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Cette Fiche, comme toutes les
autres, n'est faite ni pour le spécialiste ni pour le lecteur qui possède une
certaine culture en économie. Par contre, je pense qu'elle ne sera pas
inutile au néophyte ainsi qu'à ceux qui auraient oublié
les quelques bribes de sciences économiques entrevues dans l'enseignement
secondaire.
Idées concernant l'économie
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Sources:
Le capitalisme. Le Nouvel Observateur (Hors-série). Mai/Juin 2007
Les textes fondamentaux du libéralisme. Le Point (Hors-série).
Janvier/Février 2007
Histoire de la pensée économique. Université de Montréal
Marc-André Gagnon. 2006
Économiquement incorrect. Éric Le Boucher. Paris, Grasset 2005.
174 pages.
Manifeste du Parti communiste. Marx & Engels. Éditions sociales. Paris
1973. 96 pages.
A History of Civilization. Crane Brinton. Prentice-Hall, Inc, New
Jersey. 1971. 1200 pages. 3 tomes
Western Civilization. William L. Langer. Harper & Row, NY &
London. 1968. 872 pages
Les doctrines économiques. Joseph Lajugie. Que sais-je. PUF 1967.
135 pages |
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Deux idées fondamentales hantent la pensée économique: le
centralisme dirigiste donnant une large part à
l'État dans la conduite de la
production et des échanges, et le
libéralisme laissant plus de place à
l'initiative personnelle aiguillonnée par la
concurrence. Chacune des deux
tendances peut basculer dans l'excès qu'il faut à tout prix
éviter: le
''soviétisme'' dont on est débarrassé depuis peu mais dont
il faut toujours craindre le retour, et le
capitalisme sauvage dont on est
arrivé à se dégager, en occident tout au moins. Ce dernier aurait tendance à se
manifester de nouveau après avoir été contré pendant des décennies par des
lois
sociales amenant à plus de justice dans la répartition des richesses sans
toutefois venir à bout de bien des
inégalités, toujours présentes ...
Nous commencerons par donner un aperçu du
capitalisme libéral que
l'on peut considérer comme le versant économique du
libéralisme
qui, au départ, était une vraie
nouveauté politique. Ensuite, nous envisagerons
les principaux penseurs en faveur du libéralisme
(École issue d'A. Smith)
ainsi que ceux qui s'y sont opposés
(Les socialistes dont
Marx qui
se veut ''scientifique'') sans oublier les partisans d'un
capitalisme
social, hybride assez
vigoureux du
capitalisme libéral
(Cf. Keynes)
et du socialisme
.
On confond souvent le
capitalisme social
et la
sociale démocratie
(Cf.
Edouard
Bernstein
et l'allemagne de la seconde moité du XIX è) qui
aujourd'hui n'existe pratiquement plus. Le but de la
sociale démocratie
est le même que celui du
socialisme scientifique
à savoir la
disparition du capitalisme et de l'État
mais par une voie progressive,
non révolutionnaire.
Le capitalisme social conserve le capitalisme qu'il prétend ''domestiquer''.
Le libéralisme, qu'est-ce que
c'est ?
La grande mode, à
gauche et dans une certaine mesure à droite, c'est de chanter en chœur le
cantique antilibéral qui appartient désormais à la liturgie des conditionnés du
politiquement correct. Être contre le libéralisme est une
politique en soi, à la fois nécessaire et suffisante, on est uni contre. Les
socialistes, les
lepénistes, les
révolutionnaires communistes léninistes,
trotskystes ou
crypto-staliniens, les
marxistes
de tout poil, les
écologistes
arracheurs d'OGM, les farouches
nationalistes vendéens, se retrouvent dans une même chorale pour entonner le
psaume antilibéral. On ne connait pas très bien les paroles, mais peu importe,
l'antilibéralisme est une ambiance, que dis-je, une façon d'être.
Faisons un effort et essayons de nous dégager de la
pensée à la mode pour
recouvrer un peu d'esprit critique
afin de nous dégager d'un flou dangereux qui risque de nous conduire je ne sais
où, sans même que l'on ait pris conscience du '' projet '' concocté par tous les
''anti'' qui n'ont
ni le courage,
ni les idées assez claires,
pour nous dire ce à quoi ils aspirent.
Mis en forme par
Adam Smith à une époque où l'entreprise individuelle
était le plus souvent
familiale, le libéralisme
économique est une mise en pratique
de l'esprit des Lumières à savoir: un
refus de
l'absolutisme et du
mercantilisme, un refus du conditionnement séculaire de
soumission
entretenu par
l'Église. L'homme
veut se sevrer de
'' l'opium '' des croyances
révélées, la
raison
doit retrouver sa place et contrer la
foi
qui n'est qu'une
drogue
qui soumet le plus grand nombre à
l'intérêt d'une
minorité. L'homme
désormais libéré peut
entreprendre,
pour son plus grand bien, et pour celui des autres... L'idée fondamentale du
libéralisme, c'est que le
travail individuel au service de ses
propres
intérêts contribue au bien de tous sans que l'on ait besoin d'une force
tutélaire plus ou moins divine qui ne fait qu'entraver la liberté, indispensable pour
entreprendre.
