il nage à l'envers elle pleure et pleure la rivière j'ai l'âme qui n'en finit pas de gémir elle crée le vide autour d'elle et fait fuir certains que je croyais être des amis j'ai le cerveau à la dérive il déraille parfois dans la folie il faudrait l'enfermer à double tour j'ai mal aux os et au dos je suis tout courbaturé jamais plus je ne plierai l'échine j'ai les yeux qui n'y voient guère la cascade tombe en cataracte je ne pourrai partir à la guerre j'ai mal à ma peine celle des autres me chagrine je sanglote tout mon soûl j'ai le coeur qui se lamente j'ai l'âme en souffrance je n'en finis plus de geindre alors je ferme les volets je soigne mes blessures je souffre en silence au moins personne ne le sait les êtres sensibles ne peuvent pas s'apitoyer sur mon sort ainsi voit-on que dans l'ignorance on vit toujours plus heureux parmi ceux que l'on côtoie car quand on se ferme les yeux on ignore qu'ils sont malheureux 5 juin 98
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