Fiche 5

  Réveil de l'Islam et déclin du communisme       
(Les mots soulignés sont des liens)

Références:
Courrier international No.591 (02-03/2002)
Atlaseco 2002
Jihad
. Gilles Kepel. Éd Gallimard 2000
Le Coran. Petite Bibliothèque Payot 1998
A History of Civilization Crane Brinton
Prence-Hall, New Jersey 1967
1. Survol de l'Islam (Jusqu'en 1950)
2. Les musulmans dans le monde en l'an 2000
3
. Fin d'un monde bipolaire communisme/capitalisme (1989)
4. Aperçu du monde musulman contemporain (Depuis 1950)
5. Un nouveau monde bipolaire est-il en gestation ?

1. Survol de l'Islam (Jusqu'en 1950) 
                                                                                                                                                           
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L'Islam (= soumission) est une religion monothéiste née au VII è siècle en Arabie au sein d'une population de cultivateurs et de commerçants nomades Mahomet né à La Mecque vers 570 a eu une apparition en 610: l'ange Gabriel lui apprend qu'il est le prophète d'Allah  et qu'il doit aller prêcher la nouvelle foi.   Les Arabes, attachés à leurs anciennes croyances  le chassent de La Mecque, c'est l'Hégire, en 622 (hégire = fuite). L'hégire marque le début du calendrier musulman.  Mahomet se réfugie à Médine (= Yathrib) et commence la lutte contre les infidèles, c'est la djihad (guerre sainte).  À la différence de la religion juive (la religion du ''peuple élu''), mais comme la religion chrétienne, l'Islam tend au prosélytisme: il faut convertir un maximum d'infidèles afin que la religion musulmane gagne l'humanité toute entière. Les Chrétiens préconisaient, tout au moins au début, la persuasion, alors que Mahomet a très vite associé la force à la persuasion dès lors que cette dernière se révéla insuffisante. Jésus Christ était fondamentalement un pacifiste, Mahomet, de son vivant, fut un conquérant.
La religion islamique est beaucoup plus simple que la religion chrétienne : Allah est le Dieu unique et Mahomet est son prophète.  Pas de Trinité, pas de fils de Dieu fait homme mais de tout temps contemporain du père,  pas d'immaculée conception.  Fruit d'un rapport charnel entre sa mère et son père,  Mahomet fut un homme à part entière,  il se maria avec une veuve plus âgée que lui, il prit soin de ses enfants, s'occupa de commerce, mourut en 632 après avoir reconquis La Mecque; il n'a pas ressuscité.  Dès 639 les Musulmans s'emparèrent des lieux saints et Jérusalem devint une pomme de discorde entre Musulmans et Chrétiens. Il y eut cependant une bonne entente entre les deux religions du temps de Charlemagne (Empereur d'Occident de 800 à 814) qui sut pactiser avec Harun al-Rachid (Calife de 789 à 809) qui permit aux pèlerins chrétiens de fréquenter les lieux saints. Hakim (calife de 996 à 1031) commença à persécuter des Chrétiens et à leur interdire Jérusalem. La situation empira avec l'arrivée des Turcs au cours du XI è siècle. Les Turcs originaires des montagnes de l'Altaï (Aux confins de la Russie du Kazakhstan et de la Mongolie actuels) se convertirent rapidement à l'Islam.
De
1096 (1er croisade, lancée par Urbain II et conduite par Bernard l'Ermite) à la fin XIII è siècle les Chrétiens organisèrent huit croisades ce qui leur permit, sporadiquement, de se rendre maître de Jérusalem; toutefois,  dès le XIV è siècle Jérusalem retomba sous l'autorité musulmane, et ce, jusqu'en 1917, époque à laquelle Jérusalem faisait encore partie de l'empire ottoman. Notons que Constantinople tomba sous le joug des Turcs en 1453. Sainte Sophie, église construite au VI è siècle (-532/537- sous Justinien et Théodora),  fut transformée en mosquée. Nombreuses sont les mosquées qui ont été construites sur le modèle de Sainte Sophie, laquelle avait été construite en s'inspirant du Panthéon de Rome.  