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tu as jeté une pierre sans raison dans mon jardin alors j'ai piétiné tes fleurs la rage au coeur rempli de chagrin tu t'es vengé en coupant mon arbre mon préféré qui avait grandi avec moi alors j'ai bondi en ton absence pour tout saccager chez toi plates-bandes et potagers de nuit tu es venu verser sur ma voiture un litre de peinture le lendemain en catimini j'ai étranglé ton chat j'en ai même éprouvé au fond des entrailles une certaine joie puis avec des amis tu as défoncé ma porte et brisé mes carreaux en bande furieuse meute de loups nous avons incendié ta maison avec ton fusil tu as tiré tuant sous mes yeux mon frère bien-aimé le sang crie vengeance maintenant la ville hurle pillée et brûlée partout on s'apostrophe on s'injurie c'est la guérilla entre familles c'est la guerre entre quartiers entre frères devenus ennemis de part et d'autre c'est pire folie des gens s'attroupent ils creusent des tranchées puis arrivent des armées le sang coule à flots et l'on pleure des larmes de sang devant les corps inertes de parents et d'enfants après combien de tourments la démence meurtrière s'est-elle peu à peu amoindrie après combien de temps s'est épuisée la colère après combien de temps s'est apaisée la haine et pour quelle raison tant de douleurs tant de ressentiments on ne sait plus on ne veut plus savoir on désire oublier vivre comme avant avant la terreur et de part et d'autre on rebâtit la cité non sans rancoeur mais résigné on la reconstruit avec espérance sur les cendres des innocents qui ont dû payer pour notre intolérance pour notre entêtement le tien le mien 23 octobre 99
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