Les Fiches à Berca (FAB)
|
Fiche 3 |
L’entre-deux-guerres
(11 nov.1918- 3 sept. 1939)
|
Sources |
1.
Les traités de l'immédiat après-guerre
2. Avril 1922 : Traité germano-soviétique de Rapallo
3. Octobre 1922 : Mussolini s’empare du pouvoir en
Italie
4. Octobre 1929-début des années trente :
La grande crise économique
5. Septembre 1931 : Le Japon envahit la Mandchourie
6. Janvier 1933 : Hitler s’empare du pouvoir en
Allemagne
7. Octobre 1935 :
Invasion de l’Éthiopie
par
Mussolini
8. Août 1936-octobre 1939 : La guerre d’Espagne
9. Mars 1938 : L’Anschluss
10. Septembre 1938-mars 1939 :
La fin de la Tchécoslovaquie
11. Septembre 1939 : L’invasion de la Pologne nous mène à la
guerre
12. Un
pacifisme aveugle et irresponsable contribue à la guerre
Introduction
L’entre-deux-guerres que l’on a tendance de plus
en plus à considérer comme une
trêve entre
les deux conflits mondiaux est parsemé d’évènements qui, progressivement, nous
mènent inexorablement
à la seconde guerre mondiale malgré les efforts louables de deux pacifistes
convaincus:
Aristide
Briand, ''Je
déclare la guerre à la guerre''!
(France) et
Gustav Stresemann
(Allemagne).
Avant d’envisager lesdits évènements rappelons le sinistre bilan de la guerre
de 1914-18 qui met fin au leadership de l'Europe dans le monde.
|
1914-18 |
Russie |
France |
G.B |
Italie |
USA |
Allemagne |
Aut.Hongrie |
Total par défaut |
|
Morts |
1,7 |
1,385 |
0,908 |
0,66 |
0,116 |
1,773 |
1,2 |
7,714 |
|
Blessés |
4,95 |
3, 044 |
2, 09 |
0,947 |
0,204 |
4,216 |
3,62 |
19,622 |
|
En millions (Quid 1999) |
||||||||
Bien des pays ne figurant pas dans ce tableau ont été également victimes de la
‘’Grande Guerre’’
ce qui porte le nombre de morts à près de
9 millions. Notons que ce sont surtout des hommes de moins de
30 ans,
paysans
pour la plupart, qui ont été victimes de l’hécatombe. Il est intéressant, quand on voyage en Europe et en France en particulier, de jeter un coup d’œil sur le monument aux morts qui se trouve dans chaque village et sur lequel sont inscrits les
noms de ceux qui ont été tués durant la guerre. Sur chaque monument la liste des victimes est longue et il n’est pas rare d’y lire
que plusieurs
d'entre elles appartiennent à une même famille. Parmi les nombreux
sacrifiés
il ne faut pas oublier les soldats des
troupes coloniales, morts pour une cause
qui n'était pas forcément la leur. Environ 80 000 musulmans ont participé
aux combats sur le sol français, souvent en première ligne
(Marocains, Algériens et Tunisiens).
Les
''morts au champ d'honneur''
des troupes coloniales sont à porter au
passif
de la colonisation.
Il faut noter que bien des soldats sont morts plusieurs mois, voire plusieurs années après la guerre, des suites de ce qu’ils avaient subi
(blessures, gazage, maladies infectieuses); ces victimes n’ont pas toujours été prises en compte dans les statistiques; les données chiffrées ci-dessus sont donc
inférieures à la
réalité. Il ne faut pas
oublier non plus tous ceux qui sont revenus amputés et/ou défigurés ce qui
rendait leur réinsertion dans la vie civile extrêmement difficile. Durant la guerre de 14-18 ce sont essentiellement les
militaires
(de métier et
mobilisés) qui ont fait les frais de la tuerie. La saignée de la ''Grande
Guerre'' a
accentué le déclin
démographique de la France d'où une forte
augmentation de l'immigration durant l'Entre-deux-guerres
(Italiens, Tchèques, Polonais, Yougoslaves, Espagnols, Russes) Ces immigrants se sont bien intégrés;
ils
avaient du travail, leur pays
d'origine n'avait jamais été colonisé par la France, ils n'avaient pas de
compte à régler avec le pays d'accueil...de plus, leur culture était
judéo-chrétienne et ils avaient envie de devenir Français.
