Vie de l’Association

 

Extrait de la rubrique “ Mot de l’Association ” Bulletin de l’APHCQ, vol. 6, no 2, février 2000

 

Les professeurs lèvent leur boycott du Comité-conseil

Les professeurs qui font partie du Comité-conseil du programme d'études préuniversitaires en sciences humaines ont mis fin à leur boycott des réunions le 10 janvier dernier.[1] Même si l’entente de principe survenue dans le cadre des négociations collectives n’a pas encore été ratifiée par les syndicats locaux, la levée du boycott leur paraissait souhaitable compte tenu du fait que les travaux du comité se poursuivaient en l’absence des professeurs.

 

Une réunion du comité des enseignants convoquée pour le 10 mars 2000

En effet, tout indique que le Comité-conseil veut procéder avec diligence dans cette affaire. Il compte terminer la rédaction de son projet pour la fin de l’an 2000, le présenter au ministère au cours du printemps 2001 dans le but de permettre une implantation par projet-pilote dans certains collèges à la session d’automne 2001. Une réunion du comité des enseignants est prévue pour le 10 mars 2000. La documentation du Comité-conseil a été envoyée aux représentants des professeurs du programme de sciences humaines dans chaque collège et ceux-ci sont censés organiser une consultation locale sur le projet de réforme en cours. Ce comité ne s’est pas réuni depuis le mois d’octobre 1998.

La finalité du programme et les buts corrigés de même que les objectifs et standards pour les cours obligatoires en sciences humaines seront présentés aux enseignants à cette réunion. Pour l’instant, la discussion sera limitée aux six cours obligatoires, propres au programme en sciences humaines : DIASH (démarche d’intégration des acquis en sciences humaines), les deux cours de méthodologie et les trois cours du tronc commun (dont le cours de civilisation occidentale). En revanche, l’idée d’imposer un huitième cours spécifique n’est pas à l’ordre du jour de cette réunion[2].

 

Remise en question des cours disciplinaires

Comme par le passé, aucune consultation des professeurs sur une base disciplinaire n’est prévue. Le représentant de chaque collège est censé parler au nom de tous les professeurs de sciences humaines. L’absence de consultation des disciplines est au cœur même de la réforme en cours. En effet, le cadre d’élaboration des programmes d’études préuniversitaires stipule très clairement que la révision

á         prône l’approche programme ;

á         vise une éducation centrée sur la maîtrise des apprentissages, selon une approche dite “ par compétences ”.[3]

À terme ce sont les cours disciplinaires comme tels qui risquent de disparaître. Pour le moment, il est entendu que les trois cours du tronc commun seront donnés par des professeurs qui relèvent des disciplines d’histoire, de psychologie et d’économie mais aucun autre cours du programme n’est assuré d’une définition disciplinaire. Des objectifs et des standards seront définis pour les autres “ activités d’apprentissage ” qui, en principe du moins, pourront être donnés par des professeurs provenant de disciplines diverses. Si on suit cette logique, il est facile d’imaginer que la profession de l’enseignant du collégial en sciences humaines sera appelée à se transformer. Il devient inutile, dans un tel contexte, que les professeurs possèdent une connaissance approfondie d’une discipline ou qu’ils participent à la recherche académique. Le savoir disciplinaire est relégué au statut d’un simple moyen pour favoriser l’acquisition, par les élèves, de compétences alors que la pédagogie est hissée au statut d’une finalité en soi. Et ceci en dépit du fait que l’application d’une approche dite “ par compétences ” en sciences humaines est loin d’avoir fait ses preuves.

            En tant qu’association de professeurs d’histoire, nous déplorons le fait que la révision du programme procède dans ce sens. Il y a certes lieu d’améliorer le programme de sciences humaines et de favoriser les échanges interdisciplinaires. L’histoire est un domaine qui est particulièrement ouvert à ces types de débats. C’est tout autre chose que de s’attaquer à l’existence même des disciplines dans l’enseignement des sciences humaines au collégial!

Informez-nous

Nous vous encourageons fortement de faire part de vos préoccupations au professeur (Louis Lafrenière) qui représentera votre collège à la réunion du 10 mars. Par la même occasion, informez- nous de vos démarches. L’exécutif de l’APHCQ tentera de faire circuler les informations d’un collège à l’autre.

-Lorne Huston

Président de l’APHCQ

 



[1] Les professeurs qui font partie de ce comité sont Gérard Loriot, responsable du Comité des enseignants, (Cégep de Valleyfield), Cheryl Jenkins, (John Abbott College); Louis Lafrenière, (Cégep Édouard-Montpetit); André Lecomte, (Cégep de Trois-Rivières).

[2] On parle d’un septième cours qui ne sera pas réservé à une discipline en particulier et qui pourrait être donné par des professeurs qui ne font pas partie des trois disciplines déjà représentées dans les cours du tronc commun (psychologie, histoire et économie).

[3] Extrait du procès-verbal de la réunion du Comité-conseil du 7 mai 1999. Il est à noter que les procès-verbaux des réunions du Comité-conseil sont disponibles sur le web à l’adresse suivante : http://www.meq.gouv.qc.ca/ens-sup/ens-coll/comite/comcons3.htm