LES BATEAUX DE SAMOS
Il va venir
trois bateaux blancs
Chargés
d’enfants, de rires et de noces
De regards
bleus, de cheveux blancs
De l’île
douce de Samos.
Et moi,
je marche sur le port,
On dit
que je suis folle encore
C’est que
j’attends depuis l’aurore
L’instant
de les revoir encore.
Il va venir
trois bateaux blancs
Qui vont
me dire: Bonjour! en accostant
Trois bateaux
grecs, pauvres d’argent,
Riches
d’amour et de vin blanc.
Et moi,
je marche sur le port,
Crois-tu
que je me suis fait belle
Que je
sois assez belle encore
Pour qu’ils
me voient et qu’ils m’appellent.
Ils m’ont
dit, mes trois bateaux blancs,
Le plus
jeune: Comment t’appelles-tu?
L’aîné:
C’est bien d’être venue!
Et le plus
vieux: Comment vas-tu?
Et moi,
je marche sur le port,
Faut-il
que je sois folle encore
De les
avoir serrés si fort
Entre mes
bras, j’en pleure encore.
Ils sont
venus mes bateaux blancs
Dansant
sur l’eau, bien plus que naviguant,
Et m’ont
laissé en repartant,
Un peu
de terre de chez-moi.
Et moi,
je marche sur le port,
On dit
que je suis folle encore
D’attendre
leur retour encore
Comme d’autres
qui en sont morts.
Il va venir
trois bateaux blancs
Chargés
d’enfants, de rires et de noces,
De regards
bleus, de cheveux blancs
De l’île
douce de Samos
Paroles de Maurice Fanon, Musique de Yannis Spanos