LA GRÈCE... UN RÈVE

Depuis plus de vingt ans je caressais le rêve de visiter la Grèce.
Ce rêve a commencé le jour où j'ai vu le film de Cacoyannis,  "Zorba the Greek",
tiré du livre "Alexis Zorba",   de Nikos Kazantsakis.
J'ai tout de suite aimé ce film qui parlait de l'amitié sincère et profonde entre deux hommes.
Je l'ai lu  à plusieurs reprises, dont une fois lors de mes vacances en Crète où se déroule
l'action du livre et du film. Je n'avais qu'à lever les yeux de ma lecture pour voir
le paysage où évoluaient les personnages. Je pouvais facilement les imaginer autour
de moi. C'est un plaisir indescriptible que d'avoir le même point de vue
que l'auteur avait lors de la création de ses personnages et de l'action.

Pour m'aider à faire un choix parmi tous les endroits à visiter durant mon séjour,
j'ai lu deux guides complets sur les voyages. J'ai trouvé tellement de choses
"à ne pas manquer ", qu'il m'aurait fallu y demeurer au moins un an, alors que
je n'avais qu'un mois. Après avoir mis sur ma liste : Athènes et son Acropole,
le canal de Corinthe, Mycènes, Nauplie,  le théâtre d'Épidaure, Olympie, Delphes
et les Météores,  ce qui représentait déjà tout un périple, je désirais quand même aller
dans des îles. Rhodes fut choisie pour sa vieille ville et le Temple des Chevaliers,
mais je voulais aussi visiter une petite île perdue dans les eaux bleues de la Méditerranée.
J'hésitais entre Kios, pour ses arbres à mastic, Kalymnos pour ses pêcheurs d'éponges,
Myconos pour ses moulins à vent, Tinos pour ses pigeonniers,  Santorini pour son volcan,
Crête pour son charme sauvage et combien d'autres toutes aussi intéressantes et chargées
d'histoire. Ce fut difficile de choisir parmi plus de 5,000 îles et îlots.

Un jour, pendant les mois d'hésitation, j'ai entendu, par hasard à la radio, une très belle
chanson. Mélina Merkouri, cette comédienne qui est devenue Ministre de la Culture
après la chute des colonels,  chantait de sa voix chaude, grave et brumeuse :
"Les bateaux de Samos".
J'ai tout de suite eu envie de connaître cette  île "douce" dont elle parlait.
Ma décision se prit sur un coup de coeur, pour l'amour d'une chanson.
Je voulais connaître cette île qu'elle chantait avec tant d'affection.
Je ne l'ai jamais regretté, car je sais aujourd'hui, qu'à ce moment de ma vie,
assise sur un muret de  pierres sous un oranger de Karlovassi,
petit village du bord de mer,  j'avais rendez-vous avec un rossignol !

À la fin d'un séjour sur l'île de Rhodes, j'ai fait une escale de quelques jours sur
l'île de Myconos et je suis enfin arrivée sur l'île douce de Samos.
À bord des petits avions qui font le lien entre les îles,  j'ai eu tout le loisir de
regarder ces points rocheux que représentent plusieurs îles parsemées dans
la Méditerranée, avec leurs maisons blanches accrochées aux parois rocheuses,
leurs murets de pierres qui ondulent et sillonnent, les petits ports
de pêche où dorment en se balançant, des barques de toutes couleurs.

J'ai eu de la chance. À plusieurs reprises, dans la clarté lumineuse de la Grèce,
dans cette étendue bleue, d'un bleu outre-mer profond, troublant et attirant...
j'ai vu les dauphins.  Ils étaient des dizaines, en couples, évoluant autour des îles et des
bateaux. Ce fut un ballet incessant de pirouettes et de sauts. C'est à ce moment que
j'ai réalisé pourquoi, depuis l'antiquité, le dauphin est le symbole de l'hospitalité grecque.
On les retrouve à plusieurs endroits sur des fresques archéologiques et sur des
vases anciens. Il sont présents partout, ils accompagnent les marins.
Ces derniers prétendent que ces aimables cétacés ont guidé et sauvé plusieurs des leurs.

(photos sous les mots soulignés)
 

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