| |
Parler
des Morgan relève de la gageure, puisque c'est sans aucun doute
la seule marque vivante (et bien vivante!) qui persiste à fabriquer
des voitures selon une technologie d'un autre âge, celui d'avant
la dernière guerre mondiale. De plus, le style de la carrosserie
n'a virtuellement pas changé depuis le milieu des années cinquante.
Le phénomène Morgan est sans doute plus sociologique que technique,
puisque depuis plusieurs décennies, ces voitures, non seulement
trouvent acquéreurs, mais les carnets de commande ne désemplissent
pas ( 3 à 4 ans d'attente aujourd'hui !)...
A l'heure où Rolls Royce, un des derniers bastions de la tradition
et du savoir-faire britannique, passe sous la coupe d'un marchand
de voitures du peuple, la compagnie Morgan continue à fabriquer
à la main et à l'unité des voitures (que les clients s'arrachent
à des prix qui n'ont rien de "donnés"), dont les caractéristiques
techniques remontent à la préhistoire automobile...
Pourquoi ? Là encore, le charme "british" opère: une ligne désuète,
mais tellement hors normes qu'elle en devient séduisante et qui
fait oublier tous les défauts que l'on savait si bien pardonner
à tous ces roadsters anglais: une habitalité dérisoire, une ergonomie
inexistante, une étanchéité qui n'en a que le nom, des qualités
de confort qui se résument à la vue et à l'odorat...
Certes les qualités routières ne sont pas si insipides et la tenue
de route parfaitement adéquate, d'autant plus que les sensations
sont ici aussi impressionnantes...
La Morgan de notre ami Roger présentée ici est une "Four/Four" 1968,
ce n'est plus une voiture: bichonnée, carressée, chouchoutée, c'est
une maîtresse.
|