Pour entreprendre on n'a plus besoin d'être
''bien né'' il suffit d'avoir le
courage de faire quelque chose.
La Révolution française, tout au moins à ses débuts, a permis une certaine
diffusion des idées libérales, idées que l'on retrouve en particulier dans la
déclarations des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789
dont certains
articles s'intègrent parfaitement à la pensée libérale mise en œuvre par
Adam Smith une quinzaine d'années plus tôt.
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Art. 1.
Les hommes naissent libres et
égaux en droit.
Les distinctions sociales ne
peuvent être fondées que sur l'utilité
commune.
Art. 2. La liberté consiste
à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, etc
Art.17. La propriété étant un
droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, etc |
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Évidemment le
libéralisme des débuts semble un peu naïf; il a connu par
la suite bien
des vicissitudes, mais une vérité fondamentale lui reste
attachée: l'individu libre constitue l'assise
de la société basée sur la propriété privée.
Le libéralisme est intimement lié au
capitalisme qui consiste
initialement à mettre en commun une
''mise financière initiale '' constituant l'accumulation primitive de capital,
( qui n'est pas sans rappeler l'énergie d'activation nécessaire au déclenchement
d'une réaction chimique)nécessaire à l'acquisition de
moyens de production
(équipement) indispensables aux
travailleurs qui élaboreront des biens dont le prix de revient sera calculé de
manière à couvrir le montant des
salaires, à
amortir
les moyens de production et leur
entretien, mais aussi, à
dégager une
plus value par
rapport aux sommes initialement investies. Cet investissement comprend
un risque et ce risque, bien entendu, doit être rétribué en cas de succès
de l'entreprise puisque, en cas d'échec, certes les salariés se retrouveront en
chômage,
mais les investisseurs seront eux aussi lésés puisqu'ils
auront perdu leur mise initiale. Bien sûr que la
'' morale ''
du capitalisme libéral est fortement liée à l'argent et à
l'appât du gain;
il y a là un manque de
générosité qui risque de
choquer. Toutefois, soyons lucides et cessons de nous en faire accroire;
admettons sans hypocrisie que l'intérêt général ne nous intéresse que dans la
mesure où il ne lèse pas trop notre intérêt particulier. La
''mentalité''
du capitalisme libéral est en adéquation avec l'homme tel qu'il est; pour
pratiquer le capitalisme libéral on n'a pas besoin d'un
homme nouveau
(!!) dont l'essai de création, toujours douloureux, n'a connu
que des échecs
(Cf. Mussolini, Staline et Mao, entre autres).
Le libéralisme tout imprégné de capitalisme est un
système dur, mais
consolons-nous sans avoir peur de comparer. Les régimes '' non libéraux ''
et '' non capitalistes ''
(régime du socialisme réel)
qui jusqu'ici ont vu le jour
ont été bien pires puisque, partout où ils ont été adoptés, ils ont
engendré une pénurie des biens essentiels, des
persécutions, une
absence de liberté,
de la
pollution,
(Cf. mer d'Aral, Tchernobyl ) et une
baisse de l'espérance
de vie à la naissance,
des famines. Certes ce qui est arrivé en URSS, dans les pays de
l'Europe de l'Est, en Chine, en Corée du Nord et dans bien des
pays ayant acquis leur indépendance
(Algérie, Madagascar, Congo
''démocratique'' etc) ne doit pas servir à justifier les excès du
capitalisme libéral surtout quand celui-ci tend vers des
spéculations
purement financières détachées de toute production véritable. Toutefois, il ne
faut pas perdre de vue que le système libéral est avant tout ce que l'on en
fait. Le capitalisme, bien
''dressé''
par
l'État
est un système qui existe et qui conduit à une certaine justice sociale dans une
relative liberté et prospérité.
Le capitalisme social est viable. Si l'on prend le cas des
pays de
l'Europe du nord et notamment de la
Suède on s'aperçoit que malgré une
propriété privée des moyens de production, il y a une certaine
redistribution des profits des entreprises à l'ensemble de la population
sans pour autant éliminer les actionnaires de Volvo, SKF, IKEA ou SAAB. Pour
arriver à un bon équilibre du système, il faut évidemment que l'État ait le
courage de mettre en œuvre un système fiscal
juste, tout en gardant en vie la
''bête''
extrêmement efficace qu'est le capitalisme. On pourrait certes raisonner
autrement si seulement un pays de
socialisme réel
avait réussi à créer un ''petit'' paradis, ne serait-ce que très local. Ce n'est
malheureusement pas le cas. Faute de mieux, il faut se contenter du libéralisme
qui n'est pas le meilleur des systèmes mais qui a le mérite de n'avoir pas trop
mal réussi dans un certain nombre de pays dits évolués
(Europe occidentale, Japon,
Canada et même États unis). La raison de l'adoption du capitalisme libéral
dans bien des pays émergents est certes due à son succès mais aussi aux
terribles échecs qu'ont connus les pays qui, juste après la
décolonisation, ont
encore cru aux vertus du ''socialisme scientifique''. Une fois mis en œuvre, ce
beau socialisme théorique s'est révélé, une fois de plus, n'être qu'un miroir aux alouettes.