Sans chercher à être exhaustif nous nous risquerons à envisager une dizaine d’étapes nous conduisant de la première à la seconde guerre mondiale.
1. Les traités de l'immédiat
après-guerre (Traité de
Versailles au sens large)
Les traités qui ont été signés juste après la guerre ont été englobés dans le
vocable ''traité de
Versailles'' bien qu'il y en
ait plusieurs, pas tous signés à Versailles. La plupart de ces traités
portaient déjà les germes de conflits à venir !
Dès la fin de la guerre les EU amorcent une
politique isolationniste qui se
traduit, entre autres, par une augmentation des tarifs sur les produits
importés, ce, dans le but de protéger les hauts salaires des travailleurs
américains; hauts salaires qui cohabitent avec un taux élevé de chômage ce qui
est en contradiction avec les théories marxistes....
Les traités, de
Versailles avec l’Allemagne
(28/06/1919); de
Neuilly, avec la
Bulgarie
(27/11/1919); de
Saint Germain avec l’Autriche
(10/09/1919); de
Trianon avec la
Hongrie
(04/06/1920) et de
Sèvres avec la
Turquie
(10/08/1921) aboutissent à la
dislocation de l’empire Austro-Hongrois
(fondé en 1867)
et de l’empire Ottoman; quant
à
l’empire Russe amputé de quelques territoires
(Finlande, Pays Baltes, une partie de la Pologne
)
il passe
sous le joug soviétique après des siècles de pouvoir autocratique.
La
Société des Nations
(SDN) créée le 10 janvier 1920 doit garantir la paix entre les nations. Rappelons que la SDN est une idée
du président
Wilson. En fait, pas plus les traités que la
SDN n’empêchent le ressentiment des vaincus et même de certains vainqueurs comme l’Italie qui considère que son
engagement aux cotés des alliés ne lui a rien apporté. Quant aux
Allemands
qui sont cependant admis dans la SDN en
1926, ils
pensent qu’ils ont été trahis. En effet, les alliés ont commis l'erreur de ne
pas
envahir complètement le pays avant d'en venir à la paix; nombreux étaient les
Allemands qui n'étaient pas conscients de leur défaite et qui accréditaient la
thèse du coup de poignard dans le dos qu'Hitler ne manquera pas d'exploiter.
Pour Hitler et ses acolytes
l'Allemagne a été vaincue à cause de la trahison perpétrée par les
Juifs et des
socialistes. En 1945, les alliés ne
répéteront pas la même erreur: 1918, Berlin est intact; 1945, Berlin est
rasé.
Le traité de Versailles qui veut que l’Allemagne soit l’unique responsable de la guerre 1914-18
ne résulte d'aucune discussion entre les protagonistes, seuls trois des
vainqueurs (France, Angleterre et EU) ont imposé leurs vues aux autres
belligérants d'une manière autoritaire. Le traité devient le
''diktat de Versailles'' et l’indemnité que les Allemands doivent payer à la France leur est intolérable (100 milliards de marks or). En perdant l'Alsace-Lorraine, l'Allemagne est
privée de 75% de son minerai de fer; de plus elle doit livrer aux alliés: 5 000
locomotives, 15 000 wagons, 25% de sa flotte de pêche
ainsi que tous ses navires de
plus de de 1 600 tonneaux (1 tonneau = 2,83 m3).
Notons également que les Hongrois ont été profondément frustrés puisqu'ils ont perdu la Transylvanie qu'ils ont dû abandonner à la Roumanie
ainsi que la Slovaquie qui contribua à former la Tchécoslovaquie.
Les soviets n’ont pas signé le traité de Versailles et le congrès américain, à majorité républicaine en 1919, est devenu
isolationniste; il a refusé que les États-Unis fassent partie de la
Société des Nations pourtant voulue par Wilson alors président des EU. En bref, ni l'URSS, ni les États Unis ont fait
partie de la SDN.
