
et l'Amphicar n'est pas un mauvais bateau! Les changements de cap
se font à l'aide du volant, les roues servant de gouvernail. Seul
petit reproche, les changements de cap à bâbord sont plus larges
que ceux à tribord, les hélices tournant dans le sens des aiguilles
d'une montre, elles aident ainsi à ce "virage" à droite !
Terre, terre! Toujours sans s'arrêter, on enclenche le premier rapport
en s'alignant sur la rampe, on sort de l'eau, désengage les hélices
et continue son petit bonhomme de chemin...
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