-Qu'il
soit musée, rue, place publique, demeure privée, c'est
du lieu et des êtres qui y sont que ça émerge. C'est
du lieu et dans le lieu qu'on voit. C'est ce lieu d'où les possibles
vont se dessiner, se
moduler, s'organiser, se formuler, apparaître.-Daniel
Buren
Ici, l'esprit
des lieux attise et embrase l'espace d'exposition. Genus loci. Diriger
la galerie, c'est vouloir y entretenir cette flamme ardente pour qu'irradie
la sculpture actuelle dans toute sa polymorphie. Sculpture sans fin,
sculpture sans limite faite avec des pistes incommensurablement plus
souterraines que celle de la matière : des pistes de l'ordre
de l'innommable. C'est aussi consacrer cette zone de dé-couvrement
des oeuvres, à la recherche, à l'exploration, à
la réflexion. Sortir l'art de la ville, exposer hors des murs
afin d'en propager la diffusion. Autant de défis à relever,
à assortir quand l'art advient, événementiel et
que le court-circuit nature-culture transforme le rapport espace-temps.
Travail
dialectique de découverte et de reconnaissance qui consiste d'une
part, à risquer de montrer des productions émergentes
et de l'autre, à puiser dans la force des démarches d'artistes
grandement réputés. Côtoiement salutaire. Dans l'entre-deux,
une prodigieuse émulation se déclenche. Hardie, la relève
tire parti de l'enseignement de pratiques notoires.
Espace
de célébration, du sous-sol au faîte de la tour
de l'édifice où séchaient les boyaux d'incendie
de l'ancienne caserne 14. Multiples, les aires d'exposition peuvent
demeurer en jachère, de la cave au beffroi, riches de leur potentiel
d'exhibition. Tantôt des thématiques y sont développées
pour spécifier la pensée de l'art et particulariser une
idée tandis que les expositions se font collectives, en duo ou
en solo. Aussi des commissaires invités ponctuellement feront
voir d'autres horizons.