Coucher de soleil sur l'île de Samos
 

L'ILE DE SAMOS

     J'étais sur l'île "douce" de Samos, dans la mer Égée,
près de la Turquie. J'ai immédiatement eu un coup
de coeur pour cette île riche et verdoyante.
Elle faisait contraste avec plusieurs autres, arides et rocailleuses que
j'ai visitées. Je faisais un tour guidé de l'île par une journée superbe.
Notre guide grec disait ses commentaires en langues grecque,
anglaise, finnoise et allemande. Il me parlait en français entre
ses interventions. J'étais la seule parlant cette langue,
par chance il était polyglotte. Nous avons visité Pythagorio,
village du fameux philosophe et mathématicien Pythagore,
à qui on attribue plusieurs découvertes mathématiques,
géométriques et  astronomiques dont la table
des multiplications, le système décimal et le théorème
du carré de l'hypoténuse. Il avait la morale élevée,
parait-il, et était austère avec ses élèves.

   Nous avons fait un crochet sur une haute montagne pour
visiter un monastère où un pope nous attendait.
Il y avait là, entre autres trésors, une grille sculptée
d'une beauté et d'une richesse inouïes, qui séparait les fidèles
l'officiant. Le pope a offert à tous, une petite tasse de café grec
avec un très grand verre d'eau. Il faut dire qu'avec ce café
très corsé, qu'on dit grec mais qui est plutôt turc,
le grand verre d'eau est nécessaire.
Il avait plaisir à communiquer avec nous tous.
Ce fut une rencontre mémorable avec cet homme perché
là-haut dans ce décor, priant et attendant les prochains visiteurs
pour leur offrir une hospitalité qui est proverbiale en Grèce.

  À travers les montagnes et la campagne, nous sommes arrivés
pour le repas du midi, dans un très beau petit village au bord
de la mer, entouré d'orangeraies et d'oliveraies. C'était Karlovassi
dont je me souviendrai toute ma vie. Encore un coup de coeur!

Pour le repas, nous nous sommes installés à des tables sous les
arbres, dans le vaste jardin d'une "tavernas", en périphérie du village.
Nous n'étions qu'une vingtaine, car la saison touristique commençait
à peine. Le propriétaire a fait le tour des tables avec un grand plateau,
nous faisant voir ses spécialités. Le guide expliquait,
dans la langue de chacun, les détails de la composition de chaque mets.
Nous étions six femmes à ma table*. Quatre futures guides
effectuaient ce tour, pour en connaître plus dans le but de passer
le très sévère examen de leur diplôme grec.
L'une d'elles venait de Finlande, les autres du Danemark,
de l'Écosse et de l'Allemagne.
La cinquième femme était une américaine
d'Orlando, une archéologue qui faisait des fouilles
en Grèce tous les étés depuis une dizaine d'années. La sixième
c'était moi... petite québécoise qu'on appelait alors, canadienne.

 Ce fut un repas comme je les aime dans de telles circonstances.
Chacune s'intéressait à l'autre et l'échange était très stimulant. C'est
une des raisons pour lesquelles j'aime voyager, pour les rencontres
et les découvertes intéressantes faites au gré des déplacements.
Après le repas, ces dames ont cherché quelqu'un qui les conduirait
à 20 km dans la montagne, pour aller entendre le chant des
"nightingales ". Je savais que c'était des oiseaux et c'est
à mon retour, dans le dictionnaire,
que j'ai appris que c'était des rossignols.
Lors de la période de la sieste personne n'était disponible,
sauf le serveur qui offrait son aide et sa voiture:
une Volkswagon du genre choupette.
J'ai décliné l'offre, ne me voyant pas,
grande comme je suis, pliée en quatre dans une petite voiture
avec autant de passagers. Toutes les cinq et le chauffeur ont
trouvé place et sont partis vers le but fixé. Je suis restée seule
avec l'envie de me promener tout en mangeant une bonne glace,
qui est fameuse partout en Grèce.

*(Anglaise, Américaine, Finnoise, Allemande, Ecossaise... chaise vide... la mienne)

Suivez-moi.... nous allons à la rencontre du  rossignol

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