Réveil
de l'Islam et déclin du communisme
(Les mots soulignés sont des liens)
|
1.
Survol de l'Islam
(Jusqu'en
1950)
Retour
à l'accueil
L'Islam
(= soumission) est une religion monothéiste née au VII è siècle en
Arabie
au sein d'une population de cultivateurs et de commerçants
nomades.
Mahomet
né à La Mecque
vers 570 a eu une apparition en 610:
l'ange Gabriel lui apprend qu'il est le prophète d'Allah
et qu'il doit aller prêcher la nouvelle foi. Les Arabes, attachés à
leurs anciennes croyances le chassent de La Mecque, c'est
l'Hégire,
en 622
(hégire = fuite).
L'hégire marque le début du calendrier musulman. Mahomet se réfugie à
Médine
(= Yathrib)
et commence la lutte contre les infidèles,
c'est la
djihad
(guerre
sainte). À la différence de la
religion juive (la religion du ''peuple élu''), mais comme la
religion chrétienne, l'Islam tend au
prosélytisme:
il faut convertir un maximum d'infidèles
afin que la religion musulmane gagne
l'humanité toute entière. Les Chrétiens
préconisaient, tout au moins au début,
la persuasion,
alors que Mahomet a très vite associé la
force
à la persuasion dès lors que cette dernière se révéla insuffisante. Jésus
Christ était fondamentalement un
pacifiste,
Mahomet,
de son vivant, fut un
conquérant.
La religion islamique est beaucoup plus simple que la religion
chrétienne : Allah est le Dieu unique et Mahomet est son prophète. Pas
de Trinité, pas de fils de Dieu fait homme mais de tout temps contemporain du
père, pas d'immaculée conception. Fruit d'un rapport charnel
entre sa mère et son père, Mahomet fut un homme
à part entière, il se maria avec une veuve plus âgée que lui, il prit soin
de ses
enfants, s'occupa de commerce, mourut en
632 après
avoir reconquis La Mecque; il n'a pas ressuscité. Dès
639 les
Musulmans s'emparèrent des lieux saints et
Jérusalem
devint une pomme de discorde entre Musulmans et Chrétiens. Il y eut cependant
une bonne entente entre les deux religions du temps de
Charlemagne
(Empereur
d'Occident de 800 à 814) qui sut pactiser avec
Harun al-Rachid
(Calife de 789 à
809)
qui permit aux pèlerins chrétiens de
fréquenter les lieux saints.
Hakim
(calife
de 996 à 1031) commença à persécuter
des Chrétiens et à leur interdire Jérusalem. La situation empira avec l'arrivée
des Turcs
au cours du XI è siècle.
Les Turcs originaires des montagnes de l'Altaï
(Aux confins de la Russie du Kazakhstan
et de la Mongolie actuels)
se convertirent
rapidement à l'Islam.
De 1096
(1er croisade,
lancée par Urbain II
et conduite par Bernard l'Ermite) à la fin XIII è siècle les Chrétiens organisèrent huit croisades
ce qui leur permit, sporadiquement, de se rendre maître de Jérusalem; toutefois,
dès le XIV è siècle Jérusalem retomba sous l'autorité musulmane, et ce, jusqu'en
1917, époque à laquelle Jérusalem faisait encore partie de
l'empire ottoman.
Notons que Constantinople
tomba sous le joug des Turcs en 1453.
Sainte Sophie, église construite au VI è siècle
(-532/537- sous
Justinien et
Théodora), fut transformée en
mosquée. Nombreuses sont les mosquées qui ont été construites sur le modèle de
Sainte Sophie, laquelle avait été construite en s'inspirant du Panthéon de Rome. Rappelons que c'est durant les croisades
(XIè au XIIIè siècle)
que
furent créés les ordres chevaleresques
qui établirent des places fortes
(les kraks)
tout le long de la côte de la Méditerranée
orientale
(Ordre des
Templiers,
des Hospitaliers,
des chevaliers teutoniques)
L'apogée musulmane se situe sous
Soliman le Magnifique, turc qui régna de
1540 à 1566 et qui fut allié du roi de France
François Ier
qui luttait contre les Habsbourg
d'Autriche. Dès cette époque les Français
acquirent certains privilèges: les Français pouvaient accéder aux
lieux saints plus facilement. En
1571, la flotte ottomane fut défaite à
Lepante (Victoire des espagnols, du pape,
de Venise et de Gènes) ; cette date marque le début du déclin ottoman.
