FICHE 14

 

Robespierre
(1758-1794)
 ou
la pratique de l'utopie

 

La terreur est une émanation de la vertu
(Robespierre)

 

Le premier principe des hommes libres est d'exterminer tous les traîtres
(Robespierre)

 
                  Robespierre (1758-1794)
 
   

La révolution ne s'arrêtera qu'à
la perfection
du bonheur.

(Saint-Just)

    
          Saint-Just (1767-1794)

                   
           Couthon (1755-1794)

Il n'est pas question
de donner quelques exemples mais d'exterminer les implacables satellites de la tyrannie ou de périr avec la République

((Georges Couthon)

                
 


« Je n’ai été que la hache de la Convention ; punit-on une hache ? »
(Fouquier-Tinville)
 

 
  Fouquier-Tinville
 (1746-1795)

 

''Tout condamné aura la tête tranchée''
La Constituante, 03/06/91

 

 

                                                                 

Introduction
1. La jeunesse de Maximilien
2. Le credo de Robespierre et les principaux traits de son caractère
3. Les débuts de la carrière politique de Robespierre
4. Robespierre dans la jeune Convention
5. La Terreur prend son essor
6. La Grande Terreur et les signes prémonitoires de la chute de Robespierre
7. La chute: 9 thermidor an II
Conclusion

 

                                               Introduction.

Bien que Robespierre soit un homme d'abstraction en porte à faux sur le réel , on ne peut  passer sous silence  les  évènements bien concrets et exceptionnels qu'il a vécus. Sans entrer dans les détails, il convient cependant de rappeler quelques grands faits qui ont marqué ''La Grande Révolution'' (P.Kropotkine) et de bien les situer dans le temps.
La chronologie précise des évènements  permet de se faire une idée de l'accélération de l'histoire conduisant à une profonde métamorphose de la société: jamais en un temps aussi court, l'histoire de la France n'a connu un tel bouleversement.
Du 14 juillet 1789, date emblématique, au
9 thermidor an II
(27/07/1794), jour de l'arrestation de Robespierre, faisons  ressortir les effets et les causes dans une période, somme toute  très brève, qui n'est pas sans faire penser à la linéarité d'une réaction en chaîne... qui se serait produite après une longue accumulation de produits explosifs  subitement embrasés et changeant de nature...

1789 Le 5 mai les États généraux se réunissent à Versailles et, sous la pression du Tiers État, se transforment en Assemblée nationale après que les députés aient juré de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France: c'est le Serment du Jeu de Paumes ( 20/06) 
Le 9 juillet
 l'Assemblée nationale devient la l'Assemblée Nationale Constituante
Le 14 juillet prise de la Bastille
, symbole de l'arbitraire.
Juillet août: la Grande Peur, on s'attaque aux châteaux, on brûle des titres de propriété, on veut repousser des brigands imaginaires qui forment  un complot contre le peuple...  Dès le début de la Révolution, l'idée de complot, fondamentale, devient obsessionnelle.
Les discours seront désormais sous-tendus par la violence.
4 août (dans la nuit): abolition des privilèges.
26/08: Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen

5 et 6 octobre (= journées d'octobre): la famille royale (Le boulanger, la boulangère et le petit mitron!) est ramenée à Paris
2/11: les biens du clergé (environs 6% des propriétés foncières de la France) sont mis à la disposition de la nation.
19/12: On crée les assignats (papier monnaie) garantis par les biens du clergé
1790 26/02: la France est divisée en 83 départements
12/07: on vote la constitution civile du clergé. L'église catholique passe sous le contrôle de l'État (similitude avec l'église anglicane). On impose aux prêtres un serment constitutionnel. Certains refusent de jurer, ce sont les prêtres réfractaires
1791 13/04: Pie VI condamne le statut imposé au clergé. Les Français, à 95 % catholiques, se divisent sur la question religieuse.
La Révolution a désormais une forte opposition populaire parmi les catholiques, notamment dans l'ouest.
20-21/06. Fuite de la famille royale qui est rattrapée à Varennes. Le roi est suspendu. On doute de la sincérité du roi qui commence à être perçu  comme un traître. Perte de prestige des Girondins (Brissot, Vergniaud, Seyes, Condorcet etc) qui supportaient le roi. Le peuple n'a plus confiance en son souverain.
13/09. Le roi, rétabli dans ses fonctions accepte la Constitution de 1791: monarchie constitutionnelle voulue par des Girondins. Tendance à la décentralisation et au fédéralisme. Le suffrage est censitaire. Il y a des citoyens actifs et  des citoyens  passifs.
30/09. Fin de l'assemblée constituante, début de l'Assemblée législative (01/10/91).
1792 09/02. L'Assemblée confisque les biens des émigrés.
20/04. Déclaration de guerre à l'Autriche. Pratiquement la France sera en guerre contre l'Europe jusqu'en 1815.
25/07 Manifeste de Brunswick entraînant la colère des Parisiens
10/08. Emeute parisienne, chute de Louis XVI qui est emprisonné.
02 au 06/09: la peur de l'invasion et des traîtres entraînent les
massacre de septembre. (Sorte de 1ère Terreur. Environ 1300 morts)
La Commune insurrectionnelle de Paris se substitue à l'Assemblée législative qui perd tout pouvoir. On a là un véritable coup d'État. En août: début du soulèvement de la Vendée.
20/09. Victoire de Valmy (Dumouriez et Kellermann) qui marque le début ''d'une ère nouvelle dans l'histoire du monde'' (Goethe)
22/09: proclamation de la République (1ère), début de la Convention. (An I de la République). Le suffrage bien qu'étant ''universel''
est interdit aux femmes et aux ''traîtres''; les votes étant à main levée, la convention est en fait imposée par une ''minorité agissante''
Les principes fondamentaux de la première République sont: liberté, propriété, sécurité
1793 21/01: Louis XVI est guillotiné. En dépit de la restauration (1815), on ne ressuscitera jamais la mystique de la royauté sacrée.
18/03: trahison de Dumouriez, les Girondins (monarchistes, fédéralistes et partisan de l'égalité politique) sont en difficulté.
06/04: création du Comité de salut public qui aide la convention et contribue à accélérer la mise en oeuvre des décisions.
Fin mai début juin: chute des Girondins; les Montagnards, pour une égalité sociale prennent le pouvoir. Constitution de l'an I
05/09: émeutes à Paris, début de la
Terreur; établissement du calendrier révolutionnaire qui débute le 21/09/1792.
Oct-déc: écrasement des Vendéens.
1794 04/02: abolition de l'esclavage lequel sera rétabli le 20/05/1802 et aboli définitivement le 27/04/1848
24/03: Robespierre fait guillotiner les Hébertistes qui constituaient l'aile gauche de la Montagne (Les exagérés)
05/04: exécution des
Indulgents ( Danton et de ses partisans) aile droite de la Montagne.
08/06:
fête de l'Être suprême, Robespierre au sommet du pouvoir. Paroxysme de la  Terreur (= Grande Terreur à partir du 10/06). Certains, qui craignent pour leur tête commencent à s'opposer ouvertement à Robespierre qui fait encore un long discours très menaçant le 8 thermidor.
27-28/07: chute et exécution de Robespierre (9-10 thermidor an II).

1. La jeunesse de Maximilien

1.1. Une jeunesse studieuse et sans amour.

Né à Arras le 6 mai 1758
(sous Louis XV), Maximilien de Robespierre, appartient à une famille  relativement aisée de juristes enracinés dans la bourgeoisie artésienne depuis plusieurs générations. Maximilien a deux sœurs, Charlotte, née en 1760 et Henriette née en 1761. Son frère, Augustin, le cadet,  naîtra en 1763 et suivra son aîné jusqu'à sur l'échafaud. La mère de Maximilien meurt en 1764 au cours d'une cinquième grossesse; notre futur conventionnel se retrouve  orphelin de mère et aîné de la fratrie. François Robespierre devenu veuf, se mit à vivre au dessus de ses moyens, s'endetta, voyagea,  abandonna sa famille en 1772 et mourut en 1777. Les enfants furent recueillis par leurs grands parents maternels, des brasseurs (famille Carraut) et par des oncles et tantes. Maximilien connut très peu d'affection familiale et se retrouva vite dans un monde d'adultes. Rappelons qu'à l'époque (fin du XVIII ème), un adolescent de 12 ou 15ans était considéré comme adulte. L'enfance est une invention du XIX ème siècle et, surtout, du XX ème. Jusqu'au XIXè il fallait sortir de l'enfance le plus vite possible; on ne voyait dans l'enfant qu'un adulte immature sans personnalité.
De 1765 à 1769, Maximilien est scolarisé chez les Oratoriens d'Arras puis obtient une bourse de l'abbaye de Saint-Vaast pour aller étudier au collège Louis le Grand à Paris. Là il se lie peu avec ses camarades dont l'un sera
Camille Desmoulins (1760-94). Particulièrement studieux, Robespierre est un élève doué qui s'intéresse au latin et à l'histoire ancienne ce qui ne l'empêche pas de découvrir Montesquieu et surtout  Rousseau qu'il a tendance à sanctifier. C'est en étudiant Rousseau que Robespierre prend conscience que seule la volonté générale doit être souveraine.  Pour Robespierre l'homme bon et quasi abstrait de Rousseau devient le peuple tout entier, peuple non  seulement bon mais aussi infaillible... Le peuple, pour les affaires d'ici bas,  se substitue à Dieu.
La bourse qu'il a obtenue lui permet de vivre très modestement et il a du mal à supporter les camarades plus fortunés que lui... qui se sont donnés la peine de naître...
(Cf. Figaro de Beaumarchais) Il semble avoir développé durant ses années de collège une certaine frustration ce qui le conduit à prendre conscience des injustices du monde dans lequel il vit; il critique la monarchie de droit divin et tolère de moins en moins les privilèges accordés à l'aristocratie et au clergé.  Ses succès scolaires lui valent l'honneur de débiter un compliment à Louis XVI qui vient d'accéder au trône ! (1774)
L'étudiant Robespierre n'est pas sans faire penser au jeune Napoléon Buonaparte, lui aussi boursier et un peu esseulé durant son séjour à l'école militaire de Brienne; lui aussi très amateur de Rousseau.  Comme Napoléon, Robespierre est partisan du mérite et met en doute la ''supériorité'' due à la naissance. Robespierre, de par la difficulté qu'il a à se lier aux autres qu'il envisage avec une certaine condescendance fait aussi penser à  Mustapha Kemal.
1.2. Robespierre est reconnu puis mis à l'écart de la ''bonne'' société artésienne
À 23 ans, bachelier et pourvu d'une licence en droit, Robespierre revient à Arras en tant qu'avocat. Très vite on remarque la qualité de ses plaidoiries, non pour  sa voix, somme toute assez ordinaire, mais pour la rigueur du raisonnement qui est implacable et parfois étayé d'une ironie mordante. L'adversaire est souvent ridiculisé et prend vite conscience de son infériorité intellectuelle face à la puissance dialectique de Maximilien. Il plaide beaucoup, ce qui le met à l'abri du besoin. Il se plait à défendre les moins nantis de la société.
''Est-il plus sublime profession que celle qui vous amène à  défendre les faibles, les opprimés, les humbles? '' À l'époque déjà la plupart de ses plaidoiries s'élèvent bien au dessus de la cause qu'il défend, il passe aisément à des considérations plus générales qui mettent en cause l'ordre établi. ''L'autorité divine qui ordonne au roi d'être juste défend au peuple d'être esclave''.  Un juriste pointilleux, pourrait dire que Robesoierre est souvent ''hors sujet'' mais les digressions dont on l'accuse consistent bien souvent à faire remarquer que le cas particulier qu'il défend s'inscrit dans le cadre d'aberrations  inhérentes à la société même.
Ses propos choquent et, dès 1787 il est mis à l'écart par la ''bonne'' société artésienne ce qui ne l'empêche pas de continuer ses critiques: '
' Le moyen de prévenir les crimes, c'est de réformer les mœurs, le moyen de réformer les mœurs, c'est de réformer les lois.'' Son obsession de la vertu commence à poindre.
(Vertu: disposition constante qui porte à faire le bien et à éviter le mal)

