|
|
|
|
|
Il est nécessaire d'intégrer dans sa rédaction des connaissances renvoyant à ces deux types, soit pour prouver ce qu'on avance (c'est le cas des connaissances relatives à la forme des textes), soit pour appuyer davantage le point de vue ou un argument en faisant des références ou des allusions à d'autres œuvres, à d'autres auteurs, à des éléments socio-historiques, aux courants littéraires pertinents, etc., ou en faisant des analogies avec d'autres œuvres (incluant le cinéma ou la chanson), d'autres auteurs, d'autres courants, etc. Il faut se rappeler que le but principal de l'épreuve n'est pas de vérifier l'apprentissage par cœur de différentes connaissances, mais bien de vérifier la capacité de l'élève à rédiger un texte qui défend un point de vue sur une problématique qui s'appuie sur des textes littéraires et cela dans un français correct. Il faut donc porter ses efforts d'abord et avant tout sur une argumentation fondée sur les textes à l'étude et ne recourir qu'aux seules connaissances littéraires pertinentes au sujet ou aux textes à l'étude, dans le but d'enrichir la démonstration de son point de vue. Il est donc inutile, voire nuisible, de faire étalage de connaissances littéraires qui ne se rapporteraient pas au sujet ni aux textes, ou qui ne serviraient pas à défendre le point de vue retenu. De plus, il est nécessaire que les connaissances utilisées dans la rédaction soient bien intégrées à la rédaction de l'élève, c'est-à-dire qu'elles soient incorporées dans son texte de manière naturelle, sans heurter la lecture, sans apparaître comme un cheveu sur la soupe, sans être plaquées. Une connaissance bien intégrée poursuit le souffle de la phrase qui précède et se marie sans problème avec la phrase qui suit. Généralement, une connaissance pertinente réussit tout naturellement ce tour de force. Une révision approfondie des connaissances acquises lors des trois cours de français est inutile. En trois sessions, les élèves ont vu plusieurs éléments formels et culturels : il est impossible de les avoir tous oubliés comme il est impossible de se souvenir de tous. Un survol rapide de ces différentes connaissances permet de mémoriser les principales et de ne retenir que les plus importantes. Voici donc un rappel succint de connaissances littéraires susceptibles d'être utiles lors de l'épreuve. Évidemment, elles ne le seront pas toutes ; quelques unes seulement seront suffisamment pertinentes à la question retenue et pourront servir à la démonstration de l'élève.Certaines notions ou certains courants n'ont peut-être pas été étudiés : il ne faut pas s'en inquiéter. Le bagage moyen de l'élève devrait largement suffire. Les mots en caractères rouges renvoient au vocabulaire approprié qu'on pourra utiliser. |
|
|
|
|
1.1 notions générales |
|
Le récit se définit comme une histoire mise en discours. L'histoire relève du contenu, le discours relève de la forme. L'histoire met en scène des personnages qui évoluent dans des lieux précis à une époque donnée et qui vivent des événements. Les événements sont les désordres qui surviennent dans l'ordre habituel des choses, c'est l'EXTRA-ORDINAIRE vécu par un personnage. Le discours, la forme narrative est la MANIÈRE de raconter l'histoire. Le narrateur présente les événements dans un style donné et sous un angle précis (d'un certain point de vue) en plus de décider de l'ordre temporel dans lequel il les présente. Voici schématiquement les principales notions importantes concernant le discours narratif : |
|||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||
|
Il y a différents types de narrateur et un narrateur peut emprunter différentes voix narratives : |
|||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||
|