2.Traité germano-soviétique de Rapallo
(16/04/1922)
Les Soviétiques ne demandent à l’Allemagne aucune réparation; ils établissent
des liens commerciaux et militaires avec la jeune
République de Weimar. Désormais les Allemands,
notamment les aviateurs, pourront aller s’entraîner en URSS et entretenir ainsi
une armée ce, en complète contradiction avec le traité de Versailles
(non signé par l'URSS) qui interdisait à l'Allemagne la reconstruction d’une armée.
Sous couvert de collaboration commerciale,
des usines allemandes d’armement sont construites sur le territoire
soviétique.
Jusqu’en juin 1941, grâce au
traité de Rapallo, non dénoncé par les Soviétiques en janvier 1933 lors de la prise de pouvoir par Hitler, les Russes ont fourni des matières premières essentielles à l’armée allemande. La
collaboration Hitler Staline est donc bien antérieure au pacte germano-soviétique d’août 1939, elle remonte à l’accession au pouvoir de Hitler. Étant
donné la similitude des deux systèmes politiques on peut considérer que
l'association hitléro-stalinienne était une alliance quasi naturelle.
3. Octobre 1922: Mussolini s’empare du pouvoir en Italie.
L’installation d’un gouvernement fasciste en Italie constitue une première brèche dans l’ensemble démocratique des vainqueurs. Les Italiens et
Mussolini en particulier,
frustrés de ne pas avoir
reçu la Dalmatie pour les services rendus dans la guerre contre l’Allemagne vont chercher ailleurs un moyen de faire une nouvelle
Italie à l’image de la Rome antique . . .
4.L'inflation en Allemagne
puis la crise économique
d'octobre 1929.
L'inflation de l'immédiat après guerre a créé en Allemagne une véritable crise
économique et morale. De nombreux petits bourgeois qui ont peur de basculer
dans le prolétariat deviennent de plus en plus réceptifs aux idées de
l'extrême droite.
|
Valeur de 1 U$ |
1914 | 1919 | Début 1921 |
(Juillet) 1923 (Octobre) |
Les chiffres ci-contre donnent une
idée de la catastrophe, notamment pour les petits épargnants qui ont vu leur
pouvoir d'achat réduit à zéro. |
| en marks | 4,5 | 8,5 | 45 |
353 000 25 milliards! |
Le jeudi noir
(24 octobre 1929), à New York, se produit
une chute des cours de la bourse après une période de spéculation sans
précédent. Une panique s'installe et on assiste à une
perte rapide de pouvoir d’achat
d’où une impossibilité de vendre tout ce que l’on produit. Cette crise
économique entraîne le
chômage
(16 millions de chômeurs aux EU);
les Américains continuent de faire confiance au
système, mais à l'extérieur des EU, le capitalisme,
dont les difficultés avaient été prévues par les marxistes, est très critiqué.
La crise se propage au tout début des années trente dans les pays
industrialisés, notamment en Allemagne. L’opinion publique bascule à gauche ou
carrément à droite à la recherche du sauveur charismatique qui saura sortir le
peuple de l'abîme. Les marxistes ont évidemment adopté la thèse selon laquelle
la crise serait directement responsable de l’arrivée de Hitler au pouvoir.
Aujourd’hui on considère cette façon de voir comme un peu simpliste. Mussolini,
(que Hitler, à ses débuts, prenait pour modèle)
n’a pas eu besoin de la crise de 1929 pour arriver au pouvoir. De
plus l'absurbe traité de Versailles portait tous les germes d'une guerre future.
L'histoire marque la mentalité d'un peuple; les Allemands ont une véritable
obsession de l'inflation, peut-être est-ce pour cette raison qu'aujourd'hui ils préfèrent voir le siège de la banque
européenne à Francfort plutôt qu'à
Paris ou à Rome . . .