2. Le credo de Robespierre
    et les principaux traits de son caractère
Issu d'une  famille de robins de province, Robespierre est, comme la plupart des gens de sa condition, profondément frustré de se sentir entravé dans ses ambitions professionnelles et politiques par les aristocrates dont le seul mérite est d'être bien nés. Certes il arrive que l'on reconnaisse la compétence et le mérite d'un bourgeois mais celui-ci n'est jamais à l'abri des caprices d'un grand qui peut le faire arrêter d'une manière arbitraire, sans aucun procès. Une lettre de cachet suffit à faire embastiller l'indésirable qui se manifeste par des propos ou une conduite non conforme aux idées d'une certaine ''bonne société'' qui trouve encore son compte dans la monarchie  de droit divin.   Robespierre se sentant  comme bloqué par les privilégiés se reconnaît dans un Tiers État contestataire qu'il va très vite considérer comme beaucoup trop timoré, ce qui  le conduira à idolâtrer le peuple:
 ''Ah! que nous importe ce que disent les ministres, ce que pensent les ministres; c'est la volonté du peuple qu'il faut interroger; la force du peuple est en elle-même, elle est dans l'incorruptibilité de ses représentants.
'' (À l'Assemblée nationale. Versailles 16/06/1789)
Il  ne tardera pas à s'identifier au peuple: '' Je suis peuple, je n'ai jamais été que cela, je ne veux être que cela.''
Mais, si l'on exclut du peuple tous les non vertueux ne risque-t-on pas de réduire le peuple à une infime minorité ? Une élite vertueuse auto proclamée devient vite une minorité agissante et peu démocratique !
Pour Maximilien les problèmes politiques sont avant tout d'ordre moral ce qui le rend très exigeant vis-à-vis de tout citoyen qui s'engage en politique. Les politiques doivent être: '' des hommes capables d'immoler les premiers mouvements de la sensibilité au salut d'un grand peuple et de l'humanité tout entière.'' 
Pour Camille Desmoulins
et Danton
,  guillotinés avec l'accord de Robespierre,  il est clair que Maximilien a bien immolé toute sa sensibilité ! À la différence de Napoléon qui avait un sens certain de la famille, Robespierre s'est toujours tenu au dessus des petitesses  humaines. L'un se voulait Alexandre le Grand mais, par certains cotés ne fut qu'un chef de bande (comme l'atteste le pillage des œuvres d'art des pays conquis)  l'autre, justicier terrible mais vertueux, n'est pas sans faire penser à Yahvé ! Napoléon bien que très déterminé avait un caractère suffisamment souple pour s'adapter aux circonstances tandis que Robespierre avait un esprit extrêmement rigide; avec Maximilien, ça passe ou ça casse! Robespierre met les principes au dessus des hommes sans chercher à s'adapter aux mesquineries humaines. '' Il faut donc revenir aux principes, et oublier les hommes''
Robespierre est convaincu de sa vérité ce qui l'amène à déclarer:  ''Vous ne savez donc pas quelle est la force de la vérité, quelle est l'énergie de l'innocence, quand elle est défendue par un courage imperturbable.''
Les convictions de Maximilien ne manquent pas d'aiguiser l'ironie de Mirabeau qui affirme dès 1790:  ''Il ira loin, il croit tout ce qu'il dit. ''  Robespierre apparaît vite comme
une sorte de moine mystique, insensible aux biens de ce monde; il voue une haine impitoyable à l'argent  corrupteur, à tous ceux qui en possèdent, à tous ceux qui le recherchent.  ''Moi aussi j'aurais pu troquer mon âme contre l'opulence, mais je regarde l'opulence comme... la punition du crime, et je veux être pauvre pour n'être point malheureux. ''  '' Les grandes richesses corrompent ceux qui les possèdent et ceux qui les envient''.
Est-il possible de demeurer insensible mais aussi quelque peu effrayé par ce  credo grandiose mais si peu humain ? 
Pétri de vertu Robespierre avait écrit dès 1784: '' La vertu produit le bonheur comme le soleil produit la lumière.''   Pour lui la vertu est la qualité cardinale d'une vraie démocratie conduisant au bonheur du peuple; il va essayer, pendant un temps il est vrai assez court, de mettre ses utopies en pratique et c'est  en cela qu'il se distingue de bien d'autres idéalistes qui n'en sont toujours restés qu'au verbe, sans passer à l'action. Comme la vertu est une qualité fort peu partagée, notamment dans le monde politique, Robespierre se sent souvent seul et se croit sans cesse assiégé par quelques comploteurs  ce qui le conduit à une véritable paranoïa dont seul le peuple, infaillible et bon pourrait le guérir. Ceci a toujours conduit Maximilien à privilégier la démocratie directe de laquelle il excluait tous les traîtres et les corrompus d'où l'aspect dictatorial de son action  bien qu'il ne soit pas un dictateur. Robespierre était esclave de son idéal: une société juste constituée de citoyen vertueux et pauvres mais cependant heureux car débarrassés de toutes les bassesses, de tous les égoïsmes que génèrent les richesses matérielles illusoires qui ne sont que les hochets du bonheur. Il voulait mettre en pratique son idéal et s'identifiait à une sorte de messie qui allait régénérer la terre entière:  ''Au delà de cette étroite enceinte...(à l'Assemblée de 1789) mon but est surtout de me faire entendre de la Nation et de l'Humanité.''
Profondément manichéen, pourchassant le mal pour parvenir au bien, l
a simplicité du monde futur qu'il propose au peuple lui permettait d'être compris même des plus humbles d'où son énorme succès auprès des déshérités qui voyaient en lui un sauveur. Sa vie vertueuse attirait aussi bien des admiratrices; nombreuses sont celles qui se sont évanouies en écoutant ses trop longs discours !
Fort de quelques postulats, évidemment contestables, il pratique une logique implacable pour essayer de réaliser le monde utopique auquel il croit, tout en se rendant compte de sa fin prochaine et en espérant, une belle mort, celle d'un martyr. Le sacrifice de sa personne n'effrayait pas Robespierre à condition que ce soit pour la bonne cause à savoir, le bonheur du peuple désormais libre.
'' Le ciel qui me donna une âme passionnée pour la liberté m'appelle peut-être à tracer de mon sang la route qui doit conduire mon pays au bonheur. J'accepte avec bonheur cette douce et glorieuse destinée.''  Après sa mort, l'Être suprême, qui n'intervient pas dans notre vie terrestre
(Ici bas, c'est le  peuple qui est devenu Dieu), saura reconnaître la pureté de l'âme de Maximilien qui sera à l'écart des âmes noires des traîtres et des corrompus. Pour Robespierre la mort sera  une délivrance.  Robespierre, par sa tenue, il porte toujours une culotte et une perruque poudrée, comme par ses discours et ses actes, ne tombe jamais dans la démagogie:
'' j'ignore l'art de conduire le peuple au précipice par des routes semées de fleurs'',
Convaincu d'être dans le vrai, il  considère toute critique de ses idées comme un crime de lèse société qui ne peut que retarder l'avènement du bonheur universel. La responsabilité de l'échec lui est toujours étrangère. Le 8 thermidor an II, avant veille de son exécution, Robespierre ne mettait en cause ni ses idées ni son action; il attribuait sa propre perte qu'aux fripons qui n'avaient pas compris l'essence  de son idéal;  les fripons  devaient  continuer  à  être  éliminés  pour  le bien du peuple. Il fallait, toujours et encore:
''
Punir les traîtres, renouveler les bureaux du Comité de sûreté générale, épurer ce Comité lui-même, et le subordonner au Comité de salut public ; épurer le Comité de salut public lui-même, [...] pour élever sur leurs ruines la puissance de la justice et de la liberté : tels sont les principes. [...] S'il est impossible de les réclamer sans passer pour un ambitieux, j'en conclurai que les principes sont proscrits, et que la tyrannie règne parmi nous, mais non que je doive le taire : car que peut-on objecter à un homme qui a raison, et qui sait mourir pour son pays ?
Robespierre se considère finalement comme une victime incomprise, alors que c'est lui-même qui  n'a pas  saisi l'incompatibilité rédhibitoire qui existe entre l'utopie et la réalité des faits. Le plus grand des crimes ne serait-il pas de vouloir pratiquer l'utopie ? Voilà une question que Robespierre aurait pu se poser.  La création d'un homme nouveau, que ce soit à Sparte, avec les chrétiens, avec Robespierre, Hitler, Staline ou Mao ménera toujours à un accouchement difficile conduisant à un mort né...
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3. Les débuts de la carrière politique fulgurante
                                                               de l'Incorruptible.
Une remarque préliminaire: on aurait tendance à considérer Robespierre comme l'inventeur des violences  révolutionnaires puisqu'il a été l'initiateur de la
Terreur (1793/94). En fait il faut bien noter que la violence et la barbarie se sont manifestées dès juillet 1789 alors que Robespierre n'était encore qu'un modeste député sans grande influence. Flesselles, prévôt des marchands, et de Launay, gouverneur de la Bastille, sont tués puis décapités; les têtes sont mises au bout de piques alors que leur corps est dépecé; quant à Bertier de Sauvigny, intendant de Paris et à son beau-père Foulon ils sont tués puis décapités, éviscérés et émasculés. Rappelons également que les massacres de septembre 1792 consécutifs à la chute de Louis XVI
(10/08/92) n'ont pas été initiés par Robespierre. Le peuple bon et infaillible si cher à Maximilien est aussi capable de violences  épouvantables !   Robespierre aveuglé par ses a priori n'a pas compris la réalité  versatile et sauvage du peuple qui ne sera, pour Michelet, que le fumier de l'Histoire...