Rappelons que c'est durant les croisades (XIè au XIIIè siècle) que furent créés les ordres chevaleresques qui établirent des places fortes (les kraks) tout le long de la côte de la Méditerranée orientale (Ordre des Templiers, des Hospitaliers, des chevaliers teutoniques) L'apogée musulmane se situe sous Soliman le Magnifique, turc qui régna de 1540 à 1566 et qui fut allié du roi de France François Ier qui luttait contre les Habsbourg d'Autriche. Dès cette époque les Français acquirent certains privilèges: les Français pouvaient  accéder  aux lieux saints plus facilement.
En 1571, la flotte ottomane fut défaite à Lepante (Victoire des espagnols, du pape, de Venise et de Gènes) ; cette date marque le début du déclin ottoman.
Sur le plan de la pratique, la religion musulmane est également très simple: on doit faire
5 prières par jour; pendant le Ramadan on ne doit ni manger ni boire du lever au coucher du soleil; durant sa vie on doit faire tout son possible pour aller au moins une fois en pèlerinage à La Mecque. L'homme a la possibilité d'avoir quatre femmes simultanément; il peut les répudier à sa guise. L'aumône est un devoir.
Après sa mort, Mohamed fut bientôt remplacé par
Ali et on se mit à écrire le Coran (=le livre,récitation) où furent consignés l'essentiel des préceptes de la religion musulmane. Les religions chrétienne et  juive ne sont pas condamnées mais considérées comme des antécédents très imparfaits de la seule vraie religion, l'Islam. Seule l'Islam détient la vérité et  doit remplacer les deux autres religions monothéistes qui l'ont précédée. Aux yeux des Musulmans, la religion chrétienne avec sa Trinité, est entachée de polythéisme et comme elle est antérieure à l'Islam on doit la considérer comme une sorte de brouillon conduisant au monothéisme.
Pendant des siècles il fut interdit de traduire le Coran si bien que tout Musulman devait apprendre l'Arabe pour accéder au livre saint.
L'arabe devint ainsi la langue commune de ceux qui avaient adopté la nouvelle religion.
La civilisation musulmane fut florissante du VIII au XV è siècles,
Bagdad ainsi que Cordoue furent des centres culturels remarquables. Les Arabes adoptèrent le système de numération qui était utilisé aux Indes et que l'on connaît sous le nom de chiffres arabes; ce sont également les Arabes qui ont introduit le concept du zéro qui était inconnu des Latins et des Grecs. Bien des textes anciens furent traduits du grec et du latin en arabe. Les Arabes comme les Byzantins ont préservé et transmis l'héritage gréco-latin à l'occident. Les commentaires d'Averroès (auteur musulman, 1126-1198) sur Aristote furent traduits de l'arabe en latin avant que les textes grecs d'Aristote ne soient connus en occident. Bien des mosquées furent construites sur le modèle des églises byzantines (type Sainte Sophie) et des oeuvres littéraires majeures très poétiques furent écrites, notamment Les Mille et Une Nuits. Les arabes ont également largement contribué à l'avancée de la médecine.
Les dissensions entre
Juifs et Musulmans commencèrent dès le VII è siècle quand les Juifs de Médine refusèrent de se convertir et de soutenir l'Islam comme l'avait prévu Mahomet. Toutefois  il  ne  faut pas oublier que le  monde  musulman a été beaucoup plus tolérant vis-à-vis des juifs que le monde chrétien.
Très vite des dissensions apparurent au sein de l'Islam; les
