UNE HISTOIRE VRAIE

SANS MANDAT D'INAPTITUDE

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François M... vit au Lac St-Jean avec sa femme et leurs trois enfants. Il aura trente six ans cette année et il est dans le coma depuis son accident survenu il
y a trois ans. Sa maison a été transformée en salle d'urgence pour y installer les appareils médicaux qui le maintiennent en vie. Sa femme voudrait qu'il soit débranché pour respecter les volontés que François avait exprimées à plusieurs reprises dans des conversations concernant ce genre d'événement. Mais il n'a jamais pris la peine de les mettre par écrit dans un document officiel, légal, convaincu qu'il était que ça n'arrivait qu'aux autres. Aujourd'hui, François n'est plus en mesure d'intervenir et sa femme n'y peut rien.  Le père et la mère de François s'opposent à ce que les médecins "débranchent" leur fils. Pourtant les médecins sont formels: François M... ne reprendra jamais connaissance et il pourrait vivre jusqu'à un âge avancé dans un état végétatif et sans aucune conscience de ce qui se passe autour de lui. Sa femme ne peut rien contre le Conseil de famille puisque les parents de François refusent et qu'ils préfèrent garder leur fils ainsi. Sans un mandat légal, la femme de François n'a aucune autorité pour décider quoi que ce soit au nom de son mari. C'est la Curatelle publique qui décide !

La maison du couple qui est au nom de François est à l'abandon, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, le véhicule de François, qui ne servira plus jamais à personne, est en train de rouiller dans le garage, à côté de sa souffleuse à neige et d'un tas d'outils inutilisés. L'argent de François est placé et administré par la Curatelle mais demeure intouchable jusqu'à sa mort. Ses enfants ont perdu le goût de vivre, ils ont l'air ternes, éteints: des automates, résignés, impuissants, forcés de vivre dans une maison qui sent la salle d'urgence . . . C'est l'enfer qui s'est installé pour de bon dans le nid d'amour qu'avaient créé François et sa femme pour leur petite famille,  il n'y a pas si longtemps  . . .  une éternité, en rétrospective !  Une derrière et une devant !
 

Un mandat en cas d'inaptitude, s'il avait été fait en temps, aurait pu éviter cet enfer à François et à sa femme, les êtres qu'il aimait le plus au monde et qui sont maintenant les plus pénalisés des suites de son accident . . .  victimes de son insouciance.

Ne faites pas vivre cette expérience à vos proches ! Un mandat en cas d'inaptitude, c'est tout autant pour eux que pour vous qu'il faut le faire.

Ne faites pas comme François. N'attendez pas.

Demandez-le  aujourd'hui ! !
 
 

P.S.: J'ai appris au cours de l'été 1999 que François était décédé pendant l'été ...
 
 





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nouvelart
 

24 février 1999
 
 
 
 
 
 

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