Sur le plan de la pratique, la religion musulmane est également très simple: on
doit faire
5 prières par jour;
pendant le
Ramadan
on ne doit ni manger ni boire du lever au coucher du soleil; durant sa vie on
doit faire tout son possible pour aller au moins une fois en
pèlerinage à La
Mecque. L'homme a la possibilité d'avoir
quatre femmes simultanément; il peut
les répudier à sa guise.
L'aumône
est un devoir.
Après sa mort, Mohamed fut bientôt remplacé par
Ali et on se mit à
écrire le Coran
(=le livre,récitation)
où furent consignés l'essentiel des préceptes de la religion musulmane. Les
religions chrétienne et juive ne sont pas condamnées mais considérées
comme des antécédents très imparfaits de la seule vraie religion, l'Islam. Seule
l'Islam détient la vérité et doit remplacer les deux autres religions
monothéistes qui l'ont précédée. Aux
yeux des Musulmans, la religion chrétienne avec sa Trinité, est entachée de
polythéisme et comme elle est antérieure à l'Islam on doit la considérer comme
une sorte de brouillon conduisant au monothéisme.
Pendant des siècles il fut interdit de traduire le Coran si bien que tout
Musulman devait apprendre l'Arabe pour accéder au livre saint.
L'arabe devint
ainsi la langue commune de ceux qui avaient adopté la nouvelle religion.
La civilisation musulmane fut florissante du VIII au XV è siècles,
Bagdad
ainsi que
Cordoue
furent des centres culturels remarquables. Les Arabes adoptèrent le système de
numération qui était utilisé aux
Indes et
que l'on connaît sous le nom de
chiffres arabes;
ce sont également les Arabes qui ont introduit le concept du
zéro qui
était inconnu des Latins et des Grecs. Bien des textes anciens furent traduits
du grec et du latin en arabe. Les Arabes comme les Byzantins ont préservé et
transmis l'héritage gréco-latin à l'occident. Les commentaires d'Averroès
(auteur musulman, 1126-1198)
sur
Aristote furent traduits de l'arabe en latin
avant que les textes grecs d'Aristote ne soient connus en occident. Bien des
mosquées furent construites sur le modèle des églises byzantines
(type Sainte
Sophie)
et des oeuvres littéraires majeures très poétiques furent écrites, notamment
Les
Mille et Une Nuits. Les arabes ont également largement contribué à l'avancée de
la médecine.
Les dissensions entre
Juifs
et
Musulmans
commencèrent dès le VII è siècle quand les Juifs de Médine
refusèrent de se convertir et de soutenir l'Islam comme l'avait prévu
Mahomet. Toutefois il ne faut pas oublier que le monde musulman a été beaucoup plus
tolérant vis-à-vis des juifs que le monde chrétien.
Très vite des dissensions apparurent au sein de l'Islam; les
Chiites voulant que le
calife (chef
suprême de l'Islam) soit
issu de la famille du prophète, les
Sunnites
étant pour
l'élection du chef.
Dès cette lointaine époque les Chiites avaient déjà une tendance
fondamentaliste
car ils voulaient qu'on se réfère uniquement au Coran; quant aux Sunnites ils
étaient pour des
textes explicatifs
venant s'ajouter au livre saint afin que l'on puisse interpréter le texte
en fonction du temps et du lieu. Le
Soufisme
est une autre tendance de l'Islam apparue, elle aussi, au VIII è siècle; le
Soufisme prêche une communication directe avec Dieu et une grande tolérance avec
les autres cultes. Les premiers Soufistes portaient un manteau de laine d'où
leur nom
(soufis = laine en arabe). Les Soufistes étaient considérés comme des
hérétiques par les autres Musulmans. Les querelles
intra musulmanes n'empêchèrent pas une formidable expansion de l'Islam qui, en tout juste un
siècle, s'étendit à toute l'Arabie, au Proche et au Moyen-Orient et à l'Est,
jusqu'à la vallée de l'Indus. A l'Ouest
l'Égypte, l'Afrique du
nord et l'Espagne furent soumis à l'Islam. Ce n'est qu'en
732 que les
Musulmans furent stoppés au Sud de la France par
Charles Martel. Plus tard bien d'autres
peuples passèrent à l'Islam notamment les Turcs. Une partie de l'Europe de la
rive nord de l'Adriatique, le
Nord de l'Inde ainsi que l'Indonésie et la
Malaisie
furent également islamisés. Notons que la
Reconquista
de l'Espagne commença par la victoire de
Covadonga que le roi Wisigoth
Pelago remporta sur les Arabes en
718. Cette Reconquista ne fut
achevée qu'en
1492;
l'Espagne demeura donc huit siècles sous domination musulmane . . .Dès que
l'église catholique fut de nouveau la religion officielle de l'Espagne il y eut
beaucoup moins de tolérance à l'égard des ''infidèles''
(Juifs et Musulmans).
