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Coup
de génie en 1953: Raymond Loewy présente la ligne de la nouvelle
série de coupés à deux portes et six places sous les appellations
de "Champion" et "Commander", puis "President" en 1955.
La ligne est fabuleuse, racée, aérienne, du jamais vu en Amérique
où une grande et grosse voiture doit paraître au moins ce qu'elle
est... Les chromes soulignent la ligne svelte , les proportions
sont idéales: long capot, habitacle lumineux, toit fuyant résolument
sportif, poupe effilée... La version "Hard Top" étant la plus élégante
avec ses portes sans montants.
Si la voiture n'a pas changé structurellement au cours de sa longue
carrière ( 11 ans, dans ces années où les modèles changeaient annuellement!
), l'année 1956 voit apparaître l'appellation "Hawk" qui sera utilisée
à toutes les sauces. Qu'on en juge: Flight Hawk, Power Hawk, Sky
Hawk, Golden Hawk. Le capot change d'aspect, mais à notre avis,
pas toujours partagé, sans dégrader la ligne. Il n'en est pas de
même pour les ailerons qui s'élèveront d'année en année et ne seront
terrassés qu'en 1962!
Il faut dire que c'était la mode et que les stylistes de Studebaker-Packard,
sans doute contraints à faire des économies, ont commis bien d'autres
horreurs (cf: les ignominieux ajouts des Packard 1958 à carrosseries
Studebaker).
La Silver Hawk s'ajoute à la gamme alors que Flight et Power disparaissent
en 1957, Golden en 1959, Silver en 1960 ! Pour finir sous le seul
nom de Hawk en 1960-61, et laisser la place en 1962 à la Gran Turismo
Hawk, laquelle abandonne définitivement les ailerons des "fifties"
et se pare d'un toit plus angulaire et plus dans l'air du temps,
et cette fois-ci encore, le résultat est convaincant. N'oublions
pas que ce dessin date de 1953 et qu'en 1964, Chevrolet entre (tous
les) autres en est à une dizaine de "refontes"stylistiques !
Parler des Studebaker en matière de conduite, d'agrément, de plaisir
enfin, relève de la gageure. Comme bien des "américaines" de l'époque,
conduire une Flight Hawk 1956 de 100 ch, plutôt rustique avec un
bon vieux "six" à soupapes latérales, et une Golden Hawk dotée d'un
V8 compressé de 275 ch, avec l'air climatisé et le tout-électrique
qui faisait bien des envieux à l'époque, l'ensemble sous une carrosserie
et un châssis plus ou moins identiques (ce qui n'est pas tout à
fait vrai) revient à comparer...
L'incomparable!
Les points communs? Une excellente tenue de route, malgré l'archaïsme
technique, un freinage très convenable, bien que "tangent" dans
le cas de la Golden Hawk à compresseur en cas d'abus, un confort...
américain, et le plaisir de voir cette voiture...
Monsieur Loewy, vous saviez faire de bien jolies choses...
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