Biographie de François Barbeau (1649-1711)



Origine

François Barbeau est né vers 1649, on ne connaît pas véritablement son lieu de naissance. Dans son acte de mariage et également dans son contrat de mariage, il indique qu'il est originaire de la paroisse de Ste-Radegonde, ville et évêché de Poitiers, Poitou (aujourd'hui département de la Vienne) en France. Hors, des recherches dans les registres d'états civils de la ville de Poitiers se sont avéré négatives. Aucune trace de sa naissance ni d'aucun acte pour ses parents ( Jacques Barbeau et Jeanne Cornuel). Plusieurs familles du nom de Barbeau, Barbot, Barbaux, Barbault , Barbaud vivaient à Poitiers à cette époque. Certaines étaient de noblesses de robes (juges au présidial). Les familles de plus humbles extractions avaient le patronyme de Barbot. C'est cet orthographe du nom que mon ancêtre utilisait. Il naquit probablement dans une autre localité. Le patronyme de Cornuel, est complètement absent à Poitiers. On retrouve des Cornuel dans le département voisin des Deux-Sèvres. Le patronyme de Barbeau se retrouve aussi dans la région de Fontenay-le-Comte et dans la Loire près d'Angers. Selon René Jetté, il serait probablement parent avec un Jacques Barbeau, fils de Jacques et de Marie Trouvé. Ce Jacques Barbeau est originaire de la paroisse St-Pierre de Poitiers. Il épousera Jeanne Garnier en 1681.

Son mariage

On ne connaît pas la date de son arrivée en Nouvelle-France. Le premier acte que nous possédons est celui de son mariage avec Marguerite Hédouin le 24 août 1671 à Notre-Dame de Québec. Le contrat de mariage fut rédigé le 15 août précédent devant le notaire Romain Becquet. Marguerite Hédouin était originaire de la ville de Soissons en Picardie(Aisne). Nées vers 1658, elle est la fille de feu François Hédouin et de feue Catherine Leroy. Selon René Jetté, elle aurait été parente de Mathurin Roy qui est témoin à son mariage. Le couple aura 14 enfants.

Texte de l'acte de mariage à Notre-Dame de Québec

Le vingt quatrième jour du mois d'aout de L'année mil six cents soixante et onze apres les Fiancailles et la publication faites de deux bans de mariage entre francois Barbot fils de Jacques Barbot et de Jeanne Cornuel ses père et mere de la paroisse de Sainte Radegonde de la ville et évesché de Poitiers d'une part Et Marguerite Hédouin fille de deffunt Francois Hedouin et de Catherine leroy ses pere et mere de la ville et evesché de Soissons d'autre part, Monseigneur L'évesque de petrée les ayans dispensé du troisiéme ban, et ne s'etant decouvert aucun empeschement. Je soussigné prestre curré de cette Eglise parossiale de Ntre Dame de Quebec les ay en la dite Eglise solemnement par paroles de presens conjoints en marriage et leur ay donne la benediction nupsiale selon la forme prescrite par la pres Eglise en presence de Jacques barbot, Mathurin Roy, charles palensin dit la pointe esc.

F.L DeBernières "

Quelques détails sur sa vie

François exerçait le métier de sabotier. Il aurait demeuré à Québec de 1671 à 1674. Puis à l'Ancienne Lorette de 1675 à 1692 pour aller ensuite demeurer à la Côte St-Antoine de la Petite Auvergne de Charlesbourg. Il reçoit une concession des Jésuites à ce dernier endroit le 17 février 1679. Il est recensé en 1681 à la Petite Auvergne, on indique qu'il est âgé de 30 ans, sa femme a 26 ans. 2 enfants Marguerite 7 ans et Jacques 5 ans sont présents. On précise qu'il est sabotier, qu'il a mis 6 arpents en valeur. Il possède une vache et un fusil. Ces quelques indications nous indiquent que même pour l'époque, il n'était pas riche. La plupart de ces voisins possédaient plus de bestiaux et avait mis de plus grande superficie de terre en valeur.

François a gardé beaucoup de contacts avec les gens de l'Ancienne Lorette même après son établissement à Charlesbourg comme en font foi sa présence à de nombreux actes de baptêmes en ce lieu. Il fut présent en 1682 au baptême de François Boir, de Marie-Françoise Marchet en 1690.