Le narrateur présente les événements selon un certain point de vue. C'est comme s'il y avait une caméra qui donnait les différents angles choisis par le narrateur. Les informations fournies au lecteur peuvent être perceptibles (concrètes) ou imperceptibles (abstraites ou appartenant au monde imaginaire d'un personnage, comme les rêves, les souvenirs, etc). Selon les informations données, la focalisation du narrateur varie comme une caméra au cinéma : interne si on voit ce qui se passe dans l'esprit d'un personnage, externe si l'on voit ce qui paraît de l'extérieur, transposée si l'on voit la scène par le biais du regard d'un personnage (caméra subjective) : |
|||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||
|
Au plan du contenu, de l'histoire, les personnages ne jouent pas tous un rôle équivalent. Le héros est plus important, des personnages secondaires viennent aider ou nuire au héros, etc. Voici le schéma des rôles possibles des personnages : |
|||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||
|
Le héros veut ou doit accomplir une quête. L'histoire consiste à raconter la performance du héros. Des conflits peuvent surgir entre ce que veut le héros (son désir) et ce qu'il doit faire (la loi), tout comme ils peuvent survenir entre les personnages qui aident et ceux qui nuisent au héros qui, lui, FAIT quelque chose, AGIT. La performance du héros dépend de tous ces facteurs, c'est-à-dire de sa motivation à agir et de sa compétence à agir : |
|||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||
|
1.3 notions spécifiques au discours poétique |
|
Ce qui caractérise la poésie est sa capacité à évoquer, à laisser sentir les choses plutôt qu'à les expliquer. Son discours est nécessairement plus près de la polysémie (plusieurs sens) et de la connotation (sens suggérés) que de la monosémie (un seul sens) et de la dénotation (sens premier).C'est toute la différence entre un poème et un panneau de signalisation. C'est la forme qui distingue clairement la poésie des autres types de discours. En plus des figures de style, des éléments comme le rythme, la rime, la ponctuation, etc., sont à surveiller. |
|||
|
1.4 notions spécifiques au discours théâtral |
|
Le théâtre est une narration que l'on met en scène. Le narrateur disparaît donc sauf pour donner les indications scéniques, appelées les didascalies. Ce sont les dialogues entre les personnages qui permettent d'exposer l'action. La réplique est donnée entre les personnages et elle est variable : elle peut être un monologue (le personnage se parlant seul), une tirade (longue réplique) ou un aparté (s'adressant à l'auditoire comme si elle ne pouvait être entendue des autres personnages). Une pièce de théâtre se divise en actes ou en tableaux (ce sont les grandes parties de la pièce) lesquels sont divisés en scènes qui présentent les actions des personnages. On peut appliquer certaines parties de la théorie du discours narratif au théâtre (notamment l'histoire). Le théâtre classique s'est caractérisé par la règle des trois unités :
Cette règle n'a plus cours depuis le romantisme (XIXe siècle) et le théâtre plus contemporain cherche à abolir le personnage ou à multiplier ses manifestations dans plusieurs médias différents. |
|
|
|
le Classicisme (1660-1690) Courant qui se caractérise par l'imposition de critères, de règles concernant le beau, le vrai et la mesure. S'appuyant sur la raison et les oeuvres de l'Antiquité gréco-romaine, ce courant se fonde sur l'imitation (de la nature et des Anciens). Le théâtre et la fable (La Fontaine) en sont les genres privilégiés. Les thèmes : le conflit entre la raison et la passion servant à montrer le triomphe de la raison et de l'ordre ou les passions humaines confrontées à la raison (dilemme) ; l'opposition entre la vertu et les défauts ; le devoir ; l'honneur, le sens de la mesure ; l'honnête homme; dans la tragédie: la fatalité, etc. Auteurs représentatifs : Corneille, Molière, Racine, La Fontaine. Exemples : « Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage; « Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j'attends. » (Jean Racine)
