regard éperdu sur le monde inquiétude l'oeil est à vif le coeur n'en peut plus il bat par habitude faute de mieux retient son souffle anxieux peur de se figer crainte de s'arrêter la mort rôde il bat et s'essouffle écoeuré voilà que l'on vient pas un mot il faut rester silencieux les ombres parlent s'agitent et crient on a peur du bruit du bruissement on écoute ce qui se dit poliment on finira bien par se réveiller complice malgré soi on ne peut rester immobile qu'on se lève et proteste tout autour les gens crèvent égorgés les vautours tournoient au-dessus de la ville le sang coule sous le croissant vert la lune rougit sur fond d'étoiles magnifique ciel bleu personne ne veut savoir on fait semblant tout va bien sous le ciel d'Orient comment allez-vous très bien merci et le sang coule en sanglots personne n'entend donc les cris ils viennent de si loin c'est vrai de si loin, si loin d'Algérie 1997
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