Certains Juifs quittèrent l'Espagne, d'autres firent semblant de se
convertir au catholicisme tout en continuant de pratiquer leur religion en
cachette, ce sont les marranes.
Jusqu'au XIX è siècle l'Islam se heurta essentiellement au monde chrétien; les Musulmans, pas plus que les Chrétiens, ne réussirent jamais à
s'unir en une seule entité politique. Jusqu'au début du XIXè siècle, c'est
l'empire ottoman qui constituait le plus grande ensemble politique à majorité
musulmane.
Au cours du XIX et du XX è siècles certains pays
musulmans furent colonisés ou placés sous mandat par les occidentaux.
Ainsi, suite à la guerre de 1914-18, l'empire ottoman s'effondra et fut divisé
en différents pays qui furent placés sous mandat de la France
(Syrie, Liban) ou de l'Angleterre
(Égypte, Iraq);
dans ces nouveaux états de même que dans les pays qui étaient déjà colonisés
(Indes,
Indonésie, Malaisie) se développa un
fort courant nationaliste, souvent
laïque, qui
vint concurrencer l'Islam. Ce courant fut particulièrement fort en
Turquie où
Mustapha Kemal
(dit Atatürk = père des
Turcs), dès
1923,
sépara la religion de l'État, introduisit des pratiques occidentales, notamment
vestimentaires (interdiction
du fez et du voile), imposa l'alphabet latin, libéra les femmes du joug patriarcal tout en leur accordant
le droit de vote, et fit d'Ankara, en Anatolie, le nouvelle capitale du
pays.
L'Inde acquit son indépendance en
1947 et se scinda en
deux États: l'Inde
actuelle et le
Pakistan
qui, lui-même, abandonna sa partie orientale en
1971 ce qui donna le
Bangladesh. Près de
140
millions de Musulmans continuent de vivre aux Indes. Bangladesh et
Pakistan
sont très majoritairement musulmans.
C'est également en
1947 que
prit fin le mandat britannique de la
Palestine
ce qui devait conduire à deux états distincts: Palestine et Israël. Cette
partition, refusée par les Arabes aboutit à la formation de l'état d'Israël
après une courte
guerre israélo-arabe
(en
1948)
qui se termina à
l'avantage des Israéliens; ces derniers
s'emparèrent d'un territoire plus grand que celui qui leur avait été
primitivement alloué par l'ONU. L'Israël fut reconnu par les Nations
Unis. Le
sionisme politique
fondé en 1896 par
Théodore Herzl
donnait naissance à un État comme l'avait promis
Balfour en
1917. Les Palestiniens s'expatrièrent dans les pays limitrophes.
A ce jour le problème palestinien n'est toujours pas réglé.
2. Les musulmans dans le monde en l'an 2003
|
Pays avec
plus de |
Nbre d'habitants |
Musulmans |
Gouvernement |
Gouvernement |
| Afghanistan | 28 | 28 (21 M. Sunnites) | ||
| Algérie | 31 | 31 (Sunites) | X | |
| Arabie Saoudite | 22 | 22 (Sunnites) | X | |
| Bengladesh | 135 | 112 | X | |
| Burkina Faso | 12 | 7(Sunnites) | X | |
| Chine | 1253 | 31 | X | |
| Égypte | 66 | 63 (Sunnites) | X | |
| Éthiopie | 68 | 31 (Sunnites) | X | |
| Indonésie | 211 | 183 | X | |
| Inde | 1000 | 140 | X | |
| Iraq | 22,7 | 21(12 M. Chiites) | X | |
| Iran | 63 | 63 (56 M. Chiites ) | X | |
| Kazakhstan | 14,9 | 7,42 | X | |
| Libye | 5,9 | 5 (Sunnites) | X | |
| Maroc | 28,2 | 27,7 (Sunnites) | X | |
| Nigeria | 124 | 62 | X | |
| Ouzbékistan | 24 | 21 (Sunnites) | X | |
| Pakistan | 134,7 | 130 (100 Sunnites) | X | |
| Soudan | 30 | 21 (Sunnites) | X | |
| Syrie | 14,9 | 11 (Sunnites) | X | |
| Tunisie | 9,2 | 9 (Sunnites) | X | |
| Turquie | 64,3 | 64 (Sunnites) | X | |
| Yémen | 17 | 17 |
|
X |
| Total > 1 Milliard | Source: Atlaséco 2002 et 2005 | |||
Retour
Il faut bien avoir en tête que le monde musulman est extrêmement divers; ce
serait une grave erreur que de le considérer comme un tout monolithique. Seule
l'infime minorité des intégristes semblent constituer un noyau dur relativement
homogène; cette minorité agissante est toutefois inquiétante car elle aspire à
devenir le fer de lance de tout le monde islamique.
