Les Fiches à Berca (FAB)
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Fiche 2 |
Otto von Bismarck,
génie politique
1815-1898
(En politique active de 1862 à 1890)
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Sources
Antiportraits. Alain Minc. Ed: Gallimard 1996
L'Histoire. Malet et Isaac. Ed: Marabout. 1995 (Réédition)
Europe Reshaped, 1848-1878. J.A.S. Grenville. Ed: Fontana/Collins 1976)
Bismarck.
Constantin de Grunwald. Ed: Albin Michel, 1949
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1. L’unification de l’Allemagne Conclusion |
Bien
avant de devenir chancelier
de Guillaume 1 er
(un
Hohenzollern), Bismarck s’était fixé pour objectif de
réaliser l’unification de l’Allemagne
sous la coupe de la
Prusse en excluant
l’Autriche. L’Allemagne imaginée par Bismarck
n’était pas une entité fumeuse et imprécise s’enlisant à l’est dans des
territoires mal définis, mais une Allemagne, dense, homogène, bien circonscrite,
formant un noyau dur au centre de l’Europe. Bismarck parvint à ses fins de son
vivant en faisant de Allemagne la première puissance continentale sur le plan militaro-industriel et le pays le plus avancé du monde dans le domaine
social. Jusqu'au début du XVIII è siècle, qui se serait imaginé que l'unification de l'Allemagne se ferait sous
la coupe d'un
Hohenzollern alors que la vieille
famille des
Habsbourg avait toujours essayé d'inclure dans son empire les peuples de langue allemande? Ainsi va l'Histoire: rien n'est inscrit,
le futur ne peut être déduit du passé...
1. L’unification de l’Allemagne
Pour atteindre son objectif Bismarck a eu recours à trois guerres courtes, bien préparées, dont il est sorti victorieux et pour chacune desquelles il s’était fixé un objectif
précis.
- Contre le Danemark en 1864
pour intégrer les populations allemandes du
Schleswig et du
Holstein dans un
ensemble allemand. À l’Autriche, qui pour cette guerre avait été l’alliée de la
Prusse, fut confiée l’administration du Holstein ; la Prusse s’occupa du
Schleswig.
- Contre l’Autriche afin de dissuader les
Habsbourg de prendre la tête de l’unification allemande. Après la victoire
de Sadowa (1866), Bismarck
invite l’Autriche, dont il sait qu’il aura besoin, à
se développer vers l’Est. En
1867 est créée
l’Autriche-Hongrie dont le souverain est
François-Joseph lequel restera à la tête de l’empire jusqu’à sa mort en 1916. Bismarck
avait vite compris que toute extension de l'Autriche vers l'Est contribuerait à
la longue à son affaiblissement.
Dès 1866 la Prusse devient la
Confédération de l’Allemagne du Nord
, territoire d’un seul tenant; désormais le
Hanovre, le
Holstein et le
Schleswig relient la
Poméranie et le
Brandebourg à la
Westphalie. Restait à
rallier les états du sud :
Bavière,
Wurtemberg,
Bade, à majorité
catholique. Un seul
moyen selon Bismarck : réveiller la tendance anti-française des populations de
ces pays qui avaient été envahis par les Français à plusieurs reprises au cours
de leur histoire. Bismarck réalisa une alliance défensive avec les états du sud
et mit
Napoléon III
dans la position de l'agresseur en le forçant ou presque à déclarer la guerre
à l'Allemagne grâce à la dépêche d'Ems
, dépêche que Bismarck avait falsifiée. L'Allemagne étant attaquée devait donc se
défendre . . .
- Contre la France
(1870). Cette guerre aboutit à
la proclamation de l’Empire allemand
( le deuxième Reich -1871/1918 -)
le 18 janvier 1871 au château de
Versailles. L’unification de l’Allemagne s’est donc réalisée en dernier ressort contre la France.
Notons que Bismarck avait quelques réserves concernant l'annexion de l'Alsace et
du Nord-Est de la Lorraine, par contre, nombreux étaient les Allemands qui
considéraient ces acquisitions comme une protection contre les envahisseurs
Français qui avaient très souvent traversé le Rhin. La paix fut signée à Francfort le 10 mai 1871
bien que la majorité des militaires et notamment
Moltke aient été pour une continuation de la
guerre afin d'exterminer la France considérée comme le mal absolu qui
avait entravé pendant plus de deux siècles l'unification de l'Allemagne.