Notons que la Chine tout en conservant les ''ornements'' du communisme réhaussés
des portraits de Mao et de Marx, se lance dans un capitalisme effréné qui semble cependant
être fermement tenu en laisse par le pouvoir politique.
Notons que la remarquable réussite du capitalisme libéral dans le domaine de la
production des biens est due non seulement à l'application du principe
fondamental de la liberté d'entreprendre
mais aussi à l'apport
considérable des
énergie fossiles
qui depuis le début du XIX è siècle ont livré aux sociétés industrielles un
énorme surtravail
quasi gratuit
(Il ne faut
jamais oublier que le prix de revient des énergies fossiles est beaucoup plus
faible que ce que l'on paie; ne pas oublier non plus que certes les sociétés
privées prennent leur dû, toutefois
l'essentiel de ce que nous payons -
l'essence à la pompe
notamment-
va dans les caisses des États!).
Jusqu'à la fin du XVIII è toute
l'énergie
que l'on utilisait provenait du
soleil.
En effet
l'énergie musculaire tant humaine qu'animale était générée indirectement par le
soleil (via les cultures et les pâturages);
il en était de même de l'énergie à l'origine des moulins
(à vent et à eau) ainsi que du bois dont on se servait
pour se chauffer. Il existait alors un véritable
équilibre énergétique,
quasi immuable, la durée de vie du soleil n'étant pas à l'échelle humaine.
Depuis le début du XIX è, l'utilisation
des énergies fossiles
(tourbe, lignite,
charbon, pétrole, gaz) a permis ''d'injecter'' dans l'activité humaine un
surtravail quasi gratuit
(le travail est une forme particulière de
l'énergie) qui a conduit à un développement considérable tant dans le domaine
agricole qu'industriel.
En bref la formidable impulsion économique que l'on a connue depuis le XIX è
tient, c'est incontestable, à l'efficacité du
libéralisme économique mais aussi
à l'utilisation de ''réserves'' de travail qui aujourd'hui sont en train de s'épuiser. Il faut
remarquer que bien des pays qui ont adopté un système de ''non-libéralisme
économique '' et qui cependant ont largement puisé dans les réserves
énergétiques
(URSS en particulier) ont tous connu de graves échecs sans pour autant éviter la
pollution ! La réussite économique des pays occidentaux ne peut être ramenée à
la seule utilisation des énergies fossiles !
Certains prétendent également que le libéralisme économique a largement
bénéficié du '' pillage'' des pays colonisés. Ne pas tenir compte de la
''plus
value'' engrangée par les colonisateurs serait une malhonnêteté, n'oublions pas
toutefois que
la colonisation par les Russes des différentes républiques de l'ex
Union soviétique n'a pas réussi à enrayer l'échec du système économique et politique
adopté ! Ne jamais oublier que les
Russes
comme les
Arabes
ont été, eux aussi, de
grands colonisateurs.
Cessons de bêler en chœur contre le libéralisme et admettons que
malgré toutes ses imperfections c'est un système économique qui n'est pas trop
pire, dans la mesure où le pouvoir politique tient bien en laisse la
'' bête ''
puissante qu'est le capitalisme.
L'efficacité et l'utilité du
travail d'un éléphant ne tient pas à la ''morale'' de l'animal mais à la qualité
de son cornac...
Quelques leaders de la pensée économique
Les citations sont en bleu.
Résumé en noir
Commentaires et mots mis en relief en rouge
1.
Adam Smith
(1723-1790)
C'est dans la '' Recherche sur la nature et les causes de la richesse des
nations ''
(1776) qu'Adam Smith, expose ses
idées fondamentales qui ont fait de lui le véritable pape de la pensée libérale.
Idées clés:
- '' L'opulence nait de la division du travail
''. Un seul travailleur effectuant les dix-huit opérations nécessaires à la
fabrication d'une épingle en fait moins (20 par jours) que dix ouvriers ne
faisant chacun qu'une partie du travail (plusieurs milliers par jours).
A. Smith,
fort de cette constatation, avait cependant pressenti le caractère aliénant
d'une telle façon de faire qui prendra toute sa mesure avec le travail à
la chaîne aux siècles suivants. (La notion d'aliénation sera reprise par
Marx et mise en scène par Charlie Chaplin dans les
''Les temps modernes'')
'' . . . dans chaque art, la
division du travail, aussi loin qu'elle peut être portée, amène un accroissement
proportionnel dans la puissance productive du travail. C'est cet avan-tage
qui semble avoir donné naissance à la séparation des divers emplois et métiers.