le Siècle des Lumières (XVIIIe siècle : 1700-1800) Courant marqué par la réflexion philosophique qui réclame l'esprit critique, le libre exercice de la raison et l'accès aux connaissances (L'Encyclopédie). Le but des philosophes est d'éclairer les esprits en se fondant sur la nature et la raison. Ainsi, seront critiquées les formes de pouvoir qui n'apparaissent pas naturelles (monarchie, religion, esclavage, guerres, etc.) en faveur de revendications pour la liberté, la justice et la tolérance. L'ironie et la caricature caractérisent les écrits de ce siècle. Le récit ou le conte ainsi que l'essai en sont les genres privilégiés. Les thèmes : la justice, la tolérance, la liberté, l'égalité, la connaissance, etc. C'est en 1789 que les idées de ce siècle se sont incarnées par la Révolution française. Auteurs représentatifs : Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau. « Si la raison est un don du Ciel et que l'on en puisse dire autant de la foi, le Ciel nous a fait deux présents incompatibles et contradictoire. » (Denis Diderot) « Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. » (Voltaire)
le Romantisme (1800-1850) Courant s'opposant aux règles du Classicisme et à la suprématie de la raison défendue par les philosophes du Siècle des Lumières. On veut obtenir la prépondérance du sentiment sur la raison en faisant coincider le sentiment avec la nature, en y mêlant la nostalgie, le souvenir, le rêve... Le lyrisme caractérise ce courant, tant sur le plan personnel (l'expression du moi) que sur le plan social (lyrisme social). Le théâtre, le roman et la poésie en sont les genres privilégiés. Les thèmes : l'exotisme, le rêve, l'évasion, la nature, le passage du temps, l'histoire (personnelle ou sociale), le désespoir, la mélancolie, etc. Auteurs représentatifs : Chateaubriand, Hugo, Constant, Musset, Lamartine, Baudelaire. Exemple: « Salut, bois couronnés d'un reste de verdure,
le Réalisme et le Naturalisme (1840-...) Courant préconisant la description objective et fidèle des faits, des personnages et des lieux. Les écrivains réalistes s'intéressent à la vérité psychologique des personnages, aux classes sociales, notamment défavorisées, aux lieux miteux, à des aspects sordides de la vie. Le Naturalisme poussera plus loin en expliquant les conditions sociales par l'hérédité. Le roman en est le genre privilégié. Les thèmes : les moeurs, la ville, la science, le peuple, l'aspect documentaire, la vérité historique, etc. Auteurs représentatifs : Balzac, Maupassant, Flaubert, Zola. Exemples: Pour l'individu, rêves et réalité se contredisent : « Emma ne dormait pas. Elle rêvait : au galop de quatre chevaux, elle était emportée vers un pays nouveau. Les villes étaient de marbre blanc. » (Flaubert) Sur le plan social, on montre les contradictions et les rapports sociaux : « Deux années s'écoulèrent pendant lesquelles les habitants de l'immeuble s'enfoncèrent dans la misère. Décembre apportait le chômage.» (Zola)
le Parnasse (1850-1880) Courant voulant se démarquer du Romantisme et du Réalisme en valorisant un esthétisme fondé sur le lyrisme impersonnel et la théorie de l'art pour l'art (la beauté la plus pure possible). Il revendique le droit de faire œuvre inutile, uniquement pour le beau. Les écrits qui en résultent sont des instantanés, sortes de bijoux essentiellement descriptifs dont il suffit d'admirer les qualités esthétiques. Le Parnasse a revalorisé la versification classique et l'utilisation du mot rare. La poésie en est le seul genre. Auteurs représentatifs : Gautier, Heredia, Leconte de Lisle, Banville.
