| FICHE 12 |
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Mens sana in corpore sano |
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ACTIVITÉ PHYSIQUE |
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& |
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DÉPENSE ÉNERGÉTIQUE |
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Afin de faciliter la
compréhension de ce qui suit il ne serait pas inutile de consulter
l'introduction et le premier paragraphe de la Fiche 8.
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L'activité physique, par la
dépense énergétique qu'elle occasionne, contribue à contrer la sédentarité que
connaît l'homme des sociétés industrielles, sociétés dans lesquelles diverses
machines ont éliminé le travail musculaire qui pendant des siècles avait été le
principal moteur de nos activités. La sur-utilisation des énergies
fossiles se paie par la pollution et par une forme physique trop souvent fort
approximative... bien que nous ayons une espérance de vie à la naissance qui
s'accroit sans cesse. La baisse d'activité physique est
souvent accompagnée d'un régime alimentaire plus copieux qui ne correspond
pas forcément à une amélioration de la diète, souvent mal équilibrée et
surabondante, d'où une augmentation des
maladies cardio-vasculaires souvent liées à
l'obésité. Continuer de faire marcher ''la machine
musculaire'' devient alors une activité vitale indispensable au maintien
d'une bonne santé.
L'activité des cellules musculaires dépend de la respiration c'est la raison pour laquelle nous
donnerons aussi un aperçu de la respiration cellulaire.
1. Quelques rappels fondamentaux.
1.1. Les unités de
mesures. La calorie continue d'être utilisée
comme unité énergétique pratique bien qu'elle soit abandonnée aujourd'hui dans le
Système
International (SI). Rappelons que la calorie est la quantité d'énergie
nécessaire pour élever la température de 1 g d'eau de 15 à 16o
C sous pression normale. Cette unité étant très petite on utilise la
kilocalorie (kcal)
qui vaut 1000 calories. Pour ce qui est de la nutrition on utilise
souvent l'abréviation Cal (avec une majuscule) pour désigner une kcal. À tort,
dans la plupart des écrits où l'on traite de nutrition et de régimes
alimentaires, le mot calorie (avec un ''c'' minuscule) est utilisé pour signifier kilocalorie.
Il faut s'adapter à cette erreur... Quand on
dit qu'un homme de 70 kg faisant un travail modéré, a besoin de 2500 calories
par jour, il s'agit en fait de 2500 kcal
(= 2500 Cal = 2 500
000 calories). De même un gramme de glucide donne en
brûlant complètement 4 calories... en fait 4 kcal.
L'unité d'énergie du Système international (SI) est le
Joule (Abréviation : J
toujours avec une majuscule car le nom de l'unité dérive d'un nom propre, le
physicien anglais Joule).
1 cal = 4,18 J d'où 1
kcal = 4,18 kJ
(kilojoules)
1.2. Dépenses énergétiques. L'homme au repos, en
neutralité thermique (20oC faiblement vêtu) et
à jeun depuis 12 heures
continue cependant de dépenser de l'énergie car certains travaux physiologiques
ne peuvent être suspendus: travail cardiaque, pulmonaire, rénal,
renouvellement de la matière vivante
(= turn over), tonus musculaire, etc; ceci
constitue le
métabolisme* de base
(MB). Par contre,
des dépenses, telles l'activité physique, les travaux liés à l'alimentation
(digestion et absorption), notre lutte contre le chaud ou contre le froid,
peuvent être provisoirement suspendues: ce sont les
dépenses contingentes.
L'homme tire l'énergie dont il a besoin pour son MB et pour ses
dépenses contingentes de l'oxydation de certaines
matières organiques
contenues dans les aliments. Ces matières appartiennent à trois grands
groupes de substances, les protides, azotés; les lipides et
les glucides. Toutes ces substances sont
combustibles et fournissent, entre autres, l'énergie dont l'organisme a besoin.
Par contre, notre organisme ne peut tirer aucune énergie des substances
minérales. Par exemple, le gaz hydrogène (H2)
pourtant hautement énergétique n'est d'aucun secours pour notre métabolisme. De
même on ne tire aucune énergie du sel (Chlorure de sodium
- NaCl - que l'on ajoute à nos
aliments), pas plus que le l'eau, aliment indispensable.