Il y a de plus en plus de
Musulmans en Europe occidentale et nombre d'entre eux semblent apprécier la
démocratie et le mode de vie occidentale en prenant leur distance vis-à-vis de
l'intégrisme. Le taux de natalité décroît dès lors que les musulmans sont
installés depuis un certain temps dans leur pays d'accueil; ceci est lié à
l'augmentation de leur taux d'alphabétisation.
| Immigrants en millions et pays d'origine | |||||
| (% de population musulmane) | Maghreb | Turquie | Pakistan | Autres | |
| FRANCE (6,5) | 1,8 | 2,2 | |||
| ALLEMAGNE (3,9) | 2 | 1 | |||
| ROYAUME-UNI (3,3) | 0,820 | 1,8 | |||
| ITALIE (1,2) | 1,2 | ||||
| ESPAGNE (1,8) | 0,3 | 0,3 | |||
| PAYS-BAS (4,4) | 0,150 | 0,2 | 0,05 | ||
| BELGIQUE (2) | 0,138 | 0,7 | 0,13 | ||
|
Total # 12 millions Courrier international ( 24 au 30/01/2002) |
|||||
3.
Fin d'un monde bipolaire: communisme/capitalisme
Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, nous vivions dans un monde
bipolaire. Les
États-Unis
et l'URSS
se réclamaient de deux systèmes politiques et économiques différents: la
démocratie libérale sous-tendue par le
capitalisme, et la
dictature du prolétariat se réclamant du
système socialiste
c'est-à-dire de la possession des moyens de production par l'État. Ce
monde bipolaire correspondait à un équilibre dans le domaine militaire,
les deux superpuissances possédant un potentiel redoutable et étant dotées
d'armes nucléaires. Sur le plan économique les deux systèmes révélaient
des différences profondes: d'un côté le capitalisme générait une certaine
abondance avec un niveau de vie moyen décent, tout au moins pour le monde
occidental; de l'autre, le socialisme à la soviétique engendrait une
pénurie constante des biens essentiels
et une
incurie certaine des services.
Les goulags, camps de travail où les soviétiques mettaient les
indésirables, présentaient des conditions de vie beaucoup plus pénibles que les prisons
d'occident. Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, l'URSS avait
pratiqué une sorte de colonisation
de l'Europe centrale et orientale où régnait un
socialisme réel
beaucoup plus pénible que n'avait été le capitalisme sauvage du début du XIX è
siècle. Les Hongrois, les Tchèques, les Polonais, les Bulgares, les
Roumains supportaient mal l'emprise de Moscou et rêvaient d'indépendance,
beaucoup plus encore que les peuples qui avaient été colonisés par l'Angleterre,
la France l'Espagne ou la Hollande.
Malgré tous les inconvénients du système soviétique,
nombreux sont ceux qui, en occident, considéraient l'URSS comme une sorte
de modèle en gestation. Nombreux sont ceux qui, sans avoir jamais
''goûté'' au système communiste, s'en faisaient les défenseurs tout en
bénéficiant du confort capitaliste. Quand des critiques étaient
formulées, les ''compagnons de route'', tout comme les membres du
Parti
communiste français par exemple, se
tiraient toujours d'affaire en faisant remarquer que le système soviétique
actuel n'était qu'un stade nécessaire à la réalisation de lendemains meilleurs,
l'URSS en étant toujours au stade d'un accouchement difficile. On expliquait
aussi les aberrations du système par l'incurie de certains dirigeants qui
n'agissaient pas selon des vraies normes socialistes. En gros, les
principes sur lesquels le système était basé étaient
fondamentalement bons mais certains hommes, mauvais, ne les appliquaient pas
convenablement . . .