le Symbolisme (1880-1910) Courant fondé sur la notion de symbole et sur la musicalité du vers, il cherche à exprimer les impressions et les états d'âme d'une réalité, plus idéale, que l'on croit superposée à la réalité immédiate et perceptible. Il a été le lieu des premières manifestations du vers libre et de la poésie en prose en plus de faire apparaître une image plus audacieuse (comme les synesthésies, par exemple). Les éléments de la réalité sont transformés en un univers de signes, de symboles. La poésie et, dans une moindre mesure, le théâtre en ont été les genres privilégiés. Les thèmes : l'ailleurs, l'idéal, le mystère et le mysticisme, la sensualité, le langage, etc. Auteurs représentatifs : Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Mallarmé. Exemple: « Quand la terre est changée en un cachot humide,
le Surréalisme (1920-1970) Courant né du Dadaïsme qui voulait tout nier, le Surréalisme s'est d'abord posé en réaction à la Première Guerre mondiale. Exploitant le vers libre, il cherche à établir une sur-réalité en rapprochant des réalités habituellement éloignées dans le but d'établir une révélation, une nouveauté, une nouvelle façon d'approcher le réel. S'appuyant sur l'écriture automatique, le hasard objectif, l'association libre, les jeux, les rêves, les fantasmes, etc., ce courant veut faire parler l'inconscient de manière à libérer les désirs refoulés de l'individu. La poésie en est le genre privilégié, bien que les arts visuels (peinture, sculpture, cinéma) en aient été fortement marqués. Les thèmes : la liberté, le rêve, l'amour, le désir, la femme, le merveilleux, etc. Auteurs représentatifs : Breton, Éluard, Aragon, Desnos, Prévert. Exemple: « Elle est debout sur mes paupières
l'Existentialisme (1945-1960) Courant marqué par les interrogations sur l'Être en général, sur l'existence vécue, son sens et ses projets. Il a inspiré son pendant : l'Absurde, qui montre la difficulté d'exister dans un monde absurde, dont le sens fait défaut. Le roman et l'essai en sont les genres privilégiés. Les thèmes : la morale, le sens de la vie, la difficulté d'exister, l'étrangeté du monde et de la vie, la liberté personnelle, l'engagement, etc. Auteurs représentatifs : Sartre, de Beauvoir, Camus, Ionesco. Exemples: L'existentialisme traitant de la liberté et de la responsabilité de l'être humain: « "Il y en a marre, finis les remords, les réserves, les restrictions. Personne n'est mon juge. Personne ne peut décider pour moi." Il décida sans remords, en connaissance de cause. Il s'approcha et se mit à tirer debout. Mathieu tira, il était libre! » (Jean-Paul Sartre) L'absurde (désintégration de l'intrigue, du discours et du personnage): « - Jean : Après tout, les rhinocéros sont des créatures comme nous
le Nouveau roman (1955-1975) Courant caractérisé par la recherche formelle sur le récit. Ce courant veut renouveler le genre narratif par des jeux formels (multiplicité des voix narratives et des focalisations, transgression de la temporalité, etc.) en réduisant l'histoire et le personnage au maximum, allant jusqu'à sa disparition au profit de la description minitieuse, presque millimétrique (le décor subordonne le personnage quand il ne le cache carrément pas). Le roman et le cinéma en sont les genres privilégiés. Les thèmes: l'anonymat, l'errance, le voyage, le piétinement et l'absurdité d'une quête, l'importance du visuel, le regard hyper-réel sur le monde, l'incommunicabilité, etc. Auteurs représentatifs : Robbe-Grillet, Butor, Sarraute, Duras, Toussaint, etc. Exemple: « Ces corps sont au nombre de cinq, groupés sur trois ou quatre marches de hauteur, dans la moitié gauche de celles-ci, à proximité plus ou moins grande de la rampe, qui se déplace, elle aussi, du même mouvement, mais rendu plus insensible encore, plus douteux, par la forme même de cette rampe, simple ruban épais de caoutchouc noir, à la surface unie, aux deux bords rectilignes, sur lequel aucun repère ne permet de déterminer la vitesse, sinon les deux mains qui se trouvent posées dessus, à un mètre environ l'une de l'autre, tout en bas de l'étroite bande oblique dont la fixité partout ailleurs semble évidente, et qui progressent d'une façon continue, sans à-coup, en même temps que l'ensemble du système. » (L'escalier mécanique, Alain Robbe-Grillet)