Rappelons en effet que la France, par le traité
de
Westphalie
(1648),
oeuvre posthume de
Richelieu, avait scellé la parcellisation
de l'Allemagne et ainsi évité l'édification d'une grande puissance au centre de
l'Europe.
Les trois guerres conduisant à l’unité allemande ont été somme toute peu
meurtrières quand on les compare aux guerres napoléoniennes, à la guerre de
sécession américaine (600 000 morts) ou à la future guerre de 14. La jeune
Allemagne de 1871 était fondamentalement
prussienne d’où,
pendant longtemps,
l’importance de l’armée
dans la mentalité allemande; notons enfin que les Hohenzollern, comme la
majorité des Prussiens, étaient
protestants.
2. L’Allemagne leader dans le domaine social.
Durant l’ère bismarckienne, l’Allemagne connaît un énorme développement
économique; son industrie devient la plus importante de l’Europe continentale
(charbon, acier, textile, produits chimiques); on assiste à la construction d’un
réseau ferroviaire
relativement dense, à l’accroissement de l’activité des
ports
(Kiel et
Hambourg notamment) à la construction de nombreux
canaux
et
d’une importante
flotte de guerre.
Cette poussée industrielle génère un
prolétariat qui
bientôt s’organise en syndicats autour de Bebel
et
Liebknecht qui fondent
le
parti social démocrate
allemand en
1869.
Ferdinand Lassalle adhère à ce
parti et
lance l'idée d'une transformation progressive de la société sans
révolution (1875); les
marxistes condamnent cette nouvelle manière de voir. Bismarck, confronté
aux revendications des travailleurs lâche progressivement du lest ce qui a pour
effet de couper l'herbe sous le pied des
sociaux démocrates et
de faire de l'Allemagne, dès 1890, le pays le plus avancé du monde
dans le domaine de la législation sociale:
Assurance maladie
(1882),
assurance accident
(1884) et
assurance vieillesse
(1889) laquelle proposait une retraite à 65 ans,
un âge qui, à l'époque, était atteint que par une minorité de travailleurs. Les
primes d' assurances étaient payées par les travailleurs et les employeurs; l'État
contribuait à l'assurance vieillesse en puisant ses ressources financières dans
les
taxes sur les alcools,
le tabac et le sucre ainsi que dans les redevances
que les provinces (qui collectaient les impôts directs) versaient au pouvoir central.
Bismarck a bien compris qu'il était préférable de faire des réformes plutôt que
d'attendre une situation explosive qui risquait d'amener une révolution
violente, dangereuse pour le gouvernement et pour les travailleurs.
3. A partir de 1871 : Bismarck le pacifiste
Bismarck s’efforce d’isoler la France où règne un esprit de revanche dont il a peur. Il établit
des alliances avec les puissances conservatrices :
Autriche et
Russie et parvient ainsi à maintenir la paix jusqu’à son départ
(1890) et même jusqu’à sa mort
(1898) tout en sachant très bien que l’équilibre qu’il a établi est particulièrement
fragile. Rappelons que c’est poussé par Guillaume Ier et par le clan des militaires que l’Allemagne a finalement annexé l’Alsace et une partie de la Lorraine. Pour
ce qui est de ces annexions, Bismarck ne partageait guère l'enthousiasme des
militaires car il avait très bien compris qu'il y avait
là une cause de conflit qui fragilisait le maintien de la paix entre la France
et l'Allemagne. À la différence de Napoléon, Bismarck n'était un drogué ni de la
conquête ni de la gloire.
4. L’œuvre posthume de Bismarck
- En 1918, l’Allemagne, bien qu’il y ait eu une
république des soviets en Bavière, ne bascula pas dans la révolution bolchevique. Le prolétariat avait amélioré sa condition grâce aux sociaux-démocrates et à Bismarck
qui avait su lâcher du lest.
Les travailleurs ne voyaient pas très bien ce qu’ils pourraient gagner d’un bouleversement radical qui remettrait leurs acquis en question d’où l’échec de
Rosa Luxembourg et de
Karl
Liebknecht, leaders du
mouvement
spartakiste qui n’arriva pas à rallier
les masses à leur cause.