Chiites voulant que le calife (chef suprême  de l'Islam)  soit issu  de la famille du prophète,  les Sunnites étant pour l'élection du chef.   Dès cette lointaine époque les Chiites avaient déjà une tendance fondamentaliste car ils voulaient qu'on se réfère uniquement au Coran; quant aux Sunnites ils étaient pour des  textes explicatifs venant s'ajouter au livre saint afin que l'on puisse interpréter le texte  en fonction du temps et du lieu.  Le Soufisme est une autre tendance de l'Islam apparue, elle aussi, au VIII è siècle; le Soufisme prêche une communication directe avec Dieu et une grande tolérance avec les autres cultes. Les premiers Soufistes portaient un manteau de laine d'où leur nom (soufis = laine en arabe). Les Soufistes étaient considérés comme des hérétiques par les autres Musulmans. Les querelles intra musulmanes n'empêchèrent pas une formidable expansion de l'Islam qui, en tout juste un siècle, s'étendit à toute l'Arabie, au Proche et au Moyen-Orient et à l'Est, jusqu'à la vallée de l'Indus.  A l'Ouest l'Égypte, l'Afrique du nord et l'Espagne furent soumis à l'Islam.  Ce n'est qu'en 732 que les Musulmans furent stoppés au Sud de la France par Charles Martel.  Plus tard bien d'autres peuples passèrent à l'Islam notamment les Turcs. Une partie de l'Europe de la rive nord de l'Adriatique, le Nord de l'Inde ainsi que l'Indonésie et la Malaisie furent également islamisés. Notons que la Reconquista de l'Espagne commença par la victoire de Covadonga que le roi Wisigoth Pelago remporta sur les Arabes en 718. Cette Reconquista ne fut achevée qu'en 1492; l'Espagne demeura donc huit siècles sous domination musulmane . . .Dès que l'église catholique fut de nouveau la religion officielle de l'Espagne il y eut beaucoup moins de tolérance à l'égard des ''infidèles'' (Juifs et Musulmans). Certains Juifs  quittèrent l'Espagne, d'autres firent semblant de se convertir au catholicisme tout en continuant de pratiquer leur religion en cachette, ce sont les marranes
Jusqu'au XIX è siècle l'Islam se heurta essentiellement au monde chrétien;  les Musulmans, pas plus que les Chrétiens, ne réussirent jamais à s'unir en une seule entité politique. Jusqu'au début du XIXè siècle, c'est l'
empire ottoman qui constituait le plus grande ensemble politique à majorité musulmane.
Au cours du XIX et du XX è siècles certains pays musulmans furent colonisés ou placés sous mandat par les occidentaux. Ainsi, suite à la
guerre de 1914-18, l'empire ottoman s'effondra et fut divisé en différents pays qui furent placés sous mandat de la France (Syrie, Liban) ou  de l'Angleterre  (Égypte, Iraq); dans ces nouveaux états de même que dans les pays qui étaient déjà colonisés (Indes, Indonésie, Malaisie) se développa un fort courant nationaliste, souvent laïque, qui vint concurrencer l'Islam. Ce courant fut particulièrement fort en Turquie où  Mustapha Kemal (dit Atatürk = père des Turcs), dès 1923, sépara la religion de l'État, introduisit des pratiques occidentales, notamment vestimentaires (interdiction du fez et du voile),  imposa l'alphabet latin, libéra les femmes du joug patriarcal tout en leur accordant le droit de vote, et fit d'Ankara, en Anatolie, le nouvelle capitale du pays.  
L'Inde acquit son indépendance en
1947 et se scinda en deux États: l'Inde actuelle et le Pakistan qui, lui-même, abandonna sa partie orientale en 1971 ce qui donna le Bangladesh. Près de 140 millions de Musulmans continuent de vivre aux Indes. Bangladesh et Pakistan sont très majoritairement musulmans.
C'est également en
1947 que prit fin le mandat britannique de la Palestine ce qui devait conduire à deux états distincts: Palestine et Israël. Cette partition, refusée par les Arabes aboutit à la formation de l'état d'Israël après une courte guerre israélo-arabe (en 1948) qui se termina à l'avantage des Israéliens; ces derniers s'emparèrent d'un territoire plus grand que celui qui leur avait été primitivement alloué par l'ONU. L'Israël fut reconnu par les Nations Unis. Le sionisme politique fondé en 1896 par Théodore Herzl donnait naissance à un État comme l'avait promis Balfour en 1917.  Les Palestiniens s'expatrièrent dans les pays limitrophes. A ce jour le problème palestinien n'est toujours pas réglé.