le Réalisme subjectif (1980-2005) Courant qui marque un retour à un contenu plus conventionnel (moins expérimental) que le Nouveau Roman ou la recherche de nouvelles formes d'expression (comme on a vu au théâtre et en poésie). Sous l'impulsion de la littérature féministe des années 70-80 qui a mis de l'avant des préoccupations liées au corps, à l'intimité et à la difficulté d'être (avec soi-même, avec les autres) et sous l'impulsion de la montée de l'individualisme triomphant et du néolibéralisme (de plus en plus dominant dans les années 80-90), ce courant met en scène la performance (et souvent la réussite) de l'individu confronté à un univers difficile ou à des rapports humains difficiles qui souvent expliquent un certain repli sur soi. On revient à un réalisme qui a comme décor de fond la quotidienneté et la vie "ordinaire" (ce dont se contente souvent de décrire la poésie) et qui met en scène des personnages "ordinaires", généralement aux prises avec des situations plus ou moins extraordinaires qu'ils doivent apprendre à traverser (ce qui est surtout le cas dans le roman et le théâtre). On parlera ainsi de récit d'apprentissage dans lequel le héros présente au lecteur une réalité singulière à travers son propre regard (la narration, souvent en focalisation transposée, présente une version du réel marquée par un lyrisme prégnant -- on est conscient de la déformation représentative en ne croyant plus au mythe de l'illusion réaliste qui voulait la reproduction fidèle et "objective" de la réalité) et une quête d'identité personnelle (et non plus collective, comme dans les décennies précédentes). Ainsi, le héros est amené à créer sa propre morale à travers différentes tranches de vie (facture autobiographique ou biographique où souvent se confondent le réel et le fictif). L'écriture se rapproche davantage de la chronique que du reportage, de l'expression personnelle de sa réalité plus que de l'expression neutre d'une réalité (on ne sauve plus le monde, on sauve son monde). Sur le plan de la forme, on récupère les trouvailles précédentes (en poésie: écriture elliptique et minimaliste; dans le récit: polyphonie narrative, désordre chronologique, etc.), on efface les frontières entre les genres (le roman est un journal intime ou une correspondance, par exemple), on mélange volontiers les tonalités (l'humour côtoie le tragique rendant ainsi l'insupportable supportable) et on multiplie les clins d'œil intertextuels (citations plus ou moins conformes d'autres œuvres appartenant à la culture savante ou même populaire ; recyclage d'anciens mythes; reconstitution biographique ou historique; etc.). |
|
2.2 la littérature québécoise |
|
le terroir ou le régionalisme (1850-1945) Courant réaliste décrivant les moeurs et les travaux associés à la vie rurale (travail de la terre). Ce courant, soumis aux dogmes religieux, valorise la tradition (famille, religion, race francophone) et dénonce les dangers de la ville. Son motif est de défendre le statu quo , c'est-à-dire la vie paisible et surtout pas contestataire des paysans francophones installés au Québec. Le roman et la poésie en sont les genres dominants. Les thèmes : la nature, le travail paysan, la terre, la religion, la filiation, la race (nationalisme primaire), etc. Auteurs représentatifs : Hémon, Ringuet, F.A. Savard, Guèvremont, Laberge (anti-terroir).
la littérature sociale (1945-1950) Courant réaliste cherchant à décrire la vie des anciens paysans venus s'établir en ville et qui doivent s'adapter aux conditions difficiles de la vie urbaine et du travail ouvrier. Le roman en est le genre privilégié. Les thèmes : la vie ouvrière, la pauvreté, les difficultés de survie urbaine, la ville, etc. Auteurs représentatifs : Gabrielle Roy, Roger Lemelin, Jean-Jules Richard.
le récit "psychologique" (1945-1960) Courant succédant au terroir et voulant dominer la littérature sociale. Ce courant explore les problèmes moraux qui se posent à l'individu. Il veut se démarquer du terroir en ayant des préoccupations universelles centrées sur l'individu (l'âme humaine déchirée entre la loi et le désir). Le roman et le théâtre en sont les genres privilégiés. Les thèmes : le bien contre le mal, la famille comme autorité, le cosmopolitisme, l'engagement moral, etc. Auteurs représentatifs : Loranger, Dubé, Langevin, Vac.