- Si les conditions des ouvriers allemands ne s’étaient pas améliorées on peut
penser alors qu’un mélange explosif constitué par un prolétariat appauvri et une
minorité de capitalistes enrichis aurait peut-être conduit à une révolution
comme l’avait prévu Karl Marx
qui ne semble pas s’être soucié de la transformation sociale qui se produisait
sous ses yeux (Marx est mort en 1883). On s’aperçoit que la condition humaine
peut être améliorée autrement que par la révolution; notons enfin que
Ferdinand Lassalle, en
s’opposant à
‘’ la loi d’airain des salaires ’’
selon laquelle lesdits salaires doivent ne permettre que ce qui est nécessaire à
la
survie
de l’ouvrier, a pressenti que tout
producteur devait
être aussi un
consommateur.
Idée reprise plus tard par
Henry Ford.
Il est intéressant de faire remarquer que deux autres réformes ayant contribué à
l'amélioration de la condition humaine ne sont pas le fruit d'une activité
révolutionnaire: l'abolition du servage en Russie
(1861) et l'abolition de
l'esclavage aux EU (1865). L'abolition du servage
en Russie (1861), sous Alexandre II, est venue d'en haut, ce qui n'a pas empêché
Alexandre II d'être assassiné vingt ans plus tard ! Ce sont les blancs du
nord industrialisé qui ont été, pour des raisons essentiellement commerciales, à l'origine de
l'abolition de l'esclavages aux EU. Les noirs n'ont pas fait de révolution.
- On peut reprocher à Bismarck de n’avoir pas préparé les Allemands à la
démocratie d’où la tendance de s’en remettre à un sauveur qui gouverne d’une
manière dictatoriale. Bismarck a-t-il une responsabilité dans l’arrivée au
pouvoir de
Hitler? Ce n’est pas
impossible mais il ne faut pas oublier toutefois que les alliés, vainqueurs en
1918, ont ‘’oublié’’ d’envahir l’Allemagne et, par suite, de faire prendre
conscience au peuple allemand qu’il avait été vaincu, d’où très vite l’idée du
mythe du
‘’coup poignard dans le dos’’.
Une propagande bien orchestrée par les milieux antidémocratiques ne tarda pas à
faire croire que les Juifs
et les socialistes
avaient trahi l’Allemagne! De plus, l'intransigeance de Clemenceau
et les idées peu réalistes de Wilson,
qui ne comprenait pas la complexité de l’Europe, n'ont pas contribué à
l'établissement d'une paix durable. Enfin Bismarck n'avait rien d'un antisémite,
n'oublions pas qu'en 1869 il avait décidé d'accorder aux Juifs une citoyenneté
pleine et entière.
5. Bismarck : portrait rapide
Bismarck, remarquable politique était un homme très cultivé, polyglotte
(il parlait français, anglais et russe, tout en ayant une base solide en latin), d’une grande sensibilité vis-à-vis de ses proches, ce qui ne l’empêchait pas d’être souvent cynique. Bismarck était un
autocrate, peu porté à
la démocratie et très suspicieux à l’égard des discours comme le révèle cette
déclaration souvent citée :
‘’Les grandes questions de notre temps ne seront pas résolues par des
discours ou des majorités….. mais par le fer et le sang ‘’.
C’est de cette déclaration qu’est né le mythe d’un Bismarck brutal et guerrier
alors que dans les faits les guerres dont Bismarck est responsable sont beaucoup
moins meurtrières que celles de la
Révolution et de
Napoléon bien que ce dernier soit demeuré au pouvoir beaucoup moins longtemps ! Pour Bismarck la guerre n’était ni une fin ni une entreprise vouée à la gloriole mais toujours un moyen au service d’une politique bien définie. Bismarck n’avait guère apprécié son court passage dans l’armée prussienne.
Bismarck a séjourné de nombreuses fois en France dont il appréciait la culture ce qui ne l’empêchait pas d’avoir une piètre opinion des Français comme l’atteste ce jugement :
'' On peut leur donner des coups de bâton
pourvu qu'on leur fasse des discours sur la liberté et la dignité’’.