Remarque:
Bien que la crise de 1929 ait engendré pauvreté et misère, il faut noter que le
New Deal
amorcé par Franklin
Roosevelt en 1933 a permis une
reprise rapide de l'activité économique et une nouvelle confiance
dans le système capitaliste. Si l'on compare aux conditions effroyables que les Russes
ont connues lors de la
dékoulakisation au tout début
des années 30 (Entre autres,
4 millions d'Ukréniens morts d'une
famine provoquée par Staline),
les méfaits de la crise de 1929 sont tout à fait mineurs.
Jusqu'à la fin des années cinquante, la plupart des livres d'histoire du
secondaire français se gardaient bien de faire de telles comparaisons !!.
L'influence des communistes et de leurs sympathisants (compagnons de route !) se
traduisait par une véritable
sacralisation du monde
soviétique...Il
faut bien reconnaître qu'en France, et ce malgré la
chute du mur en 1989, règne
encore un certain soviétisme latent qui, au travers de grèves beaucoup plus
politiques qu'économiques conduit à une sorte de crypto totalitarisme fort peu
démocratique.
5. Septembre 1931: Le Japon envahit la Mandchourie
Cette invasion est accompagnée d’une
condamnation purement verbale
par la SDN. Aucune sanction n’étant prise, la SDN perd sa crédibilité. Un état
est créé, le
Mandchoukouo, qui persistera jusqu'en 1945. L'impérialisme
japonais, non contré, donne des idées aux dictateurs en puissance . . .
6. Janvier 1933: Hitler s’empare du pouvoir en Allemagne
|
Députés élus démocratiquement |
|||
| Partis politiques | Nov.1932 | Mai 1933 | La prise du pouvoir par Hitler en janvier 1933 est le fait, entre autres, de l'absence d’unité de la gauche. |
| Communiste | 100 | 81 | Thaelman, leader communiste à la solde de Moscou, ne veut rien savoir d'un front uni avec les sociaux-démocrates ce qui facilite grandement la montée du parti national-socialiste (Nazi), dévoué à Hitler. |
| Sociaux Démocrates | 121 | 125 | En novembre 1932, si les sociaux-démocrates, les communistes et le Parti du centre avaient été unis, ils auraient été majoritaires. Staline ne voulait pas de cette union. Encore un fait qui révèle la collusion hitléro-stalinienne. |
| Démocrate | 2 | 5 | Il faudra attendre 1936 pour que Staline tolère l'alliance socialo-communiste qui, en France, mènera au Front populaire. Une alliance qui d'ailleurs sera de courte durée |
| Centre | 70 | 74 | A History of Civilisation (Crane Brinton. NJ. 1971) page 1005 |
| Parti du peuple | 11 | 2 | |
| Nationaliste | 51 | 52 | |
| Nazi | 196 | 288 | |
Remarque: Le national-socialisme de Hitler est, par essence, contradictoire puisque le socialisme est internationaliste !
Dès 1935 Hitler rebâtit une puissante armée; un peu
plus tard il remilitarisera la Rhénanie,
au vu et au su de tous en violant ouvertement le traité de Versailles. La SDN de
même que la France et l’Angleterre s’en tiennent à des condamnations verbales.
La plupart des historiens considèrent qu’en 1935 il était cependant encore
possible de tuer le monstre dans l’œuf au moyen d’une action militaire.
Les lois de Nuremberg
de septembre 1935 définissent
comme juif tout individu qui a au moins un de ses grands-parents juif.
Les juifs sont privés de la nationalité allemande et ne
peuvent se marier qu’entre eux. La plupart des
emplois leur sont interdits. Hitler n'avait pas attendu ces lois pour ouvrir les
premiers camps de concentration
puisque Dachau date de
mars 1933; ils
sont cependant postérieurs aux premiers goulags soviétiques qui remontent à
avril 1919; il est vrai que des camps de travail existaient déjà sous les tsars.
7. Octobre 1935: invasion de l’Éthiopie par Mussolini
Mussolini envahit l’Éthiopie pour constituer un empire colonial.
Haïlé Sélassié, empereur d’Éthiopie proteste et
demande à la SDN (dont l’Éthiopie est membre)
d’intervenir. Une fois de plus il
n’y a que des protestations verbales. L’Allemagne, le Japon et l’Italie se
retirent de la SDN.