''
- L'égoïsme de chacun au service de ses propres intérêts contribue à
l'intérêt général. Mieux vaut envisager un système
qui existe, avec un homme naturellement égoïste que de vouloir adopter un
système utopique avec un homme qui n'existe pas ... encore !!! !
- La libre concurrence conduit au juste prix. Le marché régi
par ''une main invisible'' assure le bon
équilibre de l'ensemble économique. La main invisible sent un peu le
transcendant, c'est bien par là que le bât blesse !
- Mieux vaut se spécialiser dans ce que l'on sait bien faire que d'essayer de
confectionner tous les biens dont on a besoin. De cette spécialisation naitront
différents pôles de productions entre lesquels on pratiquera des
échanges
générateurs d'un sain commerce.
Adam Smith est à l'origine du
courant économique libéral qui a
progressivement remplacé le mercantilisme qui régnait en maître au XVII è
notamment en France et en Espagne (bullionisme). Rappelons que le mercantilisme s'accompagnait
d'une accumulation de métaux précieux par l'État et d'un contrôle
rigoureux des importations et des exportations. On ne devait importer que
les matières premières dont on était dépourvu et exporter des produits
manufacturés ayant une forte valeur ajoutée, dont on contrôlait la qualité. En bref on cherchait à exporter le
plus possible en important un minimum, tout en accumulant les métaux précieux,
indispensables à l'entretien d'une bonne armée. Colbert, ministre de
Louis XIV fut le chantre du mercantilisme. (Cf. Fiche 6)
Selon A. Smith, l'État ne doit intervenir que pour quelques grands travaux
(routes, canaux,
assèchement, irrigation etc) et pour assurer la sécurité publique.
Cependant en aucun cas
l'État ne doit freiner l'action des
entrepreneurs qui ont besoin d'une grande liberté pour mener à bien leurs
affaires.
Le ''tout marché'' vers lequel tend A. Smith peut conduire à la
seule ''survivance des plus aptes'' et à l'élimination sans pitié de ceux
qui n'arrivent pas à s'adapter aux conditions nouvelles. Pour reprendre Thomas
Hobbes, l'homme risque de devenir un loup pour l'homme.
Ayant lu A.Smith, Darwin fera de la concurrence et
de la survivance des plus aptes un des moteurs de '' L'évolution des espèces ''
(1859). Si l'on s'en tient à la chronologie des idées exprimées, il serait plus
normal de parler '' d'adamsmithisme '' biologique que de darwinisme économique comme
on le fait couramment ! C'est Darwin qui s'est inspiré (entre autres) d'Adam
Smith et non l'inverse !
Adam Smith a fait école et nombreux sont les disciples qui ont '' fignolé '' sa
pensée en la complétant de quelques idées qui sont venues enrichir ''
l'école
classique ''. Notons enfin qu'A. Smith, pour ce qui est de la libération
de l'individu, est un précurseur de la Révolution française, éminemment
libérale, puisqu'elle prêchait la libération de l'individu étouffée par des
siècles de soumission au clergé et à la monarchie absolue. Napoléon, dictateur,
mais aussi fils des Lumières a toujours fait passé la compétence avant la
naissance, en ce sens il était bien un libéral.
2. Jean-Baptiste Say
(1767-1832)
Dans la lignée d'Adam Smith, Jean-Baptiste Say expose ses idées dans
son '' Traité d'économie politique '' (1803).
Pour JB Say, l'entrepreneur est l'agent principal de l'économie; il doit
anticiper en produisant un bien ou un service dont il pressent le besoin. Ceci a
pour effet, entre autres, de donner du pouvoir d'achat aux travailleurs, donc d'accroître la consommation. Pour JB Say,
l'offre précède la demande.
Dans le marché, c'est l'amont qui agit sur l'aval
puisque la solvabilité dépend de la richesse du travailleur qui ne peut
consommer que s'il a de quoi payer. Ainsi le travail crée de la richesse, c'est
'' le travailler plus pour gagner plus ''. Plus tard, Ford
reprendra cette idée fondamentale à savoir qu'il faut toujours envisager le
travailleur comme un consommateur potentiel, d'où la nécessité de limiter son
exploitation. La plus value recherchée par l'investisseur dépend aussi de la
facilité avec laquelle les biens produits sont vendus. Il y a donc une
limite à l'exploitation du ''prolétaire'' car des salaires trop bas sont, à la
longue, générateurs de surproduction entraînant la crise. Avec JB Say on
prend conscience que le marché est une question d'équilibre et que
l'investisseur doit avoir une idée élargie du marché. On peut se demander si
Karl Max avait lu JB Say !
