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FICHE 14 |
Robespierre
(1758-1794)
ou
la pratique de l'utopie
Introduction
1. La jeunesse de Maximilien
2. Le credo de Robespierre et les principaux traits de son caractère
3. Les
débuts de la carrière politique de Robespierre
4. Robespierre dans la jeune
Convention
5. La Terreur prend son essor
6. La Grande Terreur et les signes prémonitoires de la chute de Robespierre
7. La chute: 9
thermidor an II
Conclusion
Introduction.
Bien que Robespierre soit un homme d'abstraction en porte à faux
sur le réel , on ne peut passer sous silence les
évènements bien concrets et exceptionnels qu'il a vécus. Sans entrer dans les détails, il convient
cependant de rappeler quelques grands faits qui ont marqué ''La Grande
Révolution'' (P.Kropotkine) et de bien les situer dans le temps.
La
chronologie précise des évènements permet de se faire une idée de
l'accélération de l'histoire conduisant à une profonde métamorphose de la
société: jamais en un temps aussi court, l'histoire de la France n'a connu un tel
bouleversement.
Du 14 juillet 1789, date emblématique, au
9 thermidor an II
(27/07/1794), jour de l'arrestation de Robespierre,
faisons ressortir les effets et les causes dans une période, somme
toute très brève, qui n'est pas sans faire penser à la linéarité d'une
réaction en chaîne... qui se serait produite après une longue accumulation de
produits explosifs subitement embrasés et changeant de nature...
| 1789 | Le 5 mai les États généraux se
réunissent à Versailles et, sous la pression du Tiers État, se transforment en
Assemblée nationale après que les
députés aient juré de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution
à la France: c'est le Serment
du Jeu de Paumes ( 20/06) Le 9 juillet l'Assemblée nationale devient la l'Assemblée Nationale Constituante Le 14 juillet prise de la Bastille, symbole de l'arbitraire. Juillet août: la Grande Peur, on s'attaque aux châteaux, on brûle des titres de propriété, on veut repousser des brigands imaginaires qui forment un complot contre le peuple... Dès le début de la Révolution, l'idée de complot, fondamentale, devient obsessionnelle. Les discours seront désormais sous-tendus par la violence. 4 août (dans la nuit): abolition des privilèges. 26/08: Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen 5 et 6 octobre (= journées d'octobre): la famille royale (Le boulanger, la boulangère et le petit mitron!) est ramenée à Paris 2/11: les biens du clergé (environs 6% des propriétés foncières de la France) sont mis à la disposition de la nation. 19/12: On crée les assignats (papier monnaie) garantis par les biens du clergé |
| 1790 | 26/02: la France est divisée en
83
départements 12/07: on vote la constitution civile du clergé. L'église catholique passe sous le contrôle de l'État (similitude avec l'église anglicane). On impose aux prêtres un serment constitutionnel. Certains refusent de jurer, ce sont les prêtres réfractaires |
| 1791 | 13/04:
Pie VI condamne
le statut imposé au clergé. Les Français, à 95 % catholiques, se divisent
sur la question religieuse. La Révolution a désormais une forte opposition populaire parmi les catholiques, notamment dans l'ouest. 20-21/06. Fuite de la famille royale qui est rattrapée à Varennes. Le roi est suspendu. On doute de la sincérité du roi qui commence à être perçu comme un traître. Perte de prestige des Girondins (Brissot, Vergniaud, Seyes, Condorcet etc) qui supportaient le roi. Le peuple n'a plus confiance en son souverain. 13/09. Le roi, rétabli dans ses fonctions accepte la Constitution de 1791: monarchie constitutionnelle voulue par des Girondins. Tendance à la décentralisation et au fédéralisme. Le suffrage est censitaire. Il y a des citoyens actifs et des citoyens passifs. 30/09. Fin de l'assemblée constituante, début de l'Assemblée législative (01/10/91). |
| 1792 | 09/02. L'Assemblée confisque les biens des
émigrés. 20/04. Déclaration de guerre à l'Autriche. Pratiquement la France sera en guerre contre l'Europe jusqu'en 1815. 25/07 Manifeste de Brunswick entraînant la colère des Parisiens 10/08. Emeute parisienne, chute de Louis XVI qui est emprisonné. 02 au 06/09: la peur de l'invasion et des traîtres entraînent les massacre de septembre. (Sorte de 1ère Terreur. Environ 1300 morts) La Commune insurrectionnelle de Paris se substitue à l'Assemblée législative qui perd tout pouvoir. On a là un véritable coup d'État. En août: début du soulèvement de la Vendée. 20/09. Victoire de Valmy (Dumouriez et Kellermann) qui marque le début ''d'une ère nouvelle dans l'histoire du monde'' (Goethe) 22/09: proclamation de la République (1ère), début de la Convention. (An I de la République). Le suffrage bien qu'étant ''universel'' est interdit aux femmes et aux ''traîtres''; les votes étant à main levée, la convention est en fait imposée par une ''minorité agissante'' Les principes fondamentaux de la première République sont: liberté, propriété, sécurité |
| 1793 | 21/01: Louis XVI est
guillotiné. En dépit de la restauration (1815),
on ne ressuscitera jamais la mystique de la royauté
sacrée. 18/03: trahison de Dumouriez, les Girondins (monarchistes, fédéralistes et partisan de l'égalité politique) sont en difficulté. 06/04: création du Comité de salut public qui aide la convention et contribue à accélérer la mise en oeuvre des décisions. Fin mai début juin: chute des Girondins; les Montagnards, pour une égalité sociale prennent le pouvoir. Constitution de l'an I 05/09: émeutes à Paris, début de la Terreur; établissement du calendrier révolutionnaire qui débute le 21/09/1792. Oct-déc: écrasement des Vendéens. |
| 1794 | 04/02: abolition de l'esclavage lequel sera
rétabli le 20/05/1802 et aboli définitivement le 27/04/1848 24/03: Robespierre fait guillotiner les Hébertistes qui constituaient l'aile gauche de la Montagne (Les exagérés) 05/04: exécution des Indulgents ( Danton et de ses partisans) aile droite de la Montagne. 08/06: fête de l'Être suprême, Robespierre au sommet du pouvoir. Paroxysme de la Terreur (= Grande Terreur à partir du 10/06). Certains, qui craignent pour leur tête commencent à s'opposer ouvertement à Robespierre qui fait encore un long discours très menaçant le 8 thermidor. 27-28/07: chute et exécution de Robespierre (9-10 thermidor an II). |