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2. Les musulmans dans le monde en l'an 2003

Pays avec plus de
5 M de musulmans

Nbre d'habitants 
(en millions)

 Musulmans
(en millions)

Gouvernement
non islamique

Gouvernement
islamique

Afghanistan 28 28 (21 M. Sunnites)    
Algérie 31 31 (Sunites) X  
Arabie Saoudite 22 22 (Sunnites)   X
Bengladesh 135 112 X  
Burkina Faso 12 7(Sunnites) X  
Chine 1253 31  X  
Égypte 66 63 (Sunnites) X  
Éthiopie 68 31 (Sunnites) X  
Indonésie 211 183 X  
Inde 1000 140 X  
Iraq 22,7 21(12 M. Chiites) X  
Iran 63 63 (56 M.  Chiites )   X
Kazakhstan 14,9 7,42 X  
Libye 5,9 5 (Sunnites)   X
Maroc 28,2 27,7 (Sunnites) X  
Nigeria 124 62 X  
Ouzbékistan 24 21 (Sunnites) X  
Pakistan 134,7 130 (100 Sunnites)   X
Soudan 30 21 (Sunnites)   X
Syrie 14,9 11 (Sunnites) X  
Tunisie 9,2 9 (Sunnites)   X
Turquie 64,3 64 (Sunnites) X  
Yémen 17 17

