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Fiche 10 |
Quelques hérésies du monde chrétien
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Sources: Les hérésies. Raoul Vaneigem. Que sais-je ? PUF 1997. 125 pages. L'Histoire. Malet et Isaac. Marabout 1995. 1242 pages (Réédition) A History of Civilisation. Crane Brinton, John B. Christopher, Robert Lee Wolff. Prentice-Hall, Englewood Cliffs, New Jersey. (1971. 1200 pages.) Manuel des études littéraires françaises. XVII è siècle. Castex et Surer. Hachette. 1947. 264 pages |
Il ne faut jamais oublier que la religion chrétienne n'est pas née de rien, comme par enchantement. Avant il y avait, entre autres, la religion juive et les très nombreux dieux de l'Antiquité notamment ceux du monde gréco-romain. En fait, la religion chrétienne, hantée par le monothéisme juif et mal dégagée du polythéisme antique invente une solution intermédiaire, la trinité: Père, Fils et Saint-Esprit, différents mais cependant coexistant dans une même entité dont les trois parties ont été de tous temps contemporaines. On voudrait bien avoir un Dieu unique et l'on fait des contorsions pour arriver à trois dans un ! Il n'est pas étonnant que certains auteurs aient vu dans le christianisme originel une sorte d'hérésie du judaïsme (Raoul Vaneigem). Ainsi, pour ce qui est du monothéisme, la religion chrétienne nous apparaît-elle comme une sorte d'ébauche mal dégagée du monde qui l'a précédée alors que la religion musulmane, plus tardive, peut être considérée comme le parachèvement d'un vrai monothéisme influencé par le judaïsme. Le monothéisme pose évidemment problème à partir du moment où le Dieu unique que l'on propose est à la fois bon et tout puissant. Comment alors le mal peut-il exister ? On tombe vite dans l'invraisemblable et il n'a pas fallu bien longtemps pour que des esprits critiques se posent quelques questions qui dérangent ! Certains croyants des premiers siècles de la chrétienté ont tout de suite vu les "aberrations" de ce qu'on leur proposait et ont immédiatement contesté bien des "vérités" qui leur étaient assénées. L'esprit critique revivifié à la Renaissance et encensé au siècle des Lumières (XVIIIè) était déjà bien présent au tout début de la Chrétienté. Certains ont risqué leur vie pour aller jusqu'au bout de leur critique alors que d'autres se sont rétractés pour échapper à la mort, c'est le cas, entre autres, des Donatistes.
Au début de la chrétienté, la notion d'hérésie est assez floue; en fait il y avait au départ plusieurs choix (en grec, choix = "hairesis" qui deviendra hérésie), plusieurs manières d'interpréter les textes, plusieurs manières de se positionner par rapport à Jésus Christ. Ce n'est que lorsque qu'un des nombreux choix possibles est devenu dogme que tout autre manière de voir a été taxée d'hérésie. En fait les "vraies" hérésies sont devenues "orthodoxes" sous Constantin au concile de Nicée (325 de notre ère).
Voyons quelques "choix" ayant vu le jour dès le début de la chrétienté et sachons apprécier l'esprit critique déjà très développé de nos lointains ancêtres qui cherchaient à comprendre plutôt que de se laisser pavloviser en se soumettant naturellement à la pensée à la mode. Déjà à cette époque, la raison armée de la logique et étayée de courage s'insurgeait contre les arguments d'autorité du domaine de la foi.
1. Le
gnosticisme
(grec: gnosis = connaissance)
1.1. Le gnosticisme, une hérésie qui doit beaucoup à Platon
Les hommes ont toujours eu de la difficulté à comprendre et à expliquer comment
le Mal pouvait exister
dans un monde créé par un Dieu infiniment bon et infiniment puissant. Les
gnostiques refusent cette contradiction et
envisagent deux mondes différents: le
monde de l'esprit,
parfait et bon, créé par Dieu et le monde dans lequel nous vivons
temporairement qui n'est qu'une illusion créée pas
Satan. En
bref les gnostiques reprennent le vieux dualisme de
Platon (voir fiche 7) qui, rappelons-le, considérait notre monde comme une
dégradation du monde parfait des Idées
(essences,
concepts) . Pour Platon, notre condition humaine résultait d'une
chute: venus du monde des Idées nous sommes tombés
dans le monde matériel exploré par nos sens et nous n'avons plus qu'une vague
réminiscence de la perfection
à laquelle nous pouvons de nouveau
accéder mais à condition de faire un long travail de réflexion (Cf. l'allégorie
de la caverne. Fiche 7) qui peut
être facilité par un "accoucheur" d'idées dont Socrate, qui
pratique la maïeutique, constitue le modèle incontournable.