1.3. Aperçu des méthodes de mesure des dépenses énergétiques des organismes.
La méthode directe qui consistait à mettre un individu dans un grand calorimètre
pendant au moins 24 h n'est plus guère utilisée aujourd'hui
(Cf. La chambre d'Atwater
et Benedict). Actuellement on emploie
une méthode dite de calorimétrie indirecte basée sur le
coefficient thermique de l'oxygène
(CTO) et
sur le quotient respiratoire
(QR).
QR
= Vol. CO2 (rejeté)/Vol. O2
(absorbé)
(Mêmes
unités, même pression et même temps)
Exemple: L'oxydation complète du glucose, dans les cellules musculaires et
nerveuses, par exemple, peut se résumer ainsi:
C6H12O6 + 6 O2 ---→Substances intermédiaires ---→ 6 CO2 + 6 H2O +
680 kcal
↓ (2842 kJ)
Il
faut 6 moles d'O2
c'est-à-dire 134,4 L (22,4 L X 6)
pour oxyder complètement 1 mole de glucose (180 g)
Lorsqu'un litre d'O2 est utilisé à
l'oxydation totale du glucose, il y a libération de
680/134,4 = 5,05 kcal/L
5,05
kcal (# 5 kcal) est le coefficient thermique de l'oxygène
pour le glucose c'est-à-dire la quantité d'énergie qui est libérée quand
un litre d'O2 est utilisé à l'oxydation
complète du glucose. Pour ce qui est de
l'oxydation complète du glucose on a:
QR = CO2
rejeté (6 x 22,4) / O2
absorbé (6 x 22,4) =
1
Si au cours d'un exercice physique on mesure, pendant
le même temps, le
volume de O2 absorbé et le volume de
CO2 rejeté et si le rapport VCO2/VO2
est égal à 1 on en déduit que le sujet a consommé du glucose pendant son
exercice ce qui permet de calculer immédiatement l'énergie dépensée à savoir:
E =
(VO2 x 5) kcal. Au cours d'un
exercice aérobie, un individu normal consomme essen- tiellement du glucose lequel
provient de l'hydrolyse du glycogène musculaire et
hépatique et/ou de l'amidon ou du
saccharose; une partie du glucose peut également
provenir de la dégration de certaines protéines. Une ingestion de
glucose a l'avantage de donner quasi instantanément
le ''combustible'' dont les cellules ont besoin.
(C6H10O5)n + n H2O
--------→n
C6H12O6
Glycogène
Glucose
De la même manière on a pu calculer le CTO
pour les lipides et pour les protides ainsi que les quotients respiratoires (QR) correspondant. On peut
résumer comme suit les données dont on se sert pour faire les mesures de
dépenses d'énergie:
| QR |
CTO (en kcal/L) |
Pouvoir calorifique dans les conditions physiologiques. |
||
| Attention! | Glucides | 1 | 5 | 4kcal/g (# 17 kJ) |
| Ne pas confondre CTO | Lipides | 0,7 | 4,7 | 9 kcal/g (#38 kJ) |
| et pouvoir calorifique ! | Protides | 0,80 | 4,5 | 4 kcal/g (# 17 kJ) |
|
Mélange
|
0,82 | 4,82 | 4,5 kcal/g (# 19 kJ) |
Lors du
catabolisme respiratoire, les lipides et les glucides sont complètement oxydés et
donnent finalement CO2 et H2O,
énergétiquement vides pour l'organisme. Dans le
cas de la fermentation lactique
(Ac.lactique: CH3CHOHCOOH),
les quantités d'énergie libérées sont inférieures à celles de la respiration car
l'acide lactique contient encore de l'énergie potentielle chimique.
Au cours du catabolisme
respiratoire, les protides sont
incomplètement oxydés
et génèrent, entre autres, de l'urée CO(NH2)2
qui est rejetée bien que contenant encore de
l'énergie: l'urée constitue une fuite
énergétique. Les protides libèrent donc dans l'organisme
seulement 4 kcal/g alors
que dans un calorimètre où l'oxydation est poussée jusqu'à CO2
et H2O (+ déchets azotés minéraux),
les protides donnent 5,6 kca/g. Comme source d'énergie, les protides sont moins intéressants que les
glucides car, d'une part ils génèrent de l'urée, qui en excès dans le sang
demande un travail rénal supplémentaire et, d'autre part, une partie de leur
énergie potentielle est perdue pour l'organisme (urée).