1. La
jeunesse de Maximilien
1.1. Une jeunesse studieuse et sans amour.
Né à Arras le 6 mai 1758 (sous Louis XV), Maximilien de Robespierre, appartient à
une famille relativement aisée de juristes enracinés dans la
bourgeoisie artésienne depuis plusieurs
générations. Maximilien a deux sœurs, Charlotte, née en 1760 et
Henriette née
en 1761. Son frère, Augustin, le cadet,
naîtra en 1763 et suivra son aîné jusqu'à sur l'échafaud. La mère de Maximilien
meurt en 1764 au cours d'une cinquième grossesse; notre futur conventionnel se
retrouve orphelin de mère et aîné de la fratrie.
François Robespierre devenu veuf, se mit à vivre au dessus de ses moyens,
s'endetta, voyagea, abandonna sa famille en 1772 et mourut en 1777. Les
enfants furent recueillis par leurs grands parents maternels, des brasseurs
(famille Carraut) et par des oncles et tantes. Maximilien connut très peu d'affection familiale et se
retrouva vite dans un monde d'adultes. Rappelons qu'à l'époque
(fin du XVIII ème),
un adolescent de 12 ou 15ans était considéré comme adulte. L'enfance est une
invention du XIX ème siècle et, surtout, du XX ème. Jusqu'au XIXè il fallait sortir
de l'enfance le
plus vite possible; on ne voyait dans l'enfant qu'un adulte immature sans
personnalité.
De 1765 à 1769, Maximilien est scolarisé chez les Oratoriens d'Arras puis obtient
une bourse de l'abbaye de Saint-Vaast pour aller étudier au collège
Louis le
Grand à Paris. Là il se lie peu avec ses camarades dont l'un sera
Camille Desmoulins (1760-94). Particulièrement
studieux, Robespierre est un élève doué qui s'intéresse au latin et à l'histoire
ancienne ce qui ne l'empêche pas de découvrir Montesquieu et surtout
Rousseau qu'il a tendance à sanctifier. C'est en
étudiant Rousseau que Robespierre prend conscience que seule la volonté générale
doit être souveraine. Pour Robespierre l'homme
bon et quasi abstrait de Rousseau devient le peuple tout entier,
peuple non seulement bon mais aussi infaillible...
Le peuple, pour les affaires d'ici bas, se substitue à
Dieu.
La bourse qu'il a obtenue lui permet
de vivre très modestement et il a du mal à supporter les camarades plus fortunés
que lui... qui se sont donnés la peine de naître... (Cf.
Figaro de Beaumarchais) Il semble avoir développé durant
ses années de collège une certaine frustration ce qui le conduit à prendre
conscience des injustices du monde dans lequel il vit; il critique la monarchie de droit divin et
tolère de moins en moins les privilèges accordés à
l'aristocratie et au clergé.
Ses succès scolaires lui valent l'honneur de débiter un compliment à Louis XVI
qui vient d'accéder au trône ! (1774)
L'étudiant Robespierre n'est pas sans faire penser au jeune
Napoléon Buonaparte, lui aussi
boursier et un peu
esseulé durant son séjour à l'école militaire de Brienne; lui aussi très amateur
de Rousseau. Comme Napoléon, Robespierre est partisan du
mérite et met en doute la ''supériorité'' due à la naissance.
Robespierre, de par la difficulté qu'il a à se lier aux autres qu'il envisage
avec une certaine condescendance fait aussi penser à
Mustapha Kemal.
1.2. Robespierre est reconnu puis mis à l'écart de la
''bonne'' société artésienne
À 23 ans, bachelier et pourvu d'une licence en droit, Robespierre revient à
Arras en tant qu'avocat.
