Un coup de mistral !
On
parle souvent de vents dont les noms évoquent des
souvenirs
de lecture.Il y a la brise, vent doux et peu violent,
la
bise, vent sec et froid soufflant du nord, le sirocco,
vent
chaud et sec du Sahara, le zéphyr, vent doux et agréable,
le
chinook, vent chaud et sec des montagnes Rocheuses,
l’alizé,
vent régulier de l’Atlantique et du Pacifique, etc... etc...
Je
vais vous raconter mes déboires avec le mistral,
vent
violent et froid de la vallée du Rhone.
Le
mistral se lève soudainement sans donner d’avertissement.
Dans
le Midi de la France, on entend souvent quelqu’un dire:
Nous
avons eu un coup de mistral !
Ça
décrit exactement sa façon d’apparaître.
J’ai
eu l’occasion d’y goûter à quelques reprises et
à
chaque fois il a fallu changer les plans de la journée
et
accepter ses rafales.
J’étais
enfin aux pieds des Baux-de-Provence,
village
ancien sur un éperon dénudé, détaché
des Alpilles,
de
900 mètres de long et 200 mètres de large,
bordé
de deux ravins à pic. Des amis m’avaient recommandé
cette
visite et je m’y étais préparée depuis longtemps.
Là-haut,
la vue porte loin, on peut même
apercevoir
la Méditerranée par beau temps.
Il
était superbe ce jour-là, tout était
réuni
pour une visite agréable.
En
gravissant à pieds les derniers 200 mètres,
une
petite brise s’est levée doucement.
Elle
était la bienvenue car le soleil tapait dur au début
de
l’après-midi.
Au fur et à mesure que j’approchais du sommet,
elle
prenait de la force et bientôt ce fut un vent violent et persistant.
J’étais
à peine rendue là-haut que mon principal souci fut d’essayer
de
tenir
en place, et mon chapeau et ma jupe ample que je portais ce jour-là.
J’ai
pris le premier abri qui se présentait, le cimetière de la
vieille ville .
Ce
n’était pas un bon choix, car le vent s’engouffrait entre les stèles
en
faisant
tourbillonner la poussière. J’en ai été quitte
pour me nettoyer tout
en
tenant mon vêtement en place. Nous étions quelques unes à
avoir
la
même préoccupation. Un monsieur courait après son chapeau
disparu
de l’autre côté du muret au bord de la falaise.
Je
devais marcher à reculons pour ne pas avoir la vue brouillée.
Rien
n’arrêtait ce vent vigoureux à cette hauteur et ce n’était
pas
une mince affaire que d'essayer de rester sur terre.
J’ai
trouvé très difficile d’admirer un paysage en
marchant
de cette façon et je n’ai guère vu ce fameux panorama.
Par
contre j’ai remarqué sur la rue Trencat taillée dans le rocher,
l’effet
du vent et de la pluie qui, depuis des siècles,
ont
buriné des cannelures et des alvéoles.
Malheureusement
le temps accordé pour l’excursion était
écoulé
avant que le vent ne reparte comme il était venu.
Il
a fallu retrouver mon car. Ce sera donc pour la prochaine
fois,
la visite complète des Baux de Provence, en espérant
que
le mistral souffle ailleurs pendant que j’y serai.
Heureusement,
le village de Saint-Rémi de Provence,
où
nous sommes allés ensuite, était épargné par
le mistral.
Je
me suis promenée sous les platanes
jusqu'à la place
du
village où les boulistes jouaient très sérieusement.
Le
parfait tableau de joueurs de pétanque que nous voyons
souvent
dans des films tournés dans le Midi.
Cette
place a souvent été photographiée
car
Yves Montand fréquentait régulièrement ce lieu
pour
les compétitions importantes qu’il disputait,
comme
si le sort du monde en dépendait.
Puisque
nous "sommes dans le vent",
lisez
mon aventure avec le meltem, vent saisonnier
de
la mer Egée.... sur une coquille de noix.
Ballet d'hirondelles Garrots à oeil d'or
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