Seule une minorité serait susceptible de suivre cette voie difficile menant à la
sagesse. L'idée de chute dans le
"monde réel" où nous vivons
est donc bien antérieure à la
chrétienté. Adam et Eve
chassés du Paradis est une reprise imagée de
l'idée de
chute. Pour le chrétien seule la foi peut nous permettre de réintégrer le monde
parfait (paradis) mais après notre mort.
Les gnostiques refusent le caractère humain de
Jésus Christ ainsi que le baptême
et considèrent la croix comme un objet ordinaire sans aucune symbolique. Au
niveau humain, comme Platon, les gnostiques envisagent une élite
très minoritaire qui, par la prière et une vie ascétique, peut accéder au monde
parfait de l'esprit (ceci n'est pas sans rappeler les Rois philosophes). Pendant
des siècles le clergé se prétendra l'élite, sages bergers qui conduiront le
troupeau vers la félicité de la vie éternelle qui commencera à notre mort...
Quant
aux communs des mortels (le troupeau) incapables de se détacher du monde d'ici bas, ils
travailleront sans réfléchir et en se laissant aller aux petits plaisirs mesquins
du monde des existants. Ils sont dans l'erreur et ne connaissent que le
monde trompeur qui leur est livré par les sens.
1.2. Manichéisme et hérésie
cathare
Manès, né en Mésopotamie
(t 273), fit écho au gnosticisme
qu'il prêcha dans tout le Moyen Orient et jusqu'aux Indes. Pour les
manichéens (disciples de Manès), le monde est soumis à deux forces antagonistes:
le Bien (= la lumière) et le Mal
(= les ténèbres) qui se livrent un combat
éternel. Le manichéisme qui s'est répandu également en Afrique du nord,
est une des toutes premières grandes hérésies de la chrétienté.
Partiellement étouffé sous Constantin (Cf. Concile de Nicée en 325) le
manichéisme est souvent réapparu, notamment au XIIè siècle avec
l'hérésie cathare qui reprenait grosso modo les
idées de Manès. Pour les Cathares il existait deux principes antagonistes, le
Dieu
du Bien créateur du monde spirituel et Satan maître et créateur du
monde
matériel dans lequel nous vivons. Seule une minorité ayant une vie austère tournée entièrement vers la
réflexion peut accéder au Bien, ce sont les Parfaits
qui condamnaient la plupart des sacrements chrétiens ainsi que la
propriété
privée. Très en vogue en pays
d'Oc, les Cathares étaient nombreux dans la région d'Albi d'où le nom d'Albigeois
qui leur est souvent donné. Simon de Montfort,
parrainé par le pape Innocent III et aidé par le tribunal de
l'Inquisition (créée en
1199 par le pape Innocent III), fut le chef d'une
croisade dirigée contre les Albigeois qui
furent réduits en 1244 (destruction de la forteresse de
Montségur, dans l'actuel
département de l'Ariège). La réduction des Albigeois a permis de raffermir
le pouvoir du nord sur le sud. Philippe Auguste,
Louis VIII et
Saint Louis (= Louis IX),
grâce à cette croisade ont renforcé leur emprise sur l'ensemble du territoire et
les seigneurs qui participaient à la croisade en ont profité pour piller toutes
les richesses du pays d'Oc. C'est en
1209 que le légat du pape,
Amalric, qui accompagnait Simon de Montfort
dans sa croisade contre les Albigeois de Béziers, aurait répondu à un de ses
hommes qui lui demandait comment distinguer un bon chrétien d'un hérétique:
"Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens"
Notons que le manichéisme avait constitué une explication du monde dès le VI è
siècle avant J.C. puisque Zarathoustra
(Perse) avait déjà
envisagé l'univers comme un champ de lutte entre le Bien et le
Mal.