Très vite on remarque la qualité de ses plaidoiries, non pour sa voix,
somme toute assez ordinaire, mais pour la rigueur du raisonnement qui est
implacable et parfois étayé d'une
ironie mordante. L'adversaire est souvent
ridiculisé et prend vite conscience de son infériorité intellectuelle face à la
puissance dialectique de Maximilien.
Il plaide beaucoup, ce qui le met à l'abri du besoin. Il se plait à défendre les
moins nantis de la société.
''Est-il plus sublime
profession que celle qui vous amène à défendre les faibles, les opprimés,
les humbles? ''
À l'époque déjà la plupart de ses plaidoiries s'élèvent bien au
dessus de la cause qu'il défend, il passe aisément à des considérations plus
générales qui mettent en cause l'ordre établi. ''L'autorité divine qui ordonne
au roi d'être juste défend au peuple d'être esclave''.
Un juriste pointilleux, pourrait dire que Robesoierre est souvent ''hors
sujet'' mais les digressions dont on l'accuse consistent bien souvent à faire
remarquer que le cas particulier qu'il défend s'inscrit dans le cadre
d'aberrations inhérentes à la société même.
Ses propos choquent et,
dès 1787 il est mis à l'écart par la ''bonne'' société artésienne ce qui ne
l'empêche pas de continuer ses critiques: ''
Le moyen de prévenir les crimes, c'est de réformer les
mœurs, le moyen de
réformer les mœurs, c'est de réformer les lois.''
Son obsession de la vertu commence à poindre.
(Vertu: disposition constante qui porte à
faire le bien et à éviter le mal)
2. Le credo de Robespierre
et les principaux
traits de son caractère
Issu d'une famille de robins de province, Robespierre est, comme la
plupart des gens de sa condition, profondément frustré
de se sentir entravé dans ses ambitions professionnelles et politiques par les
aristocrates dont le seul mérite est d'être bien nés.
Certes il arrive que l'on reconnaisse la compétence et le mérite d'un bourgeois
mais celui-ci n'est jamais à l'abri des caprices d'un grand qui peut
le faire arrêter d'une manière arbitraire, sans aucun procès. Une
lettre de cachet suffit à faire embastiller
l'indésirable qui se manifeste par des propos ou une conduite non conforme aux
idées d'une certaine ''bonne société'' qui trouve encore son compte dans
la monarchie de
droit divin.
Robespierre se sentant comme bloqué
par les privilégiés se reconnaît dans un Tiers État
contestataire qu'il va très vite considérer comme beaucoup trop timoré, ce qui le conduira
à idolâtrer le peuple:
''Ah! que nous importe ce que disent les ministres,
ce que pensent les ministres; c'est la volonté du
peuple qu'il faut interroger; la force du peuple est en elle-même,
elle est dans l'incorruptibilité de ses représentants.''
(À l'Assemblée nationale. Versailles
16/06/1789)
Il ne tardera pas à s'identifier au peuple: '' Je suis peuple, je n'ai jamais été que cela, je ne veux être que cela.''
Mais, si l'on exclut du peuple tous les non vertueux
ne risque-t-on pas de réduire le peuple à une infime minorité ? Une élite
vertueuse auto proclamée devient vite une minorité agissante et peu démocratique
!
Pour Maximilien les problèmes politiques sont avant tout d'ordre moral ce qui le
rend très exigeant vis-à-vis de tout citoyen qui s'engage en politique. Les
politiques doivent être: '' des hommes capables d'immoler les premiers
mouvements de la sensibilité au salut d'un grand peuple et de l'humanité tout
entière.''
Pour
Camille Desmoulins
et Danton, guillotinés avec l'accord de Robespierre, il est clair que
Maximilien a bien immolé toute sa sensibilité ! À la différence de
Napoléon qui avait un sens certain de la famille, Robespierre s'est toujours tenu au dessus des petitesses
humaines. L'un se voulait Alexandre le Grand mais, par certains cotés ne fut
qu'un chef de bande (comme l'atteste le pillage des œuvres
d'art des pays conquis) l'autre, justicier terrible mais
vertueux, n'est pas sans faire penser à Yahvé ! Napoléon bien que très déterminé
avait un caractère suffisamment souple pour s'adapter aux circonstances tandis
que Robespierre avait un esprit extrêmement rigide; avec Maximilien, ça passe ou
ça casse! Robespierre met les principes au dessus des hommes sans chercher à
s'adapter aux mesquineries humaines.
'' Il faut donc revenir aux principes, et oublier les
hommes''
Robespierre
est convaincu de sa vérité ce qui l'amène à déclarer:
''Vous ne savez
donc pas quelle est la force de la vérité, quelle
est l'énergie de l'innocence, quand elle est défendue par un courage
imperturbable.''
Les convictions de Maximilien ne manquent pas d'aiguiser
l'ironie de Mirabeau qui affirme dès 1790: ''Il
ira loin, il croit tout ce qu'il dit. '' Robespierre apparaît vite comme une
sorte de moine mystique,
insensible aux biens de ce monde; il voue une haine impitoyable à
l'argent corrupteur, à tous ceux
qui en possèdent, à tous ceux qui le recherchent. ''Moi aussi j'aurais pu troquer mon âme contre l'opulence,
mais je regarde l'opulence comme... la punition du crime, et je veux être pauvre
pour n'être point malheureux. ''
'' Les grandes richesses corrompent ceux qui les possèdent et ceux qui les
envient''.