Remarque:
les lipides sont une bonne source d'énergie
(9kcal/g),
toutefois, leur utilisation excessive n'est pas sans danger car, lors de leur
catabolisme, ils génèrent des
corps cétoniques
qui acidifient le sang ce qui risque de provoquer un coma. Le coma des
diabétiques insulino-sensibles a pour cause une augmentation de la teneur du
sang en corps cétoniques
2.Dépenses énergétiques de quelques activités physiques
|
En kcal/kg/min. Exercice sur sol dur et horizontal (Temps minimum d'exercice: 30 min) |
||||||||||||||
|
km/h → |
1,5 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 10 | 12 | 15 | 18 | 20 | 25 | 30 |
| Marche | 0,044 | 0,052 | 0,064 | 0,073 | ||||||||||
| Jogging (1) | 0,120 | 0,140 | 0,177 | 0,178 | 0,218 | 0,300 | ||||||||
| Ski de fond | 0,128 | 0,135 | 0,140 | 0,148 | 0,162 | 0,173 | 0,185 | 0,206 | ||||||
| Vélo | 0,07 | 0,106 | 0,140 | 0,180 | 0,23 | |||||||||
| Natation | 0,106 |
1,5 km/h correspond à 25 m par minute (nage libre) |
||||||||||||
| Sommeil | 0,018 | |||||||||||||
| (1) Ici, un mélange de marche et de course. 30 minutes de coït: 300 kcal |
|
Il s'agit de valeurs moyennes. Ne pas oublier
que la dépense varie avec chaque individu. Deux individus de même poids
peuvent avoir des dépenses différentes pour un même exercice pratiqué dans
les mêmes conditions dans un même temps. |
Exemples:
- Dépenses d'un individu de 75 kg pratiquant le jogging à 7 km/h pendant 1h 20
: 0,120 x 80 x 75 = 720 kcal.
À supposer que le mélange (protides, lipides, glucides) utilisé pour
couvrir cette dépense ait un pouvoir calorifique d'environ 4,5 kcal/g, la perte
de masse correspondant à cet exercice serait de 720/4,5 # 160 g, . Si
l'organisme ne ''brûlait'' que des lipides, la perte de masse ne serait que
de 720/9 # 80 g. À ces pertes de masse il faut ajouter une partie des pertes
d'eau d'origine non métabolique. Rappelons que l'eau métabolique est celle qui
résulte de l'oxydation des substances organiques que nous dégradons
(=catabolisme). Cette eau est dite
endogène
Remarque: les vers de farine qui
vivent dans un milieu particulièrement sec sont cependant constitués de 60 à 65
% d'eau, eau qui ne provient que du catabolisme. Dans le cas de l'homme une
partie de l'eau dont nous sommes constitués vient de l'extérieur, c'est de l'eau
d'origine exogène.
- Dépense du même individu pratiquant la natation (brasse) pendant 30 minutes: 0,106 x 30 x 75 # 238 kcal
Pendant 1h20 on aurait une dépense de 635 kcal. Lutter contre la viscosité de
l'eau coûte cher bien que nous soyons libérés de la pesanteur.
3. Aperçu de la respiration et de la
fermentation lactique
(du point de vue énergétique)
![]() |
3.1. Dans la respiration comme dans
la fermentation lactique l’énergie potentielle chimique contenue dans les
substances organiques (ici lipides et glucides) est libérée par ''petits paquets’’
(e1, e2, e3, en). Comme l’a fait remarquer le physiologiste hongrois
Szent-Györgyi, les cellules ont besoin de ''petite
monnaie énergétique''.
Rappelons que toutes les réactions chimiques du métabolisme sont
enzymatiques ce
qui a pour effet d’abaisser les énergies d’activation.
Les réactions chimique peuvent donc se produire à une température quasi constante
(# 37oC)
compatible avec
la vie.
3.2. La transformation
Glucose
→ Acide lactique
via
l’acide pyruvique
est anaérobie mais libère cependant de l’énergie. Le glucose est oxydé en ac.pyruvique et ce dernier est réduit en ac.lactique.