3. David Ricardo
(1752-1823)
Il expose ses idées dans son œuvre capitale:
''Des principes de
l'économie et de l'impôt ''(1817)
Comme Adam Smith, Ricardo considère que la division du travail est source
de richesse. La spécialisation ne doit pas se cantonner à différentes
entreprises d'un pays donné mais se généraliser à l'échelle mondiale.
Ricardo est contre tout protectionnisme et en particulier contre les '' Corn Laws
'' qui protégeaient les céréaliers anglais. Pour Ricardo, chaque pays a son
génie propre en rapport avec son histoire et ses caractéristiques physiques
(sols, climat, mines etc). On doit donc produire et exporter ce que l'on sait
bien faire et importer ce pour quoi on a moins de dispositions. Ainsi on
produira du Porto au Portugal et du drap en Angleterre et on échangera pour
le bien de tous.
Ricardo apparait comme un
précurseur
de la mondialisation. De plus, on peut penser que plus les pays sont
interdépendants, plus il faut échanger en considérant l'autre comme un
partenaire indispensable dont on dépend et non comme un ennemi
potentiel. Il faut bien admettre que la tendance à l'autarcie, qui existait
déjà avec le mercantilisme et qui a été fortement favorisée par les
pays totalitaires et notamment par le nazisme, n'étaient pas
particulièrement
pacifiques. Le commerce a besoin de paix. D'ailleurs la plupart des
investisseurs fuient les pays en guerre (sauf bien sûr les ''
marchands de canons ''). On ne construit pas des ateliers, des usine, des
magasins quand on sait que demain, ils seront très certainement détruits.
Toutefois il faut bien admettre qu'il existe des guerres économiques non armées
qui consistent à phagocyter le concurrent alors que les États, débordés par
''l'économique'', ne sont plus que des figurants impuissants. Certaines
frontières dangereuses du libéralisme ne devraient pas être dépassées ... Une
fois de plus il faut savoir raison garder et ne pas tomber dans un déséquilibre
catastrophique pour le plus grand nombre..
4. Léon Walras (1834-1910)
Comme JB.Say et Ricardo, Léon Walras se situe dans la lignée d'Adam
Smith, il appartient, lui aussi à l'école économique classique.
Walras ayant reçu une formation mathématique très poussée a énormément
contribué à mathématiser l'économie dans un souci de faire de cette
discipline une véritable science. Depuis Walras on a beaucoup abusé des
mathématiques auxquelles on se cramponne parfois dangereusement en oubliant que
les chiffres sont souvent trompeurs dans un champ de connaissance où
intervient une part importante de subjectivité. On est conduit à utiliser les
statistiques et surtout les probabiltés qui sont le domaine des
certitudes incertaines ...
Pour Walras, et c'est là une première, la valeur d'un bien dépend
beaucoup plus de son utilité que du travail qui y est incorporé. La vraie
valeur du bien dépendra de son utilité marginale c'est-à-dire du prix auquel on
consent pour l'acheter alors que ce bien est déjà largement diffusé. On
remarque d'autre part que le prix d'un bien diminue avec le nombre d'unités
produites; la dernière unité produite étant celle dont le coût est le
moindre.
Faisant preuve d'un esprit très systématique, Walras a une confiance aveugle en
la concurrence qui conduirait à un équilibre quasi parfait entre
consommateurs, producteurs et investisseurs !
La concurrence étant presque toujours faussée par
la mauvaise foi qui conduit à gauchir les règlements en vue de favoriser des
intérêts particuliers, il faut se méfier de l'aspect théorique de la pensée de
Walras. Walras est un peu, pour le capitalisme libéral, le symétrique des utopistes pour le socialisme. Dans un cas comme dans l'autre il faut
se méfier des conceptions trop théoriques démenties par la réalité des faits. Il
ne faut jamais oublier que tant qu'il y aura des hommes il y aura de
''l'hommerie''!
On peut aussi remarquer que certains biens, non pas simplement utiles mais
indispensables, sont encore aujourd'hui gratuits ou quasi gratuits
(air, eau).
Pour combien de temps encore ?
5. Karl Marx
(1818-1883)
Trois œuvres majeures ont marqué l'économie politique.
- 1846: '' L'idéologie allemande ''.
Dans cette oeuvre Marx considère que Hegel, ''marchait sur la
tête'' et qu'il devait être remis sur ses pieds. Hegel expliquait l'évolution des
manifestations de l'esprit par le dépassement des contradictions de la
pensée, c'est son fameux '' thèse, antithèse,
synthèse
''. Marx applique cette façon de voir à la vie concrète et considère que
l'Histoire a pour moteur essentiel la ''
lutte des
classes '' qui conduira à la disparition de
l'État et à l'avènement d'une société sans classes, qui caractérisera
le
communisme, stade final de l'humanité désormais apaisée. Le paradis
n'est plus transcendant mais possible sur terre, dans le futur !
- 1848.