Est-il possible de demeurer
insensible mais aussi quelque peu effrayé par ce credo grandiose mais si
peu humain ?
Pétri de vertu
Robespierre avait écrit dès 1784: '' La vertu produit le bonheur comme le soleil produit
la lumière.''
Pour lui la vertu est la qualité cardinale d'une vraie démocratie
conduisant au bonheur du peuple; il va essayer,
pendant un temps il est vrai assez court, de mettre ses utopies en pratique et
c'est en cela qu'il se distingue de bien d'autres idéalistes qui n'en sont
toujours restés qu'au verbe, sans passer à l'action. Comme la vertu est une
qualité fort peu partagée, notamment dans le monde politique, Robespierre se
sent souvent seul et se croit sans cesse assiégé par quelques comploteurs ce qui le
conduit à une véritable paranoïa dont seul le
peuple, infaillible et bon
pourrait le guérir. Ceci a toujours conduit Maximilien à privilégier la
démocratie directe de laquelle il excluait tous les
traîtres et les corrompus
d'où l'aspect dictatorial de son action bien qu'il ne soit pas un
dictateur. Robespierre était esclave de son idéal:
une société juste constituée de
citoyen vertueux et pauvres mais cependant
heureux car
débarrassés de toutes les bassesses, de tous les égoïsmes que génèrent les
richesses matérielles illusoires qui ne sont que les hochets du bonheur. Il voulait mettre en pratique
son idéal et s'identifiait à une
sorte de messie qui allait régénérer la terre
entière: ''Au delà de cette étroite enceinte...(à l'Assemblée
de 1789) mon but est surtout de me
faire entendre de la Nation et de l'Humanité.''
Profondément manichéen, pourchassant
le mal pour
parvenir au bien, la
simplicité du monde futur qu'il propose au peuple lui permettait d'être compris
même des plus humbles d'où son énorme succès auprès des déshérités qui voyaient
en lui un sauveur. Sa vie vertueuse attirait aussi
bien des admiratrices; nombreuses sont celles qui se sont évanouies
en écoutant ses trop longs discours !
Fort de quelques postulats, évidemment contestables, il pratique une
logique implacable pour essayer de réaliser le monde
utopique auquel il croit, tout en se rendant compte de sa fin prochaine et en
espérant, une belle mort, celle d'un
martyr. Le sacrifice
de sa personne n'effrayait pas Robespierre à condition que ce soit pour la bonne
cause à savoir, le bonheur du peuple désormais
libre.
'' Le ciel qui me donna une âme passionnée pour la liberté m'appelle
peut-être à tracer de mon sang la route qui doit conduire mon pays au bonheur.
J'accepte avec bonheur cette douce et glorieuse destinée.''
Après sa mort, l'Être suprême, qui n'intervient pas dans notre vie terrestre
(Ici bas, c'est le peuple qui est devenu Dieu), saura reconnaître la pureté
de l'âme de Maximilien qui sera à l'écart des âmes noires des traîtres et des
corrompus. Pour Robespierre la mort sera une délivrance.
Robespierre, par sa tenue, il porte toujours une culotte et une perruque
poudrée, comme par ses discours et ses actes, ne tombe jamais dans la démagogie:
'' j'ignore l'art de conduire le peuple au précipice par des routes semées de
fleurs'',
Convaincu d'être dans le vrai, il considère toute critique de ses idées
comme un crime de
lèse société qui ne peut que retarder l'avènement du bonheur universel. La
responsabilité de l'échec lui est toujours étrangère. Le 8 thermidor an II,
avant veille de son exécution, Robespierre ne mettait en cause ni ses idées ni
son action; il attribuait sa propre perte qu'aux fripons qui n'avaient pas
compris l'essence de son idéal; les fripons devaient continuer à être éliminés pour le bien du peuple. Il fallait, toujours et
encore:''Punir
les traîtres, renouveler les bureaux du Comité de sûreté générale, épurer
ce Comité lui-même, et le subordonner au Comité de salut public ; épurer
le Comité de salut public lui-même,
[...]
pour élever sur leurs ruines la puissance de la justice et de la liberté : tels
sont les principes.
[...]
S'il est impossible de les réclamer sans passer pour un ambitieux, j'en
conclurai que les principes sont proscrits, et que la tyrannie règne parmi nous,
mais non que je doive le taire : car que peut-on objecter à un homme qui a
raison, et qui sait mourir pour son pays ?
Robespierre se considère
finalement comme une victime incomprise, alors que c'est lui-même qui n'a
pas saisi l'incompatibilité rédhibitoire
qui existe entre l'utopie et la
réalité des faits. Le plus grand des crimes ne
serait-il pas de vouloir pratiquer l'utopie ? Voilà une question que Robespierre
aurait pu se poser. La création d'un homme nouveau,
que ce soit à Sparte, avec les chrétiens, avec Robespierre, Hitler, Staline ou
Mao ménera toujours à un accouchement difficile conduisant à un mort né...