 

X
    Total > 1 Milliard Source: Atlaséco 2002 et 2005

                                                                                                                                                                                                         Retour
Il faut bien avoir en tête que le monde musulman est extrêmement divers; ce serait une grave erreur que de le considérer comme un tout monolithique. Seule l'infime minorité des intégristes semblent constituer un noyau dur relativement homogène; cette minorité agissante est toutefois inquiétante car elle  aspire à devenir le fer de lance de tout le monde islamique.
Il y a de plus en plus de Musulmans en Europe occidentale et  nombre d'entre eux semblent apprécier la démocratie et le mode de vie occidentale en prenant leur distance vis-à-vis de l'intégrisme. Le taux de natalité décroît dès lors que les musulmans sont installés depuis un certain temps dans leur pays d'accueil; ceci est lié à l'augmentation de leur taux d'alphabétisation.

    Immigrants en millions et pays d'origine
  (% de population musulmane) Maghreb Turquie Pakistan Autres
  FRANCE (6,5) 1,8     2,2
  ALLEMAGNE (3,9)   2   1
  ROYAUME-UNI (3,3)     0,820 1,8
  ITALIE (1,2) 1,2      
  ESPAGNE (1,8) 0,3     0,3
  PAYS-BAS (4,4) 0,150 0,2   0,05
  BELGIQUE (2) 0,138 0,7   0,13
 

Total # 12 millions        Courrier international ( 24 au 30/01/2002)