8. Août 1936-octobre 1939: La guerre d’Espagne.
D'une manière un peu caricaturale, on peut dire que la guerre d’Espagne fut une guerre civile entre
une droite autoritaire et oligarchique et une gauche plutôt démocratique et républicaine.
|
Droite |
Gauche |
|
Authentiques fascistes |
|
On considère que la guerre d’Espagne a été une sorte de
répétition générale de la seconde guerre mondiale.
Les Allemands, et en particulier leur aviation
(légion Condor)
ont pu s’exercer dans des conditions réelles de guerre. Ce sont des Allemands
qui ont perpétré le bombardement de
Guernica en 1937
dans
le Pays Basque espagnol. Les Soviétiques ont envoyé quelques blindés mais ont tout fait pour entraver l’action des
anarchistes et des
socialistes et pour faire la chasse aux
trotskistes du POUM si bien
qu’aucune unité des forces de gauche n’a été
possible. Le manque d'unité de la gauche avait
permis l'arrivée au pouvoir de Hitler, la gauche recommence la même erreur avec
Franco !
Notons qu’en mai 1937, les anarchistes et les communistes se sont entretués dans les rues de Barcelone. Les Soviétiques voyant la partie perdue ont abandonné l’Espagne dès 1938,
non sans avoir fait payer leur intervention puisque l'Espagne a dû leur livrer
510 tonnes d'or (Cf. La guerre d'Espagne d'Antony Beevor.
Calmann-Levy. 2006).
Franco
a fini par l’emporter et à établir une dictature
(1939) qui allait durer jusqu’en 1975. Dès la fin de la guerre, Franco a pris ses distances vis-à-vis de l’Allemagne et de l’Italie et a su demeurer neutre dans le second conflit mondial. À
la différence de Mussolini, Franco est mort dans son lit... et est encore vénéré
par une partie du peuple espagnol comme en témoigne la basilique Santa
Cruz del valle de los Caídos (la vallée de ceux qui sont
tombés)
près de Madrid
où les sépultures de
Franco
et d'Antonio de Ribera, fusillé en 1936 par les
Républicains, sont régulièrement fleuries.
La guerre d’Espagne a fait
cinq cents mille morts;
quatre cents mille Espagnols ont quitté leur pays, beaucoup d'entre eux se sont
établis en France où, pas toujours très bien accueillis, ils se sont cependant
remarquablement intégrés.
9. Mars 1938: L’Anschluss
L’Anschluss, c’est le
rattachement de l’Autriche à l’Allemagne. Par cette
union l’Allemagne gagnait
six millions d’habitants de langue allemande.
Il faut noter que, immédiatement après la guerre,
les Autrichiens avaient demandé leur rattachement à
l’Allemagne ce qui leur avait été refusé car le
traité de St Germain
interdisait une telle intégration. Le chancelier
Dollfuss, qui ne voulait pas que son pays passe
sous le joug allemand avait établi en Autriche un régime autoritaire fortement
nationaliste. Hitler fit assassiner Dollfuss
en août 1934 tout en continuant
d’entretenir des agents pronazis en Autriche ce qui eut pour effet d’induire les
Autrichiens à devenir Allemands. L’Anschluss fut bien accueilli par la majorité
des Autrichiens.
10. Septembre 1938-mars 1939: la fin de la Tchécoslovaquie
Le démembrement de l’empire austro-hongrois
(et de l’empire ottoman)
avait conduit à une mosaïque d’états nouveaux, dans certains desquels
coexistaient des peuples de langues et de religions différentes. En
Tchécoslovaquie
cohabitaient, entre autres, des
Tchèques, des
Slovaques, des
Hongrois
et, dans la région des
Sudètes
une
forte minorité allemande
qui considérait les autres ethnies comme inférieures. Les
Allemands des Sudètes n’eurent aucun effort à faire
pour se laisser convaincre par les agents nazis du bien fondé de leur
rattachement à l’Allemagne. En septembre 1938, à
Munich,
Hitler, avec l’appui de
Mussolini, imposa à la France
et à l’Angleterre représentées respectivement par
Daladier et par
Neuville Chamberlain,
l’annexion des Sudètes. Une fois de plus les démocraties recherchant la paix à
tout prix cédèrent au diktat de Hitler. Il faut dire qu’à cette époque régnait,
tant en France qu’en Angleterre, un esprit pacifiste, entretenu surtout par la
gauche qui ne voulait pas risquer une autre boucherie pour défendre des
territoires qui ne semblaient pas essentiels au maintien de la paix. En
mars 1939, Hitler s’empare du
reste de la Tchécoslovaquie. Cette annexion
augmenta le potentiel industriel de l’Allemagne
(Les usines
Skoda
constituaient un puissant complexe industriel). En revenant à Londres
Chamberlain se fait acclamer en déclarant " It is peace for our time."