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3. Les
débuts de la carrière politique fulgurante
de l'Incorruptible.
Une remarque préliminaire: on aurait tendance à considérer Robespierre
comme l'inventeur des violences révolutionnaires puisqu'il a été
l'initiateur de la Terreur
(1793/94). En fait il faut bien noter que la
violence et la barbarie se sont manifestées dès juillet 1789 alors que
Robespierre n'était encore qu'un modeste député sans grande influence.
Flesselles,
prévôt des marchands, et de Launay, gouverneur de la Bastille, sont tués
puis
décapités; les têtes sont mises au bout de piques alors que leur corps est
dépecé; quant à Bertier de Sauvigny, intendant de Paris et à son beau-père
Foulon ils sont tués puis décapités,
éviscérés et émasculés. Rappelons également que les massacres de septembre 1792
consécutifs à la chute de Louis XVI
(10/08/92)
n'ont pas été initiés par Robespierre. Le peuple bon et
infaillible si cher à Maximilien est aussi capable de violences épouvantables ! Robespierre
aveuglé par ses a priori n'a pas compris la réalité versatile et sauvage du
peuple qui ne sera, pour Michelet, que le
fumier de l'Histoire...
Élu au printemps 1789, Robespierre fait partie des huit députés du
Tiers État
qui vont représenter l'Artois aux États généraux.
Il quitte Arras en avril 1789 et s'installe à Versailles puis à Paris. Sa
demeure est toujours très
modeste, il loge tantôt chez sa sœur Charlotte tantôt chez des
''amis'' avec
lesquels il reste toujours distant.
Avec le temps, ses interventions dans les différentes
assemblées se font de plus en plus nombreuses:
68 en 1789,
125 en 1790, 328 en 1791. Dès 1789, Maximilien est un député assidu, il est de
plus en plus connu et reconnu. Le contenu de ses discours et des nombreux
articles qu'il livre à la presse sont toujours d'un haut niveau moral.
Robespierre a connu des échecs politiques avant d'occuper le devant de la scène
et d'infléchir le cours de la Révolution dans le sens de ses idéaux.
- Malgré l'opposition de Robespierre, la Constitution de 1791 est adoptée
(en
septembre)
Cette constitution qui consacre la monarchie parlementaire
ne donne le droit de vote qu'aux hommes payant un impôt correspondant au montant
de ''trois journées d'ouvrier''; il s'agit d'un
suffrage censitaire (et
indirect)
qui est donc basé sur l'argent et en parfaite
contradiction avec l'article premier des Droits de l'homme:
'' Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en
droit. etc '' Avec sa logique habituelle, Robespierre ne manque
pas de relever cette contradiction fondamentale. '' La loi est-elle l'expression de la volonté générale
lorsque le plus grand nombre de ceux pour qui elle est faite ne peuvent concourir, en
aucune manière, à sa formation ? Non, etc... ''
Notons en passant que seul Condorcet
avait demandé le droit de vote pour les femmes, une idée qui n'était pas du tout
dans l'air du temps même pour Robespierre qui n'y a jamais fait allusion.
-
Malgré l'opposition de Robespierre, les Girondins déclarent la guerre à
l'Autriche (20/04/1792)
Robespierre considérait toute guerre contre l'étranger comme dangereuse car,
selon lui, elle risquait la victoire de l'Autriche aidée par les émigrés qui
s'étaient rassemblés à Coblence. Pour Maximilien il fallait avant tout éliminer les
traîtres de l'intérieur. '' Je veux aussi la guerre mais comme l'intérêt de la
nation le veut: domptons nos ennemis intérieurs, et marchons ensuite
contre nos ennemis étrangers, si alors il en existe encore.''
Comment ne pas donner raison à Robespierre, surtout depuis la fuite
du roi (Varennes, 21/06/1791)
qui révélait que le souverain cherchait à
trahir la Révolution !
- Malgré l'opposition de Robespierre, le roi aura droit à
un procès (décembre 1792)
Une fois de plus Robespierre applique sa logique sans faille en s'opposant à tout
procès concernant le Louis XVI.
'' En effet, si Louis peut encore être l'objet d'un procès, il peut être
innocent: que dis-je! Il est présumé l'être jusqu'à ce qu'il soit jugé; mais si
Louis est absous, si Louis peut-être présumé innocent, que devient la Révolution
?
Si Louis est innocent, tous les défenseurs de la liberté deviennent des
calomniateurs [...]et
ce grand procès pendant au tribunal de la nature, entre le crime et la vertu,
entre la liberté et la tyrannie, est enfin décidé en faveur du crime et de la
tyrannie. ''
Il est évident qu'à partir du
moment où Robespierre adopte le ''postulat'' de l'infaillibilité du peuple, un
procès qui aboutirait à innocenter le roi serait une preuve que le
peuple peut se tromper ce qui serait en contradiction avec le ''postulat'' de
base.
Un procès eut cependant lieu et Louis XVI fut condamné à mort et exécuté le
21
janvier 1793, l'infaillibilité
du peuple était sauve !
