Hélas !
Laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !
Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre
Et dire à mon enfant : " Sens-tu que je suis là ? "
Victor Hugo, 4 septembre 1847
Le deuil suite au décès d'un
enfant est très pénible pour les parents. Étant responsables de celui-ci et de sa
protection, ils ont une impression d'échec et portent en eux un sentiment de culpabilité
énorme.
De plus, la plupart des parents
voient en leurs enfants le prolongement d'eux-mêmes et mettent en eux leurs propres
aspirations. La mort devient alors la fin de leurs désirs secrets de continuité et
emporte avec elle une partie d'eux-mêmes.
Voici quelques points à retenir si
vous vivez le deuil de votre enfant :
L'intensité et la durée du
deuil dépend de la relation que vous entreteniez avec votre enfant.
Chaque personne est unique,
ressent et vit les choses à sa façon, en lien avec sa personnalité. Étant donné que
le deuil s'exprime différemment pour l'un et pour l'autre, il arrive qu'une certaine
incompréhension se manifeste et provoque une distance entre les conjoints. Si vous avez
de la difficulté à accepter que l'autre puisse vivre son deuil à sa façon, vous
développerez alors un problème de communication qui pourra aller en s'aggravant. Dans
une telle situation, l'aide d'une personne ressource peut s'avérer très utile.
Suite à l'intensité de la
douleur vécue, il arrive que l'un des conjoints en vienne à penser que l'autre est
responsable de la mort de l'enfant. Ce sentiment ne se traduit pas nécessairement par des
mots et peut même être inconscient, cependant on remarquera beaucoup d'impatience et
d'irritabilité à l'égard du "coupable".
Les périodes de douleur intense et
de rechute ne sont pas toujours correspondantes entre les conjoints. Quand l'un finit par
s'en remettre un peu et à remonter la pente, l'autre traverse une période difficile. Ce
manque de synchronisme provoque l'impression d'être constamment dans la douleur. Afin
d'éviter de retomber dans la souffrance, les conjoints peuvent finir par vouloir
s'éviter dans les moments difficiles.
Le deuil d'un enfant
bouleverse la vie de couple. En ce qui concerne la sexualité, les besoins de l'un
pourront augmenter alors que chez l'autre ils pourront diminuer, voir même disparaître.
Là encore, il est important de maintenir la communication ou de consulter un
professionnel au besoin.
Si vous avez d'autres
enfants, surtout ne les oubliez pas. Ils souffrent eux aussi de cette perte immense et se
sentent eux aussi coupables. Vous aurez sans doute besoin de parler de votre enfant
décédé; toutefois évitez de le comparer à ceux qui restent. Il est important que tous
puissent garder leur identité sans pour cela se sentir diminués ou encore regretter
d'être vivants.
Le deuil d'une femme qui
subit une fausse couche ou un avortement n'est pas considéré comme tel par la société
actuelle. La femme se voit donc confinée, dans le silence, à vivre l'échec et la
culpabilité. Il arrive aussi que du ressentiment se développe à l'égard du conjoint.
Lorsque les sentiments vécus sont trop intenses, il peut en découler des troubles
somatiques et psychologiques qui nécessitent l'aide d'un professionnel.
En résumé, dites-vous bien qu'il
vous sera très difficile de traverser seul cette épreuve. Entourez-vous de gens en qui
vous avez confiance. Essayez de garder un lien étroit avec votre conjoint et aidez-vous
mutuellement autant qu'il vous est possible de le faire. Et surtout n'hésitez jamais à
demander l'aide d'une personne ressource appropriée.