Bismarck tout en ayant conscience de sa valeur n'avait rien d'un mégalomane,
il ne se faisait pas d'illusion sur la nature humaine mais savait que lui aussi
était limité dans son action politique:
'' Ma tâche consiste à observer les courants
de l'Histoire et à y diriger ma nef, comme je peux. Quant aux courants
eux-mêmes, je ne peux pas les diriger et encore moins les faire naître ''
On peut considérer Bismarck comme le plus grand homme d’état du XIX è siècle
(En
Occident, y a-t-il eu plus grand homme d'État que lui au XX è ??) tout
en se posant quelques questions sur l’intérêt de son œuvre, à savoir: l’unification de l’Allemagne.
En quoi une Allemagne unifiée a-t-elle été bénéfique :
- aux Allemands eux-mêmes ?
- aux autres peuples de l’Europe et du monde ?
Le génie germanique n’a pas attendu l’unification allemande pour se manifester.
Bach, Mozart, Beethoven,
Kant, Hegel,
Goethe, Clausius, et tant d’autres n’ont pas eu besoin d’une Allemagne unifiée pour produire des œuvres de portée universelle. Les deux guerres mondiales du XX
è siècle auraient-elles eu lieu avec des Allemands gentiment répartis dans de
multiples États ? Comme disait
François Mauriac :
‘’ J’aime tellement
l’Allemagne que je préfère qu’il y en ait plusieurs’’.
Grande est la tentation d’en arriver à affirmer :
‘’ c’est la faute à Bismarck’’. En fait, l’Histoire n’est pas linéaire, les effets et les causes y sont
tellement imbriqués qu’il est difficile de savoir ce qui se serait passé si . .
.
Une chose est certaine, ceux qui ont pris les rênes de l'Allemagne après la
chute de Bismarck, à commencer par
Guillaume II,
étaient loin d'avoir son génie politique . . . On ne rencontre pas des Bismarck
à tous les coins de rue de l'Histoire...
Tout ceci n’enlève rien aux qualités remarquables de Bismarck et il faut bien insister sur le fait fondamental suivant : il y a peu d’hommes politiques qui ont des projets clairs nets et précis, il y en a
très peu qui les réalisent, et il y en a encore moins qui savent mettre un terme à leurs ambitions quand ils ont atteint leurs objectifs. Contrairement
à Napoléon pour qui la guerre était avant tout source de gloire, Bismarck a fait
sienne la pensée fondamentale de
Clausewitz, lui aussi Prussien:
''La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens''.
La guerre comme moyen et non comme fin !
Bismarck peut être considéré comme un véritable génie politique, sans conteste le plus
grand homme d'État du XIX è siècle pour ce qui est du monde occidental; peu
habité par l'esprit démocratique, le vocable de
''despote éclairé''
ne s'appliquerait-il pas mieux à lui qu'à
Frédéric II ?
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© Les Fiches à Berca. Fiche le 16/08/20093
Hohenzollern
Famille prussienne dont l'influence a été longtemps
limitée au nord des territoires germaniques. C'est surtout à partir de
Frédéric II qui a régné sur la Prusse de 1740 à 1786 que les Hohenzollern acquièrent une certaine importance en Europe.
Rappelons que Frédéric II est souvent cité comme l'exemple même du
''despote éclairé'' c'est-à-dire comme un souverain autoritaire qui puise
dans la raison et dans les ''lumières'' (diffusées par les philosophes du XVIII è siècle et notamment par
Voltaire) les
savoirs et toute la sagesse nécessaires au bonheur de son peuple. Frédéric II, comme bien d'autres, était plus despote qu'éclairé !
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Guillaume 1 er
Fils de Frédéric-Guillaume III, Guillaume I er
était un Hohenzollern; c'était un petit-fils de la reine Victoria
par sa mère (prénommée également Victoria); il a succédé à son frère
Frédéric Guillaume IV, (devenu fou) tout d’abord comme régent (1858) puis
comme roi de Prusse. Très marqué par l’armée pour laquelle il avait un
véritable culte et très travailleur il avait des capacités intellectuelles
limitées mais a toutefois compris l’intérêt de mettre Bismarck à la tête
de l'État.
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Habsbourg
Une des plus anciennes dynasties d’Europe (Charles Quint était un Habsbourg) qui régna jusqu’en 1918
(année de
la dislocation de l’empire d’Autriche-Hongrie, fondé en 1867). Au cours de
l’histoire les Habsbourg se sont souvent opposés aux rois de France,
notamment à François Ier (qui était un Valois) et à Louis XIV Bourbon par
son père mais Habsbourg par sa mère, Anne d’Autriche. Comme quoi, même le
fait d’appartenir à une même famille (et à une même religion, les Habsbourg et
les Bourbons étaient catholiques) ne nous épargne pas les guerres. . .