Nombreux sont les ''intellectuels'' français qui, à un moment ou à un autre, ont
été complices, en toute bonne foi (??) des crimes perpétrés en URSS et dans les
pays qui en dépendaient. Seuls
Raymond Aron,
J-F Revel et quelques
autres n'ont jamais trempé dans cette complicité.
Quant au capitalisme, son principe même était à bannir et
ses nombreux dysfonctionnements tenaient à l'essence des règles sur
lesquelles il était basé: recherche du profit, concurrence sauvage,
justification des injustices qui n'étaient que le reflet d'inégalités innées et
donc inévitables. ''Les progressistes'' insistaient
(et insistent encore) sur
les méfaits de la
crise de 1929 sans faire allusion à ce qui s'est passé à la
même époque en URSS où sévissaient
famines provoquées
et exécutions sommaires au nom du
socialisme en marche (Cf.
liquidation des koulaks et la famine qui s'en suivit conduisant à des millions
de morts)
En fait on a toujours comparé un système qui existe, le capitalisme, non pas
avec le socialisme réel des pays de l'Est mais avec un socialisme qui aurait pu
exister. Les défenseurs du ''socialisme'' étaient ainsi toujours gagnants
car c'est jouer sur du velours que de comparer ce qui existe avec une utopie qui
peut-être un jour existera. En dépit de ces comparaisons biaisées, les
déshérités de l'occident et surtout du tiers monde ainsi que de nombreux
intellectuels voyaient dans le socialisme un espoir; il fallait donc
s'agréger ''aux forces de gauche''
seules capables de détruire le mal, c'est à dire le capitalisme, cause de
tous nos maux et conduisant au fascisme. Tout individu qui mettait en doute les
''bienfaits'' du socialisme réel était (et
est encore!) qualifié de fasciste....
Aujourd'hui, dans la mesure où l'on fait de la
Chine un
cas très particulier, (Quel est
le véritable régime politique de la Chine?)
le communisme est à l'agonie et cantonné, comme certaines espèces animales dites
reliques, dans quelques ''réserves'' qui ne peuvent être considérées
comme des modèles (Cuba
et
Corée
du
nord notamment); une utopie se
meurt, elle est prête à passer le relais de l'espoir à une autre idéologie
très
liée au religieux. Notons que
tous les pays fraîchement décolonisés qui ont essayé le socialisme ont tous
échoué: Algérie, Madagascar, République démocratique du Congo, Cambodge etc
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4.
Aperçu du monde musulman d'aujourd'hui
(Depuis
1950)
En dépit de la richesse pétrolière
(et gazière) de
certains pays musulmans,
l'Islam demeure la religion de peuples économiquement
pauvres à démographie galopante. Mis à part les Émirats arabes unis, le
PNB/habitant/an est toujours fort modeste par rapport
au monde occidental ou au
Japon. Ainsi même l'Arabie
saoudite
dont la richesse pétrolière est fabuleuse (certains considèrent cette richesse
comme un don d'Allah !) a un PNB/habitant inférieur à la
Grèce,
l'un des pays les plus pauvres de l'Union européenne.
|
Tout est en U$ |
PNB/h/an et PPA |
(73) = espérance de vie |
PNB/h/an et PPA |
|
| Émirats arabes unis (79) | 24 730/24 092 | Iraq (69) | 620 | |
| Arabie saoudite (73) | 13 811/11 770 | Afghanistan (43) | 220 | |
| Libye (72) | 7 300/ | Grèce (79) | 19 670/22 229 | |
| Iran (71) | 2 770/7 533 | Japon (82) | 38 900/29 814 | |
|
Algérie (71) |
2 730/6 322 |
Pays gros producteurs de pétrole et/ou de gaz |
||
| S Source: Atlaséco 2007 |
|
PPA = Parité en Pouvoir d'Achat |
||
En ce début de XXI è siècle, les Musulmans sont plus d'un milliard et les Arabes, peuple fondateur de l'Islam et possesseur des lieues saints, ne représentent plus qu'environ 20% des fidèles ce qui ne les empêche pas de continuer d'exercer une forte influence sur l'ensemble du monde islamique bien qu'étant très en retard sur le plan culturel comme en témoigne le rapport 2003 du Programme des nations Unies pour le Développement (Pnud) sur le monde arabe. Ce rapport est accablant.
|
Taux d’analphabétisme le plus élevé du monde; les livres publiés dans le monde
arabe (dont 17 % sont religieux) ne représentent que
1,1 % de la production mondiale; la
Grèce |
Suite à la chute
de l'empire ottoman, à la décolonisation et à l'importance grandissante du
pétrole, certains pays musulmans ont emprunté des voies variées dont aucune n'a
répondu aux attentes espérées; voyons quelques exemples:
- La Turquie
laïque, bien que tournée vers l'occident et en dépit d'une certaine modernité
introduite par Mustapha Kemal n'est toujours pas un pays ''nanti'' comme
l'atteste un PNB/h/an de 4 710 U$ avec une PPA de 7 724 U$/h/an , loin derrière la Grèce . . .
