c'est cette voix en moi qui me hante qui me dit tu quand je pense c'est ce regard posé sur moi quand je suis seul accablé par cette ombre ce profil de moi-même qui m'est étranger au creux de ma main l'angoisse a germé sur les quatre murs se profilent des formes obscures fleurs de tristesse amères trahisons qui paralysent les membres de l'animal blessé à rebours je refais les chemins parcourus où sont les aurores où sont les crépuscules le temps seul est là déformé ridicule j'ai fermé les yeux pour masquer le jour à l'abri du silence je me cache l'autre est venu hôte invulnérable qui traverse ma conscience je ne l'avais pas convié comment m'en débarrasser cacher cette image de moi tronquée renversée tu ris et je pleure ma joie sanglote là sur mon cœur 1959-1960
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