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on m'a placé ici dans une chambre blanche me laissant le loisir d'un jardin les murs sont percés de fenêtres où se découpe le paysage je tourne sur moi-même pour composer l'horizon un arbre à ma gauche et ce vent qui m'arrive d'entre les branches vertes l'oiseau a chanté j'ai reconnu sa voix singulière au carrefour des quatre saisons je rythme mes pas au mouvement de la brise je vais je viens sans aucune surprise avec attention je mesure l'ampleur de chaque geste les objets me sont familiers je connais leurs noms sonores point de crainte ils sont prisonniers le mieux serait de rester immobile la patience cette amulette a mon cou suspendue s'incruste dans ma chair le temps s'épuise le long de mon bras et voilà que se crispe ma main je ferme les yeux cherchant en vain qui m'a trompé 1959-1960
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