Mon père s'est
suicidé à la suite d'une maladie dégénérative et d'une dépression. Le fils de
ma soeur, âgé de six ans, pose toutes sortes de questions comme « Comment c'est arrivé
? » et « Pourquoi il a fait ça ? ». Sur le coup, on a répondu que son
grand-père était très malade et qu'il ne voulait plus souffrir. Le petit nous
affirme maintenant que si son asthme le fait trop souffrir, il se tuera lui aussi.
Comment expliquer le suicide à un enfant ?
RÉPONSE
Votre neveu de six ans parle de suicide depuis que
son grand-père s'est enlevé la vie. Les enfants de cet âge ne sont pas vraiment
conscients de ce qu'est la mort. Dans les jeux et les bandes dessinées, on ne meurt
pas vraiment, on revient à la vie, comme ça, en claquant des doigts. L'enfant
préfère cette version car, dans le fond, pour lui, la mort c'est trop effrayant :
si ceux qui lui sont chers meurent pour vrai, qui s'occupera de lui ?
Il est important de le rassurer en lui disant que le
suicide n'est pas le choix de tout le monde et que ce n'est pas le vôtre. Qu'il
peut compter sur vous, que vous resterez près de lui pour prendre soin de lui, surtout
lorsque son asthme le fait souffrir. Il a besoin d'être sécurisé.
Il est difficile de parler du suicide à un enfant
sans parler de la mort. Mais surtout, n'oubliez pas de lui parler avec des mots
qu'il comprend, de lui dire la peine que cela vous ferait s'il fallait que vous le
perdiez. Dites-lui combien vous l'aimez.
Parlez-lui de la mort de son grand-père,
demandez-lui ce que ça lui fait, laissez-le exprimer ce qu'il ressent et ce qu'il pense
de la mort. Puis, si vous constatez que son attitude ne s'améliore pas avec le
temps et qu'il parle toujours de suicide, consultez un pédopsychiatre (contactez votre
centre hospitalier).
Si vous voulez plus d'information concernant le
suicide, vous pouvez contacter Suicide Action Montréal au (514)723-4000 ou,
si vous n'êtes pas de la région de Montréal, le Centre de services sociaux (CLSC) le
plus près de chez-vous.