C6H12O6
→ 2 CH3COCOOH
+ 4 H + E1
E1
> E2
↓
↓
2 CH3COCOOH
+ 4 H +
E2
→
2 CH3CHOHCOOH
(ac. Pyruvique) (ac.lactique)
3.3 Le glycogène
(C6H10O5)n
est présent dans le
foie et les
muscles et constitue la source essentielle de glucose; quant aux lipides, les
muscles y ont recours dès que les réserves de glycogène s’amenuisent. Bien qu’étant beaucoup plus énergétiques
que les glucides, les lipides présentent deux inconvénients majeurs : d’une part ils
nécessitent beaucoup plus d’oxygène pour être dégradés et, d’autres part, leur
catabolisme génèrent des corps cétoniques intermédiaires qui, à forte dose, sont
toxiques, pouvant aller jusqu’à provoquer un coma. Le coma de certains
diabétiques est dû à une surconsommation de lipides qui deviennent, avec les
protides, les seuls ''combustibles'' utilisables (Ici il s’agit du diabète insulino-sensible)
Oxydation totale comparée du glucose et d’un acide gras saturé ayant
autant
d’atomes de carbone.
|
Cas du glucose : C6H12O6 + 6 O2 → 6 CO2 + 6 H2O |
Les acides gras étant moins oxygénés sont plus réducteurs il leur faut donc davantage d’oxygène pour ‘’brûler’’ |
|
Cas d’un ac.gras : C6H12O2 + 16 O2 → 6 CO2 + 6 H2O |
3.4. Quand il y a un déficit d’oxygène dans le muscle,
le catabolisme anaérobie lactique
(=la fermentation lactique)
devient prépondérante et il y a accumulation dudit acide d’où une baisse du pH
(acidification) entraînant des crampes pouvant aller jusqu’au
tétanos
physiologique qui se traduit par une paralysie. Au repos l’excès d’acide lactique est reconverti en acide
pyruvique lequel est alors soit complètement oxydé (respiration) soit transformé
en glucose puis en glycogène; il y a également une partie de l’acide lactique
qui est éliminée par
les urines. Après un effort physique important l'intensité respiratoire demeure
supérieure à ce qu'elle serait au repos (sans avoir fait d'effort) car l'organisme emprunte davantage
d'oxygène au milieu pour ''brûler'' une partie de l'acide lactique en excès, on
parle de dette en oxygène.
Respiration et fermentation lactique ne s'excluent pas,
la respiration est prépondérante dans les exercices de longue haleine
(course de
fond) alors que
la fermentation est presque exclusive dans les exercices intenses et de courtes
durée (Ex: course de 100m). Quand la respiration l'emporte nettement sur la
fermentation on parle d'exercices aérobiques, dans le
cas contraire on est dans le domaine anaérobique.
Notons qu'un exercice violent et de courte durée est essentiellement anaérobique,
il y a rapidement accumulation d'acide lactique d'ou l'impossibilité de
continuer à un tel rythme.
3.5. L'ATP source immédiate d'énergie pour les cellules musculaires
![]() |
Remarques:
- Signalons un autre intermédiaire
énergétique, l'acide créatine phosphate (ACP)
- Souvent on agrémente la liaison qui unit les deux derniers phosphores
(P) de
l'ATP d'une ''liaison riche en énergie'' (P ~ P) en prétendant que la rupture de cette liaison libère de l'énergie. Il
n'en est rien. En chimie c'est quand une liaison est établie que de l'énergie
est libérée. La rupture de la liaison P
~ P non seulement ne libère pas d'énergie mais
en demande ! En fait la transformation ATP → ADP est bien exergonique
(=
libère de l'énergie) mais c'est le réarrangement des molécules dans les produits
finals qui libère de l'énergie. En fait la liaison
P
~ P est faible en énergie d'où la nécessité
d'une énergie d'activation très faible pour amorcer la réaction ATP → ADP,
ceci explique la très grande instabilité de l'ATP.
Rappelons que lors de la formation d'eau à partir d'un mélange 1/2 O2
+ H2
l'énergie d'activation (la petite
étincelle qui détermine l'explosion) rompt des liaisons 0-0 et
H-H et que c'est l'établissement des liaison H-O-H qui dégage une énergie
énormément supérieure à l'énergie d'activation, d'où explosion.
4.