la littérature engagée (1960-1975) Courant visant à défendre une cause, une idéologie, il a dénoncé l'aliénation de la société québécoise et de ses habitants par le pouvoir religieux et anglophone tout en proclamant la nécessité de la libération nationale sur le plan politique. Inscrit dans la foulée de la Révolution tranquille, il met en évidence la langue franco-québécoise (le joual) et l'existence d'une littérature nationale. La poésie, le théâtre et l'essai en sont les genres privilégiés. Les thèmes : l'identité, la nation, le peuple, la notion de territoire québécois, la contestation des institutions traditionnelles (famille et religion, surtout), etc. Auteurs représentatifs : Miron, Godin, Ferron, Chamberland, Aquin, Ducharme, Blais, Godbout, Tremblay, etc.
le Réalisme subjectif (1980-2005) Courant qui marque un retour à un contenu plus conventionnel (moins expérimental) que le Nouveau Roman ou la recherche de nouvelles formes d'expression (comme on a vu au théâtre et en poésie). Sous l'impulsion de la littérature féministe des années 70-80 qui a mis de l'avant des préoccupations liées au corps, à l'intimité et à la difficulté d'être (avec soi-même, avec les autres) et sous l'impulsion de la montée de l'individualisme triomphant et du néolibéralisme (de plus en plus dominant dans les années 80-90), ce courant met en scène la performance (et souvent la réussite) de l'individu confronté à un univers difficile ou à des rapports humains difficiles qui souvent expliquent un certain repli sur soi. On revient à un réalisme qui a comme décor de fond la quotidienneté et la vie "ordinaire" (ce dont se contente souvent de décrire la poésie) et qui met en scène des personnages "ordinaires", généralement aux prises avec des situations plus ou moins extraordinaires qu'ils doivent apprendre à traverser (ce qui est surtout le cas dans le roman et le théâtre). On parlera ainsi de récit d'apprentissage dans lequel le héros présente au lecteur une réalité singulière à travers son propre regard (la narration, souvent en focalisation transposée, présente une version du réel marquée par un lyrisme prégnant -- on est conscient de la déformation représentative en ne croyant plus au mythe de l'illusion réaliste qui voulait la reproduction fidèle et "objective" de la réalité) et une quête d'identité personnelle (et non plus collective, comme dans les décennies précédentes). Ainsi, le héros est amené à créer sa propre morale à travers différentes tranches de vie (facture autobiographique ou biographique où souvent se confondent le réel et le fictif). L'écriture se rapproche davantage de la chronique que du reportage, de l'expression personnelle de sa réalité plus que de l'expression neutre d'une réalité (on ne sauve plus le monde, on sauve son monde). Sur le plan de la forme, on récupère les trouvailles précédentes (en poésie: écriture elliptique et minimaliste; dans le récit: polyphonie narrative, désordre chronologique, etc.), on efface les frontières entre les genres (le roman est un journal intime ou une correspondance, par exemple), on mélange volontiers les tonalités (l'humour côtoie le tragique rendant ainsi l'insupportable supportable) et on multiplie les clins d'œil intertextuels (citations plus ou moins conformes d'autres œuvres appartenant à la culture savante ou même populaire ; recyclage d'anciens mythes; reconstitution biographique ou historique; etc.). On peut inclure dans ce courant ce que certains classent dans la littérature intimiste et dans la littérature dite métissée (qui met en scène une thématique liée à l'origine culturelle et à l'intégration de l'immigrant dans la société québécoise) dans la mesure où les textes de ces genres (plus que courants) répondent aux caractéristiques du réalisme subjectif.
Note au sujet de la poésie québécoise : la poésie québécoise a souvent été influencée par les courants français mais souvent quelques décennies plus tard : romantisme : Fréchette, Lemay (fin du XIXe siècle) romantisme et symbolisme (idéalisme, exotisme) : Nelligan, Saint-Denys Garneau, Anne Hébert (première moitié du XXe siècle) surréalisme (automatisme) : Giguère, Lapointe, Gauvreau (1950...) |
|||||||||||||||||
|
On peut consulter les exemples de dissertation pour voir concrètement l'intégration de connaissances littéraires pertinentes au sujet. |
|||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
|
© Richard Berger, 1997-2003 |
|||||||||||||||||