Élu au printemps 1789,  Robespierre fait partie des huit députés du Tiers État  qui vont représenter l'Artois aux États généraux. Il quitte Arras en avril 1789 et s'installe à Versailles puis à Paris. Sa demeure est toujours très modeste, il loge tantôt chez sa sœur Charlotte tantôt chez des ''amis'' avec lesquels il reste toujours distant.
Avec le temps, ses interventions  dans  les  différentes  assemblées  se font de plus en plus nombreuses: 68 en 1789, 125 en 1790, 328 en 1791. Dès 1789, Maximilien est un député assidu, il est de plus en plus connu et reconnu. Le contenu de ses discours et des nombreux articles qu'il livre à la presse sont toujours d'un haut niveau moral.
Robespierre a connu des échecs politiques avant d'occuper le devant de la scène et d'infléchir le cours de la Révolution dans le sens de ses idéaux.
- Malgré l'opposition de Robespierre, la Constitution de 1791 est adoptée
(en septembre)
Cette constitution qui consacre la monarchie parlementaire ne donne le droit de vote qu'aux hommes payant un impôt correspondant au montant de ''trois journées d'ouvrier''; il s'agit  d'un suffrage censitaire
(et indirect) qui est donc basé sur l'argent et en parfaite contradiction avec l'article premier des Droits de l'homme: '' Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. etc ''  Avec sa logique habituelle, Robespierre ne manque pas de relever cette contradiction fondamentale.  '' La loi est-elle l'expression de la volonté générale lorsque le plus grand nombre de ceux pour qui elle est faite ne peuvent concourir, en aucune manière, à sa formation ? Non, etc... ''  Notons en passant que seul Condorcet avait demandé le droit de vote pour les femmes, une idée qui n'était pas du tout dans l'air du temps même pour Robespierre qui n'y a jamais fait allusion.
- Malgré l'opposition de Robespierre, les Girondins  déclarent la guerre à l'Autriche (20/04/1792)
Robespierre considérait toute guerre contre l'étranger comme dangereuse car, selon lui, elle risquait la victoire de l'Autriche aidée par les émigrés qui s'étaient rassemblés à Coblence. Pour Maximilien il fallait avant tout éliminer les traîtres de l'intérieur. '' Je veux aussi la guerre mais comme l'intérêt de la nation le veut: domptons nos ennemis intérieurs, et marchons ensuite contre nos ennemis étrangers, si alors il en existe encore.''
Comment ne pas donner raison à Robespierre, surtout depuis la fuite du roi
(Varennes, 21/06/1791) qui révélait que le souverain cherchait à trahir la Révolution !
- Malgré l'opposition de Robespierre, le roi aura droit à  un procès (décembre 1792)
Une fois de plus Robespierre applique sa logique sans faille en s'opposant à tout procès concernant le Louis XVI. 
'' En effet, si Louis peut encore être l'objet d'un procès, il peut être innocent: que dis-je! Il est présumé l'être jusqu'à ce qu'il soit jugé; mais si Louis est absous, si Louis peut-être présumé innocent, que devient la Révolution ? 
Si Louis est innocent, tous les défenseurs de la liberté deviennent des calomniateurs [...]et ce grand procès pendant au tribunal de la nature, entre le crime et la vertu, entre la liberté et la tyrannie, est enfin décidé en faveur du crime et de la tyrannie. ''   Il est évident qu'à partir du moment où Robespierre adopte le ''postulat'' de l'infaillibilité du peuple, un procès qui aboutirait à innocenter le roi serait  une preuve que le peuple peut se tromper ce qui serait en contradiction avec le ''postulat'' de base.   Un procès eut cependant lieu et Louis XVI fut condamné à mort et exécuté le 21 janvier 1793, l'infaillibilité du peuple était sauve !

