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La petite histoire de l'auteur C’est dans un repli des Laurentides, à Saint-Tite qu’est né René-Paul Dessureault et c’est là qu’il a psalmodié ses tables de calcul et son abécédaire. Le même abécédaire qu’avaient marqué de leurs doigts ses frères et sœurs plus âgés. Il était le huitième autour de la soupière. Après lui, sa maman Léontine a ajouté trois autres couverts. Son père, Fidèle, chef de police, doit souvent rabrouer les fêtards de l’Hôtel Grand-Nord. Un certain Ovila Pronovost en particulier. Qu’importe, quelques années plus tard, c’est Fidèle lui-même qui accueillera sa cousine, la malheureuse maîtresse d’école Émilie Bordeleau, lorsque son Ovila aura gagné l’Abitibi. René-P n’avait pas encore quitté l’école primaire lorsqu’il fut atteint de trois merveilleux virus : la musique, la lecture et l’histoire du Canada. Il frémissait à la pensée des cruels Iroquois coupant les doigts des pauvres martyrs canadiens. Les quelques solides taloches du frère x ne l’ont jamais réconcilié avec la jungle des mathématiques pas plus qu’ils ont assommé son rêve de devenir professeur. 32 années magnifiques à enseigner et à diriger des écoles sans taper sur les enfants. Comme il croit vraiment que les voyages forment la jeunesse, il réalise « Mise au jeu dans les Alpes ». Son équipe de hockey bantam s’en donne à cœur joie sur les grandes patinoires de France et de Suisse. Durant ce voyage, les jeunes assistent, à Sierre, aux funérailles du célèbre gardien des Canadiens, Jacques Plante. Quelques années plus tard, il amène ses petits de 4e année primaire prendre le soleil de Castres, dans le sud de la France. Durant 10 jours, ils vivront au rythme de leurs correspondants de l’école Jacques Prévert. Lorsque la retraite sonne, c’est en tant que guide qu’il reprend la route. Imaginez, quarante retraités français à New York, en Californie, dans l’Ouest Canadien, en Gaspésie. L’adrénaline est de haut niveau, mais notre homme s’amuse. Heureusement, il y a ces beaux moments de détente, avec le Choeur Pro Musica de Trois-Rivières: le chant sacré, bienfaisant, apaisant. Depuis trois ans, le retraité s’est assagi. Bien cabané, dans sa résidence de Ste-Marthe, il est retourné 300 ans en arrière près de la rivière Batiscan, celle de ses ancêtres. C’est là qu’est né « ceux de la rivière ». Note : L’auteur est membre de la Société des écrivains de la Mauricie et de l’Union des écrivaines et écrivains québécois. |