3. Fin d'un monde bipolaire: communisme/capitalisme
Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, nous vivions dans un monde bipolaire.  Les États-Unis et l'URSS se réclamaient de deux systèmes politiques et économiques différents: la démocratie libérale sous-tendue par le capitalisme, et la dictature du prolétariat se réclamant du système socialiste c'est-à-dire de la possession  des moyens de production par l'État. Ce monde bipolaire  correspondait à un équilibre dans le domaine militaire, les deux superpuissances possédant un potentiel  redoutable et étant dotées d'armes nucléaires.  Sur le plan économique les deux systèmes révélaient des différences profondes: d'un côté le capitalisme générait une certaine abondance avec un niveau de vie moyen  décent, tout au moins pour le monde occidental; de l'autre, le socialisme à la soviétique engendrait une pénurie constante des biens essentiels et une incurie certaine  des services.  Les goulags, camps de travail où les soviétiques mettaient les indésirables, présentaient des conditions de vie beaucoup plus pénibles  que les prisons d'occident. Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, l'URSS avait pratiqué une sorte de colonisation de l'Europe centrale et orientale où régnait un socialisme réel beaucoup plus pénible que n'avait été le capitalisme sauvage du début du XIX è siècle. Les Hongrois, les Tchèques, les Polonais, les Bulgares, les Roumains supportaient mal l'emprise de Moscou et rêvaient d'indépendance, beaucoup plus encore que les peuples qui avaient été colonisés par l'Angleterre, la France l'Espagne ou la Hollande.
Malgré tous les inconvénients du système soviétique, nombreux sont ceux qui, en occident,  considéraient l'URSS comme une sorte de modèle en gestation.  Nombreux sont ceux qui, sans avoir jamais ''goûté'' au système communiste, s'en faisaient les défenseurs tout en bénéficiant du confort capitaliste.  Quand des critiques étaient formulées, les ''compagnons de route'', tout comme les membres du Parti communiste français par exemple,  se tiraient toujours d'affaire en faisant remarquer  que le système soviétique actuel n'était qu'un stade nécessaire à la réalisation de lendemains meilleurs, l'URSS en étant toujours au stade d'un accouchement difficile. On expliquait aussi les aberrations du système par l'incurie de certains dirigeants  qui n'agissaient pas selon des vraies normes socialistes.  En gros, les principes sur lesquels  le système  était basé étaient fondamentalement bons mais certains hommes, mauvais, ne les appliquaient pas convenablement . . .
Nombreux sont les ''intellectuels'' français qui, à un moment ou à un autre, ont été complices, en toute bonne foi (??) des crimes perpétrés en URSS et dans les pays qui en dépendaient. Seuls Raymond Aron, J-F Revel et quelques autres n'ont  jamais trempé dans cette complicité. 
Quant au capitalisme, son principe même était à bannir et ses nombreux dysfonctionnements tenaient à l'essence des règles  sur lesquelles il était basé: recherche du profit, concurrence sauvage, justification des injustices qui n'étaient que le reflet d'inégalités innées et donc inévitables. ''
Les progressistes'' insistaient (et insistent encore) sur les méfaits de la crise de 1929 sans faire allusion à ce qui s'est passé à la même époque en URSS où sévissaient famines provoquées et exécutions sommaires au nom du socialisme en marche (Cf. liquidation des koulaks et la famine qui s'en suivit conduisant à des millions de morts)
En fait on a toujours comparé un système qui existe, le capitalisme, non pas avec le socialisme réel des pays de l'Est mais avec un socialisme qui aurait pu exister.  Les défenseurs du ''socialisme'' étaient ainsi toujours gagnants car c'est jouer sur du velours que de comparer ce qui existe avec une utopie qui peut-être un jour existera.  En dépit de ces comparaisons biaisées, les déshérités de l'occident et surtout du tiers monde ainsi que de nombreux intellectuels  voyaient dans le socialisme  un espoir; il fallait donc s'agréger ''
aux forces de gauche'' seules capables de détruire le mal, c'est à dire le capitalisme, cause  de tous nos maux et conduisant au fascisme. Tout individu qui mettait en doute les ''bienfaits'' du socialisme réel était (et est encore!) qualifié de fasciste....
Aujourd'hui, dans la mesure où l'on fait de la
Chine un cas  très particulier, (Quel est le véritable régime politique de la Chine?)  le communisme est à l'agonie et cantonné, comme certaines espèces animales dites reliques,  dans quelques ''réserves''  qui ne peuvent être considérées comme des modèles (Cuba et Corée du nord notamment);  une utopie se meurt, elle est prête à passer le relais de l'espoir à une autre idéologie
très liée au religieux. Notons que tous les pays fraîchement décolonisés qui ont essayé le socialisme ont tous échoué: Algérie, Madagascar, République démocratique du Congo, Cambodge etc                                                                                                                                                                           
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4. Aperçu du monde musulman d'aujourd'hui (Depuis 1950)
En dépit de la richesse pétrolière (et gazière) de certains pays musulmans, l'Islam demeure la  religion de peuples économiquement pauvres à démographie galopante. Mis à part les Émirats arabes unis, le PNB/habitant/an  est toujours fort modeste par rapport au monde occidental ou au Japon. Ainsi même l'Arabie saoudite dont la richesse pétrolière est fabuleuse (certains considèrent cette richesse comme un don d'Allah !) a un PNB/habitant inférieur à la Grèce, l'un des pays les plus pauvres de l'Union européenne. 

Tout est en U$      

PNB/h/an et PPA

 

(73) = espérance de vie

PNB/h/an et PPA

Émirats arabes unis  (79) 24 730/24 092   Iraq                  (69) 620
Arabie saoudite       (73) 13 811/11 770   Afghanistan         (43) 220
Libye                   (72) 7 300/   Grèce                 (79) 19 670/22 229
Iran                    (71) 2 770/7 533   Japon                (82) 38 900/29 814

Algérie            (71)        

2 730/6 322

        Pays gros producteurs de pétrole et/ou de gaz

S      Source: Atlaséco 2007

     

PPA = Parité en Pouvoir d'Achat

En ce début de XXI è siècle, les Musulmans sont plus d'un milliard et  les Arabes, peuple fondateur de l'Islam et possesseur des lieues saints, ne représentent plus qu'environ 20% des fidèles ce qui ne les empêche pas de continuer d'exercer une forte influence sur l'ensemble du monde islamique bien qu'étant très en retard sur le plan culturel comme en témoigne le rapport 2003 du Programme des nations Unies pour le Développement (Pnud) sur le monde arabe. Ce rapport est accablant.

