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on se tait par habitude par lassitude on laboure son champ on creuse les sillons le temps nous pousse on presse le pas on n'en peut plus on est là tellement las on tourne en rond on courbe l'échine la fin semble imminente la solitude nous tutoie sans façon on se sent à l'abandon seul abandonné quelqu'un viendra-t-il à notre secours quelqu'un entendra-t-il nos cris la misère n'a plus de voix la souffrance se replie sur soi discrétion on ne montre pas ses plaies ni son visage d'affamé ni ses traits tirés ni ses maladies ni ses infamies cela est inconvenant dérange les gens fait du mal à ceux qui n'en ont pas silence silence on rentre dans son coquillage on se sent à l'abri on ne dit mot tout a été dit on enlève son maquillage on se met à nu personne ne viendra personne n'est venu désespérance on se tait on s'est tu Oct. 1997
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