4. Robespierre dans la jeune Convention (La convention est instaurée le 21/09/1792)
Robespierre s'est manifesté dès 1789 et est devenu un membre très influent et très écouté du club des Jacobins ( Les membres de ce club se réunissaient à Paris, dans l'ancien couvent des Jacobins) à partir de 1792, mais c'est durant la Convention que l'on prend toute la mesure de son action politique.
Rappel: au début de la convention deux tendances s'opposent:
-
les Girondins (160 députés), modérés, défenseurs de la propriété privée et des droits de l'homme, partisans du libre commerce, de l'égalité civile et d'un certaine fédéralisme. Les Girondins ont toujours craint un excès de centralisme pouvant conduire à la dictature. Ils admirent la manière, somme toute peu meurtrière, dont s'est faite l'indépendance américaine (1776) et apprécient la Constitution de 1787 (élaborée à Philadelphie). L'orateur le plus en vue des Girondins est Vergniaud
(Guillotiné en 1793), député de Bordeaux. Dumouriez, le vainqueur de Valmy, est l'un des leurs.
-
les Montagnards (200)
(Ils siégeaient initialement dans la partie la plus haute de l'assemblée, d'où leur nom), nombre d'entre eux appartiennent au club des Jacobins; ils sont partisans d'un certain partage de la propriété privée, veulent  étendre  l'égalité  au  plan  social;  en  force  à  Paris,  ils  sont  pour  un  pouvoir  central fort. La tendance à  un  fort centralisme  est souvent  qualifiée  de  jacobinisme.  Les  principaux leaders  de  cette formation  sont Danton (G. 1794), l'un des plus grands orateurs de la Révolution, mais dont la vertu est discutable !! Marat (assassiné en 1793), Saint-Just (G. 1794) vertueux de haut niveau, Couthon (G. 1794) et Robespierre (G. 1794)
Le Marais (400) est un centre mou et versatile, très influençable, sans programme particulier et qui bascule d'une tendance à l'autre au gré des discours...

