Sagas 4

Les Chemins du Nord / Louis Caron---

La Tuque et le Béret La Tuque et le Béret
En consacrant une trilogie à l'exploitation de la forêt de la Mauricie, l'auteur révèle un pan du développemennt économique du Québec. Dans ce premier tome, il campe d'abord ses personnages: Félix Métivier (la Tuque du titre), entrepreneur intrépide, et Henri Ramier (le Béret), peintre français venu se ressourcer dans notre belle nature sauvage. L'amitié entre les deux hommes se tisse au gré des réminiscences de l'un et de l'autre. Pour nous, lecteurs, c'est l'occasion de découvrir le combat de titans que livraient bûcherons et draveurs. Et comme Louis Caron est habile conteur, cette leçon d'histoire est un pur plaisir.

Le bouleau et l'épinetteLe bouleau et l'épinette
L'amour qu'éprouve Henri pour Mathilde Bélanger, de trente ans sa cadette, crée des remous et met à mal l'amitié qui le liait à Félix Métivier. Cette idylle permet à l'auteur de dresser le portrait du Québec de la fin des années 30. Toutefois, malgré la présence de personnages ayant réellement existé ( l'abbé Albert Tessier et le premier ministre Maurice Duplessis), et malgré quelques rebondissements saisissants, ce deuxième tome n'a pas la force du premier. Dommage!

L'outarde et la palombe L'outarde et la palombe
Henri et Mathilde vivent maintenant en France; la guerre fait rage et tous deux s'impliquent à leur façon. Le danger généré par leurs activités clandestines précipite leur retour au Québec. Ce troisième tome déçoit toutefois. Tout est prévisible: l'hostilité de la fille d'Henri face à Mathilde, les maladresses de cette dernière peu habituée à la  « culture française »... Ce roman lui a quand même valu le Prix littéraire des professionnels de la documentation 2000.


Louis Caron est né à Sorel, en 1942. D'abord journaliste, il se consacre à la littérature dès 1976 avec L'Illusionniste, Le Guetteur, L'Emmitouflé (Prix Hermès et Prix France-Canada), Le Bonhomme sept-heures et Il n'y a plus d'Amérique. Son talent se manifeste à la radio avec Tête heureuse, à la télévision avec Les Fils de la liberté,Louis Caron Les Racontages de Louis Caron ainsi qu'avec la série Lance et compte I, écrite en collaboration avec Réjean Tremblay. Louis Caron a reçu en 1982 le Prix France-Québec pour Le Canard de bois et en 1984, le Prix Duvernay, pour l'ensemble de son œuvre. (Excellente entrevue)

Morts pour la France / Max Gallo---

Le chaudron des sorcièresLe chaudron des sorcières
John Christopher Finlay, jeune correspondant pour l'Europe du Washington Times, s'installe à Montparnasse d'où il découvre le Paris des années 1913-1914. Grâce à la complicité de l'auteur, il côtoie aussi bien Jaurès, Clemenceau, Poincaré et Caillaux que Lénine et Trotsky, fréquente les salons mondains mais parcourt aussi les champs de bataille et assiste aux premiers carnages des combats de la Marne. D'un côté, ceux qui souffrent et agonisent (certains passages sont insoutenables); de l'autre, ceux qui fêtent, s'enrichissent, conspirent. Au milieu, Finlay, dont le pays est encore neutre, tente de comprendre ce que cachent les belligérants (la propagande et la désinformation sont au rendez-vous...). Quand on ferme ce premier tome, en décembre 1915, la France est à feu et à sang.
 Le feu de l'enfer

 
Le feu de l'enfer
Ce fut une sale guerre, une guerre de tranchées où pourrissaient les corps. Le journaliste Finlay peut en témoigner puisqu'il participe à quelques batailles. L'incompétence des maréchaux le fait frémir; eux qui n'hésitent pas à sacrifier des milliers d'hommes pour une colline, un pont, cinq cent mètres de terrain que l'ennemi reprendra demain. Clemenceau. le Tigre, exhorte les États-Unis à entrer dans la Ronde. Quand ils le feront, il y aura eu des millions de morts et de mutilés.

La marche noireLa marche noire
La guerre connaît ses derniers soubresauts. Mais les vainqueurs ont
 « perdu la paix ». Mussolini et Hitler fourbissent leurs armes alors qu'à l'Est, les bolcheviks se livrent à des purges sans précédent. Tout est en place pour une reprise...