Daladier chuchote au Bourget, où la foule est nombreuse et heureuse de
l'accueillir, un mémorable: "Ah les cons, s'ils
savaient!"
Churchill a fait remarquer qu'en septembre 1938, les
forces militaires franco-britanniques étaient encore supérieures à celles de
l'Allemagne.
11.Septembre 1939: L’invasion de la Pologne et la guerre
Depuis le fin de la guerre de 14-18, la Prusse orientale, terre allemande, était séparée du reste de l’Allemagne par un territoire polonais : le
couloir de Dantzig
(où passaient de mauvais
courants d'air !!); ceci était insupportable à
Hitler qui voulait une grande Allemagne d’un seul tenant. Comme Hitler craignait
d’avoir à faire une guerre sur deux fronts, à l’ouest contre la France et
l’Angleterre et à l’est contre l’URSS, il courtisa Staline, ce qui a conduit au
pacte germano-soviétique de
non-agression du
23 août 1939 signé par
Ribbentrop et
Molotov. L'accord Hitler Staline
confirmait la collusion qui avait toujours existé entre les
deux régimes. Ce pacte garantissait à Hitler la neutralité de l’URSS.
Le
1 er septembre 1939, les Allemands envahissent la Pologne et dès le 17, les Russes, en accord avec une clause secrète du pacte germano-soviétique, s’emparèrent de l’est du pays. Le 27 septembre 1939,
la Pologne était rayée de la carte, les Russes et les Allemands se l’étant
partagée! Notons que par cette invasion les Russes récupèrent une partie des
territoires qui leur avaient été confisqués par le traité de Versailles
qu'ils n'avaient pas signé. En mars 1940, Staline en profita pour liquider
4500 officiers polonais qui furent fusillés à
Katyn
(à l'ouest de
Smolensk).
Dès le 3 septembre l’Angleterre puis la France déclarent la guerre à
l’Allemagne. La "trêve" est terminée, la plus meurtrière des guerres de
l’histoire commence. La guerre de 1939-45 non seulement sera mondiale,
comme la précédente, mais, cette fois-ci les
victimes civiles (Au
moins 23 millions de morts) seront plus
nombreuses que les victimes militaires (17 millions).
12. Un pacifisme aveugle et irresponsable a contribué à la guerre
" Nous prévoyions bien que
le sursaut allemand viendrait un jour. Nous savions tout cela et poutant,
paresseusement, lâchement, nous avons laissé faire"
(Marc Boch)
Historiquement Correct. Jean Sévilla. Perrin 2003. Page 291
La gauche socialiste et communiste, très influencée par la
révolution
bolchevique de 1917 tient un
discours internationaliste et pacifiste qui tente de faire du nazisme une
conséquence de la crise de 1929 générée par les contradictions inscrites dans le
capitalisme. Le
SNI
(Syndicat national des instituteurs)
comme la
CGT
intoxiquent l'opinion public par un slogan largement applaudi lors des meetings:
"Mieux vaut la servitude que
la guerre"(Historiquement
Correct).
Léon Blum, artisan du front populaire
(1936), intellectuel honnête
mais naïf avait écrit dans Le Populaire du 15 mai 1930, alors que Hitler était
déjà sur le devant de la scène politique
"
Relativement à l'Allemagne,
nous pouvons, dès maintenant, entamer le désarmement" (!!). Le même Blum, suite à la
perte de 34 sièges par les nazis
(au Reichstag) fait l'analyse suivante:
" Hitler est désormais exclu du pouvoir; il est même exclu, si je puis dire, de
l'espérance du pouvoir "
(Le Populaire du 08/11/1932).