- L'Égypte qui sous
Nasser avait développé un fort nationalisme qui voulait
tendre vers un grand ensemble panarabe et qui s'était mise dans le camp
socialiste a connu bien des déboires tant sur le plan militaire (défaites
répétées face à l'Israël en 1956 et en 1967 -guerre des six jours-) que sur
le plan économique (difficulté de construction du barrage d'Assouan). L'Égypte,
avec un PNB/h/an de 1 250 U$, une PPA de 5 291 U$ et une démographie galopante n'est toujours pas sortie du sous-développement.
- L'Iran depuis 1979, année de prise de pouvoir par
Khomeiny, a tourné le
dos à l'occident tout en devenant le fer de lance d'une sorte de croisade
islamique dirigée par les fondamentalistes prétendant à un
réarmement moral.
Une guerre effroyable avec l'Iraq
(1980-89)pourtant à majorité chiite,
(L'Iran est presque exclusivement chiite), a fait de
nombreuses victimes et causé des dépenses considérables en pure perte pour les
deux pays.
- L'Arabie saoudite a entretenu sur son territoire des extrémistes
religieux, notamment les Wahhabites.
L'Arabie saoudite,
tout en demeurant l'alliée privilégiée des Américains, ne se rend pas
compte qu'une partie de son peuple se détache chaque jour davantage de la classe
dirigeante et qu'elle suscite bien des convoitises dans le monde
musulman qui a du mal à supporter sa prospérité, prospérité dont elle fait
souvent un usage contestable (Construction de mosquées somptueuses et d'autoroutes
menant à la Mecque). Les investissements productifs
(usines
de désalement de l'eau de mer)
sont rares et le PNB/h/an
fort modeste eu égard aux énormes ressources énergétiques du pays. La solidarité
économique dont fait preuve l'Arabie saoudite
vis-à-vis de ses ''frères'' Arabes en particulier et des Musulmans en général
est plus que timide...alors que depuis 1973 les revenus
qu'elle tire du pétrole sont fabuleux. Notons qu'une main d'oeuvre
immigrante, sous payée, vit dans des conditions épouvantables d'autant plus
inadmissibles que le pays est très riche.
- L'Algérie
depuis l'indépendance
(1962) a connu une épouvantable
guerre civile
et une
expérience socialiste ce qui a conduit le pays, bien que riche de pétrole, de
gaz et de bonnes terres arables
(notamment dans le nord)
à une persistance du sous développement conduisant à 80% de chômage chez les
moins de 30 ans. Bien des chômeurs essaient d'échapper à leur pauvre condition
en émigrant vers l'Europe et notamment en France où ils connaissent des
conditions de vie guère supérieures à celles de leur pays d'origine. La rage
anticolonialiste a fait place à une énorme
frustration;
on continue d'accuser l'ancienne puissance coloniale
(La
France) ce qui dispense d'une analyse sérieuse des causes du
sous-développement du pays, à savoir: l'incurie des gouvernements qui se sont
succédé depuis 1962.
Aujourd'hui, tant le nationalisme que le
socialisme devant mener
au communisme n'ont
plus de prise sur les masses qui chaque jour constatent leur sous-développement
croissant en même temps que leur divorce d'avec les classes dirigeantes de moins en moins aptes à
répondre à leurs attentes. Les
fondamentalistes invitant les fidèles à
retourner aux sources par une étude rigoureuse du Coran qui, selon eux, contient toutes les
solutions des problèmes de la vie civile, constituent une tentation alléchante
surtout quand un Satan bicéphale
(
Israël -petit
Satan- et États-Unis -grand Satan-) est désigné
comme unique cause de tous les maux. Un rejet global de
l'occident, avec sa science, sa technique, sa
démocratie et ses mœurs dissolues devient
la voie du salut qui unit tous les déshérités en redonnant l'espoir d'un
futur meilleur, ici bas, peut-être, mais plus certainement dans le paradis
d'Allah dans la mesure où l'on n'aura pas regardé à risquer sa vie pour éliminer
les mécréants occidentaux dans un nouveau djihad digne des heures les plus
sombres du Moyen âge. Le fanatisme devient une force qui fédère tous les frustrés qui enfin
vont pouvoir se venger sans jamais recourir à la moindre autocritique qui
serait considérée comme blasphématoire. Le conditionnement dans une absence
totale d'esprit critique fait son oeuvre auprès des masses aveuglées par le
ressentiment.
