Le mot du président

Lorne Huston


Qui fera l'histoire du XXIe siècle ?

Le congrès de l'APHCQ à Ste-Foy au mois de juin s'organise autour de la question de l'avenir de l'histoire. L'Institut d'études canadiennes de McGill vient de conclure sa conférence annuelle sur un thème analogue (Le passé a-t-il un avenir, 29-30 janvier, hôtel du Parc, Montréal). Notre association faisait partie des treize partenaires qui l'ont parraînée. Rappelons que plus de sept cents professeurs d'histoire de tout le Canada ont participé à ce colloque qui a connu un fort retentissement médiatique.

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M. Desmond Morton, hôte de la conférence "L'avenir de notre passé", remet une affiche-souvenir à M. Lorne Huston, président de l'APHCQ.

À l'origine, une question lancinante.

"Comment se fait-il que les Canadiens connaissent si mal leur histoire alors que les sondages, les chiffres de fréquentation de musées et de sites historiques, les cotes d'écoutes de séries télévisées en histoire, la participation à des sociétés d'histoire, de généalogie ou du patrimoine, nous indiquent qu'ils en sont passionnés?"

Au bout, une réflexion troublante.

Alors que je m'attendais à assister à une chicane entre historiens anglo-canadiens et québécois sur la pertinence des normes canadiennes pour favoriser l'apprentissage d'un corpus de base jugé essentiel, j'ai vu un intérêt extraordinaire de la part du secteur non-académique à prendre en charge l'éducation historique des Canadiens. À mon avis, le vrai enjeu de cette conférence n'était pas entre historiens anglophones et francophones. Au fond, ceux-ci sont prêts à faire la place les uns aux autres sans toutefois renoncer à leurs visions propres.

Ce qui m'a fait bien plus réfléchir sur l'avenir de l'histoire, c'est la place que l'entreprise privée est prête à prendre. Que Lynton R. Wilson, président du conseil de Bell Canada Entreprises, membre également des conseils d'administration de Chrysler Corp. et de Téléglobe soit prêt à verser un demi-million de dollars de ses fonds personnels à fonder un Institut national de l'histoire du Canada m'a paru bien plus digne d'intérêt que les débats historiographiques traditionnels. La contribution de Charles R. Bronfman, à travers la "Fondation CRB: Reflets du patrimoine" est du même ordre et l'on pourra consulter avec profit le site web de la fondation pour voir comment on compte soutenir les intervenants en histoire

C'est vraiment de l'avenir de l'histoire, dorénavant perçue en termes de ses producteurs et de ses consommateurs, dont il s'agit. (1)


Suspension du concours François-Xavier-Garneau

C'est avec tristesse que je dois annoncer la suspension du Concours François-Xavier-Garneau pour une période indéfinie. En effet, à la fin de l'automne, l'exécutif de notre association et celui de la Fédération des sociétés d'histoire du Québec ont convenu ensemble que les conditions n'étaient plus réunies pour poursuivre la collaboration sur ce dossier. Notre association est actuellement en train d'explorer la faisabilité d'organiser un autre type de concours sur des bases plus solides.

Un rapport complet sur cette situation sera fourni aux membres au congrès à Sainte-Foy au mois de juin, mais, en clair, nous avons jugé que les difficultés qu'éprouvait la Fédération à livrer le matériel nécessaire à la préparation du concours au courant de l'été compromettait la tenue du concours en 1998-1999. Nous avons donc refusé de partir le concours, encore une fois, en retard.

La Fédération, de son côté, voulait absolument tenir un concours en 1999 et de surcroît, insistait pour déplacer la cérémonie de remise des prix en dehors du cadre de notre congrès annuel dans l'espoir de lui donner une plus grande envergure médiatique. Nous nous sommes opposés à ces deux propositions. D'une part, nous sommes convaincus qu'il était impossible de tenir un concours de qualité sur la base des travaux soumis au cours de la seule session d'hiver 1999. D'autre part, nous voulions garantir que les professeurs des collèges, qui consacrent des dizaines d'heures bénévoles à encadrer des étudiants, puissent trouver une certaine reconnaissance, avec leurs élèves, devant leurs pairs, en participant massivement à la remise des prix comme cela a été le cas lors des deux congrès précédents de l'APHCQ.

Malgré le respect mutuel qui caractérisait les échanges entre nos deux organismes et qui se poursuit dans le projet du Bottin des ressources en histoire, nous ne pouvions accepter ces deux exigences de la Fédération. C'est une malheureuse histoire, mais nous jugions qu'un concours bâclé à la hâte et qui n'aurait plus aucun rapport direct avec le congrès de l'APHCQ serait plus triste encore.


Le Bottin des ressources

Par ailleurs, comme vous le verrez dans les pages de ce numéro, le Bottin des ressources est enfin sur le point de voir le jour. Fruit d'une collaboration plus heureuse avec la Fédération des sociétés d'histoire du Québec, il ne fait aucun doute dans mon esprit que ce bottin rendra de grands services aux membres de nos associations et à toutes les personnes intéressées par l'histoire qui s'écrit, qui se visite et qui se fait au Québec. En effet, l'originalité de ce bottin réside dans la variété des types d'adresses que l'on y retrouve et dans le classement de ces adresses par région du Québec. Variété des adresses: associations, chercheurs, professeurs d'université et de collège, dépôts d'archives, bibliothèques, sociétés d'histoire, musées, centres d'interprétation, lieux historiques et sites Internet y sont recensés. Le classement régional facilite le repérage des informations afin d'identifier les ressources diverses en histoire accessibles aux organismes ou aux individus de toutes les régions du Québec. Tous les membres en règle de notre association recevront donc un exemplaire de ce bottin et nous en soulignerons dignement la parution au cours d'activités qui restent à être organisées. À bientôt, donc.


Le congrès 1999

Enfin, la préparation du congrès à Sainte-Foy le 9 et 10 juin prochain va bon train, grâce notamment à l'équipe dynamique que coordonne Lucie de Bellefeuille. Vous recevrez sous peu le programme qui décrit les nombreux ateliers et conférences prévus. Nous pouvons déjà annoncer que M. André Ségal, professeur d'histoire médiévale de l'Université Laval, sera le conférencier d'ouverture.

Au plaisir de vous y retrouver.

Lorne Huston

(1) L'Avenir de notre passé

Voir aussi: http://www.refletsdupatrimoine.ca/site_map/default.htm et surtout l'organisme qui a mené la cabale au Canada anglais sur l'importance des normes nationales: le Dominion Institute: http://www.historytelevision.com/CanadaDay/dominion.html