Québec, le 8 janvier 1999
À Notre Petit
Ange.
Le décès de mon
petit bonhomme de trois ans fut l'explosion d'innombrables émotions. La perte de
cet enfant sans malice, plein d'amour et de douceur, laissa là une partie de mon coeur,
de mon corps et de ma tête. Ce fut l'impuissance, la culpabilité, la colère, la
haine, le tourment continuel et, doucement, très doucement, la compréhension du deuil.
Les périodes de paix intérieure ont refait surface lentement et périodiquement,
un peu plus longues à chaque fois.
Le fait de voir la
famille, de rencontrer les gens, d'en parler de plus en plus et, surtout, de donner à mon
autre enfant l'attention qu'elle avait besoin, de répondre à ses questions posées
simplement et spontanément m'ont permis de prendre concience que la roue continuait de
tourner. Les rechutes sont aussi douloureuses mais plus sereines.
Je l'imagine
souvent avec son beau sourire, ses yeux charmeurs et ses caresses si intenses et je me dis
qu'ils sont heureux ceux qui peuvent bénéficier de sa présence, et qu'un jour je
remettrai mon nez dans son cou et le recouvrirai de baisers comme c'était si bon de le
faire.
À tout ceux qui
ont perdu un être cher, je peux vous dire que ce ne sera jamais facile, que jamais on ne
les oublie, que toujours on les aime et soyez certain que leur désir le plus cher est de
ne plus vous voir pleurer et malheureux.
Bientôt deux ans
et demi, tu dois avoir grandi mon petit bonhomme et nous aussi. Merci David.
Line

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