Comme la plupart de nos ancêtres il eut à faire face à quelques procès. Les procès qui suivent furent entendus par la cour du bailliage de la seigneurie de Notre-Dame des Anges.

1684/13/01 Le passeur de la rivière St-Charles, Julien Jamin, lui réclame quatre boisseaux de blés pour deux années de passage de la rivière. François demande que soit déduit de ce qu'il doit les 5 paires de sabots qu'il a fournies à Jamin.

1698/07/31 Le marchand Jean Fournel le poursuit pour la somme de 47 livres pour des marchandises qu'il lui a livrées. François se dit incapable de payer et demande un délai. Il a jusqu'au 15 septembre pour s'acquitter de sa dette.

1699/04/02 L'architecte de La Joue demande une saisie de planches que François et d'autres habitants n'ont pas livrées.

Ceci confirme que François ne roulait pas sur l'or.

En 1693, nous savons qu'il a été hospitalisé à l'hôtel-Dieu de Québec pour une période de 4 jours. Il se remet de cette maladie puis qu'il décédera le 15 juin 1713. Il laisse 5 enfants encore mineurs. Leur frère aîné Jacques sera nommé tuteur de ces enfants le 19 octobre suivant.

Les enfants de François Barbeau et de Marguerite Hédouin

Anne : baptisée le 6 mars 1673, inhumée le 28 mars suivant à Québec

Marguerite : née le 3, baptisée le 4 septembre 1674, elle épouse Pierre Gendreau en 1690 . Elle se remarie à Montréal, à Michel Jubinville en 1706. Voir son histoire plus bas.

Jacques : né en 1676 à l'Ancienne Lorette, il épouse Marie-Anne Bisson en 1702 à Charlesbourg. Il décède en 1747.

Jean-François : né en 1679, il épouse Marie-Catherine Vivier en 1705 à Charlesbourg, il décède en 1711.

Simon : né en 1681, il décède la même année

François : né en 1684, il épouse Louise Dumont à Charlesbourg en 1710. Devenu veuf il se remarie à Marie-Madeleine Vanier en 1718.

Marie : mariée en 1712 à jean Bernard puis en 1719 à Jacques Lavoye.

Pierre : épouse Marie-Anne Losé en 1715 à Charlesbourg, il décède en 1749.

Jean-Baptiste : il serait né vers 1689 et marié en 1719 à Marie Françoise Merdieu de Bourbon. Il décède en 1724.

Simon : né en 1692 à l'Ancienne Lorette, il épouse Catherine Auvray en 1715.

Marie-Catherine : née en 1694, elle épouse Pierre Richer en 1716.

Claude : né en 1696, décède en 1697.

Joseph : né en 1698, il décède en 1703.

Marie-Romaine : né vers 1699, elle épouse Bonaventure Laplante en 1721.

La saga de Marguerite Barbeau

En 1696, Marguerite est accusée de complicité du meurtre de son mari Pierre Gendreau dit La Poussière. Celui-ci a été assassiné par Jean Denis fils. Marguerite n'ira pas en prison en se soumettant à se faire représenter par son père. Quand à Jean Denis il est condamné à avoir les jambes, cuisses et reins rompus vifs sur un échafaud et mis ensuite sur une roue la face tournée vers le ciel pour y finir ses jours. Ses biens sont confisqués et une somme de 500 livres doit être versés aux profits des enfants de Pierre Gendreau. Étant donné l'évasion du condamné, la sentence devait être exécutée en effigie sur un tableau qui serait attaché à une potence. Jean L'Archevêque dit Grandpré et son domestique Jacques Despatis furent accusés d'avoir facilité l'évasion de Jean Denis que l'on ne revit jamais. Le couple Gendreau-Barbeau avait donné naissance à 2 enfants.

Marguerite suite à ces événements alla se faire oublier à Montréal. Elle eut 2 enfants naturels. Rose née en 1701 dont le père était Pierre Jourdain. Dit Bellerose, un soldat de la compagnie de Dumesnil. Rose épousera Joseph Savaria en 1718. Le deuxième, Jean-Michel naît en 1705 de père inconnu. Elle se remariera à un autre soldat, Michel Jubinville dit St-Michel en 1706 Le couple aura 6 enfants. Elle redeviendra veuve en 1720.

Retour à la page d'origine