LES MURALES DE CHEMAINUS

Cette petite ville de 3500 habitants, se trouve à environ une heure de route au nord
de Victoria, sur l’île deVancouver. Elle est connue pour ses nombreuses murales
qui ornent les murs des maisons et des édifices. Tout a commencé quand
le moulin de la ville a mis des centaines de travailleurs au chômage en
fermant ses portes en 1983, après plus de 120 années d’opération.

L’année précédente, Karl Shutz voyant venir la fin de cette industrie et ne voulant
pas que sa ville devienne une ville fantôme, forma un comité pour mettre des idées
en commun. On décida de raconter l’histoire de la communauté
sur les murs des maisons et édifices en créant le Festival de Murales.
Grâce aux efforts conjugués de centaines de citoyens et un investissement
de $250,000 dollars, on a rafraîchi les édifices, rajouté des parcs,
des fleurs et des stationnements, tout en conservant le cachet
initial de campagne tranquille au bord de l’eau.

Cinq murales furent réalisées en 1983 et les visiteurs arrivèrent nombreux.
Ils gagnèrent  le “New York Downtown Revitalization Award”.
Ce succès attira les artistes et artisans qui s’y installèrent en ouvrant
leurs ateliers.  Des cafés avec terrasses et des boutiques d’art
ouvrirent leurs portes. Des restaurants servirent le traditionnel
“Afternoon Tea” anglais. Un musée magnifique fut bâti pour faire
valoir les talents régionaux, particulièrement les oeuvres
d’artistes autochtones.  Un théâtre de 200 places fut érigé.
Une ambiance accueillante combinée à l’activité
effervescente de créations variées, contribuent au charme de
Chemainus qui a gardé ses styles victorien et “fronteer design”.
Elle est maintenant connue au Canada et dans la
communauté internationale comme la Ville des Murales.

L’histoire de cette communauté a commencé il y a des centaines d’années
avec le peuple autochtone Sanish. Elle s’est épanouie à travers le dernier
siècle avec les industries européennes qui attirèrent la main-d’oeuvre
européenne, chinoise et japonaise. Ils furent parmi les
premiers habitants à s’installer dans la région. Avec un doux
climat et une abondance de ressources,  elle devint le lieu
de plusieurs  décideurs. Côte à côte,  ces peuples
tirèrent leur subsistance des forêts majestueuses.

Il y a maintenant plus de quarante murales qui racontent les différentes
épopées de la région,  toutes inspirées du livre de W.H. Olsen
“Water over the wheel”. Le film qu’on a tourné sur ces murales
“The little town that did", raconte l’histoire d’une ville
qui ne voulait pas mourir par la volonté de ses habitants.

J’y suis allée à deux reprises, en automobile et en train.
À chaque visite je me suis sentie très bien dans cette atmosphère
décontractée. En suivant  le feuillet-guide et les pas dessinés sur le trottoir,
on se promène dans l’histoire en admirant ces fresques réalisées par
des artistes sélectionnés qui ont tenu compte des aspérités des murs.
Plusieurs de ces réalisations couvrent tout un pâté de maisons.
Il est très surprenant de voir sortir  une immense
locomotive du coin d’une maison sur des rails dépassant du cadre.
La maison du “Telephone Co. Ltd ”est peinte avec tellement de
réalisme sur  un mur aveugle,  que nous aurions envie de parler aux
deux standardistes qui se tiennent sur le pas de la porte.  On a poussé
le réalisme jusqu’à appuyer une vraie bicyclette sur les marches du perron
en trompe-l’oeil. Plus loin,  on ne manque pas de se retourner
pour regarder les deux vieux  qui se reposent sur un banc
et s'étonner que ce soit des sculptures.

A travers notre promenade, nous apprenons l’histoire
des pionniers et des gens qui ont travaillé  avec
acharnement dans différents domaines.
Les sujets sont variés:
L’héritage des autochtones.
La forêt et l’abattage d’arbres colossaux.
La mer et la drave. L’arrivée des premières goélettes et bateaux.
Les premières habitations en toile.
Le défrichage des terres avec boeufs et chevaux. Les abattis.
Le moulin à scie et le bois de charpente. Le magasin général.
La petite école.  Le premier hôtel.
Le dispensaire avec le médecin et l’infirmière.
Le premier bébé d’Européens né dans la communauté.
L’apport de la communauté chinoise et japonaise.
Le chemin de fer et ses travailleurs.
Les fêtes avec parade et fanfare.
Le scoutisme et plusieurs autres activités
et évènements vécus à Chemainus sur
le Détroit de Georgia.

(sous les mots soulignés: mes photos)
 

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