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2)
Sadowa
(13/07/1866)
En Bohème orientale ; victoire des Prussiens sur
les Autrichiens. L’Europe prend conscience de la puissance de l’armée
prussienne.
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Traité
de Wesphalie (1648)
Ce traité mit fin à la guerre de trente ans
(1618-1648) : commencée comme un conflit entre protestants et catholiques,
cette guerre se termina par une lutte entre l'Autriche et la France et par l’arrivée
d’un nouveau venu sur la scène internationale : la Suède. Le rêve
autrichien d’unir les peuples de langues allemandes sous la coupe des
Habsbourg s’effondre et l'Allemagne morcelée devra attendre plus de deux
siècles avant de faire son unité.
Le traité de Westphalie, souvent considéré comme l'œuvre posthume de
Richelieu (ministre de Louis XIII, Richelieu est mort en 1642) qui préférait
comme voisins, des allemands divisés en de multiples entités plutôt qu’un
seul État puissant et uni.
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4)
Le
mouvement spartakiste
Dès la fin de la guerre de 1914-18, une minorité
agissante se constitua et Karl Liebknecht ainsi que
Rosa Luxembourg prirent la
tête d’un mouvement révolutionnaire : le mouvement spartakiste (De
Spartacus, qui avait pris la tête d’une révolte d’esclaves en 71 av. JC).
Ce mouvement fut écrasé dans le sang du 7 au 12 janvier 1919 car il ne fut pas
suivi par la grande masse des travailleurs allemands qui s’était ralliée aux
sociaux-démocrates; nombreux sont ceux qui considéraient que l’amélioration
des conditions de vie des prolétaires devait se faire par des réformes et non
par la révolution.
(Retour 5)
Autriche-Hongrie
Issu de la fusion de l'Autriche (capitale
Vienne) et
de la Hongrie (capitale Budapest) l'empire d'Autriche-Hongrie fut créé en
1867
sous la coupe de François Joseph, un Habsbourg.
Bismarck ne voyait aucun inconvénient à ce que l'Autriche s'étende à l'est
car il savait très bien que la mosaïque de peuples (Serbes, Tchèques,
Slovaques, Polonais, Ruthènes etc) regroupés dans ce vaste ensemble
constituait une entité extrêmement difficile à gouverner; à la longue
l'Autriche serait affaiblie par l'hétérogénéité des peuples qui
constituaient le nouvel empire: '' Qui trop embrasse mal étreint !''. L' empire
Austro-Hongrois éclata en 1918. François Joseph mourut en 1916.
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6)
Dépêche d'Ems (Dépêche
publiée par les soins de Bismarck le 13 juillet 1870)
Guillaume I er était alors en vacances à Ems (Rhénanie-Palatinat)
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L' ambassadeur français a adressé à sa majesté le Roi la demande de télégraphier à Paris que le Roi, à tout jamais, s'engageait à ne plus donner son consentement si les Hohenzollern devaient revenir sur leur candidature. Sa Majesté alors a refusé de recevoir l'ambassadeur français et lui a fait dire par l'aide de camp de service qu'elle n'avait plus rien à lui communiquer. |
En fait Guillaume 1 er, avait retiré, à la demande de
Napoléon III, la candidature d'un Hohenzollern au trône d'Espagne qui en 1868
était devenu vacant à la suite du départ de la reine Isabelle II. Il avait
envoyé un télégramme à Napoléon III dans lequel il refusait, fort poliment,
d'abandonner pour toujours la candidature d'un Hohenzollern. Bismarck transmis
à la presse une dépêche falsifiée dont le ton était infamant pour la
France. Les Français sont ''tombés dans le panneau'' et pour des raisons
d'honneur ont déclaré la guerre à l'Allemagne du nord, alliée aux états du
sud. Ainsi, lesdits états devant combattre aux côté de l'Allemagne
allaient-ils être inclus dans l'empire allemand. Bismarck enfin allait
réaliser le projet de sa vie: l'unité de l'Allemagne sous la coupe prussienne.
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