Taux  d’analphabétisme  le plus  élevé du monde;  les livres publiés  dans le monde arabe (dont 17 % sont religieux) ne  représentent  que  1,1 %  de  la  production   mondiale;  la Grèce
(11 millions d’habitants) traduit cinq fois plus d’ouvrages par an que l’ensemble des pays arabes ( 284 millions d’habitants), absence totale de recherche scientifique; best-sellers ne dépassant pas 5000 exemplaires,  […]
                                                                                                                                             Cité par Tahar Ben Jelloun dans le Nouvel Observateur du 27/12/2003

Suite à la chute de l'empire ottoman, à la décolonisation et à l'importance grandissante du pétrole, certains pays musulmans ont emprunté des voies variées dont aucune n'a répondu aux attentes espérées; voyons quelques exemples:
- La
Turquie laïque, bien que tournée vers l'occident et en dépit d'une certaine modernité introduite par Mustapha Kemal  n'est toujours pas un pays ''nanti'' comme l'atteste un PNB/h/an de 4 710 U$ avec une PPA de 7 724 U$/h/an , loin derrière la Grèce . . .
- L'
Égypte qui sous Nasser
avait développé un fort nationalisme qui voulait tendre vers  un grand ensemble panarabe et qui s'était mise dans le camp socialiste a connu bien des déboires tant sur le plan militaire (défaites répétées face à l'Israël en 1956 et en 1967 -guerre des six jours-) que sur le plan  économique (difficulté de construction du barrage d'Assouan). L'Égypte, avec un PNB/h/an de 1 250 U$, une PPA de 5 291 U$ et une démographie galopante n'est toujours pas sortie du sous-développement.
- L'
Iran depuis 1979, année de prise de pouvoir par Khomeiny, a  tourné le dos à l'occident tout en devenant le fer de lance d'une sorte de croisade islamique dirigée par les fondamentalistes prétendant à un réarmement moral. Une guerre  effroyable avec l'Iraq (1980-89)pourtant à majorité chiite, (L'Iran est presque exclusivement chiite), a fait de nombreuses victimes et causé des dépenses considérables en pure perte pour les deux pays. 
-
L'Arabie saoudite a entretenu sur son territoire des extrémistes religieux, notamment les Wahhabites. L'Arabie saoudite, tout en  demeurant l'alliée privilégiée des Américains, ne se rend pas compte qu'une partie de son peuple se détache chaque jour davantage de la classe dirigeante et qu'elle suscite bien des convoitises dans le monde musulman qui a du mal à supporter sa prospérité, prospérité dont elle fait souvent un usage contestable (Construction de mosquées somptueuses et d'autoroutes menant à la Mecque). Les investissements productifs (usines de désalement de l'eau de mer) sont rares et le PNB/h/an fort modeste eu égard aux énormes ressources énergétiques du pays. La solidarité économique dont  fait preuve l'Arabie saoudite vis-à-vis de ses ''frères'' Arabes en particulier et des Musulmans en général est plus que timide...alors que depuis 1973 les revenus qu'elle tire du pétrole sont fabuleux. Notons qu'une main d'oeuvre immigrante, sous payée, vit dans des conditions épouvantables d'autant plus inadmissibles que le pays est très riche.
-
L'Algérie depuis l'indépendance (1962) a connu une épouvantable guerre civile et une expérience socialiste ce qui a conduit le pays, bien que riche de pétrole, de gaz et de bonnes terres arables (notamment dans le nord) à une persistance du sous développement conduisant à 80% de chômage chez les moins de 30 ans. Bien des chômeurs essaient d'échapper à leur pauvre condition en émigrant vers l'Europe et notamment en France où ils connaissent des conditions de vie guère supérieures à celles de leur pays d'origine. La rage anticolonialiste a fait place à une énorme frustration; on continue d'accuser l'ancienne puissance coloniale (La France) ce qui dispense d'une analyse sérieuse des causes du sous-développement du pays, à savoir: l'incurie des gouvernements qui se sont succédé depuis 1962.
Aujourd'hui, tant le
nationalisme que le socialisme devant mener au communisme n'ont plus de prise sur les masses qui chaque jour constatent leur sous-développement croissant en même temps que leur divorce d'avec  les classes dirigeantes de moins en moins aptes à répondre à leurs attentes. Les fondamentalistes invitant les fidèles à retourner aux sources par une étude rigoureuse du Coran qui, selon eux, contient toutes les solutions des problèmes de la vie civile, constituent une tentation alléchante surtout quand un Satan bicéphale ( Israël -petit Satan- et États-Unis -grand Satan-) est désigné comme unique cause de tous les maux. Un rejet global de l'occident, avec sa  science, sa technique, sa démocratie et ses mœurs dissolues devient la voie du salut qui unit tous les déshérités en redonnant l'espoir d'un futur meilleur, ici bas, peut-être,  mais plus certainement dans le paradis d'Allah dans la mesure où l'on n'aura pas regardé à risquer sa vie pour éliminer les mécréants occidentaux dans un nouveau djihad digne des heures les plus sombres du Moyen âge. Le fanatisme devient une force qui fédère tous les frustrés qui enfin vont pouvoir se venger sans jamais recourir à la moindre autocritique qui serait considérée comme blasphématoire. Le conditionnement dans une absence totale d'esprit critique fait son oeuvre auprès des masses aveuglées par le ressentiment.
La niche idéologique qui pendant des décennies avaient hébergé  le
marxisme, change de locataire: le fondamentalisme
semble devenir la nouvelle recette. Malheureusement le fondamentalisme musulman, comme tout autre fondamentalisme, est tourné vers le passé et l'on risque de ne jamais sortir de la misère si l'on se réfère à des principes issus d'un texte rédigé il y a plus de treize siècles au lieu d'essayer de voir ce que l'on pourrait faire avec les apports immenses de la science et de la démocratie. Quelques Musulmans, notamment du monde des médias (certains journaliste de El Hayat de Londres entre autres) tout en appelant à une meilleure répartition des richesses de par le monde ont très bien compris que le terrorisme et le fanatisme ne méneront à rien; espérons qu'ils sauront devenir le fer de lance d'un vaste mouvement de réformes laïques sans pour autant persécuter les croyants; la religion devant être cantonnée à la vie privée.