Activité physique et perte de masse (on
parle souvent, à tort, de poids)
4.1. Indice de masse corporelle (IMC). Au
XIX, le Belge Adolphe Quételet a établi une formule
qui conduit à l'indice de masse corporel (IMC) considéré aujourd'hui encore
comme une donnée essentielle pour avoir une idée de la masse idéale.
![]() |
|
||||||||||||||||||||
Attention !
Là où l'on met d'habitude une virgule (,) il faut
mettre un point (.)
Exemple: un mètre quatre vingt un s'écrira: 1. 81
(et non 1, 81).
4.2. Poids
et activité physique
La perte de masse résultant de la pratique d'un seul exercice physique long et
soutenu est faible voire insignifiante. Ainsi, pour un individu de 75 kg
venant de faire une douzaine de km en 2 h
(ce qui
correspond à une marche très active) la perte sera-t-elle d'environ 657 kcal soit une
perte de masse d'environ 146 g de matières organiques mixtes et même encore moins
s'il s'agit exclusivement de lipides auquel cas la perte ne sera que de 73 g.
On arrive à des pertes inférieures à 0,1 % qui échappent à
l'appareil qui nous permet de mesurer notre masse !
Doit-on alors conclure que les exercices physiques ne permettent pas de perdre
de masse? Certainement pas. En fait l'exercice physique peut contribuer à une
perte de masse dans la mesure où il est pratiqué régulièrement, avec
suffisamment d'intensité et pendant
un temps suffisamment long, d'au moins 7 à 8
semaines. Par exemple 12km en deux heures cinq fois par semaine pendant deux
mois. A long terme cet exercice physique aérobie entraînera:
- Une augmentation de la teneur en myoglobine des
cellules musculaires. Rappelons que la myoglobine est une hémoglobine propre aux
muscles et qu'elle facilite le transport de l'oxygène.
- Une augmentation de la taille et du nombre des mitochondries contenues dans
les cellules musculaires, les mitochondries étant '' les centrales énergétiques''
qui produisent l'ATP, source immédiate de l'énergie des cellules.
- Une augmentation de l'amplitude cardiaque; au
repos, le débit cardiaque c'est-à-dire le volume de sang expulsé dans l'aorte
lors de chaque systole du ventricule gauche sera de 70 à 90 mL chez le sujet
sédentaire alors qu'il sera de 100 à 120 mL chez le sujet entraîné. Durant
l'effort on aura respectivement des débits de 100 à 120 contre 150 à 170 mL chez
le sujet entraîné; de plus, au repos, le coeur de l'individu entraîné battra
plus lentement ( 50 à 60/min contre 65 à 70 chez l'individu non entraîné ) tout en étant plus efficace à cause de ses amplitudes plus
grandes.
- Une augmentation de la capacité pulmonaire vitale;
un sujet moyen non entraîné aura une capacité de l'ordre de 3,5 à 4 L alors que
le même sujet entraîné pourra atteindre plus de 6 L. Ceci a pour effet
d'augmenter l'oxygénation au niveau des cellules.
- La vascularisation des muscles squelettiques et cardiaque
(vaisseaux
coronaires) sera améliorée grâce à la prolifération des capillaires ce qui
entraînera un renouvellement plus rapide du sang.
- En dehors des questions de masse auxquelles on peut répondre partiellement par
l'activité physique il faut noter que l'exercice physique diminue les risques
d'excès de cholestérol et d'athérosclérose ainsi que les risques de
diabète.
- Toute activité physique intense et de longue durée ne facilitera la perte de
masse que dans la mesure où l'on surveillera son régime alimentaire. En bref
régime alimentaire et
activité physique sont les deux facteurs pouvant conduire à une perte de
masse durable.
En résumé, à long terme, l'exercice physique aura pour effet d'augmenter
considérablement l'apport d'O2 aux cellules ainsi
que l'évacuation du CO2, d'où une bien meilleure ''combustion'' du glucose et
des lipides qui, ne l'oublions pas, demandent beaucoup plus d'O2
que les glucides pour être totalement oxydées. L'individu entraîné ''tapera''
dans ses graisses dès le début de l'exercice sans attendre l'épuisement du
glycogène. À long terme l'organisme verra donc ''fondre'' ses graisses et, même
si la perte de poids n'est pas énorme, le poids dépendra beaucoup moins de la
teneur du corps en lipides.