La niche idéologique qui pendant des décennies avaient
hébergé le
marxisme, change de locataire: le
fondamentalisme
semble devenir la
nouvelle recette. Malheureusement le fondamentalisme musulman, comme tout autre
fondamentalisme, est tourné vers le passé et l'on risque de ne jamais sortir
de la misère si l'on se réfère à des principes issus d'un texte rédigé il
y a plus de treize siècles au lieu d'essayer de voir ce que l'on pourrait faire
avec les apports immenses de la science et de la démocratie.
Quelques Musulmans, notamment du monde des médias (certains journaliste de El
Hayat de Londres entre autres) tout en appelant à une meilleure répartition des richesses de
par le monde ont très bien compris que le terrorisme et le fanatisme ne
méneront à rien; espérons qu'ils sauront devenir le fer de lance d'un vaste
mouvement de réformes laïques sans pour autant persécuter les croyants; la
religion devant être cantonnée à la vie privée.
Retour
5.
Un nouveau monde bipolaire est-il en gestation ?
L'année 1989
fut marquée par un certains nombre d'évènements qui révélèrent un tournant
décisif pour le monde tout entier:
-
Les Soviétiques ont été contraints de se retirer d'Afghanistan
- La chute du mur de Berlin a marqué la fin du régime soviétique, la vieille Russie
a reprisdu service, St Petersbourg a fait place à
Leningrad. . .Le mausolée de
Lénine n'intéresse plus grand monde !
- Les islamistes radicaux se manifestèrent, l'OLP fut débordée et
contrôla
de moins en moins les actions anti-israéliennes des Palestiniens.
- En Algérie le
Front Islamique du Salut
remporta les élections.
- Une armistice fut signée entre l'Iraq et l'Iran.
- L'ayatollah
Khomeyni
émit un arrêt de mort
(une fatwa)
contre l'écrivain
Salman Rushdie
qui avait osé se moquer de l'Islam dans ''Les
versets sataniques''.
Le bloc communiste se délite et les pays qui avaient adopté
hier le système soviétique
ont pris un retard considérable sur le plan du niveau de vie:
Russie, pays de l'Europe de l'est, Algérie,
Madagascar et tant d'autres; quant à ceux qui persistent dans
l'erreur comme Cuba ou la Corée du nord,
ils sont dans un état de délabrement tel que tout espoir d'un lendemain meilleur
semble avoir disparu.. Les projecteurs longtemps fixés
sur
les pays ''socialistes'' changent d'orientation et se braquent sur un monde musulman en ébullition qui tend, par le biais d'un
mouvement fondamentaliste
qui se veut mondial, à occuper l'espace laissé libre par le communisme. L'idéologie a horreur du vide!
Les États-Unis maîtres du monde depuis le début
des années quatre-vingt-dix doivent désormais tenir compte du terrorisme fondamentaliste qui, pour un temps, semble donner
espoir aux déshérités du monde musulmans qui ne manquent pas de rappeler leur poids démographique.
Le
11 septembre 2001 révèle la puissance de l'action terroriste
(en même temps que la fragilité du monde occidental) et, peut-être,
la naissance d'un nouveau monde bipolaire dont l'un des pôles serait diffus. Le matérialisme dialectique
de
Karl
Marx qui se
manifestait par la lutte des classes serait-il en train de
prendre une autre tournure: d'un côté l'occident nanti et moralement décadent et de l'autre,
le monde des déshérités plus sensibles au
croissant
qu'à la faucille
et au marteau ?
Les terroristes n'ont pas de point d'ancrage particulier et peuvent être partout
tout en étant trouvés nulle part; on a un peu l'impression d'une sorte de cancérisation de la
société, et l'on peut se
demander si des actions vigoureuses n'ont pas pour effet d'augmenter le mal.
Aucune thérapie semble efficace.