Les Girondins qui avaient été à gauche dans la précédente assemblée
(Législative) se retrouvent à droite; ils prétendent mener une guerre de libération des peuples sans arriver à résoudre les problèmes intérieurs comme l'insécurité et la montée des prix des denrées essentielles. La trahison de Dumouriez
(01/04/93) qui rejoint la 1 ère Coalition (Autriche, Prusse, Angleterre, Espagne et Pays Bas) fragilise leur position. Robespierre demande leur mise en accusation et parvient, avec l'aide de Danton et de Marat, à faire arrêter les principaux chefs de la Gironde. Le 2 juin 1793, les Girondins sont éliminés de la vie politique. Vergniaud et Brissot ainsi que la plupart des autres leaders girondins sont guillotinés. La Convention  est désormais dominée par les Montagnards.
La Convention montagnarde commence par voter la Constitution de l'An I
(24/06/93) qui ne sera jamais appliquée mais qui cadre mieux avec l'idéal de Robespierre: le suffrage est direct et universel (pour les hommes seulement toutefois), on garantit le droit au travail, à l'instruction et à l'insurrection. Le 10 mai 1793, Robespierre affirme: '' Le premier objet de toute Constitution doit être de défendre la liberté publique et individuelle contre le gouvernement lui même.''
                                                                                                                   

5. La Terreur prend son essor.

La Terreur est mise à l'ordre du jour le 5/09/93 et le gouvernement est décrété révolutionnaire jusqu'à la paix. Robespierre défend la Terreur qui correspond à un gouvernement d'exception justifié par des circonstances catastrophiques:  insurrection de partisans des Girondins, insurrection de royalistes à Lyon et en Vendée, avancée des armées ennemies aux frontières, manque de vivres. Robespierre déclare:
'' Si la vertu est le pilier de la démocratie en temps de paix, en temps de guerre elle doit être étayée par la terreur qui n'est qu'une justice rapide sévère et inflexible. La terreur est une émanation de la vertu.   [...]  Le gouvernement révolutionnaire est le despotisme de la liberté contre la tyrannie.''
Le 6 avril 1793, la Convention crée un
Comité de Salut public (= les douze qui gouvernent) constitué de 12 membres, dont Robespierre  ; ce comité exerce un pouvoir dictatorial  sur tout le territoire.   On crée également un Comité de sûreté générale dont le rôle est d'éliminer les suspects. Des représentants en missions contrôlent les armées et ne sont pas sans rappeler les commissaires politiques de l'armée bolchevique, les missi dominici de Charlemagne, les enquêteurs de St Louis et les intendants de Richelieu. Ils révèlent un très fort centralisme. Paris veut tout contrôler.  Remarquons que la Terreur a toujours été une dictature collégiale, les décrets doivent être signés par plusieurs membres de la Convention pour être valides. Robespierre partage toujours ses responsabilités
Un tribunal d'exception, le tribunal révolutionnaire qui avait été mis en place le 10 mars 1793 est présidé par Fouquier-Tinville
(Guillotiné en 1795), accusateur public; il n'y a que deux sentences possibles l'acquittement ou la mort. Il existe aussi des tribunaux d'exception en province. Les condamnés sont si nombreux que la guillotine ne suffit plus.  On en arrive à des exécutions collectives: 
- à Nantes Carrier
(Guillotiné en 1794) pratique les noyades collectives tandis qu'à Lyon,  Fouché (Mort en 1820, il réussit à échapper à la réaction thermidorienne et fit une ''brillante' carrière sous Napoléon !! ) , fait mitrailler les condamnés.
En décembre 1793, deux factions s'opposent au sein de la montagne, l'une à gauche, les Hébertistes
(= les Exagérés) plus radicaux encore que Robespierre et les Indulgents qui suivent Danton et Camille Desmoulins. Les Hébertistes sont guillotinés le 24 mars, Danton et ses amis le 5 avril (1794). Robespierre est désormais le maître absolu; ceci ne l'empêche pas de vouloir prévenir d'autres complots, la loi sur les suspects qui avait été votée le 17/09/1793 ne lui suffit plus, il faut éliminer encore davantage de traîtres et de corrompus, cette nouvelle crise de  paranoïa conduira Maximilien à sa perte. On en vient à la Grande Terreur qui durera près de deux mois et qui conduira Robespierre à la guillotine.