'' Manifeste du Parti communiste ''.
Marx et Engels y exposent
l'essentiel de leur pensée d'économie politique.
'' L'histoire de toute société jusqu'à nos jours est
l'histoire de la lutte des classes ''
- 1867. Début de la parution de '' Le capital '' dont une partie
sera publiée après la mort de l'auteur.
Pour Raymond Aron, '' Le capital
'' est avant tout une excellente analyse du capitalisme industriel naissant tel
que Marx l'a observé dans l'Allemagne d'avant Bismarck et dans l'Angleterre de
son époque.
Idées fondamentales.
Marx rompt avec les adeptes
de l'économie libérale pour nous
proposer un ''socialisme scientifique '' qui succédera à l'effondrement du capitalisme,
Une révolution conduira
à la dictature transitoire du prolétariat qui générera finalement le
communisme sans État.
Pour Marx les contradictions internes du capitalisme tiennent à son
essence même: les investisseurs recherchent un gain maximum en un temps
minimum ce qui conduit à des salaires de plus en plus bas. Le travailleur
produit de plus en plus surtout grâce à un ''surtravail'' qui lui est
imposé sans être payé. Ceci est à l'origine de la ''plus-value'',
encaissée par l'entrepreneur qui est vite envahi par un excès de produits qu'il
ne peut plus vendre vu l'absence d'acheteurs solvables. On stocke donc la ''
surproduction '' générée par le ''
surtravail '' et on arrive à un blocage
du système: c'est la crise de surproduction. Le
travailleur exploité ( = prolétaire)
prend progressivement
conscience de son état, il s'organise, ce qui conduit à la
révolution et à la
destruction du système.
Marx remarque que dans toute entreprise il y a deux sortes de capital: le
capital constant, celui des machines et le
capital variable
celui des travailleurs qui, selon Marx, est le seul a générer du profit.
Pour échapper aux inconvénients des grèves et autres manifestations, le
''
patron '' a tendance à augmenter le capital constant
(machines)
au détriment du capital variable d'où une baisse des gains: c'est la
baisse
tendancielle des taux de profit, une autre cause menant le capitalisme à sa
mort.
Marx, décédé en 1883, n'a pas vu, pas su voir ou
pas voulu voir, ce qui se passait dans son propre pays sous le ''règne''
de Bismarck pourtant au pouvoir depuis 1862. Bismarck qui certes
n'avait guère de sympathie pour les ''prolétaires'', a cependant compris la
puissance de l'action syndicale et la nécessité qu'il y avait de lâcher du lest afin d'éviter la révolution des
''prolétaires'' prévue par Marx. Sous Bismarck (Cf. Fiche 2), les
conditions de la classe ouvrière se sont progressivement et incontestablement
améliorées, sans révolution. Si bien qu'à la fin du XIXè siècle, l'Allemagne
était devenue la leader mondial sur le plan social (Assurances, retraites,
conditions de travail nettement améliorées). Le catastrophisme de Marx
concernant l'évolution du capitalisme est donc en défaut dans son propre pays.
Un peu plus de vingt ans plus tard (1917) les
Allemands qui avaient déjà arraché au patronat un certain nombre d'avantages,
n'étaient pas prêts à entreprendre une révolution mondiale dont ils auraient
fait les frais. La révolution prévue dans les pays industrialisés et notamment
en Allemagne a pris naissance en Russie, pays éminemment agricole, en engendrant
un terrible échec à l'origine de millions de morts, dans une absence
totale de liberté.
En bref les prophéties de Marx ne se sont pas réalisées au moment et dans
l'aire géographique où elles étaient prévues.
Aujourd'hui, la mondialisation et les délocalisations
entraînent une diminution des coûts de production sans surproduction
puisque, pour l'instant, il existe encore des clients solvables dans des
parties du monde où les biens n'ont pas été produits; toutefois, si jamais les
pays riches s'appauvrissent à cause d'un chômage grandissant on peut se
poser des questions sur l'écoulement des ''surproduits'' générés par le
''surtravail'' d'une main
d'œuvre sous-payée... surproduits qui ne pourront plus être exportés vers
les pays autrefois riches, faute
de clients désormais dépossédés de leur travail. Il faudra alors donner aux
producteurs sous-payés des ''pays émergents'' du pouvoir d'achat afin que les
biens produits puissent être achetés...
Le capitalisme arrivera-t-il à un équilibre
mondial entre producteurs, consommateurs et investisseurs
d'une manière pacifique ? Rien n'est certain mais si on laisse le temps au temps
(bien que le monde soit de plus en plus pressé),
on peut toujours espérer. Si un nouvel équilibre mondial se fait sans
révolution, alors Marx se sera encore trompé. Pour l'heure il serait prématuré
de mettre définitivement au rancart les prophéties de Karl...
Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne
un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays.
[...] Les vieilles industries nationales ont
été détruites et le sont encore chaque jour...