Notons enfin que les avantages de l'exercice physique au niveau du système
cardiovasculaire se manifesteront non seulement pendant l'exercice mais aussi
au repos y compris pendant le sommeil. Le MB aura tendance à augmenter ce qui
fait qu'avec un apport calorique alimentaire identique on aura tendance à
''brûler'' davantage de substances organiques et, par suite, à perdre du poids.
Pour terminer: l'activité physique est donc essentiellement de nature
musculaire; on peut améliorer le rendement de la ''machine musculaire'' par
l'entraînement, c'est ainsi qu'un individu peu actif aura un rendement de
l'ordre de 18 à 20% tandis qu'un individu bien entraîné
pourra atteindre les 25 à 30%. Grosso modo le rendement de la
''machine musculaire'' est supérieur à celui de la machine à vapeur
(# 10%); il
se compare à celui du moteur à explosion (de l'ordre de 20 à 25 %)
On a longtemps cru que la respiration cellulaire était assimilable à une
combustion (lente !) du carbone et de l'hydrogène contenus dans les nutriments
organiques; en
réalité il s'agit d'une combustion lente du seul hydrogène, le CO2
produit étant arraché au substrat par des décarboxylases
et ne produisant pas d'énergie. En fait il y a de très nombreuses réactions
intermédiaires fort complexes et si l'on veut avoir une idée du phénomène, pour
le glucose par exemple, on
doit avoir recours à un petit artifice qui permet de donner l'équation globale
et théorique suivante:
2C6H12O6
+ 6O*2
→→→
C6H12O6
+ 6CO2 + 6H2O* +
Énergie
Si, lors d'un exercice
(aérobie), on inhale de l'oxygène marqué
(= oxygène
radioactif) on constate que seul l'oxygène de l'eau formée est marqué. En bref
la respiration consiste en une oxydation progressive de
l'hydrogène contenu dans les nutriments organiques et notamment dans le
glucose. La ''machine musculaire'' se comporte comme une espèce de
moteur à
hydrogène mais sans aucune explosion grâce aux enzymes qui abaissent les
énergies d'activation ce qui nous permet de récupérer de la ''petite monnaie''
énergétique indispensable à la recharge des molécules d'ADP.
| Remarque: lors d'une activité physique on ne doit pas dépasser la valeur suivante pour ce qui est de la rythmicité cardiaque: 220 - âge (Individu normal en bonne santé) |
| Exemple: une personne de 45 ans ne doit pas dépasser: 175 pulsations/minute (exercice anaérobie de courte durée comme le 100 m) |
Un bon rythme garantissant un bon travail cardiaque
dans un exercice aérobie de longue durée ne doit pas dépasser:
Rythme de ''croisière'':[(200
- âge)]
© Les Fiches à Berca. Fiche revue en 10/09/2009
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Si vous voulez calculer
votre dépense énergétique en rapport avec une activité physique, compte tenu de
vos caractéristiques physiques et de votre âge, allez au site ci-dessous:
Métabolisme:
ensemble des réactions chimiques
qui se produisent chez un être vivant. Ces réactions sont toutes
enzymatiques et se font dans des conditions de
température et de pression compatibles avec la vie. Le métabolisme comprend:
- l'anabolisme
où mécanisme de construction moléculaire
(synthèse). L'anabolisme consiste
en une mise en ordre de la matière et est
endergonique c'est-à-dire qu'il demande de
l'énergie. La croissance, est typiquement un phénomène où domine l'anabolisme.
Le grand phénomène anabolique de la biosphère est la
photosynthèse. L'anabolisme est typiquement
néguentropique c'est-à-dire qu'il lutte contre l'entropie ou désordre.
- le catabolisme ou phénomène de destruction
moléculaire qui augmente le désordre
(ou
entropie) et qui libère de
l'énergie. Les phénomènes cataboliques sont la
digestion, la respiration et les
fermentations.
Dans tout être vivant il y a
simultanément des phénomènes anaboliques et des phénomènes cataboliques. Si le
catabolisme l'emporte sur l'anabolique on aboutit à une
déstructuration conduisant à la mort. On se ''dé-compose'' c'est-à-dire que
l'on retourne au désordre.
'' Poussière nous étions, poussière nous retournerons!''