Fils d'immigrés italiens, Max Gallo fut tour à tour professeur au lycée Masséna et à la faculté de Nice, directeur de collections chez Robert Laffont, député et porte parole du gouvernement Mitterand. Il a écrit une soixantaine d'ouvrages mêlant sagas romanesques (Un crime très ordinaire, Belle Epoque, La Baie des anges…), biographies (Hugo, Robespierre, Garibaldi, Jaurès, Napoléon, de Gaulle…), essais (Manifeste pour une fin de siècle obscure…) et contes. On en apprendra plus sur le site officiel de l'auteur.

Pastorale américaine / Philip Roth--

Premier d'une trilogie, Pastorale américaine est un livre dérangeant. C'est Nathan Zuckerman, l' alter ego de l'auteur, qui nous raconte le destin tragique de Seymour Lvov dit le Suédois. Ce dernier, bon fils, bon mari, bon père, bon employeur, voit son monde s'écrouler lorsque sa fille disparait après avoir fait sauter une bombe pour protester contre la guerre du Vietnam. Parce qu'il a toujours été celui sur qui on pouvait compter, le Suédois conserve une façade de dignité. Mais il ne cesse de s'interroger sur la fin de ses certitudes et «le déclin de l'empire américain». Un roman puissant, fascinant; un portrait extrêmement noir des années 60-70.
 

Philip Roth est né en 1933 (New Jersey). Il a enseigné la littérature comparée à l’Université de Pennsylvanie jusqu’en 1992. Goodbye Columbus lui vaut le prix du National Book Award en 1960. Après Portnoy et son complexe, Roth donne naissance à son double littéraire dans L’Ecrivain des Ombres, suivi de Zuckerman Philip Rothdélivré et de La Leçon d’anatomie. En 2000, la France lui décerne le prix du Meilleur Livre étranger pour Pastorale Américaine. En 2002, il obtient le Prix Médicis pour La Tache. Les œuvres de Philip Roth traitent toujours, avec un sens de la dérision bien particulier, de la société juive américaine.

Dieu et nous seuls pouvons / Michel Folco--

Ce titre intrigant d'un livre tout à fait à part est en fait la devise des bourreaux. La première partie du roman raconte par quelles circonstances particulières Justinien Pibrac devint le premier bourreau de la dynastie sous le règne de Louis XIV. La seconde nous amène dans les années 1910, peu après l'abolition de la peine de mort en France, alors que le huitième Pibrac du nom voit le sort s'acharner sur lui d'horrible façon. En dehors des qualités indéniables de conteur que révèle Michel Folco, on apprécie particulièrement la justesse des descriptions, toujours teintées d'humour, et l'érudition de l'auteur.
 

Michel Folco est reporter photographe et écrivain. Dieu et nous seuls pouvons a inspiré le scénario du Bâtard de Dieu. Pour en apprendre plus sur les exécuteurs des hautes et basses oeuvres, consultez cet excellent site.

Un loup est un loup / Michel Folco--

La naissance des quintuplés Tricotin crée un remue-ménage sans nom dans le village de Racleterre-en-Rouergue. Diablotins, se créant même leur propre langage, les quatre frères et la soeur sont séparés à la mort du père. Les problèmes commencent alors pour Charlemagne, le plus doué. Il décide de vivre parmi les loups dont il connait le langage. De mésaventures en mésaventures, Charlemagne se retrouve chez le bourreau Justinien Pibrac, le 3e du nom, où il tombe amoureux de la fille Pibrac. L'épouser lui permettrait de devenir bourreau et de s'établir. Que décidera Charlemagne? Le roman mêle sentiments et humour en plus d'offrir un portrait fouillé des us et coutumes du XVIIe siècle.
 

Pour ce roman, Michel Folco a reçu le prix Jeand'Heurs du roman historique 1995.

En avant comme avant! / Michel Folco--

Charlemagne renonce à se marier, se réfugie dans la sacristie où il déjeune de cinq cents hosties et se retrouve conséquemment condamné à cinq cent un ans de galères. Appellée à la rescousse, la fratrie réussit à le libérer mais c'est sans compter la propension de Charlemagne à se mettre dans de mauvais draps qui le mènent tout droit à la Bastille. Et ce n'est là que le début d'un foisonnement de revirements. Quelle imagination! Et quelle érudition! Michel Folco ne cesse d'étonner.