Étant donné les imperfections de notre monde, les
guerres, les injustices, les souffrances diverses que nous subissons, il faut
bien admettre que le manichéisme est une doctrine séduisante et beaucoup plus en
phase avec notre logique qui a toujours de la difficulté à admettre que le Mal
existe dans un monde créé par un Dieu infiniment bon et infiniment puissant qui
connaît le passé et l'avenir. Il n'est donc pas étonnant que le manichéisme ait
été une des plus anciennes explications du monde et qu'il ait séduit de grands
esprits comme Saint Augustin
(354-430) qui fut un
fervent manichéen jusqu'à l'âge de 34 ans !
Il faut remarquer que le manichéisme est une sorte de cas particulier d'une
tendance qu'a notre esprit de penser par opposition:
le bien/le mal; le chaud/le froid; la lumière/ les ténèbres; le beau/le laid; le
vrai/le faux... sans oublier la "pensée
binaire" des ordinateurs ( 0 ou 1).
Cette manière de voir entrave parfois un autre type de pensée plus
"moniste"
(monisme par opposition à dualisme) qui nous conduit à plus de nuances et à
l'idée de transformations continues et progressives: entre le noir et le blanc,
il y a la gamme infinie des gris !
Les "bons" chrétiens essaient d'expliquer la contradiction fondamentale de
leur religion par le fait que Dieu a donné la liberté
à l'homme... mais,
pourquoi lui a-t-il fait un tel "cadeau" ? L'homme responsable du Mal,
bien que créé par un Dieu fondamentalement bon ?... Pourquoi Dieu
a-t-il créé l'homme ? Une question intéressante, non ? La logique et la
foi sont
difficiles à concilier !
2. Le donatisme
Le donatisme est une hérésie qui a sévi durant les trois premiers siècles de
notre ère et qui s'est attaquée à un problème très pratique: les prêtres qui,
lors des persécutions des chrétiens ont renié leur foi pour sauver leur vie et
qui, par la suite, sont redevenus prêtres, sont-ils encore dignes d'administrer
les sacrements ? Pour Donatus
(† vers 355), évêque de Carthage,
ces prêtres sont des "traîtres" et les sacrements
qu'ils administrent ne sont pas valides. C'est Constantin
(† 337) qui mettra fin à cette hérésie.
Notons que les donatistes qui mettaient en doute la validité des sacrements
des prêtres qui avaient trahi lors des persécutions ne sont pas sans rappeler ceux
qui mettaient en doute les sacrements administrés par les
prêtres jureurs qui avaient prêté serment à l'État comme l'exigeait la
Constitution civile du clergé de juin 1790
(Lors de la Révolution française). Durant
la Révolution française, pour
les "vrais" chrétiens, demeurés fidèles à la royauté, seuls les
prêtres réfractaires
(= ceux qui
n'avaient pas prêté serment) étaient crédibles,
c'est-à-dire ceux qui avaient eu le courage de risquer leur vie, sans faire de
concession.
3. L'arianisme
Arius
(256-336) prêtre
d'Alexandrie met en cause un des dogmes fondamentaux de l'Église d'où, pour un
bon chrétien, la gravité de cette hérésie.
Pour Arius, le Père et le Fils ne peuvent pas avoir été de
tous temps
contemporains puisque l'un a engendré l'autre. Le Fils doit être postérieur au
Père et il doit y avoir eu un temps où seul le Père existait.
Athanasius (295-373) évêque d'Alexandrie s'opposa vigoureusement à Arius et fit
remarquer que dans un tel cas la raison et sa
logique devaient se soumettre à la foi et qu'il n'y
avait rien à expliquer. En dépit des décisions prises au
Concile de Nicée(325) qui
donnaient raison à Athanasius, l'arianisme a continué à se répandre notamment
chez les Goths; Ulfilas
(311-383) convertit de nombreuses tribus germaniques à
cette hérésie.
Remarque: ne pas confondre « arien » qui a trait à une « hérésie » et « aryen » terme utilisé entre autres, par les nazis pour désigner la « race des seigneurs ».