6. La Grande Terreur
                  et les signes prémonitoires de la fin de Robespierre
- La fête de l'Être suprême que Robespierre organisa le 8 juin 1794   marque à la fois l'apothéose et le début de la fin du grand conventionnel. Le ridicule de la cérémonie fit rire beaucoup de monde et le mot de tyran fusa à plusieurs reprises dans la foule; tout ceci ne plut guère à Maximilien qui prenait tout au sérieux et, surtout, sa propre personne.
- Se sentant une nouvelle fois menacé, Robespierre soutenu par Couthon  fait voter
la loi du 22 prairial
(10/06/94, on est en l'an II) qui permettait d'accuser et de juger à peu près n'importe qui. En quarante-cinq jours du 23 prairial au 9 thermidor il y eut 1285 têtes coupées. C'en était trop. Bien des conventionnels se sentaient de plus en plus en danger, surtout après le discours prononcé le 8 thermidor où Robespierre laissait entendre que d'autres ''charrettes'' étaient en préparation pour la guillotine... Chacun craint pour sa tête, et notamment ceux dont le passé... et le présent échappent un peu à la vertu... un complot se trame: Tallien (1767-1820), Fouché (1759-1820) et Barras (1755-1829) qui ne veulent pas subir le même sort que Danton, vont s'associer pour éliminer le ''tyran''. La chute de Robespierre est imminente, d'autant plus que la victoire de Fleurus (26/06/94) remportée par Jourdan sur les coalisés desserre l'étau des envahisseurs. Désormais la Terreur n'a plus de raison d'être.

7. La chute: Le 9 thermidor an II
.
(27 juillet 1794)
Le 8 thermidor, l'avant veille de sa mort (!), Robespierre fait un discours fleuve mais il est souvent interrompu et n'arrive pas à terminer.
''Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le temps n'est point arrivé où les hommes de bien peuvent servir impunément la patrie : les défenseurs de la liberté ne seront que des proscrits, tant que la horde des fripons dominera.''  
Les fripons ? De qui s'agit-il ? On aime bien Maximilien mais pas au point d'en perdre la tête ! Lors de la séance du 9 qui commence à 11 h du matin, ni Saint-Just et ni Robespierre ne peuvent accéder à la tribune, on leur refuse la parole. La Convention est pleine à craquer et les cris ''À bas le tyran'' sont de plus en plus nombreux; Tallien et Billaud-Varenne attaquent violemment Robespierre qui est mis en état d'arrestation à  15h30. Le lendemain vers deux heures du matin Robespierre est blessé d'un coup de pistolet à la mâchoire. Aurait-il tenté de se suicider ? Vers sept heures et demie du soir Robespierre, son frère cadet Augustin, Saint-Just, et Couthon sont guillotinés.
Les 11 et 12 thermidor ''la grande faucheuse'' éliminera encore 108 citoyens qui étaient demeurés jusqu'au bout fidèles à celui qui n'avait pas compris qu'une utopie ne se met pas en pratique!
Après la chute de Robespierre, la Révolution, un moment ''égarée'' dans la recherche de l'égalité sociale et non plus seulement politique, retrouve  le chemin d'une Révolution bourgeoise que le Tiers État avait mis en route en 1789.
Le peuple qui avait suivi l'Incorruptible qui voulait que l'on devînt vertueux, allait bientôt se jeter dans les bras du ''petit caporal'', ô combien plus humain ! Pourtant,  de Robespierre à Napoléon, pour ce qui est des morts, n'allait-on pas tomber de Charybde en Scylla?