4. Robespierre
dans la jeune Convention
(La convention est instaurée le
21/09/1792)
Robespierre s'est manifesté dès 1789 et
est devenu un membre très influent et très écouté du club
des Jacobins ( Les
membres de ce club se réunissaient à Paris, dans l'ancien couvent des Jacobins) à partir de 1792, mais
c'est durant la Convention que l'on prend toute la mesure de son action
politique.
Rappel: au début de la convention deux tendances s'opposent:
- les Girondins (160 députés), modérés, défenseurs
de la propriété privée et des droits de l'homme, partisans du
libre commerce, de
l'égalité civile et d'un certaine fédéralisme. Les Girondins ont toujours craint
un excès de centralisme pouvant conduire à la dictature. Ils admirent la
manière, somme toute peu meurtrière, dont s'est faite
l'indépendance américaine (1776) et apprécient la
Constitution de 1787 (élaborée à Philadelphie). L'orateur le plus en vue des
Girondins est Vergniaud
(Guillotiné en 1793), député de Bordeaux.
Dumouriez, le vainqueur de Valmy, est l'un des
leurs.
- les Montagnards (200)
(Ils siégeaient initialement dans la
partie la plus haute de l'assemblée, d'où leur nom),
nombre d'entre eux
appartiennent au club des Jacobins; ils sont partisans d'un certain
partage de la propriété privée, veulent étendre l'égalité au plan social; en force à Paris, ils sont pour un
pouvoir central fort. La tendance à un
fort centralisme est souvent qualifiée de
jacobinisme. Les principaux
leaders de cette formation sont
Danton
(G. 1794),
l'un des plus grands orateurs de la Révolution, mais dont la vertu est
discutable !! Marat
(assassiné en 1793), Saint-Just
(G. 1794) vertueux de haut niveau, Couthon
(G. 1794)
et
Robespierre
(G. 1794)
Le Marais (400) est un centre mou et versatile,
très influençable, sans programme particulier et qui bascule d'une tendance à
l'autre au gré des discours...
Les Girondins qui avaient été à gauche dans la précédente assemblée
(Législative) se retrouvent à droite; ils prétendent mener une guerre de
libération des peuples sans arriver à résoudre les problèmes intérieurs comme
l'insécurité et la montée des prix des denrées essentielles. La trahison de
Dumouriez
(01/04/93) qui rejoint la
1 ère Coalition (Autriche, Prusse,
Angleterre, Espagne et Pays Bas) fragilise leur position. Robespierre demande
leur mise en accusation et parvient, avec l'aide de Danton et de
Marat, à faire
arrêter les principaux chefs de la Gironde. Le 2 juin 1793, les Girondins sont
éliminés de la vie politique. Vergniaud et
Brissot ainsi que la plupart des
autres leaders girondins sont
guillotinés. La Convention est désormais
dominée par les Montagnards.
La Convention montagnarde commence par voter la Constitution de l'An I
(24/06/93) qui ne sera jamais
appliquée mais qui cadre mieux avec l'idéal de Robespierre: le
suffrage est direct
et universel
(pour les hommes seulement toutefois),
on garantit le
droit au
travail, à l'instruction et à
l'insurrection. Le 10 mai 1793, Robespierre
affirme: '' Le premier objet de toute Constitution doit
être de défendre la liberté publique et individuelle contre le gouvernement lui
même.''
5. La Terreur prend son
essor.
La Terreur est mise à l'ordre du
jour le 5/09/93 et le gouvernement est décrété révolutionnaire jusqu'à la paix.
Robespierre défend la Terreur qui correspond à un
gouvernement d'exception justifié par des circonstances catastrophiques: insurrection de
partisans des Girondins, insurrection de royalistes à Lyon et en Vendée, avancée des armées
ennemies aux frontières, manque de vivres. Robespierre déclare:
'' Si la vertu est le pilier de la démocratie en temps
de paix, en temps de guerre elle doit être étayée par la terreur qui n'est
qu'une justice rapide sévère et inflexible. La terreur est une émanation de
la vertu.
[...] Le gouvernement révolutionnaire est le despotisme de la liberté
contre la tyrannie.''
Le 6 avril 1793, la Convention crée un
Comité de Salut public
(= les
douze qui gouvernent) constitué de 12 membres, dont Robespierre
; ce comité exerce un pouvoir dictatorial sur tout le territoire. On crée également un
Comité de sûreté générale dont le rôle est d'éliminer
les suspects. Des représentants en missions contrôlent
les armées et ne sont pas sans rappeler les commissaires politiques de l'armée
bolchevique, les missi dominici de Charlemagne, les
enquêteurs de St Louis et
les intendants de Richelieu. Ils révèlent un
très fort centralisme. Paris veut
tout contrôler. Remarquons que la Terreur a toujours été une
dictature collégiale, les décrets doivent être
signés par plusieurs membres de la Convention pour être valides.
Robespierre partage toujours
ses responsabilités.
Un tribunal d'exception, le tribunal révolutionnaire qui avait été mis en place
le 10 mars 1793 est présidé par Fouquier-Tinville
(Guillotiné en 1795),
accusateur public; il n'y a que deux sentences
possibles l'acquittement ou la mort. Il existe aussi des tribunaux d'exception
en province. Les condamnés sont si nombreux que la guillotine ne suffit plus.