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5. Un nouveau monde bipolaire est-il en gestation ?
L'année 1989 fut marquée par un certains nombre d'évènements qui révélèrent un tournant décisif pour le monde tout entier:
- Les Soviétiques ont été contraints de se retirer d'Afghanistan
- La
chute du mur de Berlin a marqué la fin du régime soviétique, la vieille Russie a reprisdu service, St Petersbourg a fait place à Leningrad. . .Le mausolée de Lénine n'intéresse plus grand monde !
- Les islamistes radicaux se manifestèrent,  l'
OLP fut débordée et  contrôla de moins en moins les actions anti-israéliennes des Palestiniens.
- En Algérie le Front Islamique du Salut remporta les élections.
- Une armistice fut signée entre l'Iraq et l'Iran.
- L'ayatollah
Khomeyni émit un arrêt de mort (une fatwa) contre l'écrivain Salman Rushdie qui avait osé se moquer de l'Islam dans ''Les versets sataniques''
.


Le bloc communiste se délite et les pays qui avaient adopté hier  le système soviétique ont pris un retard considérable sur le plan du niveau de vie:  Russie, pays de l'Europe de l'est, Algérie, Madagascar et tant d'autres; quant à ceux qui persistent dans l'erreur comme Cuba ou la  Corée du nord,  ils sont dans un état de délabrement tel que tout espoir d'un lendemain meilleur semble avoir disparu.. Les projecteurs longtemps fixés sur les pays ''socialistes'' changent d'orientation et se braquent sur un monde musulman en ébullition qui tend, par le biais d'un mouvement fondamentaliste qui se veut mondial, à occuper l'espace laissé libre par le communisme. L'idéologie a horreur du vide!
Les États-Unis maîtres du monde depuis le début des années quatre-vingt-dix doivent désormais tenir compte du terrorisme fondamentaliste qui, pour un temps, semble donner espoir  aux déshérités  du  monde  musulmans  qui  ne  manquent pas   de  rappeler  leur  poids  démographique.
Le
11 septembre 2001 révèle la puissance de l'action terroriste (en même temps que la fragilité du monde occidental) et, peut-être, la naissance d'un nouveau monde bipolaire dont l'un des pôles serait diffus. Le matérialisme dialectique de Karl  Marx qui se manifestait par la lutte des classes serait-il en train de prendre une autre tournure: d'un côté l'occident nanti et moralement décadent et de l'autre, le monde des déshérités plus sensibles au croissant qu'à la faucille et au marteau ? Les terroristes n'ont pas de point d'ancrage particulier et peuvent être partout tout en étant trouvés nulle part; on a un peu l'impression d'une sorte de cancérisation de la société, et l'on peut se demander si des actions vigoureuses n'ont pas pour effet d'augmenter le mal. Aucune thérapie semble efficace.
Les peuples des républiques de l'Asie centrale
(Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkmenistan et Ouzbekistan) libérés du joug soviétique en 1991, ont tendance à se tourner vers leur passé musulman, longtemps occulté par Staline et par ses successeurs, pour retrouver une sorte d'unité qui s'oppose aux gouvernements souvent corrompus qui se sont mis en place immédiatement après la disparition de l'empire soviétique. Le mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO), entres autres, a tendance à fédérer tous les déshérités de ces régions qui se tournent vers un Islam dur et soi-disant régénérateur plutôt que vers le monde occidental consumériste, étranger et, à leurs yeux, décadent. De ''bons apôtres'' et de l'argent viennent d'Arabie Saoudite, du Pakistan et même de Turquie pour raviver la flamme musulmane dans toute l'Asie centrale. Ces nouvelles entités politiques de l'Asie  intéressent car ce sont des aires géographiques qui renferment du pétrole et du gaz; ce sont également des régions qui inquiètent à cause du renouveau islamique qui tend à raviver l'idée d'une grande unité musulmane et, par suite, à provoquer la naissance de mouvements séparatistes qui s'opposent à toute domination non islamique. Le mouvement Hizbut-Tahrir Al Islami (HT), pour l'instant pacifiste, souhaite une union  de toutes les communautés musulmanes du monde, c'est-à-dire une umma qui deviendrait une réalité politique  régit par la seule loi islamique (charia). Le HT aimerait voir renaître une sorte d'empire ottoman qui, jusqu'au début du XXè iècle fédérait la plupart des Musulmans sous une même autorité politique. La Russie et surtout la Chine sont évidemment hostiles à tout mouvement séparatiste; dans le Xinjiang, province chinoise, les Ouigours, soutenus par MIO et par les Talibans sont devenus la bête noire du gouvernement de Pékin. Quant aux États-Unis, ils sont non seulement attirés, comme toujours, par l'odeur du pétrole mais considèrent aussi toute l'Asie centrale comme un centre potentiel de terrorisme. Un nouveau défit s'offre à l'homme et ce n'est ni une certaine transcendance qui se réclame d'Allah, ni celle  qui se réclame du marché et de la main invisible d'Adam Smith qui pourront résoudre  les problèmes du sous-développement des deux tiers de l'humanité.  On devra avoir recours, une fois de plus, à la raison, à l'esprit critique et à l'imagination,  trois vieux outils  auxquels il faudra continuer de faire confiance, l'Homme ne pouvant compter que sur lui-même pour résoudre les problèmes qu'il a créés. ''L'encre des sages est plus précieuse que le sang des martyrs. ''                                                                          Retour 

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La Mecque
Bien avant Mahomet et l'Islam, La Mecque était déjà une ville religieuse avec, en son centre la Kaaba (= cube), monument cubique abritant le ''pierre noire'' tombée du ciel (certainement un météorite). La Mecque est la principale ville sainte de l'Islam elle se trouve dans l'actuelle Arabie Saoudite. Tout musulman suffisamment riche est tenu d'aller y faire un pèlerinage une foi dans sa vie;  le pèlerinage accompli il peut faire suivre son nom de hadj (= pèlerinage)

                                                                                                                                                                  
                                                                                                                                  
 Calife (Khalife)
Juste après la mort de Mahomet il y eut qu'un seul Calife, chef suprême des fidèles, mais très vite des dissensions apparurent et il y en eut plusieurs: à Cordoue, à Damas, à la Mecque . . .
Comment ne pas comparer avec ce qui s'est passé dans la chrétienté pour les papes (à Rome, à Constantinople, à Avignon). Les religions chrétienne et musulmane, bien que différentes n'en sont pas moins humaines !  Même remarque pour les schismes (Sunnite/Chiite & Catholique/Ortodoxe/Protestant).

Wahhabisme
Doctrine de la religion musulmane élaborée au XVIII è siècle par al-Wahhab et que certains fidèles considèrent comme une hérésie. Les Wahhabites condamnent toute innovation dans l'Islam. La famille Ibn Séoud était très attachée au Wahhabisme et depuis la création de l'Arabie saoudite (du nom justement de Ibn Séoud) en 1932, cette tendance religieuse est très forte en Arabie et c'est de ce pays qu'elle a tendance à diffuser en Inde au Turkestan et en Afghanistan                                                                                                                                                            
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© Les Fiches à Berca. Dernière mise à jour: 04/04/2009