                                                       Conclusion
La droite n'apprécie guère Robespierre qu'elle considère comme un dangereux fanatique ayant une vision mythique d'une Révolution idéale. Robespierre complètement étranger à tout esprit critique,  est en porte à faux avec l'esprit des Lumières qui encensait la tolérance; Robespierre ne serait qu'un illuminé voire un psychopathe.
La gauche, en dépit de l'hécatombe dont Robespierre est responsable (La terreur a fait plus de 20 000 morts) lui trouve toujours quelques excuses pour en faire une sorte d'incompris; on met en avant ses bonnes intentions tout en minimisant les actes dont il est responsable. Certains, comme Kropotkine*, considère que le prestige de Robespierre tient avant tout à son incorruptibilité et à la pureté de ses idées; pour Kropotkine, la disparition de Robespierre marque la fin d'un espoir, celui du triomphe des humbles dont le bonheur aurait été libre de toute possession matérielle. Pour Kropotkine le jour où l'on guillotina Robespierre on assassina  La Grande Révolution.
La chute de Robespierre fut aussi la fin d'une morale malheureusement (heureusement?) inaccessible.
Quelle que soit la teinte politique on a tendance à considérer que la Terreur, voulue par Robespierre (pour de bonnes raisons!!),  anticipe bien des violences du XX è siècle  qui se sont  manifestées au nom d'idéaux plus que discutables voire abjects...(Cf.  Lénine, Staline, Mussolini, Hitler,Mao etc). Notons également que Robespierre honnête illuminé fanatique a eu des précurseurs.
Notons que Robespierre n'est pas aussi sans faire penser à quelques fanatiques des siècles passés: à Savonarol (t 1498) qui avait établi une véritable dictature théocratique à Florence avant d'être finalement excommunié  puis finalement ''purifié'' par les flammes;   à Calvin (1541-1564), lui aussi certain de sa vérité, et ayant fait de Genève non une ''République de vertu'' mais une ''cité de Dieu'' où régnait une vie austère dans une épouvantable intolérance conduisant à la mort ceux qui n'étaient pas d'accord avec le maître des lieux. Michel Servet brûlé vif en 1553 a pu ''apprécier'' l'efficacité du système de quasi terreur qui avait été mis en place par le ''réformiste'' qui a imposé sa dictature à Genève pendant plus de vingt ans ! Il est difficile également de ne pas comparer Robespierre à certains illuminés des Croisades qui allaient exterminer les infidèles au nom de Dieu... Il  serait aisé de trouver d'autres Robespierre  parmi les fous de Dieu actuels qui prétendent régénérer le monde occidental qui devrait recouvrer une  ''bonne'' santé morale en se tournant vers Allah !
Ceci étant dit, il faut cependant admettre  que, même si l'on condamne Robespierre, on lui concède quand même assez souvent  un petit brin d'estime.  Les deux leviers de sa pensée, à savoir qu'il n'y a  pas de vraie démocratie sans vertu et que  l'argent est éminemment corrupteur ne peuvent nous laisser insensibles d'autant plus que l' incorruptibilité  de notre constitutionnel n'a jamais été mise en doute. Combien de fois n'avons-nous pas entendu, dans un buffet de gare ou dans un café du commerce, d'honnêtes citoyens condamner les ''affaires'' de notre monde politique et marquer leur écœurement devant l'indulgence dont bénéficient les coupables. '' Ils (les corrompus) mériteraient d'être fusillés, pendus, guillotinés...'' La vertu nous échappe bien que nous la sachions nécessaire ! En chacun  de nous  n'y  aurait-t-il pas un petit Robespierre qui sommeille ?
 


Kropotkine (1842-1921).
Prince de naissance, issu d'une famille de la haute aristocratie russe, proche d'Alexandre II, Kropotkine, bon et généreux,  abandonne sa fortune et vit très modestement tout en embrassant l'idéal des anarchistes. Bien qu'opposé à tout pouvoir excessif et en particulier à toute dictature, il n'en est pas moins un grand admirateur de Robespierre dont la ''tyrannie'', ne devait être que passagère donc tolérable puisqu'elle servait une bonne cause.
          

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Sources:
Robespierre, Laurent Dingli. , Paris.  Flammarion. 2004. 606 pages
Historiquement correct, Jean Sévillia. Paris. Perrin.  2003. 456 pages.
L'Histoire. Malet et Isaac. Réédition. Belgique. Marabout 1995. 1240 pages.
Histoire. Classe de seconde. Paris. Belin. 1993 (320 pages)
Les Orateurs de la Révolution française. Roger Garaudy. Classiques Larousse, 1989. 240 pages
Robespierre, Marc Bouloiseau. Que sais-je. Paris. PUF  1987. 128 pages
La Grande Révolution 1789-93. P. Kropotkine. Paris. Stock  1976. (1 ère édition, 1909. 750 pages)
A History of Civilisation. Crane Brinton, John B. Christopher, Robert Lee Wolff.
Prentice-Hall, Englewood Cliffs NJ  1971 (Tome II  pages 386 à 704)
La Révolution française. F.Furet et D.Richer. Hachette 1963. Réédition 2003. Paris. 544 pages
Oeuvre de Maximilien Robespierre.  Paris, PUF, juillet 1958, tome IX, 4 ème partie.


Film: Danton, d'Andrzej Wajda. 1980                                                                                                                                                               
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© Les Fiches à Berca 17/08/2009