On
en arrive à des exécutions collectives:
-
à Nantes Carrier
(Guillotiné en 1794)
pratique les noyades collectives tandis qu'à Lyon, Fouché
(Mort en 1820, il réussit à échapper à la
réaction thermidorienne et fit une ''brillante' carrière sous Napoléon !! ) , fait mitrailler les condamnés.
En décembre 1793, deux factions s'opposent au sein de la montagne,
l'une à gauche, les Hébertistes
(= les Exagérés)
plus radicaux encore que Robespierre et les Indulgents
qui suivent Danton et Camille Desmoulins. Les Hébertistes sont guillotinés le
24 mars, Danton et ses amis le 5 avril
(1794). Robespierre est désormais le
maître absolu; ceci ne l'empêche pas de vouloir prévenir d'autres complots, la
loi sur les suspects qui avait été votée le
17/09/1793 ne lui suffit plus, il faut éliminer encore davantage de traîtres et
de corrompus, cette nouvelle crise de paranoïa conduira Maximilien à sa
perte. On en vient à la Grande Terreur qui durera
près de deux mois et qui conduira Robespierre à la guillotine.
6. La Grande Terreur
et les signes prémonitoires de la fin de Robespierre
- La fête de l'Être suprême que Robespierre
organisa le 8 juin 1794
marque à la fois l'apothéose et le début de la fin du grand conventionnel. Le
ridicule de la cérémonie fit rire beaucoup de monde et le mot de
tyran fusa à
plusieurs reprises dans la foule; tout ceci ne plut guère à Maximilien qui
prenait tout au sérieux et, surtout, sa propre personne.
- Se sentant une nouvelle fois menacé, Robespierre soutenu par Couthon fait
voter la loi du 22 prairial
(10/06/94, on est en l'an II) qui permettait d'accuser et de
juger à peu près n'importe qui. En quarante-cinq jours du 23 prairial au 9
thermidor il y eut 1285 têtes coupées. C'en était trop. Bien des conventionnels se
sentaient de plus en plus en danger, surtout après le discours prononcé le 8
thermidor où Robespierre laissait entendre que d'autres ''charrettes'' étaient en
préparation pour la guillotine... Chacun craint pour sa tête, et notamment ceux
dont le passé... et le présent échappent un peu à la vertu... un complot se
trame: Tallien (1767-1820),
Fouché (1759-1820)
et
Barras (1755-1829)
qui
ne veulent pas subir le même sort que Danton, vont s'associer pour éliminer le
''tyran''. La chute de Robespierre est imminente, d'autant plus que la
victoire de Fleurus (26/06/94)
remportée par Jourdan sur les coalisés desserre
l'étau des envahisseurs. Désormais la Terreur n'a plus de raison d'être.
7. La
chute: Le 9 thermidor an II.
(27 juillet 1794)
Le 8 thermidor, l'avant veille de sa mort (!), Robespierre fait un discours
fleuve mais il est souvent interrompu et n'arrive pas à terminer.
''Je suis fait
pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le temps n'est point arrivé où
les hommes de bien peuvent servir impunément la patrie : les défenseurs de la
liberté ne seront que des proscrits, tant que la horde des fripons dominera.''
Les fripons ? De qui s'agit-il ? On aime bien
Maximilien mais pas au point d'en perdre la tête !
Lors de la séance
du 9 qui commence à 11 h du matin, ni Saint-Just et ni Robespierre ne peuvent
accéder à la tribune, on leur refuse la parole. La Convention est pleine à
craquer et les cris ''À bas le tyran'' sont de plus
en plus nombreux; Tallien et
Billaud-Varenne attaquent violemment Robespierre qui est mis en état
d'arrestation à 15h30. Le
lendemain vers deux heures du matin Robespierre est blessé d'un coup de pistolet à la
mâchoire. Aurait-il tenté de se suicider ? Vers sept heures et demie du soir
Robespierre, son frère cadet
Augustin, Saint-Just, et
Couthon sont guillotinés.
Les 11 et 12 thermidor ''la grande faucheuse''
éliminera encore 108 citoyens qui étaient demeurés jusqu'au bout fidèles à celui
qui n'avait pas compris qu'une utopie ne se met pas en pratique!
Après la chute de Robespierre, la Révolution, un moment ''égarée'' dans la
recherche de l'égalité sociale et non plus
seulement politique, retrouve le chemin d'une
Révolution bourgeoise que le Tiers État avait mis en route en 1789.
Le peuple qui avait suivi l'Incorruptible qui voulait que l'on devînt
vertueux, allait bientôt se jeter dans les bras du ''petit caporal'', ô combien
plus humain ! Pourtant, de Robespierre à Napoléon, pour ce qui est des
morts, n'allait-on pas tomber de Charybde en Scylla?
Conclusion
La droite n'apprécie guère Robespierre qu'elle considère comme un dangereux
fanatique ayant une vision mythique d'une Révolution
idéale. Robespierre complètement étranger à tout esprit critique,
est en porte à faux avec l'esprit des Lumières qui encensait la tolérance;
Robespierre ne serait qu'un illuminé voire un
psychopathe.