Après Marx, bien des auteurs en reviennent ''aux vieilles idées'' d'Adam
Smith. Ce sont les néo-classiques qui vont accommoder la pensée libérale
aux circonstances du jour, voire frayer avec le socialisme, ce sera le cas,
entre autres, de Keynes.
6. Joseph Schumpeter (1883-1950)
Néolibéral, Schumpeter a
exposé ses idées en 1911 dans la ''Théorie de l'évolution économique ''.
Pour Schumpeter l'innovation est
le moteur de l'évolution du capitalisme, système éminemment
dynamique. Il
y a une lutte constante entre les anciennes façons de faire et les nouvelles,
ces dernières étant imposées aux consommateurs que l'on peut facilement
conditionner. On parle d'évolution par
la création destructrice.
Quelques exemples viennent à l'appui des idées de Schumpeter.
- Les bas nylon se sont substitués aux bas de soie et ont été adoptés par les
consommatrices. Ils n'avaient pas été demandés par l'aval !
- L'automobile a éliminé la traction animale sans qu'à aucun moment on ait
demandé quelque moyen de transport pour remplacer le cheval !
- L'avion à réaction a quasiment éliminé l'avion à hélice, sans que le
client ait demandé quoi que ce soit.
- La photo numérique est en train de remplacer la photo argentine sans aucune
demande préalable de la part du consommateur.
- Le crédit s'est substitué à l'épargne (qui est d'un autre
âge !). On
donne au consommateur l'illusion de la liberté en lui permettant d'acquérir
aujourd'hui ce qu'il paiera demain...
- L'obsolescence programmée très usitée en informatique permet d'exercer
sur le consommateur une frustration permanente génératrice d'une demande provoquée par
l'offre de bien des gadgets inutiles ... sauf à celui qui les produit.
Ainsi toutes ces transformations ne sont pas venues des clients mais ont été
imposées en amont. Une dictature économique particulièrement perverse
est évidente car elle donne à l'individu, de plus en plus isolé, un
semblant de pouvoir entretenu par le fameux ''le client est roi'' qui
n'est qu'une illusion qui croît avec la pensée moutonnière du ''tout le monde
le fait, fais-le donc ''. La '' main invisible '' d'Adam Smith
serait-elle une main d'acier mue par le profit dans le gant de
velours de la publicité mensongère ?
7. John Maynard Keynes (1883-1946)
JM.Keynes a exprimé l'essentiel de sa pensée dans ''
Théories
générales de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie
''
(1936).
Keynes, bien qu'adepte du capitalisme libéral (On le classe dans
les néo-classiques) est partisan d'une
intervention de l'État pour
relancer l'économie. L'État doit mettre en œuvre des grands travaux
quand les signes prémonitoires d'une crise se font sentir
(Ex: baisse de la
consommation d'où risque de chômage). Bien que Keynes n'ait pas encore publié
son traité général de l'emploi, il était partisan des grands travaux de la ''
Tennessee Valley Authority '' mis en chantier par Roosevelt à la suite de la
crise de 1929. Pour Keynes il faut relancer l'économie en augmentant la
demande en aval et c'est bien pour cela que, si nécessaire, l'État doit créer de
l'emploi pour donner du pouvoir d'achat. Par contre, pour Keynes
l'épargne est néfaste car elle freine la consommation. Pour monnayer les
grands travaux de l'État il ne faut pas avoir peur d'un déficit et de
l'inflation que l'on pourra juguler ensuite par les
taxes et les impôts des
consommateurs plus nombreux puisque l'on a retrouvé du travail. Keynes tout en
étant attaché à la propriété privée des moyens de production est à
l'origine d'un certain État providence...
'' on ne voit aucune raison évidente qui justifie un
socialisme d'État embrassant la majeure partie de la vie économique de la
communauté. l'État n'a pas intérêt à se charger de la propriété privée des
moyens de production. ''
En fait Keynes est pour un capitalisme
social, à ne pas confondre avec la social-démocratie dont le but
ultime est la disparition progressive de l'État, sans révolution. Les
''recettes'' de Keynes ont été largement utilisées en France pendant les
trente
glorieuses (1945-75). Les pays de l'Europe du nord ont également largement eu
recours aux idées de Keynes. La Suède, la Norvège, le Danemark sont des démocraties de
capitalisme social et
non des social-démocraties. Alors que la social-démocratie
telle que la concevaient les Allemands de la seconde moitié du XIX devait
arrivée, comme le ''socialisme scientifique'' à une
disparition de l'État et à l'avènement du communisme mais par une
voie pacifique, le capitalisme social accommode le
capitalisme tout en le conservant. Dans les pays de l'Europe du nord, par
exemple, la nationalisation des grandes compagnies n'est pas au programme, même
sur le long terme. On se contente de redistribuer par
l'impôt ce qui permet une certaine justice sociale
avec des services publics décents.
