| |
La
compagnie Chrysler n'en est pas à son coup d'essai lorsqu'elle persiste
en 1981 en présentant son "nouveau" modèle Imperial…
Les finances de la compagnie ne sont pas au beau fixe, c'est vrai
! Lee Iaccoca, le génial président qui sortira la maison de cette
situation a-t'il été responsable de ce faux pas? Sans aucun doute,
puisque Chrysler éditera des versions "Frank Sinatra", grand copain
dudit Lee..
Depuis toujours la concurrence de Cadillac et de Lincoln a toujours
frustré les patrons de Chrysler, et malgré des ventes toujours marginales,
ce fabricant s'obstinera à plagier ses concurrents, jusqu'à la parodie!
C'est le cas des Imperial 81-83…
La recette? Très simple: vous prenez une voiture "amortie" par des
années de bons et loyaux services (la "Cordoba"), vous modifiez
la carrosserie pour plaire à la clientèle ciblée (une touche de
Cadillac Seville, un brin de Lincoln…), vous récupèrez un des bons
vieux moteurs que vous avez dans vos stocks (le très bon et très
solide "318"), puis pour faire "moderne", vous lui installez un
système d'injection électronique, le tout accomodé d'une touche
de luxe (cuir et tous les gadgets électriques indispensables…).
Mais, car il y a un, voire plusieurs "mais"… D'abord, les acheteurs
privilégiés des Imperial se retrouvent avec des voitures certes
douillettes et confortables, presque économiques, et d'une finition
flatteuse, mais d'une fiabilité douteuse: les pannes dues à l'injection
électronique sont légion, la compagnie ne résoudra d'ailleurs jamais
le problème… (Chrysler aura l'audace de proposer un "kit" carburateur,
qui règlera tous les problèmes, pour la modique somme de $3.000…
le prix de vente "toutes options était à l'époque de $ 22.000!).
Ensuite, les arguments typiquement américains dans le domaine du
gadget sont loin d'être à la hauteur de ce que propose Cadillac
pour le même prix avec sa Seville ou l'Eldorado, plus proche d'esprit
avec ses deux portes (traction "avant", quatre roues indépendantes,
quatre freins à disques, suspension pneumatique, climatisation automatique,
phares automatiques, etc…), et de toute manière nettement plus performante.
Même si ce n'est pas vraiment une mauvaise voiture, les avatars
que subissent les propriétaires terniront la réputation du constructeur
pour quelques années…
Cette fin de race ne sera produite qu'à une dizaine de milliers
d'exemplaires sur les trois ans de production: il était temps !
Ergonomie inexistante, technique avant-gardiste approximative, rapport
habitabilité-encombrement relevant de la plaisanterie, vous l'aurez
compris: le client-pigeon réfléchit quelquefois !
|