Les peuples des républiques de l'Asie centrale
(Kazakhstan,
Kirghizistan, Tadjikistan, Turkmenistan
et Ouzbekistan)
libérés du joug soviétique en 1991, ont tendance à se tourner vers leur passé
musulman, longtemps occulté par
Staline
et par ses successeurs, pour retrouver une sorte d'unité qui s'oppose aux
gouvernements souvent corrompus qui se sont mis en place immédiatement après la
disparition de l'empire soviétique. Le mouvement islamique d'Ouzbékistan
(MIO),
entres autres, a tendance à fédérer tous les déshérités de ces régions qui se
tournent vers un Islam dur et soi-disant régénérateur plutôt que vers le monde
occidental consumériste, étranger et, à leurs yeux, décadent. De ''bons
apôtres'' et de l'argent viennent d'Arabie Saoudite, du Pakistan et même de
Turquie pour raviver la flamme musulmane dans toute l'Asie centrale. Ces
nouvelles entités politiques de l'Asie intéressent car ce sont des aires
géographiques qui renferment du
pétrole
et du gaz;
ce sont également des régions qui inquiètent à cause du renouveau islamique qui
tend à raviver l'idée d'une
grande unité musulmane et, par
suite, à provoquer la naissance de
mouvements séparatistes
qui s'opposent à toute domination non islamique. Le mouvement
Hizbut-Tahrir Al Islami
(HT),
pour l'instant pacifiste, souhaite une union de toutes les communautés
musulmanes du monde, c'est-à-dire une
umma
qui deviendrait une réalité politique régit par la seule
loi islamique
(charia).
Le HT aimerait voir renaître une sorte d'empire ottoman qui, jusqu'au début du
XXè iècle fédérait la plupart des Musulmans sous une même autorité politique. La
Russie
et surtout la Chine
sont évidemment hostiles à tout mouvement séparatiste; dans le
Xinjiang,
province chinoise, les
Ouigours, soutenus par MIO et
par les Talibans sont devenus la bête noire du gouvernement de Pékin. Quant aux
États-Unis, ils sont non seulement attirés, comme toujours, par l'odeur du
pétrole mais considèrent aussi toute l'Asie centrale comme un centre potentiel
de terrorisme. Un nouveau défit s'offre à l'homme et ce n'est ni une certaine transcendance qui
se
réclame d'Allah, ni celle qui se réclame du
marché et de la main invisible d'Adam Smith qui pourront résoudre les
problèmes du sous-développement des deux tiers de l'humanité. On devra
avoir recours, une fois de plus, à la
raison, à l'esprit critique et à l'imagination, trois vieux outils auxquels il faudra continuer de
faire confiance, l'Homme ne pouvant
compter que sur lui-même pour résoudre les problèmes qu'il a créés. ''L'encre
des sages est plus précieuse que le sang des martyrs. ''
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La
Mecque
Bien avant Mahomet et l'Islam, La Mecque était déjà une
ville religieuse avec, en son centre la Kaaba
(= cube), monument cubique
abritant le ''pierre noire'' tombée du ciel (certainement un météorite). La
Mecque est la principale ville sainte de l'Islam elle se trouve dans l'actuelle
Arabie Saoudite. Tout musulman suffisamment riche est tenu d'aller y faire un
pèlerinage une foi dans sa vie; le pèlerinage accompli il peut faire
suivre son nom de hadj (= pèlerinage)
Calife (Khalife)
Juste après la mort de Mahomet il y eut qu'un seul Calife, chef suprême
des fidèles, mais très vite des dissensions apparurent et il y en eut
plusieurs: à Cordoue, à Damas, à la Mecque . . .
Comment ne
pas comparer avec ce qui s'est passé dans la chrétienté pour les papes (à Rome,
à Constantinople, à Avignon). Les religions chrétienne et musulmane, bien que
différentes n'en sont pas moins humaines ! Même remarque pour les schismes
(Sunnite/Chiite & Catholique/Ortodoxe/Protestant).
Wahhabisme
Doctrine de la religion musulmane élaborée au XVIII è siècle par al-Wahhab et
que certains fidèles considèrent comme une hérésie. Les Wahhabites condamnent
toute innovation dans l'Islam. La famille Ibn Séoud était très attachée au
Wahhabisme et depuis la création de l'Arabie saoudite (du nom justement de Ibn
Séoud) en 1932, cette tendance religieuse est très forte en Arabie et c'est de
ce pays qu'elle a tendance à diffuser en Inde au Turkestan et en Afghanistan
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© Les Fiches à Berca. Dernière mise à jour: 04/04/2009