LASCAUX
 

                            

Chapelle Sixtine de la Préhistoire

Je me suis toujours intéressée à cette grotte située au coeur du
Périgord noir et dont on parle beaucoup depuis plus de 50 ans.
J'étais intriguée par les peintures et gravures qu'on y a trouvées
et j'espérais bien les voir un jour. Il y a tant de rêves que j'ai
mis de côté à travers les années. L'an dernier, quand on
m'a proposé de visiter des grottes, ce rêve latent s'est éveillé.
Enfin, je vais voir Lascaux !

Sarlat-la-Canéda est le meilleur endroit où séjourner pour
visiter cette vallée où coule la Dordogne, calme et tortueuse.
C'est un petit village médiéval de 10,000 habitants,
bâti au creux d'une dépression et ceinturé de collines boisées.
Il  vaut à lui seul une visite dans cette région.
C'est un  pays d'abondance en vins dont, le Saint-Emillion et en
gastronomie dont, le foie gras, les confits, les truffes, les noix, les fraises.

Cette partie de la France est le pays des mille cavernes et gouffres.
Parmi ces milles grottes, j'ai visité l'Abri Pataud,
le Fond de Gaume, le Grand Roc et le Gouffre de Padirac
et celle qui m'a le plus impressionnée est la Grotte de Lascaux.
L'homme de Cro-Magnon a choisi cette dernière, il y a 17,000 ans, pour
en faire le plus remarquable des sanctuaires souterrains de la Préhistoire.
Elle se place au premier rang des sites préhistoriques de l'Europe
par le nombre et la qualité de ses peintures.

La route est tortueuse pour se rendre sur les lieux, mais à chaque tournant
surgissent des rocs abrupts et dorés surmontés de vieux châteaux.
Il est conseillé d'acheter son billet à l'avance
car on accepte qu'un nombre limité de visiteurs par jour.
Nous attendons sous un auvent qui nous protège de la pluie fine
qui tombe doucement ce jour-là. Pour mieux nous reporter à l'époque,
la visite commence par le petit musée du vestibule de la grotte où est
présenté l'environnement archéologique et historique de la caverne.
Notre guide est très loquace et pas du tout avare de ses connaissances.
Je ne perds pas un mot de ce qu'il dit car il sait bien nous
intéresser au sujet qu'il connait à fond.

Il nous raconte les circonstances de sa découverte, le 12 septembre 1940.
Dans un petit bois qui domine Montignac, un jeune homme
parti à la recherche de son chien disparu dans un trou,
a découvert la grotte de Lascaux. L'instituteur averti de la découverte,
alerta aussitôt l'abbé Breuil qui est venu sur place faire une étude minutieuse
des peintures de cette grotte qu'il a tout de suite considérée comme
la "Chapelle Sixtine" de la Préhistoire.

Cette grotte, scellée depuis cette époque par l'effondrement de la voûte
du porche, fut brusquement, dès sa découverte, mise en contact avec
l'air extérieur. L'exploitation touristique de la cavité, à partir de 1948,
y fit entrer en une quinzaine d'années, plus d'un million de visiteurs.
On croyait avoir pris toutes les précautions pour que
cet afflux n'altère pas les oeuvres des parois.

Dès qu'on a vu quelques gouttes d'eau colorée tombant de la voûte,
on a installé en 1958, au marteau-piqueur, des conduits d'une
lourde machinerie de ventilation et de régénération de l'air.
Mais il est des remèdes pires que le mal et Lascaux allait
en voir de toutes les couleurs. La maladie verte est apparue,
due au colonies végétales qui se disséminaient un peu partout
dans cet air chaud et humide, sous un éclairage quasi permanent.

On ferma la grotte en 1963 et, sans grandes difficultés ni dégâts,
on l'a décontaminée avec des pulvérisations d'antibiotiques et de formol dilués.
Alors un nouveau mal fut diagnostiqué, la maladie blanche.
Des cristaux de calcite proliféraient, favorisés par l'élévation de la température,
d'humidité et du gaz carbonique entraînées par les visites touristiques.
Avec le temps on avait peur que cette calcite masque les peintures.
La fermeture de Lascaux à la visite touristique explique le succès remporté
par les fac-similés des galeries peintes de Lascaux II.
D'après notre guide, pas plus d'une vingtaine de personnes par an sont
autorisées à visiter la grotte originale. Pour obtenir cette rare permission,
il faut en faire la demande très longtemps à l'avance
et être un chercheur reconnu des grandes universités.

Après nous avoir raconté les circonstances de la découverte et la fermeture
de la grotte originale, le guide nous parle de Lascaux II, achevé sur place en 1983,
à 200 mètres de l'authentique. C'est une coque en fer et ciment dont la couche
interne a été modelée exactement comme la Salle des Taureaux et
le Diverticule Axial de l'originale. Sur ce fond reconstitué,
les peintres ont reproduit minutieusement les oeuvres par procédé
photographique, tranferts de photographies couleurs, grandeurs nature,
sur un support modelé à l'image de la salle, en usant des matériaux
qu'employaient les Magdaléniens, l'Homme de Cro-Magnon.

Quand nous entrons dans la grotte, il faut laisser notre vue s'habituer
à l'obscurité pendant quelques minutes. Il nous recommande de ne pas
toucher les parois et de se tenir groupés pour ne pas altérer les peintures,
car il fera la lumière seulement pour que nous découvrions
à mesure ce qu'il expliquera. Avec un système d'éclairage sophistiqué
et aidé d'une lampe infrarouge à faisceau minuscule,
il nous dévoile peu à peu ces fameux chef-d'oeuvres.
Cette façon de procéder nous remet dans l'ambiance dans laquelle
les artistes étaient pour créer à l'époque de la Préhistoire.

Ce que j'ai sous les yeux, dépasse en beauté et en grandeur,
ce que j'avais déjà vu de cette grotte dans des livres spécialiés.
J'ai vraiment l'impression d'être dans une cathédrale.
La voûte et les parois sont couvertes de peintures et de
 gravures d'animaux sauvages. Je comprends maintenant
pourquoi  l'abbé Breuil l'a nommé dès le début:
la Chapelle Sixtine de la Préhistoire.

Suite..... Lascaux,  les oeuvres         et...      Lascaux, les hommes
 
 

CourrielRachel