Comme quoi on peut être intellectuel et ne rien comprendre à la politique ! Quant aux communistes, à
la solde de Moscou, ils exécutent les ordres de Staline lequel est l'allié économique de Hitler, puisque, jusqu'en juin 1941 il
continuait de fournir aux nazis des matières premières
(Le
traité de Rapallo - 1922 - n'a pas été dénoncé lors de l'accession de Hitler au pouvoir
en 01/1933). Les communistes votent contre tout augmentation de crédits
militaires jusqu'en 1935 alors qu'il est déjà trop tard pour défaire Hitler.
Dans
l'Humanité
(journal du PCF) du 30 mars 1935
Maurice Thorez écrit: "Nous invitons nos adhérents
à pénétrer dans l'armée afin d'y accomplir la besogne de
la classe ouvrière, qui est de désagréger cette armée".
Thorez participera à la défense de la France (!!) en fuyant en Union soviétique alors alliée de Hitler !
Le 2 septembre 1936
alors que Hitler réoccupe la Rhénanie Thorez écrit :
"
Il faut s'entendre avec
quiconque veut la paix [...] Il faut s'entendre même avec l'Allemagne de
Hitler."
Jusqu'en juin 1941, les communistes
très peu nombreux qui font de la résistance, le font
à titre personnel
et sont en rupture avec le Parti; c'est le cas par exemple, du philosophe
Georges Politzer
(fusillé en 1942), d'Auguste Lecoeur et
de
Charles Tillon, exclus du PCF en 1954 et en 1970.
Georges Marchais qui fut
par la suite
secrétaire général du PCF (de 1972 à 1994), sans trop tarder, est parti en Allemagne
travailler dans l'usine AGO, sous contrôle direct de la
Luftwaffe.
Georges Marchais qui réparait les Mechersmith
(que
Clostermann, homme de droite, descendait !) ne fut jamais poursuivi
pour sa
collaboration avec l'ennemi.
La droite, plus réaliste demeure très antiallemande sans toutefois bien
comprendre la nature nouvelle de la guerre qui s'annonce. Seul
Maurras semble
avoir une idée très claire du nazisme. En 1937 il écrit à propos de l'Allemagne
et de son peuple: "
Fort de sa mission de
Messie , ce peuple de seigneurs, cette race de maîtres, s'entraîne déjà à
compter quelles légitimes violences devront être imposées aux mâles des peuples
vaincus et quelles hontes pèseront sur leurs femmes et leurs enfants. Un statut
nouveau de l'humanité se prépare, un droit particulier est élaboré: le racisme
hitlérien nous fera assister au règne tout-puissant de sa horde " (Historiquement
Correct. Jean Sévilla. Perrin 2003. Pages 302/303). On est loin de l'éternelle lutte des classes qui
devait expliquer tous les phénomènes historiques. On est aussi, peut-être, plus
près de la vérité...
Il ne faut jamais oublier que le pacifisme est une excellente chose... à
condition que l'on soit assez fort matériellement et moralement pour se faire respecter.
Toutes les bonnes intentions mèneront finalement la France à la défaite bien
que, sur le plan matériel, l'armée française n'ait pas été tellement inférieure
à l'armée allemande. La cause de la défaite de 1940 est avant tout
psychologique.
Le
général de Gaulle
et le maréchal Pétain,
tous deux issus de la droite, auront des destins diamétralement opposés. La
Chambre élue en 1936, celle du
Front populaire,
donnera finalement les
pleins pouvoirs au maréchal...
Quand on étudie un peu l'histoire il ne faut s'étonner de rien...
Les causes de la seconde guerre mondiale sont multiples et il est difficile de doser l’importance de chacune d’entre elles, toutefois, sans risquer d’être contredit on peut affirmer
que:
- Les traités (Versailles et autres) renfermaient au départ des germes de
discorde.