4. Le Concile de Nicée:
certains "choix" deviennent hérésies
Par
l'Édit de Milan (313)
Constantin reconnaissait la religion catholique;
les chrétiens pouvaient désormais exercer librement leur culte. En
325, un an après s'être installé à
Byzance (qui
deviendra Constantinople) Constantin convoqua les évêques à
Nicée* (dans l'ouest de la Turquie actuelle), ce fut
le premier concile œcuménique
(= universel) de la
chrétienté au cours lequel les principaux dogmes de l'Église catholiques furent
énoncés, ce qui eut pour effet d'exclure sans équivoque certaines hérésies. Les
principales "vérités" du dogme, approuvées par Constantin peuvent être ainsi
résumées:
- un seul Dieu en trois personnes qui de tous temps ont existé ensemble. Ceci
est une condamnation sans appel de l'arianisme. L'acceptation de ce dogme est du
domaine de la foi et non de la raison.
- Dieu tout puissant a créé le ciel et la terre. Ceci condamne les gnostiques et
le manichéisme.
Constantin qui a présidé le concile de Nicée était
à la fois à la tête de l'Église et
chef de l'État. En un seul individu
étaient donc concentrés le pouvoir spirituel et le
pouvoir temporel. On parle alors de
césaro-papisme tout à fait caractéristique de
l'Empire romain d'Orient
(395-1453). Tout au long
de l'histoire de Byzance, le césaro-papisme a souvent été mis à l'épreuve mais
l'idée d'une unité du temporelle et du spirituelle a persisté. Notons que
Constantin, a "pratiqué" le césaro-papisme bien avant que l'empire
romain n'ait été scindé en deux (en 395).
En Occident par contre, il y a eu une tendance constante à la
séparation des pouvoirs
politiques et religieux, bien que l'Eglise ait toujours cherché à dominer le
pouvoir temporel sans jamais y parvenir. Les souverains d'Occident ont toujours
réussi à se dégager de l'absolutisme romain bien que le premier ordre ait toujours été le clergé: clergé, noblesse et tiers état.
(Cf. par exemple: la Pragmatique sanction de Bourges
en 1438,
sous Charles VII; Concordat de Bologne en 1516, sous
François ! er; l'Acte de suprématie en 1534, sous henri VIII d'Angleterre; - etc)
*C'est au concile de Nicée que l'on a fixé la date de Paques à savoir: le dimanche suivant la 1ère pleine lune après l'équinoxe de printemps.
5. Problème de la relation
de Jésus-Christ et de Dieu
5.1.
Les dyophysistes.
Ils prétendaient que Jésus-Christ était entièrement
humain et que Marie était bien la mère de JC qui ne pouvait, étant elle-même
humaine qu'engendrer un humain. Dieu était d'une autre essence, différente de
celle de JC.
5.2. Les monophysistes. Pour eux, Dieu et JC sont
de même nature, JC est une forme particulière de Dieu et la Vierge Marie a bien
engendré JC qui est Dieu.
Au concile de Chalcedon (451)
on reprend ce qui a été décidé au concile de Nicée (325)
et le monophycisme l'emporte. Marie est bien mère de Dieu et JC est
bien Dieu, de tous temps contemporain de Dieu le père. On n'a pas à comprendre
puisqu'on est dans le domaine de la foi qui prime
sur la raison!
6.
Hérésies et liberté de l'homme
Dieu étant tout puissant
et infiniment bon, l'homme est-il libre ? Tout un éventail d'opinions existent au
sein de l'église catholique avec aux extrêmes, des positions condamnées comme
hérésies.
| Siècle |
Prédestination |
Les nuances tolérées par l'église catholique |
Liberté totale |
| Vè | Saint Augustin (354-430) |
Pélage (360-422) |
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| XIIIè | Saint Thomas (1225-1274) | ||
| XVIè |
Calvin (1509-1564) |
||
|
XVIIè |
Jan |
sénius (1585-1638) Jésuites (depuis 1540) | |
| XVIIè siècle. P.Castex & P.Surer (Hachette 1947. Page 75) | |||
Deux extrêmes sont inadmissibles pour l'église
catholique, donc hérétiques :
- Pour Calvin (1509-1564. Genève),
Dieu est le maître tout puissant du destin de l'homme qui est damné ou sauvé
indépendamment de la volonté de l'intéressé. Il n'y a pas de libre
arbitre, l'homme est entièrement prédestiné.