La gauche, en dépit de l'hécatombe dont Robespierre est responsable (La terreur a fait plus de 20 000 morts) lui trouve
toujours quelques excuses pour en faire une sorte d'incompris; on met en avant
ses bonnes intentions tout en minimisant les actes dont il est responsable.
Certains, comme Kropotkine*, considère que le
prestige de Robespierre tient avant tout à son incorruptibilité et à la pureté
de ses idées; pour Kropotkine, la disparition de Robespierre marque
la fin d'un espoir, celui du triomphe des humbles
dont le bonheur aurait été libre de toute possession matérielle. Pour Kropotkine
le jour où l'on guillotina Robespierre on assassina
La Grande Révolution.
La chute de Robespierre fut aussi la fin d'une morale malheureusement
(heureusement?) inaccessible.
Quelle que soit la teinte
politique on a tendance à considérer que la Terreur, voulue par Robespierre (pour de bonnes raisons!!),
anticipe bien des violences du XX è siècle qui se sont manifestées
au nom d'idéaux plus que discutables voire abjects...(Cf. Lénine,
Staline, Mussolini, Hitler,Mao etc). Notons également que Robespierre honnête
illuminé fanatique a eu des précurseurs.
Notons que Robespierre n'est pas aussi
sans faire penser à quelques fanatiques des siècles
passés: à Savonarol
(t 1498)
qui avait établi une véritable dictature théocratique à Florence avant d'être
finalement excommunié puis finalement ''purifié'' par les flammes; à Calvin
(1541-1564), lui aussi certain de sa
vérité, et ayant fait de Genève non une ''République de
vertu'' mais une ''cité de Dieu'' où régnait
une vie austère dans une épouvantable intolérance conduisant à la mort ceux qui
n'étaient pas d'accord avec le maître des lieux. Michel Servet brûlé vif en
1553 a pu ''apprécier'' l'efficacité du système de quasi terreur qui avait été
mis en place par le ''réformiste'' qui a imposé sa dictature à Genève pendant plus de vingt
ans ! Il est difficile également de ne pas comparer Robespierre à certains
illuminés des Croisades qui allaient exterminer les
infidèles au nom de Dieu... Il serait aisé de trouver d'autres Robespierre
parmi les fous de Dieu actuels qui prétendent régénérer le monde occidental
qui devrait recouvrer une ''bonne'' santé morale en se tournant vers
Allah !
Ceci étant dit, il faut cependant admettre que, même si l'on condamne
Robespierre, on lui concède quand même assez souvent un petit brin d'estime. Les deux
leviers de sa pensée, à savoir qu'il n'y a pas de
vraie démocratie sans vertu et que l'argent
est éminemment corrupteur ne peuvent nous laisser insensibles d'autant
plus que l' incorruptibilité de notre
constitutionnel n'a jamais été mise en doute. Combien de fois n'avons-nous pas
entendu, dans un buffet de gare ou dans un café du commerce, d'honnêtes citoyens
condamner les ''affaires'' de notre monde politique et marquer leur écœurement
devant l'indulgence dont bénéficient les coupables. '' Ils (les corrompus)
mériteraient d'être fusillés, pendus, guillotinés...'' La vertu nous échappe
bien que nous la sachions nécessaire ! En chacun de nous
n'y aurait-t-il pas un petit
Robespierre qui sommeille ?
Kropotkine
(1842-1921).
Prince de naissance, issu d'une famille
de la haute aristocratie russe, proche d'Alexandre II, Kropotkine, bon et
généreux, abandonne sa fortune et vit très modestement tout en embrassant
l'idéal des anarchistes. Bien qu'opposé à tout pouvoir excessif et en
particulier à toute dictature, il n'en est pas moins un grand admirateur de
Robespierre dont la ''tyrannie'', ne devait être que passagère donc tolérable
puisqu'elle servait une bonne cause.
Sources:
Robespierre, Laurent Dingli. , Paris. Flammarion. 2004. 606 pages
Historiquement correct, Jean Sévillia. Paris. Perrin. 2003. 456 pages.
L'Histoire. Malet et Isaac. Réédition. Belgique. Marabout 1995. 1240 pages.
Histoire. Classe de seconde. Paris. Belin. 1993 (320 pages)
Les Orateurs de la Révolution française. Roger Garaudy. Classiques Larousse,
1989. 240 pages
Robespierre, Marc Bouloiseau. Que sais-je. Paris. PUF 1987. 128 pages
La Grande Révolution 1789-93. P. Kropotkine. Paris. Stock 1976. (1 ère édition,
1909. 750 pages)
A History of Civilisation. Crane Brinton, John B. Christopher, Robert Lee
Wolff.
Prentice-Hall, Englewood Cliffs NJ 1971 (Tome II pages 386 à
704)
La Révolution française. F.Furet et D.Richer. Hachette 1963. Réédition 2003.
Paris. 544 pages
Oeuvre de Maximilien Robespierre. Paris, PUF, juillet 1958, tome IX, 4 ème
partie.
Film: Danton, d'Andrzej Wajda. 1980
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© Les Fiches à Berca 17/08/2009