LASCAUX
Les chef-d'oeuvres
Lascaux
est un site exceptionnel et l'émotion est toujours intacte.
Notre
guide nous parle de la complexité de l'homme préhistorique et des
motivations
religieuses qui les ont conduits à réaliser de telles oeuvres dans
des
lieux aussi difficiles d'accès, sans que l'on puisse en comprendre le sens.
Maints
aspects de leur vie restent toujours inexpliqués.
Quelques
35,000 ans avant J.-C., l'homme vit de cueillette, de chasse et de pêche.
L'agriculture
et l'élevage lui sont inconnus. C'est à cette époque cependant
qu'apparaissent
les premières tentatives d'expression artistique.
Peu
à peu les techniques de peinture, de gravure et de sculpture se perfectionnent.
Les
parois des grottes sont couvertes de représentations peintes,
les
objets du quotidien sont décorés, armes et outils, ornementés.
L'art
est né.
Il y
a quelques 600 peintures et 1,500 gravures sur les parois de Lascaux.
Les
grands animaux sont à l'honneur. Le cheval
et
le bison sont les espèces
les
plus représentées, viennent ensuite, les bouquetins
ainsi que des cerfs,
des
taureaux,
des aurochs et plus rarement, des rennes.
Les
chevaux sont quatre fois plus nombreux
que
les bovins et les cervidés. Ce sont avant tout des petits
chevaux
analogues
à ceux qui vivaient au siècle dernier en hardes farouches,
sous
la conduite d'un étalon, dans les steppes de Mongolie où on les
découvrit
vers 1880. Ils ont probablement disparu de nos jours, à l'état libre,
mais
de nombreux vivent dans les zoos. Ils ont une tête massive sur un cou épais
et n'ont
pas le même nombre de chromosomes que les chevaux actuels.
Ces
chevaux sont dits chinois car ils ressemblent à
des
représentations chinoises plus tardives.
A côté
de ces animaux que nous pouvons côtoyer encore maintenant
dans
la nature ou les jardins zoologiques, il y a le rhinocéros laineux,
à narines
cloisonnées. On dit qu'il est peut-être à l'origine des légendaires dragons.
Il a
disparu depuis des millénaires de la planète, mais nous le connaissons
bien.
A aucun
moment les animaux représentés ont une attitude agressive,
certains
ont plutôt de la douceur dans le regard.
Ils
utilisaient la technique du pochoir pour peindre
des
gravures et se servaient du relief des parois pour représenter
les
animaux, comme pour le cheval à la renverse,
le peintre a utilisé la forme
du rocher
pour renforcer l'impression de chute dans une crevasse.
Les
animaux de Lascaux ne sont pas des photographies de leurs modèles vivants.
Les
chevaux, les aurochs, les bisons, les cerfs ont un gros
ventre
(même
les mâles) des membres courts et animés,
des
sabots comme vus de dessous, ronds, ovales, fendus ou non.
Les
têtes sont souvent petites et allongées.
Le pelage
est indiqué par de courts traits parallèles
sous
le ventre comme des poils serrés.
La perspective
est soigneusement truquée, la tête et le corps
de ces
bêtes sont vus de profil, mais les cornes et le poitrail
des
bovins sont comme vus de trois quarts.
Lascaux
se situe au terme d'un long apprentissage.
Il s'est
écoulé autant de temps avant l'invention du dessin,
(il
y a 30 à 35,000 ans) et Lascaux, (il y a 17,000 ans)
qu'entre
Lascaux et nous.
Lascaux,
c'est l'oeil du chasseur et la main de l'artiste.
C'est
sans doute pour cela que Lascaux occupe
une
place singulière dans l'art préhistorique.
On dit
qu'avant Lascaux, ce n'était déjà pas si mal,
après
Lascaux, ce sera très bien fait, mais à Lascaux, c'est beau.
La signification
des représentations demeure toujours un mystère,
leur
beauté et leur force s'imposent d'emblée au regard.
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Rachel