Jacques Bainville, un des historiens les plus lucides de sa
génération, avait pressenti les conséquences catastrophiques du traité de
Versailles (Cf.
"
Les conséquences politiques de la paix" 1920)
Le traité de Versailles (et autres)
a été élaboré sans
aucune discussion avec les vaincus
et rapidement considéré comme un véritable
"diktat" imposé à tous les protagonistes, par la France,
l'Angleterre et dans une moindre mesure, les EU.
Clémenceau,
homme d'action à la vue courte, porte une lourde responsabilités dans
l'humiliation imposée au peuple allemand. Les conclusions
auxquelles on parvenait étaient source de ressentiment tant pour l'Allemagne
que pour bien des peuples qui se trouvaient dans de nouveaux états imposés, sans
frontières naturelles et tous avec des minorités ethniques importantes. La
parcellisation de l'Autriche-Hongrie
et de l'Empire ottoman n'avaient rien de démocratique.
Les traités étaient donc source de frustrations non seulement pour les Allemands
qui n'admettaient pas d'être tenus pour seuls responsables, mais aussi pour les
Italiens, les
Autrichiens
et certains peuples d’Europe centrale où existaient des
minorités,
notamment allemandes. Des Allemands assez lâchement répartis dans l'Empire
d'Autriche Hongrie où ils constituaient souvent une
minorité d'élites scientifiques et
techniques étaient désormais
séparés dans des entités politiques indépendantes; nombreux sont ceux qui ne
pensaient plus désormais qu'à une unité au sein d'un grand Reich.
- Les démocraties n'ont pas réussi à faire appliquer les traités d’où des abandons successifs qui faisaient de la SDN une organisation de moins en moins crédible. La démocratie était vue comme un système politique mou, aux réactions lentes et inadaptées aux situations nouvelles créées par les dictatures de
Mussolini et de
Hitler. Une partie non négligeable de l’opinion publique, en France en particulier, se mettait
à penser à des "gouvernements forts " de gauche (communisme) ou de droite (fascisme).
- Un fort mouvement pacifiste:
"je déclare la guerre à la guerre" (A. Briand),
" On ne veut pas mourir pour
Dantzig", s'opposait à un renforcement de
l'armée, chacun s'imaginant que la guerre à venir était comme la précédente, économique
et nationaliste, alors que l'on entrait dans une ère nouvelle, celle des
idéologies, qui n'étaient pas sans rappeler certaines luttes de nature
religieuse des siècles passés. À gauche on s'obstinait à vouloir tout
expliquer par des dysfonctionnements du capitalisme alors que, semble-t-il, il
fallait chercher les explications de la guerre à venir dans
Freud plutôt que dans
Marx; de plus, le conditionnement des masses, bien servi par la radio qui
adoptait des
techniques pavloviennes pour la propagande, devenait de plus en
plus inquiétant tant dans l'Allemagne hitlérienne
(Cf.
Goebbels,
ministre de la propagande et de l'information) que dans l'URSS stalinienne où,
comme du temps de
Potemkine
(Ministre de Catherine II - XVIIIè) on ne se gênait
pas pour masquer les dures réalités du régime.
Les "leçons" à tirer de ce qui s’est passé dans les pays démocratiques durant l’entre-deux-guerres
peuvent être ainsi résumées:
- imposer des traités quand on n’a pas la volonté et/ou les moyens de les appliquer est une entreprise stérile qui discrédite ceux qui les ont
signés.
- on ne peut prétendre défendre les principes de la démocratie quand on ne les
applique pas aux autres. . .
- les guerres se suivent mais ne se ressemblent pas ...
- l'Histoire est utile à la compréhension du passé, elle ne nous garantit pas
celle de l'avenir . . .
- la démocratie ne doit pas être
exempte de fermeté; mollesse et couardise ne sont pas compatibles avec un État de
droit qui veut se faire respecter. Une démocratie digne
de ce nom ce n'est pas n'importe quoi, on doit la concevoir comme une dictature ferme mais temporaire de la majorité issue des
urnes.
© Les Fiches à Berca. Dernière mise à jour: 08/09/2010