Malgré le premier choc pétrolier
(1973) et bien que les trente glorieuses soient terminées, la France a continué
d'appliquer les théories de Keynes jusqu'à la fin des années 1970, ce qui a eu pour effet de
creuser le
déficit sans enrayer le chômage.
Certes, l'épargne des particulier (et des institutions), peut freiner la consommation,
elle peut aussi être utilisée dans l'investissement et non pour combler le
déficit. Le déficit est un cautère sur une jambe de bois auquel les
politiques ont trop souvent recours par couardise, pour masquer la vérité aux
citoyens.
L'inflation est une sorte d'impôt qui n'a pas à être voté par le
parlement; elle mine le moral et permet aux emprunteurs et notamment à l'État de
voler le prêteur.
Grande est la tentation pour un État de se ''droguer''
à l'inflation pour oublier l'inadéquation qui existe entre le budget voté
et le bilan suivant ! Le déficit de l'État est un très mauvais exemple
pour les ménages qui prennent l'habitude de boucler leur budget par l'emprunt.
Le crédit est une ''drogue légale'' des ménages.
Ce qui est évident c'est que JM. Keynes est un libéral très particulier qui
n'hésite pas à adopter certaines idées ''socialisantes'' au risque d'apparaître
comme un hérétique aux yeux des libéraux purs et durs car il ne croit guère aux
vertus quasi transcendantes de la main invisible aiguillonnée par la
concurrence.
''La concurrence exacerbée conduit au mauvais équilibre, l'équilibre bas,
équilibre de
déflation* et de sous-développement, alors qu'un protectionnisme
intelligent, à défaut d'une politique coordonnée au niveau mondial, enrichira et
apaisera le monde."
Déflation: diminution de
l'activité économique avec baisse des prix et augmentation du chômage
8. Milton Friedman (1912-2006)
Milton Friedman revient à la ''
pensée classique '' d'Adam Smith et critique très durement Keynes qui tend beaucoup trop vers une
sorte de crypto-socialisme néfaste. Pour Friedman une politique de
'' laisser faire '' est de loin préférable à
l'intervention de l'État dont les décisions risquent d'être prises par des
bureaucrates corporatistes, irresponsables et souvent incompétents. L'inflation
est à bannir et Friedman qui est un monétariste considère que la monnaie
est une denrée comme une autre qui doit subir le marché, sans intervention de
l'État.
" Un
système de
taux de
change
flexibles ou
flottants - de
taux de
change librement déterminés sur un
marché libre, essentiellement par le biais de
transactions
privées, et comme tout autre
prix de
marché, à même de varier au jour le jour - est
absolument essentiel à l'accomplissement de notre
objectif
économique fondamental, l'émergence et l'instauration
durable d'une
communauté mondiale
libre et
prospère, pratiquant un
commerce
multilatéral sans
restrictions. Il n'existe pas de secteur de la
politique
économique
internationale dans lequel le
système de
taux de
change
fixe ne crée pas de difficultés sérieuses et
inutiles."
Milton Friedman appartient à l'École de Chicago qui a été une source
d'inspiration pour Richard Nixon, Ronald Reagan, Margaret
Thatcher et Augusto Pinochet. Milton Friedman est un libéral de
droite partisan d'une économie de libre entreprise régulée par la
concurrence et non entravée par l'État dont il craint les actions
parasitaires. Avec Friedman on est en rupture avec le capitalisme social qui
admet une certaine intervention de l'État.
Pour les libéraux de droite une redistribution des richesses se fait
naturellement sans oublier toutefois que pour qu'une redistribution se fasse il
faut, avant tout, une création de richesse.
Pour les libéraux de
gauche dont le chef de file est Keynes, l'État doit intervenir
dès que les symptômes d'une crise se font sentir; pour eux la '' main
invisible '' n'est qu'une plaisanterie et l'on ne doit pas se soumettre au
marché sans agir. Les libéraux de gauche sont partisans d'un certain
volontarisme de la part de l'État, cette tendance nous amène au
capitalisme social, imparfait certes, mais qui a le mérite d'exister dans la
plupart des pays de l'Europe occidentale et de l'Europe du nord.
Que le systèmes soit socialiste ou
social démocrate ou capitaliste plus ou moins temporisé par l'État, une chose
est certaine, l'énorme surtravail à très bon marché que nous avons puisé dans
les énergies fossiles en voie d'épuisement n'a pas été réparti équitablement
entre ''les citoyens du monde''. La seule chose qui a vraiment été distribuée
équitablement, c'est la pollution ... On a du mal à croire à la bonté naturelle
de l'homme et à son altruisme...Adam Smith avait raison de considérer que
l'égoïsme est le moteur de l'activité humaine par contre peut-être
avait-il tort de
s'imaginer qu'une main
invisible allait nous conduire à un monde juste et prospère...
©
Les Fiches à Berca. Dernière mise à jour 25/10/2009
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