On peut supposer cependant que celui qui fait le bien a été choisi par Dieu,
mais rien n'est sûr. Le pire des assassins et des escrocs peut être élu de Dieu
alors que celui qui s'est bien comporté durant toute sa vie peut être damné.
La
volonté de Dieu est insondable ! Ceci
est inacceptable pour les catholiques car le
calvinisme évacue toute responsabilité: on n'est jamais
coupable, puisqu'on n'est pas libre... Les élus ont la
grâce, les autres ne l'ont pas, on n'y peut rien !
- Pour Pélage (360-422. Moine celte)
l'homme contrôle son propre destin et cela n'a rien à voir avec la grâce. Le pélagisme est également considéré comme une hérésie car il enlève à Dieu tout
son pouvoir sur la vie de l'homme; la puissance de Dieu ne se manifesterait qu'après la
mort.
- Les Jansénistes,
essaient de demeurer à l'intérieur de l'orthodoxie catholique mais malgré la
sympathie que leur témoignait Blaise Pascal
(1623-1662)
ils sont expulsés de
Port-Royal en
1664 et finalement condamnés comme hérétiques par le pape Clément XI en
1713.
Entre ces deux extrêmes existe toute une palette de
possibilités qui, grosso modo, sont des positions intermédiaires qui laissent à
l'homme une certaine liberté, la grâce nécessaire à notre salut pouvant être
obtenue par nos œuvres. Cette position est celle des
Jésuites qui ont eu une influence importante dans le monde politique
(conseillers des puissants) et surtout dans
celui de l'éducation.
Quelle que soit la position adoptée, extrême ou médiane, la logique bien affûtée par
la raison se heurte toujours à une certaine incohérence qu'elle ne peut
surmonter.
- si Dieu peut être influencé par la conduite de l'homme (prières, oeuvres
charitables etc), on tombe dans le péché d'orgueil:
" Moi, pauvre mortel, je peux influencer Dieu tout
puissant !" Toute prière
témoignerait de notre présomption. D'un autre côté si nos actions peuvent
influencer la conduite de Dieu, c'est que le Dieu auquel on se réfère n'a ni la
toute la puissance, ni la bonté qu'on lui attribue. Prier pour
influencer Dieu, c'est le diminuer.
- si Dieu tout puissant fait de moi ce qu'il a décidé de faire, alors où est ma
liberté ? À quoi bon s'occuper de Lui ? Comment envisager une société d'où on
évacue le libre arbitre ?
Ici encore la raison et la foi apparaissent comme incompatibles.
En réfléchissant un peu on s'aperçoit que le catholicisme est un tissu
d'incohérences !
Remarque:
aujourd'hui on en est encore à chercher ce qui nous serait
imposé par nos gènes et dont on ne serait
absolument pas responsable et ce qui reviendrait à notre
"libre arbitre" très influencé par le milieu.
De toutes façons que notre destin soit génétique
(Cf. les sociobiologistes) ou social (Cf. les
marxistes) on se pose de plus en plus de question sur notre
liberté et conséquemment sur
notre propre responsabilté.
La logique sans la foi mène automatiquement à une autre vision du monde, l'agnosticisme qui consiste à ne pas s'occuper d'un Dieu éventuel qui, s'il existe, sait ce qu'il a à faire sans que nous ayons à intervenir de quelle que manière que ce soit. La remarque de Meursault dans l'Étranger de Camus devient le "credo'" de tout agnostique. "J'ai tenté de lui* expliquer une dernière fois qu'il me restait peu de temps. Je ne voulais pas le perdre avec Dieu." (*lui = le prêtre venu rendre visite à Meursault qui est condamné à mort)
Il y a bien d'autres hérésies que celles que nous venons d'évoquer, leur très grand nombre révèle l'imagination sans borne de l'homme, toute hérésie pouvant être considérée comme une création générée par une religion que l'on conteste. L'opposition "hérésie/religion" n'est en fait qu'un cas particulier du caractère binaire d'une de nos manières de penser. On se retrouve dans une espèce de dialectique du type "thèse antithèse" (Cf. Hegel), sans pour autant aboutir à une synthèse...
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© Les Fiches à Berca. Dernière mise à jour: 10/11/2011