Québec
(Québec), le 18 avril 2001
J'ai perdu
ma fille il y a un an aujourd'hui. Je suis condamnée à lui survivre
puisque j'ai d'autres enfants.
La mort,
paraît-il, nous apprend la vie et je commence à croire que c'est vrai.
Rien ne me fera jamais plus mal que le départ de ma petite dernière
d'une façon aussi inattendue qu'incompréhensible. J'apprends la vie
puisque mon seul recours désormais c'est de vivre une seule minute à la
fois, deux c'est trop, c'est immense.
Sa mort a
détruit à jamais une partie de moi et je me dis qu'au moins cette partie
de moi ne souffre pas. L'autre partie lutte pour survivre, est
inconsolable et je crois que ce sera toujours très dur.
Courage aux
autres, la vie deviendra plus facile un jour... peut-être... qu'un ange
au ciel guide nos pas. Peut-être avons-nous quelque chose d'important à
apprendre avant de mourir à notre tour. Je sais qu'il faut continuer et
apprendre de quoi est fait le bonheur, de petits moments, de sursis. Si
j'avais su avant ce que c'est, peut-être aurais-je pu le communiquer à
mes enfants.
Je te jure
que je t'apprendrai et te partagerai si je finis un jour par te trouver.
Roselyne

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