|
Les Années
1930
|
||||
|
|
||||
|
|
Survol de la pensée de l'époque... Les poètes de cette époque prétendent vivre à l'heure de la France pour participer pleinement à la vie littéraire. En pratique, toutefois, ils s'adressent au public canadien, qu'ils espèrent éduquer. Leur désir d'être poètes à la manière française se heurte cependant à l'indifférence de la masse. Il en résulte une déchirure qui se situe au centre de leur inspiration. Poètes en exil au milieu d'une foule ignare, ils sont attirés tantôt par des ailleurs impossibles, tantôt par les abîmes du silence. La littérature qui s'élabore sous l'influence de cette dialectique, porte la marque des extrêmes. D'un côté, la louange exclusive du pays et de son mode de vie, de l'autre, le culte de la forme au mépris du sujet. Sous une apparente stérilité ce mouvement fraie la voie à la véritable littérature québécoise. Pour chanter adéquatement le pays, il ne suffisait pas de le vouloir, comme le croyaient naïvement les terroiristes, il fallait accorder la «diction» française à un imaginaire nouveau. [...] Les terroiristes ont doc joué le rôle d'éclaireurs en mission de reconnaissance dans l'imaginaire encore en friche des Québécois. Des poètes au verbe lourd, comme Gill et Chapman, parvenaient cependant à capter une inspiration réelle de la grande nature du pays. Lionel Léveillé et Alfred Desrochers, eux, réussissaient à communiquer un certain frisson. (référence: DICTIONNAIRE DES OEUVRES LITTÉRAIRES DU QUÉBEC. II. 1900-1939) |
|||
|
Alfred Desrochers
|
Qui est-il ? Alfred DesRochers apparaît aujourd'hui comme le dernier représentant d'une poésie qui se veut accessible à tous. En mariant la rhétorique classique et les poèmes à forme fixe à des sujets comme les chantiers ou les travaux des champs, jusqu'alors exclus du domaine «poétique», il rallie la plupart des critiques de son temps et vient clore, en la dépassant, la querelle entre les régionalistes et les exotistes qui sévit au Québec depuis le début du vingtième siècle. L'édition critique des deux recueils dont Alfred DesRochers assura lui-même la publication à la fin des années vingt permet de découvrir le travail long et méticuleux qu'il consacra à ces poèmes. (référence: DICTIONNAIRE DES OEUVRES LITTÉRAIRES DU QUÉBEC. II. 1900-1939) Cliquez ici pour une biographie exhaustive |
|||
|
Un de ses livres ?
À l'ombre de l'Orford suivi de L'Offrande aux vierges folles, Édition de Richard Giguère, Montréal, Fides.
|
||||
|
Un extrait de cet ouvrage ? La Boucherie Pressentant que sur lui plane l'heure fatale, / L'Yorkshire dont le grouin se retrousse en sabot, / Évite le garçon, d'un brusque soubreaut, / Et piétine énervé le pesat de sa stalle.// Il éternue un grognement parmi la bâle, / Quand un câble brûlant se serre sur sa peau. / Ses oreilles, qu'il courbe en cuillères à pot, / Surplombent ses yeux bruns où la frayeur s'étale. // On le traîne au grand jour de soleil ébloui ; / Et le porc sent le sol se dérober sous lui, / Lorsque la lame au cœur lui pénètre : il s'affaisse // Puis se redresse et son rauque appel, alors qu'il meurt, / Répand sur la campagne une telle tristesse, / Qu'un hurlement de chien se mêle à sa clameur. (référence: ANTHOLOGIE DE LA POÉSIE CANADIENNE FRANÇAISE de Guy Sylvestre) |
||||
|
|
||||
|
|
|
|||